DANGER POLITIQUE
T A visite canonique terminée à Tromsœ, je repris le bateau pour, "^^ pénéti'er au pays des Lapons et des rennes, qui, au sens précis du mot, est, vous le savez, le bout du monde habité. Nulle part, en effet, on ne trouve à une latitude correspondant à celle du Finmarkeu des lieux habités ou habitables, et si notre Laponie fait exception, elle le doit miiquemenl au Gulfstream, qui préservée ses ports et ses fjords, lors même que les eaux de Christiania, de Stockholm et de Saint- Pétersbourg sont prises par les glaces.
Si c'est là un privilège, c'est, d un autre côté, un danger. La Russie manque partout de ports praticables en hiver, et c'est un fait connu qu'elle convoite quelques-uns des fjords de la Laponie, surtout le Varangerfjord, qui touche au territoire russe, pour y loger ses vaisseaiLx de guerre en hiver. En attendant, elle établit un jwrt militaire à proximité de la côte des Mm-mans, et le relie par des lignes de chemm de fer avec la Finlande et Saint-Pétersbourg, en même temps qu'elle prépare à sa manière le terrain sur le territoire no r^ yégien. On sait que la Russie aime à se servir des moines orthodoxes comme pionniers politiques. Or, nous venons de recevoir une église russe à Boris-Gleb (voir la grau. p. 236), tout près de la frontière russe, et des moines du couvent orthodoxe de Petschenga la desservent.
Les Norvégiens et les Suédois, ces frères ennemis, unis dans la personne de leur roi commun et par leurs anciens traités, mais diyisés par le caractère différent des popidations et surtout par les aspirations des partis politiques, feraient bien de s'entendre et de ne pas favoriser par leurs luttes intestines, qui les affaiblissent, le jeu