X ALPHONSE DARNE
Je n'ai guère vu de rue à Gênes où il n'y eût au moins un magasin de lits en fer. Cela m'étonne presque autant que les nombreux fabricants de pianos qu'il y a à Paris. Je comprends qu'il y ait beaucoup de marchands des choses qui se mangent, des choses qui se brûlent, des choses qui se cassent; — les boulangers, les marchands de bois, les épiciers, les marchands de porcelaines peuvent être gussi multipliés qu'ils le voudront sans exciter ma surprise.
Mais des marchands de lits de fer et des marchands de pianos! Quand on a dans une maison autant de lits que d'habitants, — quand on a un piano par famille, — il se passe beaucoup de temps avant qu'on ait cassé le piano d'une manière irrémédiable, quelques progrès qu'ait faits la musique ; — avant qu'on ait usé les lits à force de dormir dedans.
J'ai vu cependant, en ce genre, un homme qui, ne pouvant plus lire avec ses lunettes, parce que sa vue avait encore baissé, éprouvait le besoin de verres plus forts, croyant de bonne foi avoir usé ses lunettes à force de lire.
PROMENADES HORS DE MON JARDIN. d7î)
Il vient nécessairement un moment où une ville a assez de lits et assez de pianos.
Les lits génois sont illustrés comme les maisons. Les grands lits^, dits lits à deux places, présentent invariablement dans un médaillon, au-dessus de l'oreiller, deux colombes qui se becquettent.
Les lits à une place, dans un médaillon semblable, n'ont' qu'uii bouquet de pavots.
Hélas ! ces pavots ont souvent tort contre les moustiques, cousins, etc., qui pendant l'été mangent les étrangers de préférence aux naturels du pays.
Le cousin est le plus féroce des animaux connus, et celui que la nature a le plus cruellement armé.
Voyez-le cramponné à votre peau! D'un étui, qu'il porte à la tête comme une trousse de chirurgien ou un arsenal de bourreau, il tire et allonge cinq ou six armes coupantes, piquantes, sciantes, déchirantes, dentelées, barbelées, qu'il enfonce dans votre chair quand elle est convenablement sacrifiée; de chacune de ces lames, qui sont toutes creuses, il aspire et boit votre sang, autant qu'en peuvent contenir ses intestins, qu'il a soin de débarrasser à mesure de tout ce qui pourrait y tenir de la place et y causer de l'encombrement, et ces intestins sont élastiques, car le cousin repu a trois fois le volume qu'il avait à jeun. Ce sang l'enivre, il reste sur la blessure. engourdi, ou s'éloigne un peu de sa victime et va cuver son sang dans quelque coin, comme Polyphème digérant les compagnons d'Ulysse ; c'est ainsi, à ce moment, qu'oa peut le prendre et le tuer.
Tout cet appareil meurtrier, dans lequel on rctrou^'o la plupart des armes qu'a inventées successivement la méchanceté humaine, ne se dislingue bien qu'avec une forte loupe.
La Providence a voulu nous montrer ce qu'elle aurait pu faire. Si les cousins étaient de la grosseur d'un pigeon, ils mangeraient ou plutôt boiraient l'espèce humaine dans l'espace d'un été. Et cependant, tout petits qu'ils sont, avec leurs armes empoisonnées comme les flèches des sauvages, ils font de douloureuses piqûres suivies d'irritation et de petites tumeui's.
Ce qui est pis peut-être que la douleur de la blessure, pis que le visage ridiculement jaspé qu'ils se plaisent à vous faire, c'est la fanfare guerrière qu'ils vous bourdonnent aux oreilles, fanfare stridente, dont le son est d'un volume qui semble ne pouvoir être contenu par un si petit corps. Est-ce à la nourriture essentiellement tonique que lui fournit notre sang qu'il faut attribuer la force de cet organe ? Les chanteurs sont carnivores par système, et l'on a parlé dans le temps de la consommation de veau froid que faisait madame Dorus, une des voix les pins puissamment pointues qu'il nous ait été donné d'entendre de notre temps.
