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DATE DE QUELQUES CLICHES

En un excellent ouvrage, qui prouve une connaissance parfaite d'un moment de notre histoire linguistique, M. F. Gohin a étudié les Transformations de la langue française pendari la deuxième moitié du dix-huitième siècle (iy^o-iySy), Cette période peut être, au point de vue de la verbalité, considérée comme l'aurore du ronantisme. Elle contient Jean-Jacques Rousseau et 3ernardin de Saint-Pierre. Elle est grosse déjà du Chateaubriand dont elle accouchera sitôt la dévolution accomplie. Assurément, pendant ces cinqiante ans, la langue française subit une véritable transformation, puisque de classique elle devieit romanti-

que. Malgré Voltaire, malgré La Harpe et tous les encyclopédistes qui, sauf Diderot, écrivent en vieux style, il se forme un nouveau style. Laclos, sec et précis dans ses Liaisons, devient sensible et verbeux dans ses notes sur Y Education des Femmes.

Mais il n'y a point de transformations subites dans les langues. Rien, en linguistique, n'est un commencement qui ne soit en même temps une «uite. La période qui va de 17 15 à 1740 ou 1700 n'avait peut-être pas été moins révolutionnaire que celle dont s'est occupé M. Gohin. La vérité est que le dix-huitième tout entier a été linguistiquement très fécond. C'est la grande époque de la prose ; nulle autre peut-être ne montra jamais une telle audace créatrice. Une grande partie de nos manières usuelles d'écrire facilement, ou mal, date du dix-huitième siècle.

En voici une liste dressée d'après un livre curieux, le Dictionnaire des richesses de la Langue française et du néologisme qui s'y est introduit; contenant les termes nouveaux et reçus, les nouvelles locutions, les tours figurés et brillants, les expressions de génie, les grâces et les délicatesses dont la Langue a été ornée et enrichie depuis le commencement du xvine siècle. Le tout par des exemples tirés des Ecrivains les plus estimés, et qui se

sont distingués par l'élégance du style. — A Paris, chez Saugrin, 1770, in-12.

Afficher du mépris. — Bertier.

En dernière analyse. — Desfonfaines.

Aspect sous lequel on envisage. — Itûuttevillk..

Attacher du prix à... — Riccoboni.

Aurore delà vie. — Poncet de La Rivière.

Servir de base. — Bertier.

Caresser l'image d'un projet. — Bertier.

Chagrin imprimé sur le visage. — Montagnac.

Chatouiller la malignité. — Desfontaines.

Cœur qui s'éveille. — Boismont.

Commander à sa douleur. — La Baumelle.

Contraste piquant. — Bertier.

Côté brillant. — Coyer, Raynal.

Couvrir du masque... — Coyer.

Creuser les motifs. — La Bletterie.

Le vent de la discorde. — Coyer.

L'Edifice de nos connaissances. — Thomas,

Effleurer l'âme. — Raynal.

L'empreinte du génie. — Desfontaines.

Faire époque. — Séguier.

Equilibre des sociétés. — Loiseau.

Faire de l'esprit. — La Baumelle.

Etoile qui pâlit. — La Baumelle.

Etouffer un sentiment. — Diderot.

Donner l'éveil. — Marmontel.

Façon d'être. — Madame de Staël.

Couper le fil d'un raisonnement. — Bertier.

Fleur de l'innoceDce. — Madame de Lambert»

Rentrer dans ses foyers. — Coyer.

Sacrifier aux Grâces. — Voltaire.

La main des Grâces. — Laugier.

Graver dans Fâme. — Massillon.

— la mémoire. — Coyer.

Hérissé de pointes, de jeux de mois. — du Fresnel. L'Homme du jour. — Elie deBeaumont.

Femme honnête. — Marmontel.

Oui honore l'humanité. — Bertier.

Idées qui germent. — Mehegan.

Imagination couleur de rose. — Coyer.

Imprimer aux esprits un mouvement. — Boug-

[vii.le} Le poison de la jalousie. — La Baumelle. Donner du jeu. — Coyer.

Boulets qui labourent. — Coyer.

Le langage des passions. — La Motte.

Chercher à lire dans les yeux. — Duclos. La logique du cœur. — La Baumelle.

Faire languir l'attention. — Duclos.

Se reposer sur ses lauriers. — Duclos, Levain qui fermente. — Diderot.

Tenir dans ses mains le sort de... — Bertier. La majesté de la nature. — Madame de Lambert. Y entendre malice. — Bertier.

Manier une langue. — Desfontaines.

Morale en action. — Desfontaines.

Noyer son dépit dans l'ivresse. — Loiseau. Se perdre dans la nuit des siècles, des temps. —

[FONTENELLE, BeRTIÊR1

Pétrir l'âme des principes de. — La Baumelle. Papilloter devant les yeux. — Mirabeau.

Etre en pâture à la malignité. — Fontenellb. Pétri de lys et de roses. — Hamilton.

Les leçons de la postérité. — Voltaire. Imagination qui retrace des images. — Massillon.

Vice revêtu de couleurs séduisantes. — Desfontai-

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