LISBONNE
dre le tramway qui conduit à Belem. Les-tramways de Lisbonne méritent une description particulière. Ils ont la forme d'un long et large char à bancs couvert, mais ouvert sur les côlés, avéc hüit
banquèttes à quatre places, et plates-formes en avant et en arrièré; les voitures sont trainées habituellement par quatre mules:; on en ajoute deux autres lorsque la pente du terrain l'exige. Il y a toujours un postillon à cheval sur la pre-
mière mule. La route qui conduit à Belem est.
sinucuse et accidentée : on perd beaucoup de temps aux relais et aux montées : mais, en revanche, les ‘descentes se font avec une rapidité effrafanté, et qui souvent, dit-on, a occasionné de graves accidents: °
L] . « À € L'ancien. monastère de Belem est un magnifique
-vspécimen dé: l'architecture Bispano-arabe de la | lin du xv° siccle, Il fut conslEuit par don Manuel -en Fhonneurde la réussite de l'expégition de Vasco
de Gama. Aujourd'hui, il sert d'asile pour les enfants abandonnés. Les dortoirs, les cuisines, les
réfectdires sont installés dans les vastes salles du vieux cloître. Au centre, se tropve un frais jardin
‘où je remarque de vigoureux massifs d'hortensias,.
en pleine floraison, hauts de plus de deux mètres. Tout autour règne une galerie supportée par de grosses colonnes trapues et d'élégants arceaux délicatoment fouillés, d'une conservation parfaite. L'intérieur de l'église forme trois nefs, soutenues par des pikers finement sculptés. Le. portail de face, ainsi quele portail latéral, sont d’une richesse extraordinaire. De nombreuses statues font saillie
au Milieu des ornements les plus capricieux. Sous
le c imat brûlant du} Portugal, les monuments n
revétènt à la longue. nne teinte châude et dorcu «
qui ajo te encore à la beauté de cette merveilleuse el
Fe dentelle\de pierre. sé
# n Lorsque je rentre à Lisbonne il fait nuit close, el | C'est un \dimanche: de nombreux promeneurs.
avides de respirer l'air frais du soir apres une qi
chaude journée de juillet, suivent {ous la méme cl
direction. Entraîné par le courant, j'ârrive au jar- et
din public, où résonnent les arcents de la musique ba
Militaire. Là, sous de beaux arbres illuminés, une : SU
foule compacte circule paisiblement, éntre les ce
'angs pressés des dames assises le long de l'arenue "4 tri
principale. Peu d'entre elles me paraissent jolies : les
leur teint est d'un blanc mat et leurs cheveux lin
4 invariablement noirs. Si vous rencontrez une . éle
Es blonde, vous pouvez presque affirmer que c'est une doi
: Ctrangere.”| | for
3 ” Les rues les plus animées de Lisbonne sont los qu
rues Aurea, Augusta et Chiado: là se trouvent les * tou
plus beaux magasins: La place du Commerce est feu
fort belle; des constructions monumentales l'en- la:
tourent de trois côtés, le,quatrième est forme par No
le Tage; un riche are de triomphe d'un bon style les
lait face au fleuve: au centre s'élève la staine eo diet
x) lossale équestre en bfimze de Jose 1, haute de sen!
| plus de#fix jnétres. Pres qu jardin publie, se ‘mes
trouve là place don Pedro, äu milieu de latquclle clin
se dresse une colonne mionolithe surmontée de M
la Statue du monarque. Cette place est pavée Ont
en mosaiques formées de cailloux blanes ct noirs, r'ése
D ricicux. Sous
monuments ude et dorce merveilleuse
nuit close, promeneurs, r'apres une ous 1 méme rrive au jare la musique uminés, une t, éntre ls de l'axenue sent jolies :
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ALSRONNE ns simulant asscz bien des inégalités de ierrains qui n'existent pas : effet original, mais d'un goût douteux. Sûr une autre place dont le nom m'échappe. je remarquai uue charmante colonne d'un seul moreçau, percée à jour, et, se contournant en {rois spirales. : : Vie -
Une particularité des édilices de Lisbonne, c'est que les extrémités des toits so relévent à la mode chinoise. Il n'y a d'autres cheminées que celles des euisines: a Plupartdes maisons sontornées de larges balcons couverts. Bcaucoup de facades sur la rue
Sont décorées de carreaûtx de faïeñce multicolores, ce qui produit le meilleur effet. Enfin, la ville est trés accidentée et offre quelque ressemblance avec les hauts quartiers de Naples. Toutefois, les collines sur lesquelles repose Lisbonne sont moins élevées. Cette disposition particulière du terrain donne lieu parfois à de charmantes échappées qui feraient le bonheur d’un artiste. Cà et là, un agave, quelque palmier, un J'uCCa au blanc panache, des Tr.
