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À minuit, nous levons l'ancre, nous dirigeant en LÉ droite ligne, vers le sud, Îe long de la péninsule de S Brunswick. Nous marchons avec unt extrôme 7 lenteur ; car les deux Républidues, qui se dispu- l tent Ja possession de ces régions désôlées, n’ont. Le encore élevé aucun phare sur leurs rivages: d
Le lendemain 15 août, j'assiste à un éblouissant P léver de’ soleil, mais le beau ternps est de courte ce
‘ durée ; bientôt le ciel se couvre ; un vent violent qi s'élève, chassant par intervalles des rafales de Pr pluie et de neige fondue. Le thermomètre. tombe ca rapidement à zéro. La tempête fait rage avec une. AR violence ‘inouïie. Cependant les eaux resserrées ch entre les terres sont relativement "peu agitées, et lor les vagues courtes’ et précipitées, impuissantes vu contre la masse énorme du Potôsi. Parfois les Cla Nuages se déchirent brusquement, donnant: lieu à Po ‘de subites éclaircies qui permettent d’entrevoir bla les pics aigus de l'ile Clarence.et les hautes mon- ils à tÿnes dela péninsule de Brunswick, couvertes de . de sombres forêts vierges, du bord de la mer jus- SET eue L Au foré
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hauts sommets, ou par quelque majestueux pic isolé, dont la tête.se perd dans les nu "Le Passage le plus. étroit se trouve entre l'île Charles et le Cap Galland : c'est là aussi que se
les escarpées
fencontrent les Points de vue les-plis renommés: 5 Re 19,
la nature devient de plus en plus sauvage ; le Po-. | losi semble enfermé de toutes parts dans un cirque de montagnes ; on ne sait comment il à pu y pé-
nétrer,.on se demande comment il pourra en sor-
tir. Parfois, sous le souffle irrésistible de l’oura-
gan, le navire est forcé de ralentir sa marche ; ou bien c'est une rafale de neige, horizontälement chassée par la tempête qui empêche de‘rien-distinguer à vingt pas. Alors le bateau s'arrête ; les offi-
ciers donnent l'ordre de démonter Les vergues, qui
donnent trop de prise au vént. Le rude labeur des pauvres matelots par un temps Darele m’ inspire une réelle pitié. NE
J'ai passé la plus grande partie de cette journée
sur le pont, enveloppé dans ma couverture, abrité
par la cheminée de la machine, bravant la pluie, la neige, la grêle et aussi les glaçons qui, se détachant des cordages, venaient se briser à mes pieds.
Souvent j'ai été récompensé de ma constance par :
de magnifiques échappées sur cette nature grandiose et tourmentée. Je ne regretterai pas le mau-" vais temps qui m'a permis de voir-ces sauvages contrées, à travers la tempête quien est comme le cadre naturel.
Le 16 août, l'ouragan s'est un peu calmé : ; nous sommes encore dans le détroit, entre l'archipél de la Reine-Adélaïde, au nord, et la terre de la Pésolation, au sud. De grands albatros au plumage noir et blanc, au vol puissant, nous suivent depuis la
veille. Ces oiseaux semblent se jouer de la fureur des
éléments; malgré la violence du vent, ils ne cessent
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renc@ ontrbns ‘aussi de nombreuses troupes de gros \poissons noirs, particuliers À ces parages, et va agéaht en lignes, réguliéres. Leurs évolu- ‘tions originales, les arcs qu’ils décrivent en sautant par-dessus les vagues, leur ont fait: donner, le. nom de {orninas. : HA
Vers midi, la brume voile à ‘demi l'horizon du côté du nord ; mais, à notre gauche, la terre.de la; Désolation, que nous longeons. d'assez près, se montre dans toute sa sauÿage horreur. On dirait
un affreux chaos de rochers gigantesques, entassés
les uns au-dessus desautres. Un effroyable éboulement de la montagne a formé le cap Pilar, véritable : pilier qui indique äux navigateurs l'entrée occidentale du détroit de Magellan. Du côté du norit se dressent les Trois-Évangélistes: ce sont trois
,Sombres rocs, s’élevant à pic du fond de ia mer,
set placés là, comme des sentinelles avancées, .
va
contre lesquelles viennent se briser incessamment les fames tumultueuses de l'océan Pacifique. Nous
‘avions employé plus de deux jours à franchir le détroit de Magellan. La distance qui sépare les
deux océans n’est que de quatre cents kilomètres, en ligne droite ; mais ce trajet est presque doublé par les sinuosités du détroit.
A peine avons-nous atteint le. large et quitté l'abri protecteur des côtes, que des’ vagues énormes viennent nous assaillir avec une rage indescriptible. Cette première connaissance avec l’océan qui, dans ces parages continuellement tourmentés, porte bien à tort le nom de Pacifique, n'était pas.
Re
malgré ses 445 pieds de long et ses 42 pieds de large (mesure anglaise), ballotté comme un simple
j'avais été novice en fait de traversée, j'aurais cry à un sérieux danger. Mais le péril n’était pas là :
craindre des fureurs de la mer tant qu'il reste au large. L'essentiel était de nous éloigner au plus ! vite des rivages inhospitaliers, où le wentet les courants tendaient à nous entraîner. Avec une tempête commé célle d'hier, nous n'aurions pu sortir du détroit sans couriË grand-risque d'être jetés à la côte. Heureusement, comme je l'ai déjà dit, le vent s'était un peu calmé ; mais il n'en était pas de même de la mer qui continuait à rouler des vagues monstrueuses. RU Te |
de tous côtés retentissaient les cris, les commandements et les coups de sifflet qui accompagnaient les manœuvres, les piétinements précipités des marins, et par-dessus tout, le fracas des lames fu- ,. rieuses qui venaient S’abattre lourdement sur le pont, Juste au-dessus de ma cabine. Pendant le cours de cette longue nuit, je fus constamment obligé de me retenir après un crochet, pour ne pas être précipité de mon lit. ON é .
:Le lendemain, la mer était encore très ITauvaise ; , - Mais on s'habitue à tout, même au roulis, qui du reste me gêne fort peu pour prendre mes notes, ” bien moins que l’hélice de l'Équateur, pendant sa paisible traversée, Je m'installe à l'avant, pour
fétu de paille, et livré à tous les caprices d’un rou- * lis extravagant. C'était un admirable spectacle Si.
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Cette nuit-là, il m'a été impossible de dormir :
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