‹ Promenades dans les deux Amérique 1876-1877 [microforme]Chapitre 102 sur 109 · SPAIN PANAMA · texte numérisé non relu

SPAIN PANAMA

a Situation pittoresque, la beauté de ses environs et la gracieuse celpture ue ses iles verdoyantes. MT Panama ne mérite pas absolument la détestable réputation qui lui a été faite. Sans doute, son climat est assez malsain, surtout pendant la saison des pluies, qui dure de mai à décembre, L'humidité

‘alors y est pénétrante et les fièvres paludéennes

assez communes, Mais, en somme, la fièvre jaune n'yajamais fait que de rares et courtes apparitions, etla mortalité n’est pas plus considérable que dans les autres ports de la zone torride. Depuisiguelques

ë annécs la police y est mieux faite et les assassi-

liats, autrefois si fréquents, sont devenus fort rares.

A deux-heures, un pétit vapeur accoste l'Islay.

On nous transborde avec nos bagages ; une heure après, nous abordons au #harf de Panama, en face de la gare du chemin de fer transocéanique. Le

dernier train correspondant avec le steamer de la ligne de Colon au.

Compagnie transatlantique, | Hâvre, est parti à midi ; jeme trouÿe donc obligé, si je veux revenir par un bateau francais, d'attendre le départ du 1° octobre. Si, au contraire, je me décide à, partir auparavant, j'ai le choix entre la Malle royale anglaise, le Lloyd allemand et les paquebotsaméricains en correspondance avec l'Europe par la voie de New-York. \

Avant. de prendre un parti définitif, je voulus ! me faire conduire au Jardin du Paradis, où j'avais l’intention de loger, selon la recommandation qui‘'avait été faite par un de meScompagnons de voyage. Tous lesautres Passagers se di ir igèrent versleGrand-

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Hôtel Mitué au centre dela vitle ; seul, je montai dans un petit omnibns rustique qui, au bout de quelques \minutes, me déposa À l'extrémité d'un

faubourg, à la porte de la propriété de M. Clément.

Rien ne ressemble moins un hôtel quo le Ja din del Paraiso, En en franchissant le seuil on se trouve dans uhe vaste salle ouverte, plusiours hamaes Son suspenilus aux poutres du plafond : c'est le salon de récobtion, Une autre pièce, close d'un simple treillage,kort de salle à manger. Au-dessus se {trouve l'habitation du maître de la maison. Les

hêtes sont logés dâns des pavillons con$truits au

milieu d'un vaste \jardin planté de palmiers, de

-bananiers, de mangüiers, de mantneti, ot d'autres “arbres des tropiques! Un ruisseau court au milieu

du Yerger, Dans la partie supérieure croissent une

foule d'arbres énormes, envahis par les orchidées et les plantes grimpantes, On dirait un coin détaché de

la forèt vierge. Un peu-plus bas se trouvent un. établissement de bains + un enclos, véritable ménagorie où sont parqués| des singes, des chevreuils,

des tortues, des perroquets edes oiseaux de tou-

tes sortes. + | Cette installatic bérante yäture des tropiques, me plut tellement

“que je me décidai sur-le-champ à äftendre à Pa-

nana, pendant dix jours entiers, le départ du prochain paquebot transatlantique.

Durant mon séjour la température varia peu ;

“elle était de 25° à six heures du matin, de 31° à trois

heures de l'après-midi, Tous les jours, vers quatré heures, la pluie se mettait à tomber ; le thermo-

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.. l'ANAMA 303

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belles ; los lire-flies (mouches à: fon): volligoaient dansles airsetsccroisaient on tout sens, semblablos à des milliors d'étincollos.

Lo moment le plus agréable de a journée ost Celui qui prééde le lover du Soleil, Plusiours fois je partis à cotte houro matinale, pour faire de lonsues excursions aux alontours. 16 plus souvont jo suivais la grève à la maréd basso. J'aimais & marbroux coquillages appartenant AIX Cspéces les pfis variées, Pondant les premidrog houres, la tompératuré était délicieuse; mais, {partir de hui heures, les rayons ardonts {lu soloi commencant à percer los -NuAgos OÙ me forçaicnt à chegéier un abri à l'ombre des mangliors quHbordor la côte. Bientôt lo ciol se dégagoait complétément et la chaleur devenait intolérable-Jo régagnais alors péniblemont’ mon logis; mottant en fuite des légions agiles de jolis crabes roses aux pattes fines et longues, qui s'emprossaient de ‘Togagner leur gîte souterrain. Toute la partio supérieure de la greve est: cribléo de: tours trous inNombrables. Le bord dos, ruisscaux," les jardins même sont aussi fréquentés par de gros crabes terrestres de couleur rouge appartenant à une autre espèce. Le long des rochers battus par la mor, il m'arrivait souvent d'entendre un bruit semblable à celui que l'on produirait en agitant un panier rempli de noix. C'é-

taient des troupes de pagures ou bernard l'her-

226" à dix houros du soir, Los soirées étaient fort

| < à ; VA chor sur le sablo fin du rYago, parsemé de nom

ile, qui, efrayés-par le-bruit-cle-mes-pas-se ne

raient précipitamment, en entre-choquant Eure coquilles d'emprunt. |

Je parvins un'jour jusqu’à la pointe de Paytilla, = Là, sous de noirs rochers, se créusent de sombres cavernes que la mer délaisse À à la marée basse. AUX alentours; des cavités rocailleuses, retiennent une: eau limpide et peu wfonde, C'est dans ces sortes

de baignoires pue que “pullule une éspèce d'oursin, Fehinonidls} Fan 1 uni, Quz longues pointes acérées. The | “Le

Les bécasses, bécassines| et certaines espèces d'oiseaux aquatiques, sont pré communes. Dans ces parages ‘la vie est exubérante ; de tout temps ilcena Cfé.ainsi, car le nom de Panaha ce antérieur à À Pconquête, ‘espagnol et signifie, en lan- ; gue indienne, ‘poisson abondant, Malheureusement les requins ne font pas exception à cette regle et rendent tout bain de mer sinon impossible, du moins très dangereux, Je vis: dne. fois un de ces monstres happer;, à ntoins de trente mètres du ri-

vage, une bécasse qü'un chasseur venait de dé-

monter et qui se débattail à la surface de l’eau.

Les promenades au bord de la mer sont les seules que l’on puisse fairé avec facilité aux environs de

. Panama, pendant la saison des pluies. A quelques centaines de pas du Jardin du Paradis, la route s’arrète brusquement au pied d’une colline. C'est là que ‘commence la forêt. Un sentier boueux, converti en ruisseau par les pluies de chaque; jour, permet à grand'peine de pénétrer sous une voûte épaisse de feuillage, jusqu'à une clairière où se trouvent quelques cases habitées to des nègres. Au-

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‘à M. Mosley, surintendant général

| ‘de Panama jusqu'à Gatun

exorbitant est réduit à “les de du pays, On voit que le plaisir de la pro-

été donnée, Tous les jours, sauf 1]

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