‹ Promenades dans les deux Amérique 1876-1877 [microforme]Chapitre 17 sur 109 · RS · texte numérisé non relu

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leties et des bifiecks fort durs, entourés d'une ! demi douzaine de soucoupes ovales contenant du . mais bouilli, des patatescuites à l’eau, dés courges,

| des tomates ces, des fèves, dés pruneaux, etc.;

‘tel est le menu peu varié ‘que, trois fois par jour, ! . l'Américain absôrde à la hâte. Pour toute boisson, un verre de lait ou d'eaufglacée; jamais une bouteille de bière ou de vin ne paraît sur la table. Ces boissons sè prennent, ainsi que les liqueurs, : en dehors des repas; dans des établissements spéciaux que l’êh homme bars, et que "nous aurons occasion de visiter par la suite. A: juger par les apparences, l’Aiéricain serait le peuple le plus sobre du monde. Maig®n dit que, malheureusement, il n’en est pas ainsi, que cettesobriété n’est qu’apparente et qu’elle ccombe trop “facilement aux tentations du bar. , se dépêche d’entasser, sur Son unique assiette, in échantillon des mets dont je viens de parler. Au bout de dix minutes tout est terminé: l'Américain s’essuie .la bouche avec uneserviette grande comme une feuille de papier ou après lanappe, s’il #ien a une, et remet en sortant un dollar à un monsieur fort grave, à tenue respectable, qui se tient débout à la porte de la salle à mänger. e— Dans l'après-midi, nous traversons des, marécages peuplés d'une infinité de tértues. Je m'ins- | alle sur J& plate-forme et je m'assieds sur les marchesde l'escalier. De ce poste d'observation, à l'abridu vent, je regarde tout à mon aise défiler le pay$age. Une inscription avertit qu’il est dé-

fendu d'y stationner à cause des accidents i J

62 *' SIX MILLE LIEUES EN''SOIXANTE JOURS re

vent en résulter. Mais personne ne tient compte dé cette défense ; les employés passent et repassent

sans jamais faire la moindre observation..La ‘com.

pagnie vous a prévenu; elle est en règle avec vous:

cela suffit; s’il survient un malheur; tant pis nn ;

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vous.

Vers le soir, la prairie s ‘étend à perte de vue. Sauf quelques. bouquets de saules et’ de peupliers autour des habitations, pas un arbre à l’horizoÿ; pas üÜn caMlou non plus dans la terte nôfre comme de l’ encre, De larges chemins boueux, aux talus gazonnés, longent la voie ; lorsqu'ils la ‘traversent, un simple écriteau portänt ces mots : « Prenez garde à la locomotive », remplace ls maisons de gardes et.les barrières de nos passages ‘à niveau. ‘

Aux derniers rayons du soleil couchant, nous travérsons le Mississipi à fieuve roule ses eaux jaunâtres entre deux rives basses et boisées. Il ne me ‘paraît pas avoir plus de 12à 1,500 mètres de largeur, Sur la rive droite

- s'étend la ville de DRYÉnpOr (État d'Iowa). N ou, ; NOUS sommes à ,3UU kilomètres :

vel appel du gong de Chicago. |

17 septembre. — Nous traversons à pétite vitesse l'interminable prairie; toujours le même aspect qu'hier, sauf que le pays paraît plus ‘ondulé ei moins peuplé. Il à plu cette nuit; la voie du chemin de fer, tracée dans des terrains marécageux et dépourvue de ballast, ‘offre un aspect peu rassutant. Les traverses reposent directement sur - une boue sans consistance et cèdent sous” le : poids

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-Mississipi était bieñ sale; mais le Missouri est uno «vraie rivière de boue. Les baux sont basses et le Yi fangeux du fleuve resté en partie à découvert.

- À ‘6 À ds Û + © DE CHICAGO À SAN=-FRANCISCO 63

| des lourds wagons; notre sleepingiçar se penche

-de.côté et, par-instant, éprouve de terribles oscil- ” lations. Heureusement nous franchissons ce passage dangereux. ayec une prudente leñteur. La

| vue de deux wagons. renversés le long du talus et :

de leur chargement dispersé me prouve que mes

äppréhensions ne Sont. point chimériques. C'ést . alors que je me repentis, mais un peu tard, de : n'avoir pas suivi le conseil qui m'avait été donné

et d'avoir précisément choisi celle des trois com

pagnies dont la voie avait été construite ‘avec le

moins de solidité. Toutefois, je dois avouer que

;personne, dans 1e, wagon, ne semblait partager ‘

nes gaie ; les oscillations lesplus accentuéesne . faisaïent qu'exciter la gaîté de mes compagnons qui ng trouvaient rien de mieux que de rire aux éclats à la vue des tristes paves éparses le long de la voie. Nous franchissons cependant sans encom-. bre ce mauvais Pas, non sans avoir vu un peu plus loin un troisièmé ‘wagon renversé, dans le plus piteux état, au beau milieu d’un marécage, a . En'approchant du Missou, le errai@äe re-

lève, %e sol se téfférmit et Quélques cellines boisées apparaissent àL’horizon. A Council-Bluff, on trans

borde les voyageurs êt leS baÿages, dans les voi-. tures de l'Union-Paciff8#”"On traverse une large prairie ; puis le train S’erfgage lente@Skt sur un,

magnifique pont long.de plus d'un kilomètre, Le

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