‹ Promenades dans ParisChapitre 56 sur 70 · A FONTAINE DES INNOCENTS · texte numérisé non relu

A FONTAINE DES INNOCENTS

« Jockey », nous soufflent nos voisins; et le silence respectueux qui accueille ce nom nous dit la quasi-royauté

qu'exerce le nouveau venu. Une jeune fille aux cheveux blonds l'accompagne. Elle aussi est notoire : en un duel célèbre, rue de Bondy, elle se débarrassa, nous assuret-on, de deux rivales.

Tout ce monde spécial boit, fume, chante fort, parle bas et s'apprête à passer la nuit dans ces caves étroites qu'éclairent mal quelques becs de gaz. « Tiens, les collégiens ! », s'écrie une assez belle fille, et deux agents en tunique, le revolver dans la gaine de cuir verni, viennent surveiller ces étranges cabinets particuliers où s'entassent les apaches , les enragés noctambules, les flemmards, les évadés de Cour d'assises, et où passent, minaudant, quelques « Casque-d'Or » ou « d'Ébène », Manons dévouées de ces étranges Des Grieux. Il est deux heures du matin; nous quittons cette anormale compagnie.

Au dehors, la lune fait toute bleue la place des Innocents. Dans le lointain se meuvent des centaines de petites lumières. Ce sont les lanternes fixées aux brancards des voitures maraîchères convergeant vers les Halles, et le grand et sourd murmure de cette nuit de travail n'est troublé que par les abois plaintifs d'un chien perdu et les échos des bruyants refrains que continuent à répéter, dans les souterrains du Caveau les incorrigibles paresseux et les dangereux noctambules qui viennent attendre l'aube naissante dans ces anciens sépulcres.

La coup du Heaume. — La rue Pirouette. — La rue de la Grande-Truanderie. — L'Ange Gabriel.

De tout temps, les petites ruelles sinueuses, obscures, étroites qui avoisinent les Halles ont justemen' compté parmi les plus pittoresques de Paris ; c'est uni vieille tradition exacte encore à notre époque. Des tronçons de rues subsistent qui nous donnent un vague aperçu de ce qu'elles durent être jadis : la rue Mondétour, la rue Pirouette, les rues de la Grande et de la Petite-Truanderie, etc. Là, comme en Orient, le commerce, les marchandages se faisaient sur les pas de porte, la boutique servant de magasin; aussi les sages règlements d'Etienne Boileau interdisaient-ils aux marchands « d'appeler l'acheteur avant qu'il ait quitté l'étal du voisin ».

Toute la vie de Paris grouillait dans ces ruelles encombrées de chalands, de porteurs, de négociants, de ménngèrcs, de badauds, de filles de joie, de coupe-

bourse etd'escboliers en rupture de Sorbonne. On discutait, on musait, on huait un docteur passant sur sa mule, on traînait des heures à bavarder, on faisait cercle autour d'un bateleur, on arrêtait un tire-laine, deux femmes se querellaient; enfin, au bout de la rue Pirouette, dans son prolongement, sur le passage actuel de la rue de Rambuteau , exactement vis-à-vis du pavillon des Halles affecté à la marée, s'élevait le pilori: « C'était une petite tour octogone, percée de hautes fenêtres ogivales, n'ayant qu'un étage au-dessus d'un rez-de-chaussée, et au milieu de laquelle était une roue de fer percée de trous où l'on faisait passer la tête et les bras des criminels, voleurs, assassins, blasphémateurs, courtiers de débauche, condamnés à cette exposition infamante. On les y attachait trois jours de marché consécutif, deux heures par jour (4) », et, pour que chacun pût jouir de cet aimable spectacle de demi-heure en demi-heure on tournait le carcan dans une direction différente : on faisait faire aux patients la « pirouette » — d'où le nom de la rue.

