LES STANZE DE RAPHAËL AU VATICAN
5 mai. — Ce n'est pas moi qui ai parlé de ces fresques: iK)s compagnes de voyage ont absolumenl voulu les voir.
Hier et aujourd'hui, nousavous passé plusieurs heures dans ^ grandes salles obscures ; le temps est délicieux ; la chaleur Passez forte |M)ur qu'on trouve un extrême plaisir à s' expo-
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ser an roiiraiit d'iiu air frais. Un homme pniHsanl, ami do ces dames, nons avait recommandés an concierge {{cMstatixe^ personnage que les insolences des Anglais ont rendu insolent. Il y a un mois, un Anglais tira de sa poche, dit le concierge, un petit couteau, et se mit sans façon à détacher du mur un petit morceau de p(;inture, probablement pour le placer comme soHwnir dans sa bibliothèque.
Les qualre salles ou stafize que les fresques de llaphaêl oui rendues si célèbrt^s appartiennent à cette partie (bi Vatieaii qui fut élevée i>ar Nicolas V, ce prince ami des arts. Elles prennent des jours assez sombres sur la fameuse cour du Belvédère. L'archileclure aunom^e bien un pays chaud et ces leinps d'énergie où il fallait souvent qu'un prince sc^ défendfl d:m^ s<ui palais.
Alexandre VI lit orner de peintures le second étage de ve bâtiment; aussi est-il appelé Tappartemenl Borgia. Plusicui'ii voûtes de cet appartement ont été peintes par le Pinturicchiu. (]'est là qu(» Ton voit les Noces aldohrandmes, ce tableau aiiti(iue si célèbre au diK-septième siècle, avant la décoiiverle «Ir , Pouipéî et d'Ilerculanuui.
A rexem[)le d'Alexandre VI, Jules 11 voulut faire peindre à fVesqui^ ce troisième iHage dans lequel nous entrons. Il eiu- j ployait les artistes les plus célèbres de son temps, Pietro Penigino, Ih'amaiiliuo de Milan, Pietro délia Galta, Pietro ilell:) Francesca et Lueea da Cortona. Le Bramante parla au pape d un jeune parent à lui, qui, disait-il, était une merveille et venait de faire des choses étonnantes i\ Sienne. Jules H consentit à ce que ce jeune b(unme vînt ; c'était vers le couniicHcernent de 1508. Baphaël fit la Diapule du Saint-Sacremenl- Kt, connue vous savez, Jules II fit détruire les fresques des i>wtres pehitres; il voulut n'avoir dans ces salles que des oiiv^'*^ ges de I lionnne (|ui avait énni sa grande àme.
*Iii «Milnuit àÊÊt> b mIW- àt \am iI-mhh •«. ''--ttiainMr mi aid 80iib»ss«aMtil ^î rtr^nr imh aMumr StnAia* a> u»rage y a pHol a^rr mi nir«- UMni; ér^ i m " T 'U n - om mm»- Il le brouir dm*: b |ilH|«an mt"^ Içnm' mni: iium-^^- «• Iles de la cukinue TrayaMt-. i^o te^- r ^'liH^ ^yr»^ . '. m >*u. Mr^ ïges, des balallks h jniiY> jnM«fc> o* fM^rr* c inr niaine. Au-dessiis de vf smàttn^rmeaii «< oau»' ' f-s«sK^ de par les grande taMeavi. ««oui r iyi ' w aMo. ttatte- nnirv lu» Is ponlîficaui, bût de» |a|io k^ iiiii-> 't^.:ir^ Ik ««««. 3818 sur des Irftoes rmnmwkL. Ar iiaiioaHiiiiii*> Lt mMS. ««i. ommeoçaiH par b gaociM-. «auin PHirr . »aiiiii \ AaifVL. ^miiu irégoire, saiut Urinin. saÎMi IhMii'r. >muk Lnsi P. -iiiiniÉ >% tesire el saint Alexandre. Smau: l'Mîîaipt- 40. \4«n. M^»rv^ <W iluK^ue pape, deux figons sk^îm^ ^ rr^«>*<«t4i&^vi ««^ ««rtu*-. H il est assisté de dtni\ anf^s bhtautf kr» f4«K4ii«i> et <iuMHiM^laus. Le mot nuaiw qu\iu lii «u &i<t< «sdnHk-. 9i|i|uinrittit aiii armes de Lèiiu X H de QcsMnM VTl .
Raphaël à peiut à l*kuile »r mu «uduii |tfv|uirv a t-H HIrt leui vertus, la Mawttifttkif et b iiuJi^ : <-*ctaii uu r>»ai : il wik le projet de peindre de cette uuuiiiTt- b «xande tuiLiilk' le Gonslantin contre Maxenee. (turiqurs cx«uutt«<««rur^ hii attribuent aussi b t^ de saint Uriiaiu. Le tabkrau qui c->l > Mte, eu entrant, repivsieute l'apiiatritkiu de b enH\ à ("^hitatin. On v lit ces uMits célèbres : in Iu-k ^/i/fif cmir*.