Il n'est personne qui, sachant bien ce que c'est que les cousins, n'acceptât le marché que voici pour la nuit :
Je dois recevoir dix piqûres de cousin, — mais à des intervalles inégaux; je serai tenu réveillé par la trompette de mes ennemis invisibles. Eh bien ! je consens à
HORS DE HOn JABOm. 181
recevoir trente piqûres avant de m'endormir, à condition que je n'entendrai pas le chant de guerre de l'ennemi.
On a pris quelques précautions contre ce supplice : les lits sont entourés, bastiomiés d'une cage de tulle ou de canevas; — mais bien souvent ces fortifications ne servent qu'à vous enfermer avec votre bourreau.
On m'a cependant indiqué un moyen de devenir'pour les cousins un objet de répugnance, de dégoiit et d'horreur : — il suffit de s'oindre le visage et les mains de jus de citron; — vous êtes ensuite dans une chambre pleine de cousins^ comme Daniel dans la fosse aux lions; vous entendez leurs rugissements, vous les sentez se poser sur votre front, mais ils ne vous entament pas. On est longtemps à acquérir la conscience de son invulnérabilité, et la peur accroît beaucoup le danger. D'ailleurs, il peut vous arriver pour vous-même ce qui arriva à Thétys pour son fils Achille, qui resta vulnérable au talon par lequel elle le tenait en le trempant dans le Styx; vous pouvez vous enduire inégalement ou vous essuyer en dormant par un mouvement involontaire.
Une nuit que les cousins avaient traité mon nez comme
Paris traita le talon d'Achille, je me réveillai plus matin
que (le coutume : il ne faisait pas tout à fait jour; un
spectacle étrange s'offrit à mes regards; je crus que mon
réveil était un songe, que je rêvais que j'étais réveillé, cl
je me frottai les yeux à plusieurs reprises ; mais il ine
fallut renoncer à l'idée de rêve; alors je crus à une hallucination ; puis, m'étant soumis à un examen sévère, jo fus forcé de me reconnaître sain de corps et d'esprit, da moins pour la partie qui restait de moi.
II y avait près de mes fenêtres un grand quinconce d'arbres touffus — sous lesquels je m'étais promené la veille. — Tous ces arbres étaient couverts de femmes. — Il y avait des femmes, je ne dirai pas autant que de feuilles, car les feuilles disparaissaient à chaque instant. — Ces femmes, me demandai-je, sont-elles une variété de la terrible et vorace sauterelle d'Egypte qui s'abat sur les ombrages et les dévore ? — Est-ce une nouvelle espèce de hannetons?
On a vu, du moins dans les temps anciens, des femmes changées en arbres; mais je ne me rappelle pas d'arbres changés en femmes.
Et sous ces ombrages de femmes, — Gatayes risquerait galamment le mot de charmilles, — on entendait ja-.er, caqueter. De cela il y avait un précédent ; l'histoire de la pomme qui chante m© revint en la mémoire.
— Après tout, me dis-je, cela fera toujours de l'ombre; et je descendis mon escalier pour aller me promener sdiis ces feuillées de couleurs variées. — Sont-ce des flcms? Sont-ce des feuilles? Sont-ce des fruits? Sont-ils niùis?
Mais quand j'approchai, les arbres étaient dépouillés, jaunis; un vent d'hiver ne déshabille pas aussi lestement une forêt. Il n'y avait plus ni feuilles ni femmes; les arbres étendaient tristement leurs grands bras nus.
Je pris des informations.
Ces arbres étaient des mûriers^ et les femmes les avaient dépouillés de leurs feuilles pour nourrir les vers à soie. Pauvr05 arbres déshabillés pour habiller nos élégantes i Est-ce ainsi qu'il faut entendre Eve vêtue d'une feuille? C'est en réalité, mais indirectement, de feuilles de mûrier que sont vêtues les femmes qui trament des robes de soie sur l'asphalte des boulevards. Ces femmes, dans les arbres, faisaient la récolte des robes, cueillaient des robes comme on voit semer des chemises le paysan qui confie à la terre la graine de lin et la graine de chanvre.
