‹ Pronostic et du traitement des brûluresChapitre 8 sur 13 · DD RE · texte numérisé non relu

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exemples de personnes ne pouvant supporter l’impression

du froid sous quelque forme que ce soit, et entrant en convulsions lorsqu'elles touchent onu boivent de l’eau à une basse température.

Sanson (article Eau du dictionnaire en 15 volumes) parle

d’une femme qui, affectée d’une brûlure superficielle, fut prise de tétanos peu de temps après l'emploi des irrigations froides. Pour terminer cette énumération des divers modes d'application du froid, nous citerons l'emploi de l’eau alcoolisée,-de l’éther et de tous lesliquides volatils qui absorbent, pour se réduire-en vapeur, une grande quantité de calorique à la partie malade.

b. Les bains tièdes.— Le traitement de la brûlure par l’élévation de la température.est un moyen si naturel qu'il n’est point surprenant de le voir fréquemment mis en usage dâns la médecine populaire. Est-il besoin de rappeler le procédé vulgaire de l’exposition des brûlures aux rayons d’un foyer ardent? Ce moyen réussit très bien lorsque les lésions ne sont que du premier ou du deuxième degré ; mais lorsque le derme est en partie ou en totalité détruit, l’emploi du calorique serait plus nuisible qu'utile.

Un médecin de Vienne, Hebra, a préconisé le bain entier, prolongé pendant huit à dix heures en moyenne contre les brûlures, l’eau étant maintenue à une température qui pent varier entre 35 et 38°. Lie bain est pris dans une sorte de baignoire-lit, où les malades peuvent dormir, lire, travailler, satisfaire leurs besoins naturels, etc., à l’aide d’un mécanisme qui leur permet d'exécuter dans le bain tous les mouvements et d’y prendre toutes les attitudes possibles.

L'observation V nous permettra de constater les effets sédatifs du bain tiède.

ep

c. Les astringents.— Au temps où régnait la théorie des idées humorales, la premièré indication qu'on se proposait | en présence d’une brûlure était de s’opposer à l’aborddes

humeurs, d’où aurait résulté un engorgement plus ou moins grand de la région affectée. Dans ce but, on employait la série des répercussifs et des astringents. Au premier rang venait l’eau de Goulard ou solution d'extrait ‘de saturne

qu’on employait soit en y plongeant la partie brûlée, soit en

enveloppant celle-ci de compresses imbibées du liquide. Pour remplir la même indication, on se servait aussi du cérat de Galien, mélange de cire, d'huile et d’opium que lon appliquait sur des plumasseaux de charpie. Si de telles préparations et d’autres analogues ont le mérite d’être au moins anodines, on ne peut en dire autant pour d’autres, telles queles solutions de sulfate de fer, d’alun, l'encre, la saumure, les terres ferrugineuses arrosées avec du vinaigre, l’ammoniaque affaiblie. De tels topiques que l’on recommandait pour les divers degrés de la brûlure devaient, lorsque l’épiderme

était enlevé, impressionner désagréablement les papilles ner- :

veuses mises à nu. Nous avons cité l’encre comme topique dans le pansement des brûlures: il est bien entendu que c’est de l’encre noire (le tannate de fer) qu’il s’agit et non pas de l’encre rouge, faite avec la fuschine, car l’absorption de cette drogne sur de larges surfaces écorchées suffirait pour empoisonner, en dehors des accidents de ia brûlure; c'est ainsi que le D' C. Barbier a relaté (Union médicale 1883) un cas de mort survenu une heureenviron après l'application d’encre rouge sur de vastes surfaces dépouillées de leur épiderme.

Lisfranc employait les chlorures d’oxydes de sodium ou de calcium comme astringents et sédatifs. [ls empêchaient l'inflammation d'augmenter et, par leur emploi, on évitait la

A me FA — 97 — >

one sur 'ensén ble des fonctions et surtout sur le canal intestinal, où elles auraient pu produire des effets funestes. «Lorsqu'il existe, dit Lisfranc (mémoire sur les chlorures d’oxydés de calcium ou desodium), une solution de con- tinuité sans eschare, les chlorures possèdent è à un degré très éminent la MH de donner lieu à une exsudation plastique, qui s’ organise immédiatement à la manière de fausses membranes ; ce nouveau tissu se développe ordinairement de la circonférence an centre, et ferme en peu de temps la solution de continuité, comme si l’on y avait placé un lambeau convenable pris sur les parties environnantes,»

d. Les topiques protecteurs. — Parmi les moyens qui agissent plus spécialement comme une enveloppe protectrice excluant Pair atmosphérique qui est toujours irritant pour la peau ulcérée et excoriée, il faut citer en première ligne la ouate ou coton cardé. Ce moyen, très anciennement connu, a été expérimenté d’une façon suivie et remis en honneur par le D' Anderson, de Glascow. On lemploie pour les brûlures à tous les degrés et presque toujours on en obtient un soulagement plus ou moins prompt; les premiers phénomènes de douleur, d’irritation, d’excitation sont effieacement combattus, et l’état général ressent une influence heureuse de l’apaisement des accidents locaux. Il ne faut pas croire cependant que ces avantages puissent faire du coton mne panacée, ainsi que l’espérait et le prétendait quelquefois Anderson. Cet auteur faisait carder le coton en couches assez minces pour être transparentes. Il évacuait la sérosité des phlyctènes, lavait lés parties avec de leau tiède, puis il appliquait le coton par couches superposées ; on remplaçait les conches à mesure qu'elles étaient souillées par la suppuration. Il est recommandé de faire les pansements avec douceur et rapidité, afin d’éviter les douleurs et le contact de l'air.