Sans doute le dessin est de Ra|»haèl . uuii> et* |jd>l«niu ue fut Kiulqu après sa mort: «m Tattribue à Jule> Bom^iu. Noiin avous remarqué dans les lointains le cbàteaii et le |iom Siiiiii- Ange tels que Raphaël se figurait qu'un les voyait du temps ^ llonstantin. Ou aperçoit aussi le mausolée dWugiiste (e'eti ^urd'hui une tour ronde, qui sert de théàtrt\ Le tlim;uiolie '^peuple va voir au Mausoleo di Augusto un eomhal de uui- ^nx, et les étrangers v<mt voir le peuple.)
I/iinmense fresque, vis-à-vis les fonélres, représente la fatineiise bataille de Ponte-Molle et la victoire de Goostantin sur Maxence. Raphaël mourut au moment de se mettre à Touvrage; déjà la muraille était préparée pour recevoir des couleurs à rhuile; ce lablcau fut exécuté à fresque par Jules Romain; il a soixante-quatre pieds de long, et quinze de hauteur. Les pers(mnages sont de grandeur naturelle. La mêlée est dfroyable; chaque figure est admirablement dessinée; mais, si tout à coup la baguette d'un magicien donnait la vie à ces soldats el à ces chevaux, la plupart tomberaient. Je regarde ce tableau comme une des grandes erreurs de Raphaël; trèsprobablement il n'avait jamais vu de bataille.
Il s'est trouvé parmi nous, ce matin, plusieurs personnes qui préfèrent V élégance à la vériti». Tout ce que je dis ici doit sembler bien absurde si le lecteur n'a pas une gravure de celte bataille sous les yeux.
Deux grandes armées se choquent sur les bords du Tibre. Le combat est fort animé : on se bat sur le ponte Molle; les vaincus tombent dans le Tibre et y trouvent la m(»rt; tel est Je sort de Maxence. Constantin à cheval s'avance avec majesté; il est secouru \va\' trois anges, qui ]>araissent dans le ciel, l'épée à la main. Dans le lointain, <m aperçoit le mcmle Mario. J<' suis loin de blâmer l'iniervention des anges ; songez chez qui nous sommes.
L(; baptême de Constantin est le sujet du lableau suivaul. L'empereur, dépouilUî de ses vêtements et un genou en lerre, reçoit l'eau sainte que le pontife saint Sylvestre verse sur sa tête. Oïl reconnaît dans le champ de ce tableau plusieurs parties du baptistère qui existe encore près Saint-Jcan-de-Uitraii, sous le nom de San Giovani in fonte. Très-probablement ceUe fresque a éU' <»xécutée d'après les dessins de Haphaël. Le peintre fut Francesco Penni, appelé il Fattore, parce qu'il avait la
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lirecliou des affaires iiécuuiaires de Raphaël. Li dak^ est bU (trois aiis avant le sac de Rome, m>iis le règne de Clélient VU).
Le dernier tableau de cette salle représente nne action dont ^existence a été soutenue dans des milliers de volumes. Con- 4anliu donne la ville de Rome à saiiil Svhestre. Kii douter llail hardi il y a eeiil ans; aujounriiui il srr.iit lianli d'avou(*r |u*ou y croit. Gonsbmtin présente au papr une \u-i\W ih^iiw Tor» e*est Timage de la ville de Rome Cette aelioii se passa laus Taneienne basiliipie de Saint-Pierre, telle qu'elle, existait ivant Bramante et Michel-Ange. Ou voit au tond ranciennr ribuue, et sur le devant la Confession sous laquelle re|N>s<ï le corps de Tapôtre saint Pien*e. La CouH^ssiou est eutoiu'ée de ces colonnes torses vitinex dont nous avons souveut parlé, et que Ton croyait avoir a[)partenu au teuiph^ de Jérusalem. La donation fut exécutée par RafTaël délie Col, d'après les di^ssins du grand Raphaël.
Les peintures de la vo()te de cette salle furt*ut eouuuencé<'s sous Grégoire XIII, dont on y voit les armes, et teriuinées sous Sixte V. liC tableau du milieu brille par la perspective. Une idole s'est brisée et est tombét^ par morceaux au |)i(ïd d'un crucifix d'or. L'auteur est Lauretti. U's autres onicuieuls de cette voûte montrent à quel point de dé(.'adencc la (teinture était déjà arrivée un demi-siècle après la perte qu'elle avait faile en 1520.