Le pilori comptait, à juste titre, parmi les curiosités de Paris ; on y procéda d'abord aux exécutions, on y rouait, on y pendait, on y décapitait. C'est ainsi que sans se déranger et tout en surveillant du coin de l'œil leurs caisses de pruneaux, leurs barils de miel, leurs épices, ou leurs poulardes de Bresse, les bons négociants

(1) E. BEAunErAir.E, la Chronique des Rues, p. 19.

du quartier avaient pu voir décapiter Olivier III de Clisson en 1344 et Jacques d'Armagnac, duc de Nemours le 4 août 1477, pour ne citer que de hauts et puissants seigneurs. — Dès la fin du xvme siècle, on n'exécute plus à cet endroit, on se contente d'y « pilorier » et exposer les banqueroutiers, les vendeurs à faux poids, les voleurs et surtout les proxénètes qui y étaient conduites « assises à califourchon et à rebrousse-poil sur un âne » ! Ce délicat et facétieux divertissement ne manquait pas d'attirer la foule, et ces petites rues fourmillaient de monde : Elles étaient célèbres, on y buvait ferme et sec ; de nombreux rendez-vous se donnaient au « Puits d'amour », placé à l'intersection des deux rues de la Truanderie, et qui ne devait pas seulement son nom glorieux à l'excellence de ses eaux — la moralité des « fenestrières » et des « chamberrières » qui y venaient puiser y était bien pour quelque chose, assurent les chroniques médisantes.

La cour du Heaume subsiste encore, 5, rue Pirouette, et donne une saisissante impression de ces vieux logis d'autrefois. Franchissons une voûte basse encombrée de paniers, de mannes vides, d'échelles, au sol jonché de feuilles de fougère et de feuilles de choux, et pénétrons dans une vaste cour encadrée de galeries à piliers de bois et coupée à hauteur du second étage par un pous-

FROMENADF.S DANS TARIS

ce fut au xive siècle un somptueux hôtel, ce n'est plus aujourd'hui qu'une remise de voitures à bras, qui tendent vers les antiques plafonds aux poutrelles saillantes leurs brancards vernissés par

juu-forte de A. Lei

COUP. Dl' HEAUME

l'usure, et une poissonnerie où se débitent par centaines les escargots de Bourgogne et les majestueux homards, crus ou cuits au choix.

Le sol est gluant, semé de coquilles d'escargot et de carapaces de langouste , on glisse sur des débris de poissons ou des herbes d'emballage, mais quelle mer-

veilleuse coloration revêt ce vieux logis, tanné, doré, saumuré depuis des siècles par toutes les odorantes victuailles qui ont traversé son étroite cour ! Des ménagères, des mareyeuses, des maîtres d'hôtel, d'opulents gargotiers, le ventre souligné par une lourde chaîne d'or, y flânent, y achètent, y marchandent; des mannes défilent chargées de homards ficelés et d'innombrables douzaines d'escargots beurrés et persillés, parmi l'écrasement des cuisinières qui se pressent autour de la longue table peinte en bleu où, au fond, se débitent les marchandises ; c'est l'un des coins les plus amusants de cet amusant quartier.

Après avoir soigneusement contourné de dangereux trous noirs qui sont des entrées de cave, sortons par la rue de la Grande-Truanderie. — Là, des mastroquets versent d'odorantes absinthes ou de multicolores apéritifs à de fastueux négociants qui viennent sceller sur le zinc quelque marché âprement débattu. Tout près, autour de comptoirs improvisés, des porteurs harassés de fatigue, des maraîchers, des forts de la Halle, des femmes le tablier retroussé, les bras nus, debout, hâtivement, sans parler, avalent un bol de soupe chaude ou un verre de vin blanc. Les pavés disparaissent sous les détritus de légumes, des odeurs de céleri traînent par place; on vend en plein air du café, des pommes de terre, des pains fourrés et sous les angles de porte des saucisses rissolent dans de crépitantes fritures; des gens se pressent, on termine des transactions '

— Combien les têtes de choux?

— Quinze sous.

— J'en donne dix.

— Mettez douze.

— Non, dix.

— Allons, v'nez vider la manne, vieille rosse !

