AD LABYRINTHE
del.
(1) Le 15 juin 1807 Geoffroy Saint-Hilaire écrit en Prusse pour demander « que l'on profite de la position de nos armées à Berlin pour obtenir des doubles de la collection de poissons formée par M. Bloch. » (Vente Charavay, novembre 1906.)
complainte qui commence par ce vers) si j'ose dire) :
C'est de l'acacia qu'elle aime à se nourrir,
et se termine ainsi :
Enfin dans tout Paris on aime sa présence
Et son séjour promet la paix et l'abondance (1).
Sur tous les points du monde, d'intrépides et modestes savants français s'expatrient pour enrichir le Jardin des Plantes; Duvaucel, Chapelier, Jacquemont, combien d'autres encore, sont morts sous les flèches des sauvages, les morsures des serpents, les coups de soleil de l'Inde ou les fièvres des tropiques pour doter leur pays de bêtes inconnues, de plantes mystérieuses, de papillons féeriques, d'oiseaux rares, de brins d'herbes manquant à des herbiers. Un peu de leur âme héroïque, simple et charmante flotte sur ce beau jardin dont quelqu'un disait : « C'est un paradis terrestre un peu vieilli : fleurs, bêtes et gens ; il y a même le serpent, et l'on y cueille des pommes inoffensives » (2).
(1) Une chanson se fredonne également, dont voici le couplet final
(Air : A la façon de Barbari.) Filles et femmes aujourd'hui Ont très belle tournure; Tout un chacun en est séduit Voyant leur chevelure.
On peigne beaucoup de frisons, La faridondaine, la faridondon, Tout est à la Girafe ici,
Biribi.
A la façon de Barbari, Mon ami.
[2) Taine écrivait en 1849 à Paradol : « J'étais hier au Jardin des
L'étroitesse des rues de Paris jusqu'au xixe siècle, la difficulté des voyages, le peu d'élévation des maisons empêchaient les vues d'ensemble, les longues perspectives; or le Jardin des Plantes possédait un labyrinthe, aussi ce labyrinthe, surmonté d'un belvédère, était-il, dès le xvine siècle, assiégé, les jours de fête : les Parisiens découvraient Paris I on se signalait Vincennes avec son donjon et ses tours carrées, le Père-Lachaise, les coteaux de Meudon, les ondulations de la Seine, les lointains bleus de Gentilly... Le labyrinthe existe encore et le spectacle n'a pas varié : la foule échange à la même
place les mêmes exclamations qu'aux siècles derniers!...
Un public bon enfant, confondu dans le plus amusant pêle-mêle, continue à s'esclaffer aux gambades des singes, aux plongeons des otaries, aux bâillements énormes de l'hippopotame; l'éléphant
Plantes ; je regardais dans un endroit isole un monticule couvert d'herbes des champs, vertes, jeunes, non cultivées, fleuries; le soleil brillait au travers et je voyais cette vie intérieure qui circule dans ces minces tissus et dresse les tiges drues et fortes; le vent soufflait et agitait toute cette moisson de brins serrés d'une transparence et d'une beauté merveilleuses... et j'ai senti mon cœur battre!... i
Gavarui, del.