LE PASSAGE CHARLEMAGNE
vieilles pierres, ce noble logis, tout ruiné qu'il est, garde encore fîère allure et ses restes étonnent et détonnent au milieu des galetas qui l'enserrent ; un chaudronnier appuie son appentis contre des fenêtres Renaissance, des Muges rapiécés sèchent sur des cordes tendues devant de délicates cariatides, et les poules picorent au bas de la tourelle d'escalier où sonnèrent les éperons de fer des hôtes de ce vieil hôtel, dont le cartouche de pierre porte aujourd'hui, délavée par les pluies, l'enseigne d'un zingueur-plombier!
La rue Charlemagne, par laquelle nous sortons, conduit à la rue des Jardins, que domine le dôme vénérable de l'église Saint-Paul ; elle est particulièrement minable et sordide et rien n'explique son nom bucolique, souvenir des parterres fleuris qui s'y épanouissaient jadis ; toutes ces pauvres rues, du reste, élevées
hôtel de Graville d'Anville et de Rochepot, qui s'étendait de la rue Saint-Paul aux remparts do la ville, et qui en 1580 devint l'habitation et la maison professe des Pères jésuites. La chapelle qui en dépendait est devenue l'église Saint-Paul-Sainf-Louis. Reconstruite en 1630, elle fut inaugurée par le cardinal de Bourbon. Le lycée Charlemagne a été établi en 1802. (G. Pessakd, Dictionnaire historique de Paris.)
Une des portes de l'enceinte de Philippe-Auguste se trouvait à la place de la grille du lycée Gliarlemagnc. ^Mis de Rochegide, Guide pratique à travers I* vieux Paris.)