Et la marchande transvase dans des sacs sa verte marchandise en fredonnant la Valse bleue ! — Les zincs sont bondés, à la porte se tassent les paniers et les hottes, et la foule se presse autour d'un photographe juché sur une échelle qui « pige les groupes » — aujourd'hui c'est le tour des framboisières, n° 191 (*) — et de braves marchandes un peu émues dans des poses figées, les bons yeux fixes, portant dans leurs mains comme en un geste d'offrande de jolis paniers remplis de framboises veloutées et cramoisies, contemplent intimidées et respectueuses le doigt levé du photographe commandant l'immobilité; des forts, porteurs de mannes, sont raides comme des troncs de chênes, personne n'ose sourire, sauf une jolie blondinette, un œillet rose aux lèvres, qui ne veut pas rester tranquille... elle ne doit pas compter « rester dans les framboises »!...

(1) Ces numéros correspondent aux séries photographiques exécutées quotidiennement par des photographes spéciaux. Au premier plan, une gamine montre, bien en vue, le numéro qui permettra de retrouver aisément le cliché désiré.

En 1797, ce quartier populeux fut le théâtre d'une sensationnelle arrestation : le 10 mai, on y appréhenda vers onze heures du matin le citoyen Gracchus Babeuf, qui se cachait « rue de la Grande-Truanderie, n° 21, dans la maison à l'angle de la rue Verderet, après un petit café dont le devant est peint en rouge, chez un tailleur d'habits nommé Tissot ».

Depuis longtemps déjà la police du Directoire recherchait Babeuf inculpé de conspiration contre la sûreté de l'État. — Convaincu de la nécessité de réformer une société mal faite, ardent défenseur des anciennes doctrines terroristes, honnête et violent, Babeuf avait groupé autour de lui un certain nombre de révolutionnaires exaltés et préparait obstinément un coup de force contre le gouvernement ; son refuge avait été habilement choisi au milieu de ce dédale de petites rues aux multiples issues, mais un nommé Grigel ayant dénoncé le complot et livré le secret du gîte de Babeuf, le Directoire avait chargé Dossonville — inspecteur général de police — de se saisir du terrible conspirateur et le citoyen président Garnot avait, de sa propre main, pris soin de tracer à la sanguine le plan du « repaire » où devait s'opérer l'arrestation.

Après mille difficultés, Dossonville avait envahi l'humble logis où Babeuf, en compagnie de Buonarotti,

un ex-familier de Robespierre, et de Pelle, son secrétaire, rédigeait les derniers manifestes pour « réglementer la conspiration » ; brusquement saisi au corps. Babeuf s'était écrié :

— « C'est fini, la tyrannie l'emporte ! » et avait assisté, méprisant, aux investigations policières.

Le rapport de Dossonville, assure qu'il saisit « des proclamations portant en tête, en lettres grosses et longues comme le doigt : « Constitution de 93 ou la mort », — des ordres pour distribuer des poudres de Grenelle aux assassins chargés d'égorger le Directoire exécutif et les deux Conseils, de piller toutes les boutiques, etc., etc. ». Pour emmener sans encombre Babeuf et ses complices, Dossonville avait laissé cyniquement supposer qu'il s'agissait de vulgaires malfaiteurs, et son rapport se termine ainsi : « Tout s'est passé dans la plus grande tranquillité et j'ai remarqué que le bruit répandu avait produit son effet, car on criait : « Bravo ! « ne laissez pas échapper ces voleurs et ces assassins ! » Babeuf seul paraissait surpris de ce qu'on criait sur lui : « au voleur (*) ! »...

Quelques mois plus tard, en 1797, Babeuf, que Drouet — le Drouet de Varennes ! — avait vainement tenté de délivrer à la prison du Temple, était exécuté

(1) L'crudit M. Léonce Grasilier a publié dans la Nouvelle Revue Rétrospective (10 Juin 1901) un très curieux rapport extrait des papiers personnels de l'Inspecteur général Dossonville (Jean -Baptiste) ancien cafetier devenu ensuite un des plus actifs agents de la police. — Nous

à Vendôme. — La maison du 21 de la rue de la Grande- Truanderie a disparu , emportée par les nouvelles trouées qui ont mis un peu d'air et de lumière dans ces ruelles misérables ; elle s'élevait sur l'emplacement de la rue de Turbigo, à quelques mètres du restaurant Pharamond — où viennent se régaler les buveurs de cidre, les amateurs de tripes et les friands de museau de bœuf.

ne saurions trop remercier M. L. Grasilier qui a bien voulu nous communiquer ce précieux et pittoresque document.

