‹ ProméthéeChapitre 20 sur 26 · PRIÈRE · texte numérisé non relu

PRIÈRE

Viens donc, ô dieu nouveau! tout oracle t’appelle.

üâte-toi d’arriver ainsi que l’hirondelle,

Dans la saison des blés.

Le monde est ton berceau. Que tardes-tu de naître ?

De tes vagissemens tu remplirais peut-être Tous les cicux dépeuplés.

Obi viens I d’un lait divin j’allaiterai ta bouche I

Éternel, nouveau-né, j’ai préparé ta couche Dans l’antre des lions.

Tu joûras, faible enfant, sur le sein des Sibjllcs.

A tes pieds tu verras, sous tes cieux immobiles. Passer les nations.

Sous tes mains, en riant, tu courberas la terre.

C’est toi qui porteras le glaive de la guerre Et la clef des conseils.

Tes larmes corrigeant l’infortune des hommes,

Enfin on verra luire, au désert où nous sommes,

De plus tièdes soleils.

Mais, roi de l’avenir, enfant de l’invisible,

Où , comment, sur quel faite aux humai!» accessible Descendras-tu d’abord?

Qui plîra le premier soua ton sceptre d’ivoire?

Quel seuil hospitalier te verra dans ta gloire ,

Au sortir de la mort?

Comme le fils des rois que la douleur enfante ,

Dans un berceau de pourpre, argile triomphante , Naîtras-tu pauvre et nu?

Quelle main ornera la maison de ta mère?

Qui conduira d’abord tes pas à la lisière,

Dieu d’un ciel inconnu?

Ohl quels que soient tou nom, et ta mère, et ton 8gc,

Les mondes égarés poursuivent ton image Dans le ciel entr’ouvert.

Sans toi, sur chaque autel, j’ai vu mourir les roses ;

L’étoile , en s’éveillant, te cherche en toutes choses, Etoile du désert.

Mais plus que le désert, et la fleur, et l’étoile,

Aujourd’hui dans son cœur déchirant chaque voile , Dieu , l’homme a soif de toi.

Arbre déraciné, veux-tu qu’il refleurisse?

Uâte-toi !... sur ses pieds fais pleuvoir ta justice. Sur lui répands ta foi.

uns sibylle.

Mon front qu’hier encore enivrait la jeunesse ,

Cherche aujourd’hui, plus mûr, le joug de la sagesse Et l’éternel flambeau.

De ma couche écartez les folles insomnies ;

Mon espritjs’est assis au chœur des harmonies Sur le seuil du tombeau.

u cnoBcn.

Descends au fond des cœurs, descends, tiède rosée. Dieu , mets un frein d’argent à mon ame apaisée.

Enseigne-moi mes pas.

Au doute tortueux qu’allaite l’Euménide,

Fais succéder l’amour en qui la paix réside ;

Ne t’appartient-il pas?

Descends dans le sillon où tout grain fructifie ,

O paixl ô douce paixl divin froment de vie I Viens germer sous les pleurs.

Parfum de l’infini, toi qui guéris les âmes,

Quand pénétreras-tu, de tes sacrés dictâmes ,

Les vierges et les fleurs?

La nuit se pare en vain de ses torches funèbres ;

O lumière d’en hautl plonge , avec les ténèbres, Dans nos pensera amers.

Tel j’ai vu du soleil l’essieu qui se rallume,

Pour éclairer l’abîme en sa grotte d’écume,

Plonger au fond des mers.

Que les chemins soient purs, et les maisons ornées , Et qu’au-devant du Dieu, de myrte couronnées, Sortent les nations.

A la fin l’bôte arrive; et, souriant au monde,

Il bénit dans les lis , dont son chemin abonde ,

Les générations.

Voici le véritable Promélhéc qui a réglé et marqué par avance l’ordre des temps.

TEBTÜM.IEV.

PERSONNAGES

HÉSIONE

Page 1