A propos de chanvre.
Quand vient le moment de semer le chanvre, — les enfants de chœur des églises parcourent les jarilins et les campagnes en distribuant aux paysans des croix en roseau bénites. J'ai quelques raisons de croire qu'ils acceptent le remboursement de leurs avances et môme quelque chose au delà. Presque tous les jardiniers prennent de ces croix autant qu'ils ont ensemencé de tables de cannebé (chanvre, cannabis). On appelle table à Gênes, à Nice, etc., ce qu'en France on appelle planche ; puis, l'on plante la croix au milieu de chaque table.
J'aurais compris à la rigueur et à un certain point de vue, qu'au renouveau on plantât une croix au milieu du jardin ; je ne compris pas pourquoi c'était le chanvre seuJ qui recevait cet hommage.
iS'i PROMENADES
J'aurais compris encore, toujours à la rigueur et toujours à un certain point de vue, que, ne voulant pas trop demander à la Providence, et lui faisant sa part, on mît sous sa protection une des cultures seulement en lui disant : « Providence, vous ferez du reste ce que vous voudrez; nous nous en rapportons à votre générosité. » Mais alors ce serait sans aucun doute le blé que l'on sauverait, ou le maïs, ou la pomme de terre, — la denrée indispensable.
Je demandai alors si le cannebé était d'un bon produit. On me répondit que non, que cela se vendait fort peu et demandait beaucoup d'engrais, beaucoup de soin, et qu'il fallait en outre le porter à rouir au loin dans des mares creusées exprès, car on sait que le chanvre pourrissant dans l'eau, comme il est nécessaire avant qu'il soit propre à être divisé, peigné, etc., exhale des miasmes délétères et empoisonne tellement l'eau qu'aucun poisson n'y peut vivre à une assez grande distance, et que la sollicitude de la police ne permet pas de pratiquer ces opérations dans le voisinage des maisons habitées. Je n'ai pu avoir aucune solution à cet égard. Ce n'est pas non plus pour prier Dieu d'empêcher les petits oiseaux de manger le grain du chanvre, pour trois raisons :
La première, c'est que de vieux habits de garde national au haut d'un bâton pouvant remplir cet office aussi bien que le Maître suprême, on ne peut le faire descendre à ce soin.
La seconde, «'est que les Génois, comme les Niçois,
nORS DE MON JARDIN. ISS
tuent soigneusement et mangent avidement les pinsons, Jes fauvettes et les rossignols. — 0 Italie i une des deux patries de la musique, — tu méritais ce qui t'arrive aujourd'hui, d'entendre la musique de la nouvelle école, et de l'entendre avec plaisir, et de la préférer à celle de Rossini.
La troisième raison, — je n'ai pas commencé par elle parce que je n'aurais eu aucune raison de donner les deux premières, — c'est qu'on arrache le chanvre longtemps avant qu'il ne soit en graines.
Il m'a donc été impossible, — quoique j'aie fait tout l'été sept ou huit fois par jour vingt pas entre de hautes cultures de chanvre et que je me sois chaque fois posé cette question, — il m'a été impossible de trouver la véritable raison de cette croix bénite plantée dans les canne" bières exclusivement.
A moins que ce ne soit pour prier Dieu de préserver ceux qui sèment le chanvre d'être pendus avec la corde qui en sera faite.
Dans une lettre précédente, j'ai parlé des maisons de Gênes et de Nervi. J'ai dit comment on les peint. Voici comment on les bâtit. Au moment où l'on y pense le moins, une explosion déchire l'air et fait trembler les vitres. — Comme on n'eu est pas encore arrivé à tuer les rossignols à coups de canon, on ne peut croire ce ijruit terrible produit par un chasseur.