RAPPORT de l'Inspecteur général Dossonville, du 21 Floréal an IV de la République, une et indivisible.

J'ai été chargé, le vingt-un de ce mois, de mettre à exécution un arrêté du Directoire exécutif, en date du 19, portant que Babeuf serait arrêté.

L'exécution de ces ordres était d'une importance tellement majeure, et le Directoire exécutif la regardait lui-même comme si expressément liée aux grands intérêts de la République que le citoyen Carnot, son président, avait lui-même levé et tracé le plan du repaire où le conspirateur insolent Babeuf calculait froidement le renversement de la Constitution, organisait le meurtre et le pillage, et méditait la ruine de la patrie.

C'est donc d'après le plan du lieu qui cachait Babeuf à tous les yeux qu'il avait intérêt d'éviter, que j'ai dressé mes batteries pour qu'il ne m'échappât pas.

Il était à ce moment neuf heures du matin.

Après avoir bien reconnu la maison dont il s'agit, située rue de la Grande-Truanderie, n° 21, faisant l'encoignure de la rue Verderet, je conférai avec le citoyen Joly, adjudant général de la section du Mail, et nous convînmes ensemble que, dès le moment que je serais entré dans la maison, il disposerait un piquet de cavalerie qui était

Dès que la nuit tombe, ce quartier de travail change d'aspect et la lie de la population l'envahit ; le jour c'était pittoresque et évocateur, le soir c'est dangereux et sinistre. En même temps que s'allume le cadran lumineux de Saint-Eustache, des voyous, des rôdeurs, des

à la pointe Eustache, de manière à ce que rien ne pût échapper, savoir : aux deux bouts de la rue Vcrderet, il placerait deux cavaliers avec consigne de n'en laisser sortir personne.

Cette précaution paraît à la double issue du repaire de Babeuf, dans le cas où il aurait existé, et que le surplus du piquet bloquerait la principale porte d'entrée de la maison, de manière que personne ne pût en approcher ni en sortir.

Le quartier où cette expédition devait se faire étant près des Halles, et conséquemment très peuplé, et ne doutant pas que l'appareil qu'elle nécessitait n'attirât une très grande affluence, je crus qu'il était prudent de faire semer le bruit que c'était une bande de voleurs et d'assassins qu'on arrêtait. Je convins de cela avec le citoyen Jolly, et me mis en marche pour aller requérir une autorité constituée de m'accompagner.

Je me présentai chez le citoyen Baron, juge de paix de la section du Mail; il était absent. Je me transportai de là rue Neuve-Eustache, chez le citoyen Lefrançois, juge de paix de la section de Brutus et lui demandai s'il voulait m'accompagner dans une opération dont j'étais chargé par le ministre de la Police générale, en vertu d'un ordre du Directoire. Ce juge de paix me répondit qu'il aimerait mieux donner sa démission que de faire aucune opération. Après cette réponse, je fus trouver le juge de paix du Contrat Social : il était malade.

Le temps s'écoulait, mon impatience s'augmentait; enfin je pris parti d'aller trouver le juge de paix de Bon-Conseil, dans l'arrondissement duquel est située la rue de la Grande-Truanderie. Celui-là fut

inculpés de «vagabondage spécial», des filles coiffées en oreilles de chien ou lourdement casquées de cheveux noirs, roux ou blonds, à la démarche ondulante, aux yeux effrontés, envahissent ces petites ruelles obscures où ils semblent éviter la lumière des becs de gaz ; de louches débits d'alcool s'emplissent et la godaille commence.

