LE GÉNÉRAI, MALET
mes rue et impasse Yillehardouin et cette impasse même, où gîtait l'abbé Caamano va disparaître très prochainement, entraînant dans sa suppression la masure où se joua le prologue de ce drame stupéfiant.
Une fois chez Caamano, — qu'il avait connu par l'intermédiaire de l'abbé Lafon — Malet ouvrit la fenêtre et s'assura qu'il n'avait pas été suivi, puis il data des ordres préparés à l'avance, signa des papiers, les cacheta, « mangea un morceau et but un verre de bordeaux ». La pluie tombait toujours ; le général endossa son uniforme tout préparé sur la couchette de l'abbé (*) — (Mme Malet l'avait fait apporter cul-de-sac Saint-Pierre, quelques heures auparavant). Un troisième complice, Boutreux, un rêveur, un poète (sa carte d'étudiant en droit est au dossier des Archives) — qui devait jouer le rôle d'un commissaire de police — passa simplement sur ses vêtements civils une écharpe tricolore achetée la veille au Palais-Royal. Il était onze heures et demie : à ce moment on entend gravir l'escalier à pas précipités et un homme absolument nu fait irruption dans la petite pièce : c'est Râteau, un caporal de la garde de Paris, âgé comme Boutreux de vingt-huit ans, qui.se rendait au rendez-vous que lui avait assigné Malet. Sous la pluie
(1) Les vêtements et carnet de Malet avaient été apportes par Houtreux chez Caamano. Boutreux les avait été chercher chez Mme Malet avec un billet du général. (Dossier Malet.)
De Mme Malet (née de Balay) : « Je suis détenue depuis le 23 octobre, le nom que je porte est mon seul crime. » (Id.)
L IMPASSE VILLEHARDOULN
battante, Râteau, en tenue de service, avait hélé un fiacre place du Louvre, à onze heures, et donné l'ordre au cocher, pestant et maugréant, de le déposer au cul-
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Collect. G. Cain.