‹ Promenades Dans Les NuagesChapitre 18 sur 43 · IMPRISSIONS DU DÉPART. — LA TERRE VUE DU CIEL · texte numérisé non relu

IMPRISSIONS DU DÉPART. — LA TERRE VUE DU CIEL

On pari; on est parli.

Je suis sûr qu*en ce moment, vous mettant de votre mieux à la place de nos voyageurs aériens, vous essayez d'imaginer les impressions extraordinaires qu'on doit ressentir au moment de quitter la terre... « Se sentir soulever, pensez-vous, se voir monter dans les airs... sensations étranges !» — Eh bien, pas du tout ! Ce qui fait une impression étrange, surtout la première fois, c'est justement qu'on n'éprouve pas ces sensations qu'on s'attendait à éprouver. On ne se sent pas soulever; on ne se voit pas monter. On se sent immobile ; on voit la terre fuir, s'enfoncer... On voit les spectateurs, les amis que l'on quitte, qui descendent, descendent, avec les arbres, les maisons... Les objets terrestres s'éloignent, se rapetissent; en même temps ils semblent se rapprocher les uns des autres, venir de toutes parts se serrer au-dessous de la nacelle. Et quel étrange aspect présentent les objets, ainsi vus d'en haut! — je parle des objets qui sont précisément situés sous le ballon. Une maison,

c'est un toit; un homme, un dessus de chapeau On n'a

pas d'ordinaire le temps de s'amuser à ces effets bizarres ; car hommes et choses diminuent rapidement, et bientôt on perd de vue les détails.

Mais c'est l'ensemble qui est magnifique ! Car à mesure que

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