- touifes éelatantes de géraniums, des citronniers au te fvuillage luisant émergent des hautes murailles. Ici
là Yégétation.est tout à fait méridionale : le pin.de
Norfolk y acquiert un développement considérable 3
les poivriers se mèlent aux myrtes etaux grena- :
dicrs. Dans les jardins, des massifs de cactus erois- “+.
sent à l'ombre des orangers, et des pelguses de
Mesambryanthemum remplacent le gazon de nos
climats. ; .
Malgré le chaleur de l'été, les femmes du peuple Ont l'habitude de s'éncapuchonnor dans un long. réseau de laine blanche; l'habillement des paysans
Le
coiilure ordinaire. a À
déroule de nou veau devant nous, se détachant nét-
Nous avons en passage mière classe à Lisbonne ; c'est à peu:près
peu près aussi ile la is . Ééhragers M -’troisième classe sont des Basques et des Espagnol en destination de Buenos-Ayres.
Deux jours après notre départ de Lisbonne,
l'ilot d'Allegranza qui surgit à gauche, purs Gra- . ciosa, et, dans le lointain, la grande ile de Lanza- rote, que nous longeons tout l’ après-midi à quinze ‘ou vingt kilomètres de distance. Toutes ces terres paraissent nues, arides et couvertes d’un sable
ravinées profondément et bordées de blanches
.«— détroit de Bocagna et nous suivons d'assez près SE la côte de Fuertaventura ; on distingue quelques
"la mer. Nous laissons à notre droite; mais sans les
et des bateliers est généralement fait d'u drap brun et grossier. Un bonnet de laine noire est leur |
A onze heures du mâtin, le 9 juillet, nous levons l'ancre; l'admirable panorama de Lisbonñe se
s de pre- moitié .
nous sommes en vue des Canaries; c'est dabord
jaunâtre. Elles sont très élevées, déchiquetées,
falaises. Dans la soirée, nous passons devant le .
AE maisons dans l'intérieur et un village au bord de:
“dela sentmom
-estd
volai | côtés
tés, 1
SUD
Done .apércevo grande Canarie et Jus loin encore ait d’un drap JR .uperce Re nee CONATIO Gt pl l oeil Tencriffefgef son faineux pic.
dé POS . Pans Ta étinée du 12 juillet, nous doublons le
t, nous levons Lisbonne se létachant nét-
cent milles au large de la côte du * À dix heures du soir, nous franchissons, le ear une température délicieuse de 24 dÿgrés caiti radeS: Les, jours ont beaucoup diminué; &-si) heufes ‘un quart, le soleil se couche: mais la nuit n'arrive :Pas aussi promptement que : je l'aurais cru, d’après les récits dés voÿageurs. Le SE crépuscule évidemment plus court qu'en France, dure-encore au moins une demi-heure, A cinq heures du matin il fait nuit close. ANA Aujourd'hui, 13 juillet à midi, par 24 40° de latitude nord, le £oleil est à 89e c'éstéà-di près perpendiculaire au-dessus de ‘nos têtes
s. Dans -ces conditions, l'oibre n'existe Pour ainsi dire pas ; * “cle de mon cha
Peau dépasse à peine mes pieds.
Le thermomètre, à l'abri, se: maintient de jour comme de nuit à 24, Un fait di c'est qu'eh pl iné mer ja température est à peu ps conso al que soit l'heure du jour ou de Hnuit. Du moins, l'écart est infiniment moins considérable qu'à terre, ‘. **: . + Le 14 juillet, nous Sommes à une faible distance ‘dela côte d'Afrique; aussi la température se ressent-elle de ce voisinage Sous la véranda, le thermomèfre marque 35°; le temps esf brumeux, la mer : St d'un bleu foncé. J ‘’aperçois tes premiers poissons volants-ou exocets; ils s'élèvent par bandes sur. les côtés du navire: leur troupe, aux reflets ärgentés, fournit une Course rapide à cinq ou six pieds | 16
de Lisbonne, c'est dabord he, pus Grale de Lanzamidi à quinze es ces terres s d’un sable léchiquetées, de blanches ns devant le .
d'assez près gue quelques e au bord de :
mais sans les