Dieu du vent dans raalique mythologie grecque et latine
obliques, semblables aux ailes d'un moulin à vent, à rhélice d'un baleau à vapeur. — Ce qu'il a été possible de faire, jusqu'ici, au moyen des plus ingénieuses machines, je vous l'exposerai plus loin ; mais notre ballon à nous, celui dont nous suivons, par la pensée, le trajet aérien, n'est pourvu d'aucun de ces organes : ni rames, ni ailes, ni roues... Il n'essaie pas de lutter contre le vent; il se laisse emporter.
Un ballon suit exactement la direction du courant d'air au milieu duquel il est flottant, et prend exactement la même vitesse. La première conséquence de ceci, — conséquence qui va peut-être vous étonner au premier abord, mais qui se comprend très bien à la réflexion, — c'est qu'on ne sent pas le vent en ballon, même quand il est très fort, même quand il vous emporte avec une vitesse extrême, avec une vitesse deux fois, trois fois supérieure à celle d'un train de chemin de fer. c II n'y a pas d'endroit, dit plaisamment un spirituel aéronaute, où on soit mieux à l'abri des courants d'air.... » C'est-à-dire que le courant d'air vous emporte; mais vous n'en sentez rien. Une plume posée sur le bord de la nacelle ne s'envolerait pas.
Loi^que vous êtes à terre, le moindre vent fraîchit à votre visage : c'est Tair en mouvement qui vient heurter contre vous immobile. L'air est-ilparfaitement calme, tandis que vouscourez avec vitesse, une brise soulève vos cheveux, frôle vos joues, siffle à vos oreilles : c'est vous, cette fois, qui venez à rencontre de l'air immobile. Dans les deux cas il y a choc; et c'est ce choc que vous sentez. Mais en ballon c'est autre chose : le globe et toute la masse d'air qui l'entoure voyagent ensemble, se meuvent du même mouvement : il n'y a nul choc, donc nul souffle senti, nulle impression produite. Par exception, on a pu observer quelques moments où il s'est fait sentir une brise, où un petit moulinet de papier a pu faire quelques tours rapides : c'est quand le ballon entrait dans un courant d'air dont il n'avait pas encore eu le temps de bien prendre la vitesse, et la direction.
Si on ne sent pas, en ballon, le vent qui existe, en revanche on peut sentir celui qui n'existe pas.., — Je m'explique. De même que si vous courez dans Tair calme, vous ressentez à votre visage un souffle qui vous semble être du vent, de même lorsque le ballon s'élève ou descend rapidement, fendant l'air pour se faire place, Taéroslat et les aéronaules eux-mêmes éprouvent l'effet comme d'un vent qui soufflerait en sens contraire. L'aérostat monte-t-il? Les voyageurs de la nacelle ressenlent un courant d'air vif et froid qui leur tombe d'aplomb sur la tête et les épaules, comme si le vent soufflait du ciel droit en bas vers la terre. Descend-il, nos observateurs sentent l'impression d'un souffle qui monterait droit de la terre vers le ciel, qui soulève leurs cheveux, fraîchit contre leur main s'ils retendent en dehors de la nacelle, ou contre leur visage s'ils se penchent pour regarder en bas. Cet effet, dont vous avez dans les lignes qui précèdent une explication sufGsante, a donné l'idée d'un appareil destiné à faire savoir aux aéronaules s'ils montent ou descendent à un moment donné; et cet appareil n'est autre chose que la brillante banderole de soie qui a frappé vos yeux au départ, suspendue à l'équateur du ballon, ou encore à la nacelle elle-même. Excessivement légère et mobile, présentant à l'air une large surface, elle obéit à cette résistance que l'air oppose au mouvement du ballon, comme un pavillon au souffle de la brise. Si le ballon monte, elle pointe vers la terre, agitée de petites ondes, de. rides, qui courent dans le sens de la longueur et la font palpiter comme un drapeau déployé au vent. Lors au contraire que le ballon descend, h soie légère se soulève, flotte en haut, et si la chute est rapide tourne sa pointe vers le ciel. — Vous voyez l'utilité de la banderole. Mais si la soie flottante peut avertir les voyageurs, leur donner même une idée de la rapidité de la montée ou de la descente, elle ne les renseigne en rien, je n'ai pas besoin de le dire, sur la hauteur à laquelle on se trouve :
iU PROMENADES DANS LES NUAGES.
