CHOEUR DES SIBYLLES
cnb sibylle.
Redresse ton trépied , ô sœur de la Pythie 1 Et chassant de ton sein la peur qui balbutie ,
Chante le chant de l’avenir.
Les dieux sont suspendus à ta sainte parole.
Sur les sommets ardens , quand ton esprit s’envole , Quel frein pourrait te retenir ?
CNE ACTRB SIBYLLE.
Loin des moûts visités et des vulgaires plaines ,
A mon ame, à la fin, j’abandonne les rêoes;
J’ai brisé l’autel de la peur.
Mes pensera irrités planent sur la nature ,
Comme un troupeau d’aiglons arides de pâture. Qu’au nid éveille l’oiseleur.
LE CUOECR.
Dans mon sein,quel démon, comme un flot,se soulève?
Du puissant avenir je promène le glaive Sur la tête des immortels.
Dans mon ame je sens se préparer forage;
Et du livre sacré si je tourne la page ,
Soudain s'ébranlent les autels.
Quand les dieux vont mourir, veuve sans hyménée ,
Avec eux daus l’Erèbe au long deuil condamnée, Épouserai-je les enfers?
Et fidèle à leur cendre en mon urne d’ivoire ,
Pleurerai-je à jamais des ombres sans mémoire, Pâle prêtresse des déserts?
Non, non, quittant la mort, j'épouserai la vie;
Légère , je suivrai celui qui me convie A l’immuable éternité;
Et dans l'hymne écumant, à la coupe vermeille
Qui surpasse en douceur le travail de l’abeille ,
Je boirai l’immortalité.
Oh 1 que ma lèvre a soif d’une joie inconnue 1
Que pourrait tout l’encens qui va grossir la nue, Pour nourrir aujourd’hui ma faim ?
Ne verrai-je jamais dans mon ame embrasée
De l’immortel printemps descendre la rosée,
Et la paix habiter mon sein ?
Comme au mont Euganée une biche blessée.
Partout enfoucerai-jc, au fond de ma pensée,
Ou la (lèche, ou l’épieu? *
J’ai tenté mille autels, vagabonde prêtresse;
Quand pourrai-je, à la Bu, sans que l’heure me presse. Reposer mon ame en mon dieu ?