DES SENS
— Les philosophes auraient dû s'occuper avant tout de la différence qui a lieu entre la perception et le sens ; examen qu'ils ont négligé et qui forme
ï(> PROMENADES PHILOSOPHIQUES
cependant un des points les plus fondamentaux de îa philosophie. Nous apercevons, en effet, dans la presque totalité des corps naturels, une faculté manifeste de perception et même d'élection, en vertu de laquelle ils se joignent aux substances amies et repoussent les autres (90).
• — (1) L'homme ne peut connaître par sa raison que la matière seule et les matrices élémentaires; l'âme sensible, la vie, ce qui connaît, ce qui aime, ce qui veut, n'est que la matière matériée; l'intelligence, la raison et l'appétit sont des facultés qui appartiennent à la même substance, et il faut en rechercher l'origine d'une manière physique; le principe du mouvement spontané est purement matériel; les sens ne sont que des trous; tous les corps sont capables de perception et, pour changer une perception en sentiment, il suffit de frapper plus fort et plus longtemps; la lumière qui éclaire nos yeux et la lumière qui éclaire notre intelligence sont deux fluides qui ne diffèrent qu'en ténuité, et qui doivent être considérés comme deux espèces du même genre (102).
(1) Ce paragraphe est un résumé des quatre premiers chapitres.