rien ne peut dispenser d'observer assidûment le baromètre. Hors ce cas de montée ou de descente rapide, les voyageurs de la nacelle ne ressentant aucun souflle, aucune secousse, éprouvent Timpression d'un calme parfait, d'une immobilité complète; ils n'ont aucunement conscience du mouvement qui les emporte. Comment donc peuvent-ils s'apercevoir du chemin qu'ils font? Comment reconnaître la route qu'ils suivent? — C'est uniquement en observant la terre. Penchés sur le bord de la nacelle, ils regardent en bas; ils voient les bois et les cultures, les collines et les vallées, les villes et les villages filer au-dessous d'eux; les objets terrestres approchent d'un côté, passent dessous, s'éloignent du côté opposé, — absolument comme on voit, en voiture ou en chemin de fer, les arbres et les maisons accourir, défiler, puis s'enfuir en arrière. Mais en ballon l'illusion est bien plus complète encore; plus l'observateur est entraîné avec vitesse, plus le paysage, naturellement, glisse rapide au-dessous de lui, surtout si l'aérostat plane près de terre ; alors les objets paraissent emportés dans une course folle... Impression étrange, presque effrayante, que les voyageurs aériens décrivent de la façon la plus curieuse dans leurs récits, et qui leur fournit les expressions les plus pittoresques. Mais si les voyageurs ne peuvent apercevoir la terre? S'ils sont plongés dans le brouillard? Ou bien encore s'ils sont montés au-dessus des nuages, et que ces nuages leur cachent complètement les objets terrestres? Oh ! alors, rien ne les avertit plus du mouvement qui les emporte; rien ne leur donne même une idée de la direction qu'ils suivent, ni de la vitesse de leur course. Rien, — et c'est le charme de se sentir ainsi tout à fait isolé, immobile, comme perdu dans l'immensité tranquille, quand on peut se dire que là-dessous la terre fuit avec rapidité... C'est le charme, mais c'est aussi le danger. Peutêtre sommes-nous immobiles, en effet. Peut-être sommes-nous emportés par un courant fougueux, fuyant sans nous en douter avec une rapidité terrible. Peut-être, depuis que nous avons
perdu de vue la terre, avons-nous changé de route. Où sommesnous? Qu'y-a-t-il au-dessous de nous?Le souffle de tempête qui nous porte, — peut-être, — n'aurait-il pas eu le temps déjà de nous lancer au-dessus de la mer? Ne flotterions-nous pas sur quelque océan perdu? Ou bien, tout au contraire, ne courrions-nous pas, comme une barque aff'olée, nous briser contre quelque blanc écueilde l'air, — je veux dire le sommet neigeux de quelque haute montagne? N'allons-nous pas voir tout à coup sa masse menaçante apparaître, grandir, émergeant du milieu du brouillard? — On conjecture, on calcule les distances, les vitesses possibles, le temps écoulé. Et si quelqu'un de ces dangers est en perspective, — la mer surtout, la mer eflroi des aéronautes! — alors il n'y a qu'une chose à faire : redescendre au plus vite, percer l'épaisseur des nuages et se rapprocher assez de la terre pour revoir le paysage et tâcher de le reconnaître. Voilà ce qui rend les hautes ascensions extrêmement dangereuses en Angleterre, par exemple, ou en toute autre région étroite, entourée de mers. C'est seulement quand on sait au-dessous de soi un vaste continent qu'on peut rêver, sans frayeur, de longues heures au-dessus des nuages 1 Mais quand on voit bien la terre, c'est un autre plaisir. Quelle charmante façon d'apprendre la géographie ! Le guide a une carte du paysan main, on tâche de reconnaître les lieux que Ton traverse, à l'aspect des villages, des collines, des rivières. On pique sur la carte, à mesure qu'on les reconnaît, les lieux au-dessus desquels on passe; et ainsi on fait ce qu'on appelle son point, c'est-à-dire qu'on marque sur la carte la trace du chemin suivi dans les airs. Voyant alors la direction que l'on suit, calculant la vitesse, on prévoit d'avance les lieux que l'on va traverser, on s'apprête à les reconnaître, t Dans dix minutes nous passerons sur telle ville; nous devrions déjà apercevoir dans le lointain les hauts clochers, la grosse tour, i — Ou bien: t Nous arrivons sur la forêt. Nous passerons la rivière entre tel village et tel autre, i — Il y a toutefois une petite
13S PROHENiDIiS DANS LES NUAGES.
