A ALTEN
CEPENDANT le bateau nous a amenés au Lyngenfjord, vrai palais de glace aux colonnes de granit; il nous a fait voir l'incomparable panorama qui entoure la petite île habitée de Skjservœ, nous a fait danser sur les flots de la Mer Glaciale, et maintenant il s'arrête à Oexfjord dans le Stjernsund. dont 1 âpre caractère nous fait frissonner.
Tandis que mon ami français doit continuer jusqu'à Hammerfest pour de là aller inscrire son nom au registre du Cap Nord, je prends un bateau pour pénétrer, par mille détom-s. jusqu'à Alten.
Vous dire avec quelle joie notre missionnaire d' Alten. le grand exilé de la Laponie, m'a embrassé, je ne veux pas l'essayer. Passer les longs hivers sans lumière ni chaleur, au fond d'un fjord oii jamais touriste n'arrive, au milieu de pêcheurs norvégiens et finnois et de tristes pâtres lap>ons, plus pauvres les uns que les autres; avoir à lutter seul
'2Ï)'2 i'H(».mi;n\I)i:s i;n N()Uvi:(;l;.
avec une iiilinilé <lc secles raiuili(iii('s aiilaiil (iiic slupidcs; ne voir i[u à (le rares reprises un coiirrère el tous les deux aus seulement son chei": (•"esl irisle, c'esl dur pour la nature!
Mais vous, mes IVères dans 1 aposlohil, (jui vivez, soil i-el6f»ués au c-(rur de rArri(|ue au milieu des nègres, soiL enfermés avec, les antlirolX)phages dans les îles de l'Océanic, soit mêlés aux parias el coolies <\v l'Asie, vous savez ([u'il y a quekpie chose de plus Tort (jue la nature, (^esl la grâce, ([uc le Seigneur ne ménage pas à ses ouvriers, surtout aux plus isolés, aux plus abandonnés, aux plus à plaindre huniainemenl parlant