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LES TUYAUX DE DESCENTE ET D AERATION

Cliché de L.-P. Aubey.

que d'échelons !. . . il n'y en a, paraît-il, que cinquantedeux et nous descendons seulement d'une hauteur de 14 mètres... j'aurais parié pour le double; cette dégringolade dans le noir n'en finit pas, on entend des bruits vagues ; nous parvenons à la chambre de travail, sous le plancher même du caisson de fer ou rouleront les

trains, et l'inattendu, l'étrangeté, la beauté de cette vision nouvelle nous paye de toute notre fatigue.

Nous sommes sous la Seine, nos pieds se posent sur le lit même du vieux fleuve... Quelle émotion ! Au loin s'enfonce une galerie très longue et très basse qu'éclairent des dizaines d'ampoules électriques ; la tête des ouvriers touche presque au plafond de fer où sont pendus des vêtements, des paquets, des gourdes, des sacs. Le sol du fleuve est jonché de sable, de cailloux, de débris de bois, de blocs de pierre ; on patauge dans des tas de graviers et des flaques d'eau.

Une équipe de cinquante ouvriers terrassiers le torse nu — ou à peu près, — bottés jusqu'à mi-cuisse, travaille calmement dans le ronflement continu des puissants moteurs d'air comprimé qui à droite et à gauche refoulent l'eau du fleuve sous les couteaux terminant la chambre de travail et s'engageant chaque jour plus profondément dans le lit de la Seine.

Quelques ouvriers cassent à coups de masse des pierres, entassées ensuite dans des bennes qui, une fois remplies, disparaissent dans le plafond d'acier; d'autres dégagent des troncs d'arbres, des ferrailles ou dépècent d'étranges carcasses de bois noir, aux formes bizarres, — nous sommes sur le lieu d'échouage d'un bateau de charbon — ; beaucoup, plongés dans l'eau jusqu'aux genoux, extraient le sable à grands coups de pelle et creusent le sol du fleuve. Couché sur un tas de gravier je regarde et j'admire ce prodigieux spectacle.

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