Plus la nuit s'avance, plus la noce s'accentue ; on

encore pis : sur la proposition que je lui fis de m'accompagner pour mettre à exécution un ordre du Directoire, il me demanda ce que c'était que cet ordre. Je tenais Tordre à la main, mais, par réflexion, je lui demandai s'il viendrait avec moi. Il me répondit que non. Je remis alors Tordre dans ma poche et lui observai que je serais obligé de faire rapport de son refus. Il me répondit que je ferais bien et même que je pourrais dire qu'il n'avait pas voulu du tout m'accompagner.

Je fus donc obligé de me retirer et de recourir ailleurs. Je pensais aux autorités constituées de la section de Bonne-Nouvelle, la plus voisine de celle de Bon-Conseil, mais comme les principes du juge de paix de cette section me sont parfaitement connus, je crus qu'il serait plus sage de ne pas penser à lui.

Je ne savais plus à qui m'adresser. La peur de manquer mon opération, le temps qui s'écoulait, tout redoublait mon impatience. Enfin, le citoyen Jolly, qui voyait comme moi, m'indiqua le citoyen René, commissaire de police de la section de Brutus, et il me l'indiqua comme très propre à me seconder, mais il ne savait pas où il demeurait.

Je pris donc le parti de retourner chez le juge de paix de cette section pour m'informer de la demeure du commissaire de police. Heureusement, je le rencontrai chez le juge de paix. Je le priai de sortir un instant; je lui demandai de m'accompagner dans mon opération, et je dois rendre justice à ce fonctionnaire public, c'est qu'il ne m'a j a> chnné le temps de lui en dire davantage; il est parti avec

boit, on mange et on chante « à la Belle de Nuit », au « Chien qui fume », au « Caveau», dans vingt cabarels, mais c'est à « l'Ange Gabriel », rue Pirouette, dans la maison voisine de la cour du Heaume, que la fête bat son plein : c'est un bistro notoire, quelque chose comme le « Maxim's » des Apaches. Les gigolettes et les « costos » y viennent avaler des escargots et vider des saladiers de vin chaud ; la grande salle du premier étage

moi avec un zèle et un dévouement au-dessus de tous éloges. Il était alors onze heures.

Nous nous acheminâmes donc, le commissaire de police, quelques autres citoyens qui m'accompagnaient et moi, vers le repaire de Babeuf. Le citoyen Jolly retourna auprès du piquet de cavalerie, afin d'en disposer, suivant nos conventions, mais, craignant que le bruit des chevaux ne donne l'éveil à Babeuf, je pensais qu'il était plus sage de joindre la chambre qui recelait Babeuf et que, pendant ce temps, la cavalerie avancerait et ferait ses dispositions.

Nous entrâmes dans la maison; je plaçai deux des citoyens qui m'accompagnaient au milieu de l'escalier. Le commissaire de police, deux autres citoyens et moi, montâmes au troisième étage. Je sonnai à la porte d'un appartement occupé par le citoyen Tissot, qui était celui indiqué comme la retraite de Babeuf. La citoyenne Tissot vint m'ouvrir la porte. Le commissaire de police me suivit, ainsi que les deux citoyens. Je demandai à la citoyenne Tissot si son mari y était. Sur sa réponse qu'il n'y était pas, j'eus l'air d'avancer dans la cuisine, mais je tournai brusquement et enfilai un petit corridor qui me conduisit à une petite chambre à gauebe, dont j'ouvris la porte si à propos que j'étais auprès de Babeuf et de ceux qui étaient avec lui, qu'ils ne m'avaient point encore, pour ainsi dire, aperçu.

Babeuf rédigeait, à sa table, son 44e numéro. Étaient avec lui Buonarotti et Pelle, secrétaire d'Héron. Je notifiai l'ordre dont j'étais porteur et donnai sur le champ l'ordre aux deux citoyens qui, pendant ce court intervalle, étaient arrivés à la chambre, de veiller aux

AUTOUR DBS HALLES

se peuple d'êtres inquiétants, héros de coups de couteau ou de coups de chantage, aux yeux de proie, aux lèvres minces, de filles pâles aux bouches carminées; tous et

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