PREMIERS VOYAGES AÉRIENS
pour raccompagner y s'embarquent pour (dire ie premier voyage aérien.
Le ballon avait été transporté au château de la Muelte, près de Paris. Il était de grande dimension et viaiment beau, décoré richement de peintures et de dorures, de draperies et de guirlandes, d'aigles aux ailes éployées; gonflé, il offrait l'aspect le plus brillant et le plus majestueux. Le temps était nuageux, le vent fort; on eut grand'peine à contenir le ballon tandis qu'on le gonflait. Une déchirure même se produisit, et cet accident retarda le départ. Enfin les deux premiers hommes pour qui fut créé le nom, inconnu jusqu'alors, d'aéronauteSy^^ navigateurs des airs, —montent dans la galerie. Ils sont armés de petites fourches de 1er pour saisir les bottes de paille qu'ils ont en provision, et les jeter, à travers une sorte de porte, dans le réchaud, les remuer et exciter la flamme. Ils partent : point de cris, point d'élans de joie et d'enthousiasme, cette fois ; tous les cœurs étaient serrés. Les spectateurs, immobiles et muets, levaient les yeux vers les intrépides voyageurs, qui, pour les rassurer, saluaient du haut de leur balcon... Le ballon s'éleva doucement, jusque vers 700 mètres de hauteur, puis le vent l'emporta au-dessus de Paris. — Nos deux voyageurs, placés sur la galerie, Tun d'un côté, l'autre de l'autre, pour faire équilibre, ne pouvaient se voir et se parler qu'en mettant la tète à leurs petites portes, ouvertes vers l'intérieur, du côté du réchaud. Voulaient-ils monter, ils portaient au réchaud quelques bottes de paille; s'ils voulaient descendre, ils laissaient le feu s'assoupir.
Pendant quelque temps, ils glissent au-dessus de la Seine même. Pilâtre s'écrie : « Voici la rivière, et nous baissons! >
— € Eh bien, du feu ! mon cher ami,' » répond son compagnon. Puis c'est une petite secousse qu'éprouve la machine. — € Que faites-vous ? dit d'Arlandes; est-ce que vous dansez?»
— € Non, je ne bouge pas. > C'était une rafale soudaine qui faisait palpiter les toiles. — Us se retoui*nent vers l'extérieur
48 PROMENADES DAKS L£S NUAGES.
et se pencheat au balcon pour regarder au-dessous d'eus; ils voient Paris qui semble fuir, la Seine qui s'éloigne ; ils lIotLent au-dessus des Invalides. Le voyage continue.
Enfin ils ont franchi la ville; au-dessous d'eus est la campagae. Pour le coup, diseol-ils, pied à terre! Hais sur le plateau il y avait des moulins à vent, que d'Arlandes, tourné de l'autre
côté, ne pouvait pas voir. Gasse-coul Imaginez-vous le ballon venant donner dans les grandes ailes tournantes d'un moulin, le globe déchiré en mille piècesl Le brave de Rosiers crie : « Gare les moulins! > D'Arlandes jette au Teu une botte de paille, et attise la Qamme : la machine se relève. Un peu plus loin enfin, l'obstacle élanl franchi, nos deux vaillants navigateurs laissent arriver à terre : le ballon se pose doucement sur une butte, entre deux autres moulins. — Puis les voilà chercliant à se dépê-