BALTIMORE
Dans la matinée du 99 septembre, je quittai
Salt-Lake-City pour continuer mon voyage vers l'Est. En route, j'apprisque le cherhin de fèr dinee de Denver à Saint-Louis, par le Kansas, traversait de vastes plaines semblables à celles du Nebraska. Ce renseignement me fit renoncer à mon projet de retour par le Colorado, et, de Cheyenne, je poursuivis mon voyage directement jusqu'à Omaha, où j'arrivai le 4” octobre, à quatre héures du soir. Depuis mon: premier passage à travers les prairies, la température s'était considérablement abaissée ; jour et nuit, les poêles étaient allumés dans les wagons. Au matin, là terre était gelée et de longues stalactites de glace ornaigné les fontaines de chaque station.
Noûs traversoris de nouveau le Missouri, dont
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SAINT-LOUIS 12 is AUX Couleur café au lait se roulent en tourbillons fangeux. A Council-Bluff, arrèt d'une demi-heure, grandes manœuvres, puis, à travers l'immense plaine éclairée par les derniers rayons
. dusoleil couchant, trois trains partent simultanément, deux pour Chicago, le troisième pour Saint- Louis; pendant quelque temps, suivant une ligne parallèle, nous. luttons de vitesse; mais bientôt:la ‘ huitarrive et nous Poursuivons notre route, seuls, |
‘ dans l'interminable prairie que borde la rive gauche du fleuve. Tout à coup, le train s'arrête en
plein désert; le frottement d’un essieu mal graissé a déterminé un commencement d'incendié” dans k charpente d’un Wagon : quelques seaux d'eau
“Puisés à un marais voisin suffirent à ‘Tl'éteindre ; c'était un mauvais début, mais je n'étais ‘pas, hélas! au bout de mes, peines. Toute la nuit, nous. fimes atrocemént secoués; à chaque instant, des
.Chocs violents et saccadés me faisaient craindre un
” déraillement : j'étais obligé de me cramponner
énergiquement Pour ne pas être précipité de mon lit, qui, par malheur, se trouvait être un wpper (lit de dessus). Toutefois, j'ajouteraique mes Compagnons de roûte semblaient:peu se préoccuper de ces petites misères de voyage. | Le jour venu, je m2 hitai d'abandonner le sleeping-car, qui, mal fixé à l'arrière de train par une chaine trop longue, continuait ses. soubresauts ‘insensés; je trouvai à l'avant un compartiment plus stable. : VOTE 157 Nous sommes dans l'État de Missouri : nous suivons encore, mais $ans l'apercevoir, la rive | : 11
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gauche du fleuve, C'est toujours la prairie ; mais, ‘une prairie peuplée, semée d'habitations et de champs gutourés de clôtures; grand mouvement
. de yoyaäèurs auxe stations très rapprochées les unes des autres ; le train marche vite, mais s'ar-.
rête souvent; il ne perd pas de temps : vingt sc-
* comles d'arrêt, et le voilà reparti; il est aussi vite
f\ € g ni lancé à toute vapeur que promptement arrete.
Le sol devient rocheux, se couvre de forêts et
.s#’ondule en collines, aux abords du Missouri, que : l'on traverse à Saint-Charles, sur un pont comme
on n’en voit qu'en Amérique. Deux cents lieues de parcours, depuis Omaha, ont élargi lé lit de l'immense rivière, qui, à quelques Kilomètres plus loin, réunit ses éaüux à celles du Mississipi. Bientôt après, nous franchissons un coiù du Forest-Park, puis un long faubourg de hautes maisons de briques et d'usines dont les innombrables chéminées vomissent des torrents d'une
fumée noire et épaisse; l'on s'arrête à Union
Depot, au cœur de la cité (pour indiquer une gare de chemin de fer, l'Américain à adopté le mot français dépôt, que l’on prononce dipott). L'Union Depot de Saint-Louis offre une disposition remarquable et de nature à faciliter la rapidité des communications. Toutes les compagnies de chemin
de fer qui aboutissent à Saint-Louis, au nombre.
de dix environ, se sont donné fendez-vous dans cette gare monumentale; elles y occupent des voies parallèles qui la traversent de part en part: sur un poteau indicateur, ojf lit le nom de la com-
pagnie et la destination du train en partance. Cette
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