‹ Promenades dans les deux Amérique 1876-1877 [microforme]Chapitre 105 sur 109 · LE · texte numérisé non relu

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santes, aux belles fleurs rouges. Avant d'arriver à Gatun, on traverse le rio Chagres, sur-un pont de fer long de 200 mètres. H existe dans les environs ne de belles plantations de bananiers. Au-delà de Gatun, le chemin de fer franchit un long Marécage : d’où s’échappent des vapeurs pestilentielles, et, au Moyen d’un \pont construit sur pilotis, débouche Sur l'ilot de lanzanilla, où se trouve la vilte dé Colon, que lès Américains persistent à nommer Aspin wall, en mémoire d'un négociant de ce nom; l'un des plus f Lis actionnaires de la Compagnie. * J'ai peu:de choses à dire Sur la ville même de Pa- Nama. Elle renferme environ 15,000 habitants, la plupart, indiens, nègres, mulâtres et métis espagnols. Parmi les étrangers, les Américains du Nord Sont en grande Majorité; il y à aussi une petite ” ‘colonie chinoise, qui tend de jour en jour à s’ac- , croître. Un'fort à demi ruiné, deux vieilles églises, ans un triste état de dégra-.

on. Sur. leurs façades ornementées suinte l'humidité; l’herbe s'attache aux murs, les tours -crevassées donnent asile à :.« toutes sortes d'arbustes et de plantes grimpantes : tels sont aujourd'hui les seuls restes de l'antique splendeur espagnole. Au centre même de la ville, i n’est pas rare de voir de hautes murailles disparaissant sous l’épaisse végétation des lianes et des plantes parasites. L'incendie a passé Par là, et le propriétaire ruiné n'a pu faire reconstruire sa / maison, Sous l'influence d'un élimat humide et brûlant, mille. plantes diverses ne tardent pas à recouvrir l'emplacement abandonné, a

d'arriver à un pont de S environs elà de Gamarécage les, et, au débouche a ville de nommer e ce nom; Ipagnie.

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Toyfe la vie de Panama se concentre sur la place où s'élève le Grand-Hôtel, construction essentiellement américaine. Le rez-de-chaussée de ce vaste

établissement est occupé par une grande salle où | plusieurs employés, debout derrière une immense

bar, préparent les boissons glacées chères à tout

Yankee. L'entrée en est libre: chacun peut venir

y faire la sieste, paresseusement étendu sûr un fauteuil à bascule. Sous les arcades stationnent des marchands de journaux, de ‘coquillages, de cale basses et de noix de coco ciselées par les indigènes, et autres menues curiosités. A droite un coiffeur, à gauche une ‘boutique de change ; ç'est le rendez-

vous général de tous les passagers que, plusieurs,

fois par semaine, déversent à Panama les steamers du Pacifique et le chemin de fer de Colon.

Les boissons glacées sont excellentes à Panama

et à très bon marché ; on en fait une énorme consommation. La Libre le vin et les liqueurs,.malgré leur prix élevé, trouvent aussi” beaucoup d’amateurs, à en juger parle nombreincalculable de bou-

teilles cassées-.que les vagues de la mer roulent sur la grève. Il n’est pas rare.de voir dans les jardins des bouteilles employées en guise de bordure; j'en ai même vu jusque dans les rues, remplaçant le pavé des trottoirs. Les jeux de hasard sont aussi fort en honneur, si j'en crois certaines enseignes où se détache le mot « roulette » inscrit en gigantesques caractères.

Il existe aussi à Panama un cirque pour les com. :

bats de su mais iln sens point” pour les courses

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de la ville ; ce son le habitants eux-mêmes. qui provoquent et combattent le taureau en amateurs. Rien ne protège le Passant paisible contre les attaques de l'animal ir ité; aussi arrive-t-il souvènt . des accidents. Dès leur enfance, les habitants de Panama sont passionnés Pour ce genre de diver- tissement : j'ai vu des gamins jouer au taureau, se chargeant: réciproquement avec les véritables cornes de l'animal. | es fleu Un dimanche, je suivis la foule qui se dirigeait les vers le faubourg de Pueblo N uevo. Sur la pelouse, fen: le long des cases, on à installé des jeux de boules ; J plus loin, un cercle se forme autour d’une Indienne rête qui danse un pas assez risqué, avec .un grand Sat: diable de mulâtre. Dans l'intérieur d’une cabane, , pou un violon écorche le quadrillæ de Madame An- Fra got ; des jeunes gens, ‘en manches de chemise, font time gravement vis-à-vis à des jeunes filles, très décol- : auss letées et surchargées de fleurs, de dentelles et de J'ai bijoux. Tout ce monde s'amuse paisiblement. Sauf visi les costumes et la couleur de la Peau, on pourrait dré] se croire à la fête de quelque petit village, au fond . les] de la Bourgogne, ours J'avais trouvé chez M. Clément bon gite et bon qua] accueil ; plein de prévenances pour moi, il me . déco réservait les meilleurs fruits de son jardin, les ” pitèr mangues et les mammeï les plus savoureuses. Ce ” briq dernier fruit (Mammea americana) à la forme d'un d'une grosse poire: sa chair r ge, molle et su- milli ". crée, en Possède aussi le As avec cette par- épui: “ticularité qu’elle renferme une grosse amande au trist lieu del pépins. Plusieurs fois par jouril-me-fai a

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COLON ‘ 3l sait ouvrir une noix de coco encore verte, et je buvais avec délice le liquide frais, limpide et légè-

. Tement acidulé que ce fruit contient avant qu'il ne

soit parvenu à sa maturité. ee Ce ne fut donc pas sans regret que, le 4 oc-

tobre, je fis mes adieux au Jardin du Paradis et : que je quittai la chambre où, chaque matin, de .

charmants diseaux-mouches (CHlorostilbon P rt-

‘Mann venaient rendre visite aù calice des

fleurs nouvellement écloses pendant la nuit sur

les plantes grimpantes qui encadraient mes

fenêtres.

J'arrivai à Colon à midi. Le chemin de fer s'ar: rête en face de l'embarcadère où est amarré le

Saint-Germain. Un nègre me demande une piastre

. Pour transporter- à bord ‘mon petit bagage: en

France, j'en serais quitte pour cinquante centimes. Le bateau ne part qu’à cinq heures du soir, aussitôt après l'arrivée du second train de Panama. J'ai donc plus de temps qu'il ne m'en faut pour

visiter Colon et faire un tour sur les roches ma-

dréporiques de la plage. La marée basse vient de

: les laisser à découvert; j'y recueille de nombreux

oursins. Quant à la ville ‘elle n'offre rien de remarquable que la statue colossale, en bronze, deColomb découvrant l'Amérique. Toutefois, ce groupe, pitéusement installé sur un maigre piédestal de brique, fait assez triste figure entre deux flaques d'une eau stagnante et pestilentielle, Deux où trois milliérs de nègres bien portants et d'Américains épuiségpar les fièvres forment la population de ce

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triste village, qui ne doit son importance qu'au po:

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