‹ Prométhée; poème dramatiqueChapitre 6 sur 19 · LE CHŒUR DES HUMAINS · texte numérisé non relu

LE CHŒUR DES HUMAINS

D'où vient-il, l'enfant de lumière? Qui donc l'a porté sur la terre?

Le fils dun dieu nous est donné!

Gloire au soleil dans l'empyrée El gloire a la vierge sacrée Par qui Tenfant céleste est né!

Salut, salut, ô feu vermeil, Fils brillant du brillant soleil, Ame flamboyante du monde!

Salut ra)OMnante clarté,

O force, vie, activité.

Puissance magique et féconde.

LE CHŒUR

La flamme bondit, elle éclate En ailes d'or et d'écarlate; Elle illumine l'air vermeil.

Le dieu d'or dans le ciel immense Avec le vent divin s'élance Jusqu'à son père, le Soleil !

O flammes ! flammes ! flammes ! flanmies ! Sur vos rouges tisons montez ! brillez ! brûlez ! Qu'un saint enthousiasme embrase aussi nos âmes !

O flammes ! flammes ! flammes ! flammes ! Elevez-les au ciel où vous vous envolez !

6G Promet hée.

LE CHŒUR

O flammes ! flammes ! flammes ! flammes ! Sur vos rouges tisons montez ! brillez ! brûlez !

O flainmes d'or, flammes divines, Vos saintes clartés m'illuminent Et devant mes yeux se déchirent Les ténèbres de l'avenir.

LE CHŒUR

O flammes ! flammes ! flammes ! flammes ! Sur vos rouges tisons montez! brillez! brûlez!

Écoute, ô feu sacré ! Tu seras dans mes mains

Le salut des humains.

Ils ont froid : dans l'hiver tu les réchaufferas.

Ils ont peur : de la nuit tu les délivreras.

Ils sont faibles : sur leur sommeil tu veilleras.

Errants : autour de toi tu les arrêteras.

Et voici que je vois surgir tous tes prodiges.

L'appétit carnassier dans l'homme se corrige.

Nul ne dévore plus les animaux sanglants ;

Le brasier amollit leur chair et purifie

Les féroces instincts qui conservent la vie.

Le feu durcit l'argile et courbe les beaux flancs

De l'amphore, où l'eau claire

Dormira prisonnière.

La flamme dompte aussi le peuple des métaux. Le fer puissant devient l'enclume et le marteau. Glaive ou pointe de flèche, il livre au bras de l'homme Tous les êtres vivants et fonde son royaume. Soc de charrue, il fend ton sein, terre féconde, Et la faux tranchera plus tard la moisson blonde.

Frère du vent, l'ardent cheval

Obéit au frein vda£. métal Et transporte dans un nuage de poussière Son cavalier d'un bout à l'autre de la terre. — Écoute, ô feu sacré, tu seras dans mes mains

Le salut des humains !

Le foyer bienfaisant fixera la famille.

La femme y filera la laine avec ses filles,

Le chasseur et ses fils reviendront chaque soir

Autour de tes tisons domestiques s'asseoir.

Tu brûles sur l'autel de la divinité.

Au pied du temple saint tu groupes la cité :

Mortels, voici la ville immense!

Voici les arts divins qui chantent la Beauté

Et voici les chastes sciences

Qui dévoilent la Vérité.

LE CHŒUR

O flammes ! flammes ! flammes ! flammes ! Sur vos rouges tisons montez 1 brillez ! brûlez ! Qu'un saint enthousiasme embrase aussi les âmes.

O flammes ! flammes ! flammes ! flammes î Élevez-nous au ciel où vous vous envolez !

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