EN PLEIN CIEL
Un autre instrument également suspendu à portée de l'œil dans la nacelle, et que nos voyageurs consultent avec autant de soin que leur fidèle baromètre, c'est le thermomètre. Le thermomètre est le mesure-chaleur^ comme le baromètre est le mesurepression. Cet appareil ne vous est pas inconnu sans doute; et plus d'une fois vous l'avez observé attaché au mur, près d'un baromètre, ou fixé sur la planchette même du baromètre. Mais disons un mot de son principe, qui est fort simple. — Toute substance se dilate ^ c'est-à-dire augmente de volum^^ par l'action de la chaleur; mais celte dilatation est plus ou moins considérable, selon les matières. Les matières solides se dilatent excessivement peu, les liquides davantage; les gaz, tels que l'air, énormément. Imaginez une très simple expérience: Soit une bouteille à col étroit complètement remplie d'eau, jusqu'au ras du goulot. Vous l'approchez d'un foyer ; l'eau peu à peu s'échauffe; elle se dilate, elle augmente de volume. Ne pouvant plus tenir dans la capacité qui la renfermait tout à l'heure, elle déborde ; une certaine quantité de liquide se déverse. Au contraire, portez la bouteille dans un lieu très froid, ou entourez-la de glace; l'eau va se contracter^ va se resserrer, diminuer de volume. Le liquide ne remplira plus tout l'espace ; son niveau baissera, et il restera en haut un peu
de vide. Faisons une semblable expérience avec un gaz, avec l'air. Celte fois, je renverse ma bouteille vide, — c'està-dire pleine d'air, — le goulot en bas, plongeant dans une cuvelte pleine d'eau. Voilà une certaine quantité d'air, qui remplit la bouteille, et que je liens ainsi emprisonnée. J'approche mon appareil du foyer; l'air s'échauffe, il se dilate beaucoup, il augmente beaucoup de volume; ne pouvant plus tenir dans la même capacité, il déborde, se fait un passage en repoussant l'eau, et s'échappe sous forme de grosses bulles qui font entendre un glou-glou en traversant le liquide. Je transporte l'ensemble dans un lieu froid ; l'air de la bouteille se refroidit, lui aussi, il se contracte, il ne remplit plus la capacité, et l'eau de la cuvette monte jusqu'à une certaine hauteur dans le col, prenant la place que l'air lui abandonne en se resserrant. Vous voyez par là de combien le volume de l'air a diminué. — Ceci étant compris, jetons un coup d'oeil sur notre thermomètre. Ce n'est pas autre chose qu'une petite fiole sphérique ou allongée en façon de bouteille, et se prolongeant par un petit tube de cristal très fin, qui lui forme comme un très long et très étroit goulot : c'est ce qu'on nomme la tige du thermomètre. Cette fiole est remplie d'un liquide, ordinairement de mercure, parfois aussi d'alcool que l'on a coloré en rouge pour le rendre plus visible. Le liquide arrive jusqu^à un certain niveau dans le tube. Voulez-vous voir fonctionner l'appareil? Posez très doucement un doigt sur la petite fiole. Votre doigt est chaud; le liquide, à son contact, s'échauffe. Il s'échauffe très peu, il est vrai ; mais c'est assez pour qu'il se dilate sensiblement. Tenant plus de place, il s'élève davantage dans le tube ; vous le voyez gagner peu à peu. Retirez votre doigt : le liquide se refroidit, il se contracte, se retire; vous voyez le niveau baisser lentement. Ce petit appareil, quand il est construit avec les précautions nécessaires,