I. Autobiographie d'un nègre, par Th. Benlzon, i»"* octobre
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leur justesse, et le garant de leur réalisation future. Les idées sont comme des épidémies ; elles gagnent le monde insensiblement et apparaissent tout d'un coup, sans indices, sans annonces quelconques, dans des lieux différents ; elles donnent à penser que c'est la marche historique des choses qui les fait naître et qui nous amène à croire en elles. »
N'est- il pas curieux de voir une propriétaire russe envier pour son pays l'Institut nègre de Tuskegee (Àlabama) et une correspondance s'établir sur des questions de pédagogie très spéciale entre deux personnes dont la race et l'origine n'ont rien de commun ?
Au risque de tomber dans l'aridité des statistiques, il me faut indiquer le plus sommairement possible la nature de quelques industries de village et leur produit approximatif * . Dans d'autres pays, notamment en Hongrie, en Suède, en Irlande, ces industries existent encouragées par l'État et par des sociétés d'art national, mais nulle part le travail à domicile n'a autant d'importance qu'en Russie. On le reconnaîtra en parcourant ce qui suit.
Les industries des paysans s'exercent surtout dans six gouvernements, ceux de Moscou, de Wladimir, de Tver, de Kostroma, de Nijni-Novgorod, de laroslav, et peuvent être divisées en cinq groupes principaux : le
I. Les chi£Fres sont tirés d'une description géographique complète de la Russie publiée sous la direction de P. -P. Sémionofl', vice-président de la Société russe de géographie et du professeur V.-G. Lamansky, président de la Section ethnographique de cette même Société.
bois, les métaux, les autres minéraux, le cuir, les filatures.
L'une des plus considérables est certainement celle du bois ; les paysans presque partout fabriquent des charrettes, des véhicules de toute sorte ; d'un seul district sortent annuellement deux mille traîneaux en genévrier.
Le gouvernement de Kalouga a la spécialité de la tonnellerie ; 2 200 ouvriers y travaillent dans 900 ateliers, dont chacun est dirigé par un patron, paysan comme eux, et ils produisent chaque année pour 272 000 roubles de marchandises. La fabrication des meubles occupe, dans le gouvernement de Moscou, 87 villages. Des meubles de prix, vieux style russe, que nous avons admirés à l'Exposition de 1900, en venaient. Placages de noyer, ouvrages délicats en bambou, les doigts exercés des paysans abordent tout cela et s'en tirent à merveille. Le district de Moscou et Nijni-Novgorod ne possède pas moins de 2 5oo menuisiers ébénistes, livrant chaque année pour 4 60 000 roubles de produits.
La tabletterie de Nijni-Novgorod est renommée ; on exporte des jouets et des objets de ménage jusqu'à Khiva, dans le Ferghana, en Perse, de tous côtés, à l'étranger, où ils sont vendus parfois comme japonais.
Au marché de Siméonoff figurent plus d'un demimillion de cuillères de bois ; dans toute la Russie les paysans en font usage. On les expédie sur le Volga par bateau spécial. Le district de Moscou compte 120 ateliers de jouets rapportant plus de 33 000 roubles. Le
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seul village de Saint-Serge produit, outre les jouets, pour 28 000 roubles d'objets divers en bois, cuillères, écuelles, salières, porte-allumettes, boites avec sujets nationaux russes. Le district de Veresk envoie pour plus de 3o 000 roubles, dans la seule Ukraine, de ces bouliers destinés apparemment à ceux qui ne savent pas écrire, mais dont on se sert partout dans les magasins, dans les restaurants pour compter avec une rapidité extraordinaire.
