‹ Promenades en NorvègeChapitre 44 sur 72 · DÉPART POUR LE GUDBRANDSDAL · texte numérisé non relu

DÉPART POUR LE GUDBRANDSDAL

T)0UR que le lecteur ne s'ennuie pas trop pendant le long trajet -*- d'Aalesund à Trondhjem, il me permettra de lui raconter, chemin faisant, ,un intéressant voyage qu'au mois d'août 1898 j'ai dû entreprendre pom- inspecter les travaux de notre nouvel hôpital de Bergen et pour éviter un procès qu'un voisin voulait nous intenter. On dit que tous les chemins conduisent à Rome. De même on pourrait dii'e que de Christiania tous les chemins conduisent à Bergen. Comme on peut atteinch-e cette ville par plusieurs voies différentes, aussi chères les unes que les autres, je tâche de choisir, chaque fois que je dois gagner Bergen, une route nouvelle, pour mieux apprendre à connaître le pays et en étudier les besoins religieux. Cette fois, je pris celle du Gudbrandsdal, qui, par la vallée Romsdalen, débouche au Romsdalsfjord.

^lais je ne pouvais pas me permettre le luxe d'un compagnon, car le voyage se faisait aux frais de la caisse de la mission, qui fait toujours d'affreuses grhnaces lorsque je lui demande des fonds. Poverctta! elle ne peut pas donner ce qu'elle n'a pas.

Lorsque je yoyage seul pai' monts et vaux, au milieu des protestants, il va de soi que je prends l'habit civil. A la maison et dans

J7S riu)Mi;\Ai)i:.s i:.\ xonviici:.

loiilcs les :()C("asi()ii.s orricitllcs, nous |)()i-|()ns hi soulaiic; du l'eslc, nous nous conronnoiis ahsolununl eu loul ;iu\ j)r('scrij)lioiis du Hilucl rouKiiii v[ de l;i Sacrc't' (-oii}^n'(''^;il ion des Imites, deux à (\u\ le Ihui Dieu ;i accordé de la barbe, hi j)orlciil aussi. Nous devons encore nous priver de hi lonsure, parce (prelle enlraînerail j)our nous, en cerlaines occasions, de sérieux inconvénienls. el (pie le jriand froid de ce i)ays Jie permet guère de lro[) enlanier la chevelure.

UN ÉVÈCHÉ SANS ÉVÉQUE NI PFÉTRE

JE pailis donc en gentleman de Christiania vers le Nord. Jusqu'à Eidsvold, je nie servis du chemin de fer, pour m'embarcpicr ensuite sur le plus grand lac de la Norvège, le Mjoesen; il a 100 kilomètres de long, 15 de large, et sa profondeur maxinia atteint 480 mètres. Après quelques heures de traversée, nous abordions a Hamar. ,

Haniar, c'est, je l'ai déjà dit, mon grand cauchemar. Cette ville de 7.000 habitants, résidence d'un gouverneur et d'un évêque luthérien, doit son origine à un évêché catholique, qui y fut fondé dès 1152 par le délégué ^^postolique Nicolas Breakspeare, qui plus tard occupa le siège de saint Pierre sous le nom d'Adrien III. Lors de l'introduction de la Réforme en Norvège, son dernier évêque, Mogen, fut fait prisonnier, la yeille de la Saint-Jean 1537, et conduit en exil. Trente années plus tard, la ville et son ancienne cathédrale furent détruites par les Suédois. Jusqu'au milieu de ce siècle, quatre arcades de la cathédrale marquaient seules la place oii îlorissait jadis la ville épiscopale de Hamar. En 1848, elle fut fondée à nouveau et, un peu plus tard, eut un évêque protestant. Quant à l'Église catholique, elle n'y est représentée que par les ruines de l'ancien sanctuaire.

l)i: (■.imiSTIAM.V A THONDHJI.M, VIA HOMSDALKN.

Dans loiil cv\ aiilKiiic diori'so, nous n'avons |)as la |)liis modeste chapelk'; le ciii-ô de Sainl-Olal" à (llirisliania. au disli-id (lu(|U('l cet cvOché apparlient a soin dos rares eallioluiues de la eontrée, une des plus fertiles et des mieux peuplées de la Norvège. Que c'est dé-

LE JORUNDFJORD (voir p. 176).

plorable! Mais que faire, sinon prier le Seigneur de nous mettre en état de cultiver cette importante portion de sa vigne?

Hamar est relié par chemin de fer avec Christiania, Trondhjem et le Gudbrandsdal, .oiî je dois pénétrer. Je .continuai cependant en bateau mon voyage jusqu'à la petite ville de Lillehammer, parce que, de cette manière, je pouvais examiner d'un peu plus près une autre petite ville, Gjœvik, où il y a quelques catholiques, et où une station fixe serait également bien nécessaire.

180 I'H().mj:nai)i:s i;x nohvkc;!:.

Lillc'liamuu r csl siliir ;'i I Cxlrriiiilc nord du lac. Mjd'sen, à l'cmboufliiiro do la grande rivic-rc Loiif^cn, en un siU* channanl.

Je nr j)()uvais |)as (|uilU'r celle jx'lile ville sans visiler les admirables cascalelles, ((ue, loul j)rès <le là, l'orme Ja pclile rivière Mcsna. Je suivis dans son épouvanlable .!:,'or^e le cours de la rivière, jusqu'à' ce que, loul en naiçe, je dus désespérer de j)ouv()ir alleindrc la cascade sui)érieure. .le coniplai plus d'une douzaine de cascalelles plus ravissanlcs les unes que les aulrcs; le Hcluedesfos (Cascade de 1 enfer) cl le Ilimmcrige (Royaume des cieux) m'onl surtout frappe; je n'oublierai jamais leurs charmes sauvages.

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