JO
sur 9 Je largeur. Elle s’étend plus à gauche qu’à droite, et forme à gauche une des parois de l'abcès décrit plus haut. Elle est située entre I aoite et la veine cave en arrière, et la deuxième courbure et la troisième portion du duodénum en avant. Elle s’ouvre dans le duodénum à la partie postérieure par une ouverture circulaire de 5 centimètres de diamètre. A 2 millimètres de cette perforation et à droite, on voit 1 orifice des canaux biliaires qui sont remplis de pus. Le pancréas est sain. La tumeur est formée d’une bouillie grisâtre assez dense ; elle laisse écouler une sanie purulente assez abondante.
Emmen histologique. — Sous le champ du microscope nous avons remarqué des globules de pus altérés, en grande quantité, quelques masses de cellules d'enchondrome parfaitement reconnaissables, et enfin des noyaux brillants assez volumineux, que nous avons reconnus pour être des noyaux d’enchondrome privés de leur enveloppe celluleuse par le ramollissement, 1 altération granulo-graisseuse ou la décomposition, du reste il ny avait ni cellules cancéreuses, ni rien qui v ressemblât.
A coup sûr cette tumeur s’était développée dans les ganglions lombaires et presque au niveau du réservoir de Pecquet. Il n’y avait aucune altération soit des vaisseaux situés en arrière, soit de la colonne vertébrale. Tous les ganglions étaient ou hypertrophiés ou purulents.
Le fongus du cordon pèse 300 grammes. Il a plus de 8 centimètres de longueur sur 1 de largeur. Il est placé à l’orifice externe du canal inguinal droit entre la cuisse droite et le testicule gauche. Il s’est développé à l’extrémité des éléments du cordon, mais plutôt sur les vaisseaux que sur le canal déférent qui y adhère moins intimement. La tumeur se laisse déchirer facilement, quoique sa consistance soit plus grande que celle de la tumeur abdominale.
A l’examen microscopique, on y trouve les mêmes éléments que dans la première, avec cette différence que les amas d’enchondrome sont plus fréquents et plus considérables. Les noyaux ramollis dont nous avons parlé plus haut sont encore plus abondants; mais nous ne trouvons pas davantage de cellules cancéreuses. On voit aussi des débris de vaisseaux dont plusieurs très petits ont une forme spiroïde,
ou en vrille fort remarquable. Le tissu fibreux y est abondant et les globules altérés de pus et de sang se rencontrent surtout à la périphérie.
Le canal déférent dans toute sa longueur a échappé à la maladie. Il en est de même de la prostate. La particularité la plus remarquable est la transformation fibreuse de l’artère et de la veine spermatique. Ces deux vaisseaux sont énormes, pleins, blanchâtres à la section, et ressemblent à deux cordons fibreux. Les vaisseaux lymphatiques qu’ils accompagnent sont volumineux et présentent des renflements ganglionnaires ramollis. La maladie s’est donc dans ce cas communiquée par les vaisseaux depuis le testicule jusqu’aux ganglions lombaires. Tous les autres organes ou viscères étaient sains. Faudrait-il expliquer l’intégrité des poumons par l’oblitération des vaisseaux . spermatiques?
î .... I . / « t 9 ît */ . ijrt / fi
II0 Généralisation dans les poumons.
Trois cas :
i° Cas de M. Paget. — Dans cette observation célèbre nous voyons que le malade avait quitté l’hôpital après la guérison de sa plaie ; mais que deux mois après, il était retombé dans un état de grand affaiblissement, d’amaigrissement et de dyspnée. Il mourut assez subitement après que la respiration était devenue toujours de plus en plus pénible.
L’autopsie démontra que les deux poumons étaient remplis de nombreux tubercules cartilagineux mesurant d’une ligne à un pouce et demi de diamètre ; ils pesaient ensemble onze livres et demie. Nous avons vu plus haut la grande corrélation qui existait entre celte tumeur de généralisation et la tumeur testiculaire.
2° Cas de M. le professeur Verneuil. — Le malade
s’amaigrit progressivement, présenta une toux sèche, haletante ; et il arriva lentement à l’asphyxie. Malheureusement l’autopsie ne put être faite.
3° Cas de M . le professeur Richet . — Le malade, à sa sortie de l’hôpital, présentait de la difficulté de la respiration, de h essoufflement pendant la marche, une teinte terreuse : « symptômes, ajoute M. Richet, qui me font redouter que la maladie ne se reproduise dans les viscères. »
Je rappellerai d’un mot que les poumons sont les organes de prédilection des tumeurs de généralisation. D’habitude le volume de ces productions est eu raison inverse du
nombre. Le plus souvent il varie entre celui d’une grosse noix et celui d’un haricot, et la tumeur secondaire ellemême est de la même variété de chondrome que la tumeur primitive.
III. — Enfin nous avons l’observalion de M. le professeur Cruveilhier. dont nous rapportons seulement la seconde partie.
' ''U| !:H .12 V • H’1/;-' • i i ü ?- . * j 1 ^ * r.ijji/,
•; ".<j .ai! .* rt '•<:(• i»l ü a wjtarr ol i ni» .■> o*} >9’;*'
Enchondrome du testicule. Tumeurs secondaires encéphaloïdes développées dans l’épaisseur du corps des vertèbres.