L'art naïf du paysan crée une immense variété de bagatelles en bois, souvent très fines, très ingénieuses. Lors de son voyage, le président de la République a honoré d'une attention particulière et rapporté avec lui ces amusantes poupées creuses en bois peint, de la Petite-Russie, qui rentrent l'une dans l'autre comme des boîtes japonaises. Il y en a dix de différentes tailles formant une espèce de mère Gigogne et commençant au nouveau-né, toutes coiffées du traditionnel mouchoir, vêtues du casaquin et du tablier, l'une tenant un pain, l'autre une poule, la troisième, un panier, etc. . Chacun des visages diffère de l'autre, tout en restant curieusement fidèle au type du pays. Sous le patronage d'une grande duchesse, des myriades de jouets minuscules d'un réalisme qui n'exclut pas la gentillesse, ont voyagé jusqu'à Paris où les amateurs se les sont disputés, lors de notre Exposition qui a été pour les petites industries russes un véritable triomphe. Ces jouets étaient partis du gouvernement de Wladimir d'où viennent aussi les tarantasses en osier exportées annuellement au nombre de 6 ou 7 000 à Pétersbourg.
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Le district de Zwenigorod (gouvernement de Moscou) donne pour 42 ooo roubles de vannerie, meubles en osier, corbeilles, etc.
Les nattes proviennent surtout de ce pays de forêts qu'est le gouvernement de Kostroma. Dans deux districts seulement les paysans y font looooo pouds (le poud équivaut à 4o livres) de torchons de tille. Pendant quatre mois, mille hommes dans un district voisin, 2 200 dans un autre travaillent sans relâche à ce produit textile d'une utilité journalière. De même le village de Siméonofka fabrique pour 100 000 roubles de lapti, sandales de tilleul que chaussent les paysans. A Nijni-Novgorod plus de 3oo hommes en font pendant la mauvaise saison, chacun ses 4oo paires.
Le tissage de la toile à laroslov entraîne avec soi la fabrication des peignes de fileuses, des quenouilles, des rouets dans toutes les campagnes de ce gouvernement.
Le goudron tiré des arbres, notamment des bouleaux dans le gouvernement de Tver, au poids de 3ooooo pouds représentant 200000 roubles, est exploité dans 976 petits chantiers par près de 2 000 paysans.
Mais surtout le gouvernement de Tver est le pays des bottes. 20 000 hommes font sans relâche des bottes dans les villages. On en cite un, Kimr, où 627 familles, soit 55 pour cent des habitants, ne s'occupent pas d'autre chose. Kimr est le grand centre de la cordonnerie. Au marché qui s'y tient, plus de i5ooo bottiers paysans, qui gagnent chacun par mois de dix à treize roubles, envoient leur ouvrage, exporté en-
suite dans les grandes villes. Comme tous les autres ouvriers des campagnes, ils sont à la merci des agents entremetteurs qui payent par exemple les bottes blanches réclamées en quantité par les paysans du Nord*, de 3o à 4o copeks la paire (le copek vaut 2 centimes et demi). Il faut avouer que les ateliers de paysans, qu'il y ait ou non un patron, sont aussi mal organisés que possible, mais ce n'est ni l'industrie, ni l'activité qui leur fait défaut. Dans le gouvernement de Wladimir, 5oo ouvriers produisent pour 80000 roubles de bottes par an et il y a plus de i 000 bottiers parmi les paysans du gouvernement de Kostroma.
L'industrie du cuir est, on le sait, en Russie, l'une des plus florissantes. Elle prospère spécialement dans le gouvernement de Moscou où se préparent toutes les différentes sortes de peaux, jusqu'à la peau de gants. Ces peaux achetées en ville sont ensuite dispersées dans les villages et fournies aux paysans qui rendent les objets fabriqués. Moscou à elle seule en prend pour 3oo 000 roubles ; mais cela n'assure pas à l'ouvrier un salaire de plus de 4o copeks par jour. A ce prix les paysans travaillent les cuirs fameux entre tous de Nijni-Novgorod, 5oo hommes, dans trois districts, livrant pour 100000 roubles de marchandises.
A Tver 35o hommes, répartis dans i65 ateliers, qui ne sont autres que l'isba du patron paysan, produisent de même pour 80000 roubles de cuir travaillé.
La préparation des fourrures est aussi, jusqu'à un