‹ Promenades dans les deux Amérique 1876-1877 [microforme]Chapitre 107 sur 109 · JE: LA GUAYRA · texte numérisé non relu

JE: LA GUAYRA

Dans la soirée nous passons devant la Sierra- Nevada de Sainte-Marthe! chaîne de hautes et belles montagnes couvertes de forêts et dont la cime se perd dans les nuages. :

. Le 4 octobre, nous doublons le cap Gallinas, pointe extrême du continent sud Américain vers le nord. Cinquante jours auparavant, je me trou-

vais aux Confins de la Patagonie, à l'extrémité sud’

de ce même continent. Ces deux points, situés à peu près Sous le même méridien, sont séparés paf 66° en latitude. Vers le soir now perdons de vue là terre ferme. Nous sommes dans les eaux du Venezuela, à l’entrée du golfe de Maracaibo ; au nord on apet-. çoit l’île d’Oruba. à + "|

5 octobre. — Pendant la nuit nous avons dépassé l’île de Curaçao :"nous arrivons de bonhe heure à

Porio-Cabello. La ville, adossée à de hautes collines .

boisées, a fort bon aspect avec ses’ fortifications, son beau jardin public etses maisons à demi cachées

sous les cocotiers; toutefois, on en! dit le séjour à

excessivement malsain : c'est le port de Valencia, ville importante, située ‘à peu de distance dans

. l'intérieur.

6 octobre. — Relâche à la Guayra. La ville,

- peuplée de:8 à 9,000 habitants, s'étend sur, le ri- ‘ vage et grimpe sur les flancs d’une haute montagne escarpée. Une route, täillée en 2igzag dansle ‘'

rocher, conduit à Caracas, capitale du Vènezuela. Six heures suffisent à un Cavalier pour se rendre ‘ dans cette ville qui, grâce à sa situation à 900" audessus du niveau de la mer, jouit d’un climat sain e

tempéré et d’ ] D i eMmps praca e perpétue IS

CG

= te

: ï L2 us fe £ s op

ù tes 4 qu'à la Güayra la population, étouffée par l'ardeur du soleil, est décimée par. la fièvre jaune, la dyssentetie*et autres maladiés endémiques. Pendant toute.cette journée te thermornèire, à l'ombre et dans un courant d'air, ne S'abaissa pas audessous de 34. . É Er ’ Deux jours après, nous sommes en vue de la ” Martinique. Nous devoñs rester trente-six heures . à Fort-de-France, chef-lieu militaire de la colônie, pour y renouveler notre provision de: charbon et attendre là Correspondance du paquebot qui dessert . l'Île de la Trinité et les Guyanes, Malheureusement je souffrais dors de la fièvre

‘dont j'avais contracté le germe à Colon ; je pouvais’

«à peine marcher et, sous l'influence de la maladie, insensible à tout ce qui se passäit autour de moi, ‘je n’aspirais qu’au repos. C’est à peine si j'entrevis là belle promenade des Savanes, ‘au centre de laquelle, sous un bosquet de palmiers, se trouve la statue de l'impératrice Joséphine. Je m'’installai le mieux que je pus dans une grande chambre garnie où je parvins à trouver le sommeil, qui me fuyait depuis plusieurs nuits, et je n'en sortis que ” le lendémain à quatre heures pour me rendre à bord du Saint-Germain. 4 A - Deux heures plus tard, nous mouillons dans la rade de Saint-Pierre, métropole commerciale de la Martinique, ville riche, bien bâtie et plus peu- - plée que Fort-de-France. La côte, que nous avon$ longée de près, est accidentée: couverte de bois et de belles cultures. | Le lendemgn matin, 40 octobre, nous sommes

ou T4 NS nn

Page 1