‹ Pronostic et du traitement des brûluresChapitre 6 sur 13 · ENT · texte numérisé non relu

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cœur gauche, se coagule dans les artères. C'est in à de dif Fe

ficulté, à l'impossibilité du passage du sang des rameaux aortiques dans les veines correspondantes qu'il faut attri- | buer Ja mort. On comprend les troubles multiples que 6es tromboges accidentelles déterminent et la mort qui en est bientôt le résultat. FE ae -Baraduc appuie surtout sur le genre de brûlures qu'il .

nomme genre phlycténoïde, caractérisé par la présence de .

phlyctènes, c'est-à-dire du deuxième et du troisième degré. La sérosité qui les remplit, soustraite au sang, le rendrait, par suite, moins fluide, déterminerait ces congestions nombreuses des organes encéphaliques “et thoraciques qui con-. stituent les lésions essentielles. de la première période. À l'appui de son assertion, l’autenr ajoute deux autopsies faites par lui; la première est celle d’une femme morte sept heures après l'accident: elle portait sur le corps des brûlures du deuxième et du troisième degré. A l’ouverture du cadavre, tous les organes présentaient un état de sécheresse particulier. Le cœur présentait un caractère non signalé. Les cavités droites étaient vides, point de sang noir coagulé. Le ventricule droit contenait seulement une petite- quantité de liquide séro-sanguinolent et un tout petit caillot fibrineux mou et décoloré; en un mot, l'aspect des deux cavités droites représentait, en tout point, l’état dans lequel on trouve les cavités gauches. Celles-ci étaient, au contraire, chargées d’un sang noir, épais, coagulé, non fibrineux, et présentant parfaitement l’aspect. et la consistance d’une gelée de groseille trop cuite et d’une couleur d’un brun foncé légèrement gélatineux. Chez un sujet ayant succombé 28 heures après des brûlures étendues, Baraduc retrouve les altérations décrites dans l’autopsie précédente, mais le sang gélatiniforme, d’an brun marron, avait moins de densité que dans le cas précédent. L'auteur attribue cette diminution

de densité du sang à ce que le sujet à vécu plus longtemps, que ce liquide a eu, par suite, le temps ‘de recouvrer une partie de son sérum.

Une lésion qui avait échappé aux recherches de Dupuytrew et qui a été rencontrée 16 fois dans 125 autopsies de sujets atteints de brûlures est l’ulcération du duodénum. Culling, qui le premier a signalé cette lésion, en donnait une explication mécanique assez analogue à la théorie de Baraduc. Pour lui, en effet, le duodénum voyait les glandes de Brünner soumises à un surcroît de sécrétion pour compenser la perte de sérosité due à la brûlure. On comprend toutes les conséquences de ces ulcérations: péritonite par perforation, hémorrhagies. mortelles.

Hebra affirme que la mort est due à un empoisonnement du sang par les produits ammoniacaux et carboniques de la combustion des matières animales. De cette théorie, Hebra conclut naturellement à la nécessité de la transfusion.

Ponfik a décrit une véritable destruction des globules qui, par leur stase, provoqueraient des embolies capillaires, des infarctus, surtout dans les reins. Ce serait même une hypoglobulie extrême qui déterminerait ces morts soudaines et inexpliquées, si fréquentes après les brûlures. A côté de cette opinion, on peut citer celle de Vulpian: «Je crois, dit cet auteur, que l’ébranlement violent, le choc des centres nerveux déterminé par la brûlure joue le principal rôle dans le cas dont il s’agit. Mais je ne serais pas éloigné de croire que, sous l'influence de la brûlure, le sang qui n’est pas coagulé immédiatement subit des modifications telles qu’il peut devenir un agent toxique; ramené dans la circulation générale, il peut agir comme tel sur le système nerveux central et sur la substance organisée des autres parties du corps et trouble ainsi plus ou moins profondément, soit directement, soit par l'intermédiaire des centres nerveux,

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les actes physico-chimiques qui s’opèrent dans cette substance et qui donnent naissance à la chaleur animale.» E

Follin pense que les accidents mortels sont laconséquence des congestions sanguines internes produites par un arrêt subit dans les vaisseaux superficiels. On trouve, en effet, chez les individus qui ont succombé rapidement à la suite de brûlures très étendues, une congestion des organes encéphaliques, digestifs et respiratoires. Cette congestion peut aller assez loin pour que l’on puisse trouver dans la plèvre, sous le péricarde, de vastes ecchymoses. Quand il s’agit de vastes, brûlures, il est facile de s'expliquer cét afflux sanguin vers les parties profondes. Un grand département capillaire vient d’être soustrait à la circulation, le sang doit chercher: place ailleurs, si l’on peut s'exprimer ainsi. Mais on peut observer tous ces phénomènes congestifs même pour des brûlures relativement limitées en surface: on est obligé

d'inyoquer alors une action réflexe sur les capillaires viscé-

raux. Comme résultat de cette sympathie entre la surface tégumentaire et les organes pulmonaires, on a observé très souvent à l’autopsie d'enfants morts à la suite de brûlures, des bronchites, des pneumonies ou des broncho-pneumonies ayant déterminé la mort. Quant à l’ordre chronologique, suivant lequel apparaissent ces diverses congestions viscérales, Gerdy remarquait déjà que, à la suite des brûlures étendues, on peut mourir pendant la première semaine par le fait du cerveau, dans la semaine suivante par le fait du poumon et qu’enfin, depuis la troisième semaine jusqu’au cinquantième jour environ, on était exposé aux accidents de la gastro-entérite. | En outre, les brûlés succombent quelquefois rapidement au moment où leur état semblait le meilleur, alors que la cicatrisation marchait rapidement. Delpech, qui avait observé plusieurs faits semblables, pensait que la mort devait être

attribuée à une perturbation des fonctions de la peau. Cette “explication ne nous semble pas suffisante ; il est probable que des embolies se forment à la suite de l’altération du sang. On comprend alors la rapidité de la mort. D’ailleurs, il en est de ces issues, sans explication plausible même à l’autopsie, comme des morts subites que l’on observe à la suite des divers traumatismes. ‘

Une discussion approfondie sur la valeur de chacune de ces diverses théories nous entraînerait dans des détails trop longs. Du reste, dans la plupart des cas de mort rapide, les diverses causes que. nous avons passées en revue peuvent être invoquées : épuisement, ébranlement nerveux, suspension des fonctions de la peau, congestion des organes internes, altérations du sang. Ces diverses causes agissent généralement non pas isolément, mais tontes ensemble, en se prêtant un mutuel et fâcheux concours, suivant l’expression de Legouest.

Si on laisse de côté les brûlures des organes internes, larynx, bronches dont les lésions profondes suffisent à expliquer la rapidité foudroyante de la mort, on peut conclure que toutes les théories que nous venons d’exposer font connaître seulement quelques facteurs du problème, que, si toute l’explication physiologique du mécanisme de la mort n’a pas encore été donnée, il faut toutefois s’attacher aux données principales pour arriver aux conclusions pratiques; c’est ce que nous nous efforcerons de faire dans le chapitre suivant.

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