‹ Promenades en NorvègeChapitre 14 sur 72 · AVIS AMICAL AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AVIS AMICAL AU LECTEUR

ME voilà retombé dans l'aride économie sociale. Le lecteur me pardonnera lorsque je lui aurai dit que bien des fois des amis de l'étranger, surtout de la France, me demandent des informations de ce genre, soit pour en enrichir quelque publication, soit pour s'en servir lorsqu'il s'agit de placer des capitaux. Il y a beaucoup d'argent français engagé en Norvège, principalement dans l'industrie minière; et si la lecture des Missions décidait quelque bon catholique à venir acheter ici des forêts et à les exploiter d'après un régime raisonnable, je pense qu'il ne regretterait pas de m' avoir accompagné jusqu'ici. N'allez pas cependant en conclure que je suis en

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iMal OU ,que j'ai le leiiii)s de répondre à loules les questions, souvent bien compliquées et diliiciles, qu'on me pose.

Qu'il me 3oit permis de dire ici par pai'enthèse, qu'avec la meilleure intention du monde, on abuse souvent des moments si précieux du missionnaire, qui, somme toute, doit avant tout être apôtre, c'est-à-dire consacrer ses forces et son talent au troupeau à lui confié. On jn'envoie souvent d'interminables questionnaires a jcmplii-. Sur des matières qui n'ont rien de commun avec le saint ministère, on me demande des volumes. 11 y a des collectionneurs de timl)resposte, de partes postales illustrées, de plantes, de minéraux, d'insectes rares. Ils ont découvert le nom d'un missionnaire.

« — Ce bon prêtre ne me refusera pas ce petit service; les missionnaires sont si aimables! »

D'accord; mais Jes missionnaires ont grandement besoin de leur temps, et puis ils préfèrent envoyer leurs vieux timbres et leurs raretés soit a une œuvre apostolique, soit a leurs bienfaiteurs. On ignore que souvent ils doivent acheter à beaux deniers de quoi satisfaire un aimable demandeur. Il est des personnes qui prient le missionnaire dont elles ont découvert le nom, de vouloir bien recommander leurs produits, leur yin, leur cognac, etc., leur procurer des informations sur la solidité et la solvabilité de telle ou telle maison de commerce, et ainsi de suite. J'en sais quelque chose. I^h bien, cher lecteur, n'imitez pas leur exemple pt ne mettez pas dans l'embarras le missionnaire, qui a une toute autre vocation et qui, pour ne mécontenter personne, dépense souvent ien pure perte et le cœur saignant son temps et l'argent que yous lui avez donné dans le but de sauver des âmes. Ce que le missionnaire sait, il est heureux de l'écrire aux Missions Catholiques, où tous sans exception pourront en jouir. Mais avez-vous absolument besoin d'une information scientifique qu'aucun autre ne puisse vous procurer, d'un itinéraire dans le pays, par exemple: envoyez-lui des questions brèves, claires, précises, et ne manquez pas d'ajo iter qu'il considère la demande comme non avenue si la réponse devait lui faire perdre trop de

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temps. Ne m'en veuillez pas de ces obsenations. Vous et moi nous n'avons qu'un but, le salut des âmes immortelles; vous me saurez donc même gré de vous avoir rendus attentifs à des choses (}ui peuvent, dans une certaine mesure, mettre obstacle à la réalisation de ce but commun.

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