M. Lucas, 27 ans, bonne constitution, opéré d’un sarcocèle par M. P. Dubois il y a dix mois ; guérison rapide. Il y a quatre mois environ, le 10 décembre 1828, douleur vive dans les parois de la poitrine provoquée par un mouvement pour ramasser quelque chose par terre. Depuis cetle époque difficulté plus ou moins grande à lever les bras ; on pense que c’était un rhumatisme ; il va patiner le 18 janvier, fait une chute sur l’épaule gauche, peut très bien se ren -
dre chez lai à pied et dîne d’un grand appétit. Le lendemain l’épaule gauche est douloureuse ; les jouis suivants la douleur s’étend à l’épaule droite, aux aisselles et aux bras ; c’était de l’engourdissement plutôt que de la douleur, il y avait même de longues rémissions, il continue ses travaux de commis marchand, consulte néanmoins un médecin qui lui prescrit des bains de vapeur à la suite desquels la douleur s’empara de toute l’étendue des parois thoraciques.
Le 2 mars dernier. — Huit jours avant son entrée à la Maison Royale, il était encore très bien ; il va se promener aux Tuileries, reste deux heures assis à la petite Provence ; en rentrant il sent que les jambes lui manquent ; il a beaucoup de peine à monter les escaliers, éprouve à la fois de la lassitude et de l’engourdissement dans les extrémités inferieures. Le lendemain l’engourdissement augmente ; il sent le besoin d’uriner et ne peut le satisfaire qu’avec beaucoup de peine ; le troisième jour la paralysie est complète dans les extrémités inférieures, et le malade ne peut plus uriner. Le quatrième jour la paralysie du mouvement et du sentiment avait envahi la totalité des parois abdominales et une partie des parois thoraciques, jusqu’aux mamelles, en sorte que le malade ne vivait que par la tête et les extrémités supérieures.
Voici quel était son état au moment de son entrée : paralysie aussi complète que possible du sentiment et du mouvement de toute la partie du corps qui est au-dessous d’une ligne qui passe par les mamelles. Le chatouillement de la plante des pieds détermine quelquefois de légères secousses dont le malade n’a pas la conscience. Il ne peut ni uriner ni aller à la selle. Du reste l’appétit est excellent, la respiration est libre, mais les fortes inspirations sont arrêtées par le sentiment d’une barre sur la poitrine. Il sue continuellement à la face; il repose très bien à l’aide* d’un calmant ; lorsqu’on le soulevait pour le mettre sur son séant, il éprouvait dans les premiers temps une vive douleur dans les parois du thorax, mais cette douleur ne tarda pas à disparaître.
Cet état fut le même jusqu’à la mort: des moxas appliqués sur la région dorsale ne furent pas sentis, une eschare énorme ne tarda pas à dénuder le sacrum et à s’emparer de la moitié interne des muscles
grands fessiers. Il mourut le 21 avril épuisé probablement par celte énorme perte de substance.
Autopsie. — À l’ouverture, nous avons trouvé la partie inférieure de la moelle cervicale et le commencement de la moelle dorsale comprimés par une tumeur encéphaloïde, qui s’était développée là aux dépens de la septième vertèbre cervicale complètement détruite, delà partie inférieure de la sixième (la substance intervertébrale avait résisté) et des extrémités postérieures des premiers côtés.
Cette tumeur soulevait en avant la partie inférieure des muscles longs du cou et en arrière la partie correspondante des muscles spinaux du côté gauche; une semblable tumeur commençait à se manifester au niveau et aux dépens de la cinquième vertèbre dorsale et de l’extrémité postérieure de la quatrième côte. La moelle épinière comprimée à la fois par la tumeur encéphaloïde et par la sixième vertèbre déplacée, était aplatie, mais non réduite en pulpe : nous n’avons trouvé aucune trace de congestion sanguine dans les divers points de sa longueur. Le cerveau et tous les viscères thoraciques et abdominaux étaient parfaitement sains. La cicatrice du cordon testiculaire n’a présenté rien de particulier ; les ganglions lombaires ne dépassaient pas leur volume naturel.
Inutile d’ajouter qu’on trouve aussi des produits de généralisation dans les autres viscères: dans le foie, comme nous l’avons constaté Obs. I. dans la rate, les reins etc., absolument comme dans le cas de tumeur cancéreuse.
Autrefois, on croyait devoir rapporter tous les cas de généralisation de Lenchondrome aux formes mixtes, et en particulier aux combinaisons avec l’encéphaloïde.
Cependant les formes plus pures donnent aussi lieu à des métastases. Virchow dans son Traité des tumeurs , T. I,
Marion
page 524, rapporte un cas d’enchondrome métastatique
des poumons développé, chez une chienne, consécutive-
ment à un enchondrome pur de la mamelle. Mais sans invoquer cette observation, nous avons celles de MM. James Paget, Verneuil, Dauvé qui le démontrent surabondamment.