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LA PLUIE, LA HEIGE, LA GRÊLE

nous tombe alors une sorte de neige plus fine, mais plus lourde, comme grenue, que nous appelons le grésil, et qui fait un petit crépitement léger en venant frapper nos vitres. Quelque chose de semblable se passe aussi au sein des gros nuages lourds et orageux d'où s'écroule la grêle.

Mais la grète est un phénomène tout particulier, qui lient aux causes des orages, et qui apparaît avec la foudre et les éclairs, les coups de vent et les tourbillons de l'air. — C'est par quelque chaude journée d'été ou d'automne; l'air est étouffant, et l'on respire à peine : on dit que le temps est A l'orage. De gros nuages épais et sombres passent au ciel, accourant avec vitesse, souvent des points opposés de l'horizon ;j

ils se croisent, ils semblent se heurter et se combattre. Le ciel en est bientôt tout entier envahi ; le jour est devenu extraordinairement sombre. On sent que quelque chose de formidable se prépare. . . Puis le tonnerre commence à gronder sourdement dans le lointain. Il approche; il éclate coup sur coup avec d'horribles craquements, et se prolonge en roulements sinistres. Les éclairs déchirent la nuée, et semblent mettre en feu tout le ciel. — Un vent plus frais tombe d'en haut, fait frissonner les arbres, et soulève en petits tourbillons les feuilles tombées et la poussière. Le nuage va crever... Sera-ce une simple ondée, une de ces averses qui rafraîchissent Pair et le purifient, abreuvent et raniment les plantes ; sera-ce une grêle dévastatrice ? Les orages de grêle sont plus soudains et plus violents que les autres ; les nuages qui les portent sont plus sombres, ils ont un aspect eiïrayant, massif et comme déchiré sur les bords. Pour que la grêle puisse se former, il faut tout d'abord qu'un froid extrêmement âpre règne dans les régions de Tair où se condensent les nuages, tandis que sur la terre la chaleur peut se faire sentir accablante. Il faut de grands troubles de l'air; des vents froids et violents qui se combattent, des tourbillons rapides qui prennent naissance dans les hauteurs de l'atmosphère. Alors les gouttes d'eau qui allaient tomber en pluie, saisies par un courant glacial, se gèlent subitement. Les tourbillons, les rafales les enlèvent, les roulent, les vannent, pour ainsi dire, comme le blé sur le van. Souvent on entend d'en bas une sorte de roulement produit par les craquements des millions de grêlons qui s'entrechoquent : présage sinistre ! Ces grêlons ainsi entraînés par les tourbillons au sein même des couches nuageuses, grossissent en condensant sur eux les vapeurs ; ils semblent ramasser en tournoyant les aiguilles de glace, les flocons de neige, les gouttelettes de pluie, — comme la boule de neige qu'on roule et qui va grossissant. Enfm, devenus trop lourds pour que le vent puisse les soutenir, ils tombent, ils se précipitent en avalanche sur la terre, tantôt

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