C'est quelqu'un qui bâtit.
La mer est encaissée dans des rochers noirs veinés de marbre gris et blanc, quelquefois par des rochers tout de marbre. On pratique une mine dans les rochers ; on fait sauter des fragments que des hommes portent un à un sur leur nuque, ce qui compense l'économie de la pierre ou du moins la rend indispensable. A quelque bas prix que revienne la journée de l'ouvrier, une journée représente si peu de besogne faite, que les travaux de bâtisse sont assez dispendieux, surtout lorsque la maison que l'on construit se trouve, comme il arrive le plus souvent, située à moitié de la montagne, et que chaque pierre y a été portée par un homme du bord de la mer.
Ces pierres ne se taillent pas, quelque incorrecte que soit leur forme. C'est au maçon à en trouver qui s'emboîtent à peu près, puis à remplir les intervalles par de plus petites.
Quand il se bâtit trois ou quatre maisons à la fois, c'est un bruit formidable et incessant d'artillerie; il semble qu'il se livre sur un plateau quelque terrible bataille où des milliers d'hommes répandent leur sang et laissent leurs cadavres pour réparer, en engraissant les sillons, le mal qu'ils font aux moissons dévastées.
Mais quels sont ces cris joyeux ? Qu'est-ce que ces enfants bizarrement vêtus qui jouent et courent dans la rue, et ces hommes habillés comme eux en cbie-en^lit qui jasent devant un cabaret?
Leur costume se compose d'une chemise blanche à
divers degrés, mise par-dessus le pantalon comme une blouse, puis d'un mouchoir blanc noué sur la tête.
Les femmes et les filles se mettent sur leurs portes. Que se passe-t-il? Est-ce qu'il y a un carnaval au mois de t;eptembre? On cause, on rit, les enfants jouent; mais à un signal, les masques entrent tous dans un jardin ; puis, au bout de quelques minutes, ils reparaissent suivis de quelques prêtres qui portent des parasols. Les masques ont cette fois des cierges allumés et psalmodient. Les masques enfants qui marchent en tête du cortège jouent et se poussent en riant; les autres enfants se poursuivent et traversent la cérémonie. Les masques adultes sourient en passant à leurs connaissances et leur jettent des mots plaisants.
Mais que portent ceux-ci?
Un cercueil.
Ce que je viens de voir est un enterrement. C'est ce que j'ai vu de plus gai à Nervi et dans tous les environs de Gênes. Les jours de fêtes et de festins, les filles en parure, — c'est-à-dire leurs beaux cheveux trop pommades et ornés de fleurs de la saison, — se tiennent d'un cùté des rues et les garçons de l'autre côté. Les filles jasent entre elles, et il est de h^ju air de feindre de ne pas fa:re attention aux garçons. Les garçons fument, ricaïicni et ne s'approchent pas des filles.
Je pense cependant que tout ne se passe pas ainsi dans des circonstances que je n'ai pas vues.
Quand un garçon veut se déclarer, il donne à une fille
ua anneau et un fichu de soie, — i'annello et le fazoletto. — Si la fille les accepte, elle est engagée, elle est fiancée; s'il arrive entre ces sortes d'accordailles et le mariage quelque incident qui amène une rupture, la fille rend i'annello et le fazoletto.
Il y aquelque temps, un jeune marin, Lorenzo, est pris pour le service. Il offre à une de mes jeunes voisines, Magdalena, I'annello et le fazoletto devant ses parents. On échange les promesses qu'on échange chez nous, qu'on échange partout en semblable circonstance. Le marin part.
Au bout d'un an, il revient; mais les serments d'amour ont été oubliés. Un autre plus heureux, du moins il le croit, l'a remplacé dans le cœur de Magdalena ; mais en vain il lui a offert I'annello et le fazoletto. Elle ne peut les accepter tant qu'elle n'a pas rendu ceux qu'elle a reçus de Lorenzo. Celui-ci, qui ignore tout, se présente chez les parents de celle qu'il croit toujours sa fiancée; elle le reçoit sur le seuil; d'une main elle se cache le visage, de l'autre elle lui tend l'anneau et le fichu de soie.
