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LES ARTILLEURS CAMPANT PLACE DE LA BOURSB

Aquarelle de Pils. (Collect. du Musée Carnavalet.)

coup de vent, le chapeau sur la tête, et le crayon à la main ils tendent, fébriles, au consommateur une petite carte blanche : c'est l'état de situation momentanée des

valeurs, — et le déjeuneur peut ainsi, la cote de la Bourse d'une main et la carte des vins de l'autre, commander à la fois 300 Nord et une demi-Saint-Estèphe. Le premier courtier à peine disparu est remplacé par un second auquel bientôt succède un troisième... et ce sont

LA BOITSE

des sourcils crispés, des fronts plissés, des mots chuchotes, des « Ah! vous croyez? »... « Est-ce officiel?... Alors, je reste sur mon ferme?... » Puis, toujours pressés, toujours griffonnant et toujours le chapeau sur la tête, ces intermédiaires de la fortune se retirent vertigineux et énigmatiques... Que de gastrites doivent éclore dans ce restaurant (d'ailleurs excellent) où viennent retentir les échos du grand marché voisin! C'est

une étrange impression de songer que, tout en pelant une poire ou en dégustant des « perdreaux sur croustades », ces gens de Bourse font et défont des fortunes... et par quelle imagination saugrenue et déplacée voyais-je confusément se profiler sur les blanches colonnades, aperçues au travers des fenêtres, les silhouettes irrespectueuses de Robert Macaire et de Bertrand qui, dans une féroce lithographie de Daumier, ornaient, si j'ose dire, un « Projet de péristyle » pour le temple de Jupiter Agioteur?...

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