difticulté. Souvent, avons-nous dit déjà, tout en avançant, le ballon tourne lentement sur lui-même, et par suite le paysage semble tournoyer en sens contraire. Comment reconnaître sa direction, sur cet horizon qui change sans cesse? < Cette forêt que nous avions à notre gauche... — tiens, — elle a passé à droite ! Ce village que nous voyions venir devant nous, il est maintenant derrière; il arrive sur nous parl'autre côté. > . —
Ce serait à croire qu'on a changé tout à coup de direction, si on n'était averti ; ce serait à perdre la tête, et à ne plus savoir où l'on va. Mais les aéronauLes étaient avertis; ils ont apporté avec eux une boussole. Avec ce petit instrument, plus de crainte d'erreur.LeboiitbIeu de l'aiguille marque le nord; l'observateur compare cette direction fixe qu'elle lui montre, avec le sens du mouvement apparent du paysage qui fuit sous la nacelle, en conclut la direction de son propre mouvement. Par exemple, notre
voyageur, tenant en main sa boussole, et se penchant un peu en dehors de la nacelle, voit les objets glisser dans une direction qui suit la ligne est-ouest dans la boussole, et de Voiiest vers Vest. Il en conclut que lui-même suit la direction inverse, c'està-dire qu'il marehe vers l'ouest. C'est vers l'ouest de sa carte qu'il cherchera les points sur lesquels il doit passer. El si le ballon tourne, si les objets paraissent changer de place, h boussole, elle, qui n'a pas tourné et qui marque toujours fidèlement le nord, lui permettra de s'apercevoir du mouvement, el de s'orienter malgré ce mouvement. Quand on n'a pas de boussole, ta simple observation de la position dusoleil, — en tenant compte de l'heure, — permet de s'orienter également; mais le soleil peut être / cachéparles brouillards, par \ les nuages: ma petite aiguille 1 est là toujours.
Voulez-vous vous faire une idée de la vitesse du vent, du vent qui souRIe près de la terre? Il vous suffira d'abandonner en l'air un très léger
duvet que la brise emportera. La vitesse du mouvement de ce petit objet flottant sera la vitesse même de l'air, rendue visible par ce moyen bien simple ; de même que la fuite d'une feuille qui s'en va au fd de l'eau permet de juger la vitesse du courant d'une rivière. — A l'aide d'une sorte de moulinei qu'on nomme anémomètre, il est possible de mesurer la vitesse des courants d'air. On est arrivé ainsi à des résultats extrêmement intéressants et utiles. Vous-même vous serez curieux de savoir avec quelle rapidité le vent franchit l'espace, vous qui le prenez à chaque instant pour terme de comparaison, et qui dites: f rapide comme lèvent! » Le souffle le plus léger,
qui caresse presque imperceptiblement votre visage, entraîne l'air, entraînerait une bulle de savon flottante avec la vitesse de 50 centimètres environ par seconde. Un zéphyre déjà plus sensible, mais qui fait à peine osciller les feuilles des grands arbres, glisse avec un mouvement d'un mètre par seconde, un peu moins d'une lieue à l'he^ire : c'est un petit pas de promenade. Voyez-vous les herbes aux longues tiges frêles fléchir gracieusement, le feuillage frissonner avec un gai murmure? C'est une brise légère, un vent très doux qui parcourt 2 mètres par seconde, 7 kilomètres en une heure : c'est le pas pressé d'un bon marcheur. Mais déjà ce souffle fait glisser lentement sur l'eau paisible la barque qui étale, pour le recevoir, sa large voile comme une aile. Quand l'air lancé parcourt 5 mètres par seconde, près de 5 lieues à l'heure, il fait tourner rondement les ailes des moulins; déjà vous auriez peine à suivre quelques pas seulement à la course un duvet flottant que ce vent modéré emporterait.