Lorenzo a compris, il se retire.
Tu t'attends peut-être à un dénoûment tragique? Lorenzo assassine son rival, ou étrangle son ingrate maîtresse avec le fazoletto, ou se précipite à la mer du haut des rochers ?
Nallement; les Génois sont marchands; Lorenzo envoie à Magdalena un signor avvocato qui explique que Lorenzo n'a que faire d'un anneau dont il n'a pas présente-
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ment l'emploi, d'un ficlui de soie qui a orné les épaules de iMagdalena pendant plusieurs dimanches, fêtes et demi-fêtes. Ce qu'il faut qu'on lui rende, c'est l'argent qu'il a donné pour les aclieter. — On fait une transaction; Lorenzo reprend l'annello et le fazolctto, mais son rival les lui achète au prix coûtant, et l'un et l'autre reviennent à la belle et inconstante Magdalcna.
Je parlais des fêtes et des demi-fêtes; si elles ne sont pas gaies autour de Gènes, elles sont fréquentes. Je n'ai pas vu une semaine qui, outre le dimanche, n'apportât ou une fête ou una demi-fête. Les demi-fêtes sont marquées sur les almanachs génois ; le plaisir de ces fêtes consiste en cela qu'on ne travaille pas.
Cependant deux ou trois fois j'ai vu de loin de grandes illuminations. à Rapallo, au bord de la mer, et dans quelques bourgades de la montagne.
Les Génois ne mangent pas ; il paraît qu'ils n'ont jamais mangé. Dans un livre im.primé il y a cent ans, un magistrat, le président Desbrosses, s'en plaint avec amertume et en connaisseur; il donne à un de ses amis la description suivante d'une fricassée de poulet : -. « On dresse un grand plat de soupe à l'oignon, dans laquelle on jette ensuite une sauce blanche; là-dessus on dispose quatre poulets bouillis un peu moins gi'os que des pigeons; on verse une demi-bouteille de fleur d'oranger et on sert chaud. »
i90 PROMENADES
J'ai expliqué ce que c'est que la minestra. Cesi, avec les pâtes, la nourriture presque exclusive des riches comme des pauvres. On ne voit jamais les Génois manger; ils se cachent, soit qu'ils trouvent ce besoin honteux, soit qu'ils trouvent honteuse la manière dont ils le satisfont.
Je dirai cependant que mon excellent ami Merello, qui aurait été enchanté si je l'avais laissé me nourrir, m'a mené plusieurs fois dans un petit cabaret souterrain, le seul endroit de Gênes où on mange passablement. Je vais lui écrire et lui demander un itinéraire exact pour trouver ce cabaret dans le dédale des rues de Gênes. C'est un service réel à rendre aux voyageurs.
J'ai regretté que divers obstacles m'aient empêché de me rendre aux très-cordiales invitations que m'a faites un camarade du collège Bourbon, l'avvocato Bruzzo, — te le rappelles-tu? — que j'ai retrouvé à Gênes, son pays, et qui m'a fait un excellent accueil ; mais la cuisine de Bruzzo n'aurait rien prouvé, il a été élevé en France.
Je terminerai cette lettre par un conseil à l'égard des cousins, moustiques, etc.
Quand on a soin de demeurer dans une maison où il y a suffisamment de femmes et d'enfants, les cousins, les moustiques, qui se connaissent en chair, préfèrent de beaucoup les peaux tendres, fines, veloutées, soyeuses, aux peaux rudes, tannées, barbues, des simples hommes.
Quelquefois ils vous goûtent, mais du bout de la trompe, et ils retournent bien vite à une nourriture préférée.
Tout à toi,
ALPHONSE KAKU.