IMPRISSIONS DU DÉPART. — LA TERRE VUE DU CIEL
On pari; on est parli.
Je suis sûr qu*en ce moment, vous mettant de votre mieux à la place de nos voyageurs aériens, vous essayez d'imaginer les impressions extraordinaires qu'on doit ressentir au moment de quitter la terre... « Se sentir soulever, pensez-vous, se voir monter dans les airs... sensations étranges !» — Eh bien, pas du tout ! Ce qui fait une impression étrange, surtout la première fois, c'est justement qu'on n'éprouve pas ces sensations qu'on s'attendait à éprouver. On ne se sent pas soulever; on ne se voit pas monter. On se sent immobile ; on voit la terre fuir, s'enfoncer... On voit les spectateurs, les amis que l'on quitte, qui descendent, descendent, avec les arbres, les maisons... Les objets terrestres s'éloignent, se rapetissent; en même temps ils semblent se rapprocher les uns des autres, venir de toutes parts se serrer au-dessous de la nacelle. Et quel étrange aspect présentent les objets, ainsi vus d'en haut! — je parle des objets qui sont précisément situés sous le ballon. Une maison,
c'est un toit; un homme, un dessus de chapeau On n'a
pas d'ordinaire le temps de s'amuser à ces effets bizarres ; car hommes et choses diminuent rapidement, et bientôt on perd de vue les détails.
Mais c'est l'ensemble qui est magnifique ! Car à mesure que