Lèvent fort est celui qui parcourt 10 mètres par seconde, plus de 9 lieues à l'heure; c'est une bonne brise qui fait bien marcher les navires. S'il fraîchit encore, et arrive vers 15 mètres par seconde, 13 ou 14 lieues à l'heure, c'est la vitesse d'un chemin de fer ordinaire. — C'est ce vent que, par un air parfaitement calme, sent frôler à ses oreilles le mécanicien debout sur le palier de sa locomotive, tandis que le long de la voie les feuilles des arbres restent immobiles ou frémissent à peine. Un vent très fort, qui secoue rudement les arbres, estcelui qui court avec une ra^ditéde 20 à 25 mètres par seconde : la plus grande vitesse d'une locomotive lancée à toute vapeur. Vers 30 mètres par seconde, c'est un vent très violent et déjà dangereux ; à 35 ou 40 mètres, c'est le vent de tempête : la mer se soulève en grosses vagues furieuses, et les navires sont en péril. Les ouragans qui renversent les édifices et déracinent les arbres, vont jusqu'à 45, 50 ou même 60 mètres par seconde (40, 45, 50 lieues à l'heure); on a vu les tourbillons des cyclones ou tem-
pétes tournantes, atteindre la vitesse de 80 mètres par seconde et plus... C'est épouvantable.
Quant à la direction du vent, elle s'observe, comme vous le savez, au moyen de girouettes. — Mais, remarquez-le bien, ces moyens, la girouette, Tanémomètre, ne nous renseignent que sûr la direction et la vitesse du vent qui rase la terre. Ils ne nous disent rien de ce qui se passe là-haut, dans les régions des nuages. On a beau les jucher le plus haut possible, sur les édifices élevés, aux faîtes des tours, des clochers... qu'est-ce que cela, relativement à la hauteur de l'atmosphère? Or le vent qui soufle prés du sol est ralenti et détourné par mille obstacles, les montagnes, les collines, les grands arbres même. Pour déterminer d'en bas la direction et la mesure de la vitesse du vent dans les hautes régions, il n'y a qu'un moyen : c'est d'obsen^er celle des nuages qu'il emporte. Or, s'il est facile de reconnaître le sens du mouvement d'un nuage qui fuit sur nos têtes, il n'est pas aussi commode de mesurer exactement sa vitesse! Cela peut se faire; mais l'opération est difficile et peut ne pas toujours réussir. Et puis, s'il n'y a pas de nuages ?
C'est pour obvier le mieux possible à cette difficulté que les aéronautes, sur le moment du départ, — les hommes du monde les plus intéressés à savoir d* où vient le vent, — ne se contentent pas d'observer avec le plus grand soin la vitesse et la direction du vent qui souffie près de terre. Pour avoir une idée du chemin qu'ils vont prendre, non seulement ils regardent les nuages, mais souvent ils lancent vers les hauteurs de l'air un petit ballonneau de couleur voyante, ce qu'on appelle un ballon d'essai. Ce précurseur leur montre la route ; on le suit des yeux aussi longtemps que Ton peut, avec les meilleures lunettes (longues-vues) y jusqu'à, ce que la petite tache flottante, devenue imperceptible par la distance, s'efface, disparaisse dans l'immensité du ciel, ou que le ballonneau s'enfonce dans quelque nuage. — S'il vous en souvient, c'est ainsi que procéda, dès
son premier voyage, le savant et ingénieux Charles, en présence de Monlgolfier.
