AU GUDBRANDSDAL LA SUCCESSION APOSTOLIQUE
APRÈS celle promenade, je me confiai au Irain pour m' engager dans la yallée Gudbrandsdal, dont Lillehammer garde l'entrée. Si cette yallée n'égale pas en beauté pittoresque le Telemarken et le Valders, elle n'en est que plus riche et plus peuplée. Elle ne compte pas moins de 50.000 habitants, répartis en plusieurs paroisses avec nombre d'anciennes églises catholiques. C'est vous dire quel intérêt ce voj'^age avait pour moi. J'écoutais avec plaisir mes compagnons me raconter les merveilles des montagnes du Jotunheim, que nous longions et dont les cimes nous saluaient de temps à autre; je n'en admirais pas moins les antiques beautés des fermes et des stations de relais où nous passions; les belles cataractes que nous rencontrions ne manquaient pas de me captiver par leur chant.
Mais comment dépeindre mes tressaillements intimes en pensant aux âmes imrnortelles qui m'ont été confiées par leur Mère, la sainte Église, du sein de laquelle elles ont été arrachées malgré elles ? Comment décrire mon émotion en pensant que tout ce qu'il m'était possible de îaire pour elles, c'était de traverser, une seule fois dans ma
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vie, lour vallée et les bénir? Les voit s du Seiiiiiciir sonl insondables. Les païens au fond de l'Afrique trouvent des pasteurs, mais ces vaillants ehrétiens. nos frères par le baptême, qui pense à eux pour leur donner des ])rêtres?
Des prêtres? Oui, malheureusement, ils n"ont i)as de prêtres! Les théologiens luthériens eux-mêmes avouent (|uen Norvège la succession aposl()li(jue et épiseopale est interromjjue. Ils sen eonsolent. Les
RUINES DE L'ANCIENNE CATHÉDRALE DK HAMAR (voir p. 1 78).
mis. ceux qui concèdent que le divin Sauveur a institué un véritable épiscopat et sacerdoce, prétendent qu'en cas de nécessité, l'ordination faite par un simple prêtre encore de nos jours il en est ainsi en Norvège; est suffisante pour assnrer la succes.sion apostolique. Les autres vont plus loin et prétendent que Notre-Seigneur n'a connu que le <: sacerdoce royal » dont chaque chrétien est investi, et que les pasteurs ne sont que les délégués des fidèles, sans autre pouvoir que celui que les fidèles leur confient. Donc, de fait, l'Église d'État norvégienne n'a ni évêque ni prêtre validcment ordonné, pouvant donner une absolution valable au moins in articula moriis.
Vous savez aussi bien que moi qu'une àme peut se sauver par un
182 rRO.Mi:NAi)i;s i:n norvkge.
acte (le c'onlrilioii parlailc, cl cvs\ ma .grande coiisolalion. Mais, sans parliM- (le Ions les aiilrcs l)i('iirails du iiiiiiislère sacerdotal, combien ce moyen siipi-cmc csl-il cliaiiceux!