Or, quand on est en ballon, on est au mieux pour reconnaître la direction et la vitesse de ces grands courants d'air, invisibles de la terre. Et comment? En observant la marche du ballon luimême. Nous venons de voir nos observateurs tracer sur leur <îarte la route suivie, à mesure qu'ils reconnaissent les lieux au-dessus desquels ils passent. Cette route, c'est la direction même du vent qui les emporte. Et pour la vitesse, c'est tout aussi simple; seulement il a fallu noter, en outre, l'heure du passage au-dessus des lieux reconnus. Le calcul est bien facile : c'est le même que vous faites lorsque vous voulez vous rendre compte de votre marche, connaissant la distance parcourue et le temps employé à la parcourir. La différence des heures entre deux points marqués donne le temps ; la distance se mesure sur la carte même, au moyen de Véchelle de cette carte, et à l'aide d'un compas ou d'une simple bande de papier. « A telle heure, nous planions sur tel village. Maintenant il est telle heure, et nous franchissons la rivière en face de la forêt. Nous avons mis à parcourir cette distance tant de minutes. Quelle est la distance entre les deux points? » — t Tant de kilomètres... » — « Donc notre vitesse est de... » — Une petite opération d'arithmétique, et nous saurons avec quelle vitesse notre vaisseau aérien franchit l'espace: c'est la vitesse même du courant d'air au gré duquel il va flottant.
Cette vitesse, naturellement, est très variable, suivant les jours et les heures ; mais il est excessivement rare que l'air soit parfaitement calme, immobile, à de grandes hauteurs. Dans ce cas un ballon monterait et descendrait suivant la verticale, et se reposerait au lieu même d'où il est parti, ou à peu près ; cela ne s'est presque jamais vu. Au contraire, une vitesse de 10 à 12 mètres par seconde (soit 10 lieues à l'heure), celle d'un cheval au grand galop, est très ordinaire, même par les plus beaux jours. Mais quoi? on a fait par les airs des courses bien autrement
rapides, des courses effrayantes... et cela ne vous étonnera pas, puisque vous savez qu'un ballon c va comme le vent » sans exagération aucune. — Un jour, c'était en 1869, au mois de février, — en plein hiver, mois de ventôse! — deux braves et savants aéronautes parisiens * s'élevaient avec leur petit ballon, V Hirondelle, sans doute pour aller voir comment il fait là-baut pendant la tempête. Les rafales étaient si violentes, qu'au moment du départ le ballon bondissait, se jetait sur le côté ; il s'arracha des mains de ceux qui le retenaient et partit comme une flèche... Le vent les emporta; au-dessous d'eux la terre fuit, et les objets semblent tournoyer tout en fuyant; car le ballon tourne, tourne sur lui-même : c'est un tourbillon, un vertige. Impossible de reconnaître sa route. Ils voient passer des rochers, des précipices ; puis dés bois dont les arbres plient sous le vent... Ils descendent ou plutôt ils s'abattent à terre; ils demandent où ils sont. Ils sont près de Château-Thierry, à 88 kilomètres de Paris. Et il y a un peu plus d'une demi-heure qu'ils sont partis ! On calcule : c'est effrayant. Ils ont franchi l'étendue avec une vitesse de 45 lieues à l'heure, 50 mètres par seconde: une vitesse d'ouragan I — On dit que l'aéronaute anglais Green passa un jour au-dessus de la ville de Londres avec une rapidité plus foudroyante encore de 64 mètres par seconde (58 lieues à l'heure). Jamais homme ni oiseau n'avait volé de la sorte ! En général on a constaté, en ballon, que le vent est plus fort, plus rapide dans les hauteurs de l'air que près de la surface de la terre, en même temps plus égal, plus régulier. Mais voici le moment de nous rappeler que le même vent ne règne pas, ordinairement, dans toute la hauteur de l'atmosphère, à partir du sol jusqu'aux régions les plus élevées. L'air ne se meut pas d'un bloc comme une masse solide ; il est plutôt comme un océan, qui a ses courants et ses remous, sa boule et ses marées. Il y a ordinairement plusieurs courants d'air superposés, de vitesses différentes, souvent aussi de directions différentes ou