Un moyen que l’on voit employé généralement avec succès en Angleterre, dans les usines à fer, est un mélange à. parties égales d'huile d'olives et d’eau de chaux battues ensemble et étendues sur la brûlure par les forgerons, qui le connaissent sous le nom d'huile de Caron. Cette espèce d’onguent fait cicatriser assez promptement les plus graves brûlures. Les ouvriers paraissent d’ailleurs attacher une grande confiance à ce remède, qui est placé dans les ateliers à la disposition de tous ceux qui sont exposés aux brûlures, si fréquentes dans ces usines.

M. Payan, d'Aix, a proposé Diet simultané du liniment calcaire et du coton, dans le but de combattre les douleurs aiguës et les accidents fébriles qui accompagnent les brûlures, surtout chez les enfants. Nous avons cité les avantages du coton cardé dans le pansement des brûlures, mais on sait que le contact immédiat de cette substance avec les surfaces brûlées détermine une certaine irritation, qu’il serait très utile d'éviter, surtout éhez les enfants. C’est pour obvier à cet inconvénient que M. Payan à conseillé d’appliquer un corps gras entre le coton et la partie brûlée. Le liniment dont il se sert en pareil cas est ainsi composé:

Huile d'amandes douces..... 1 partie.

Pau déchaux? ae PRE ed l

On commence par appliquer ce topique avec les barbes d’une plume sur toutes les surfaces brûlées ; après quoi, on reconvre ces mêmes parties d’une couche épaisse de coton cardé fin. Des compresses fines et quelques tours de bande complètent le pansement. En se conformant à ce mode de préparation, on n'obtient qu'une très faible proportion du vrai liniment épais et nageant dans beaucoup d’eau de chaux. Pour que les substances produisent le magma de consistance

Le #— de cérat, il faut, comme nous l'avons dit, les employer en proportions égales.

Employé dans ces, conditions et simultanément avec la. ouate, le liniment oléo-calcaire peut rendre de grands services, surtout dans le traitement des brûlures des deuxième et-troisième degrés; mais à la condition, toutefois, que l’on ait fait bouillir préalablement l’huile, comme nous le verrons plus loin. Est-ce à dire qu’un tel pansement doive être re- gardé comme une panacée universelle et ne présente aucun inconvénient ? Loin de là, nombreux sont les reproches qu’on peut lui adresser; un certain temps après l’application du liniment calcaire, le blessé répand une mauvaise odeur caractéristique; en outre, les vêtements et la literie sont exposés à être couverts de taches graisseuses. Une objection plus sérieuse que l’on peut adresser à la préparation qui nous occupe, comme à toutes les pommades, est celle-ci : la chaleur fond les graisses et les huiles qui disparaissent, le pansement durcit, se colle autour de la zone enflammée et le malade souffre beaucoup quand il s’agit de l’enlever. Plus spécieux peut-être est le reproche qu'on a fait au liniment oléo-calcaire lorsqu'on l’a accusé de provoquer la suppuration. | |

Dans le pansement tel que le préconisait M. Payan, d’Aïx, on peut remplacer la ouate par la baudruche; le pansement est moins douloureux, plus facile et aussi plus économique ; Car il suffit, pour conserver la baudruche, de la laver à l’eau froide, à chaque pansement, êt la même peut servir enduite de liniment oléo-calcaire pendant cinq à six semaines.

Comme succédanés du liniment oléo-calcaire, on peut employer les glycérés soit à la chaux, soit au bismuth. Le glycérolé de bismuth, en particulier, paraît présenter des avantages sur le liniment calcaire. Les pièces de, pansement recouvertes de cette substance se détachent d’elles-mêmes,

ment. En Dre grâce aux A ue de la glycérine, on évite la dessiccation des HE et Pinfammation qui en est la conséquence.

Le collodion a été employé par Valette dans deux cas de brûlures aux deuxième et troisième degrés. Valette fit avee le pinceau une première application de collodion, qui fut suivie d’un soulagement immédiat. Une seconde couche fut appliquée au bout de quelques jours, la première s'étant écaillée et fendue en plusieurs endroits. Dans ces deux cas, la guérison fut obtenue dans un très court espace de temps, sans que l’évolution de la maladie ait amené la moindre réaction fébrile. On peut, dans le même but, employer avec avantage le collodion riciné, dans les proportions d’une partie d'huile pour deux de collodion. Le collodion préserve les parties brûlées du contact de l'air, sans les dérober à la vue etson odeur mitige les émanations désagréables des brûlures ; il calme enfin les douleurs en quelques instants. |

Parmi les substances employées pour soustraire les bràlures au contact de l’air, il faut encore citer les bandelettes de diachylon, les toiles d’araignée employées par le vulgaire et toutes les poudres inertes qui, étalées à la surface de la peau brûlée, doivent jouer le rôle d’un nouvel épiderme. Telles sont les poudres de riz, de lycopode, de farine, d’amidon et de bismuth. Cette dernière peut n’être pas complètement inoffensive, s’il s’agit de brûlures étendues. Le sousnitrate de bismuth, en effet, qui. est ingéré impunément par Ja voie stomacale, même à des doses considérables, peut, s’il est absorbé par la surface d’une plaie, occasionner des accidents toxiques aigus, imputables au bismuth lui-même. Cette absorption est due à la présence des matières albuminoïdes,

# es 51 à ; favorisant de solubilité de l’oxyde Hiiie, dnoiqhe lente, elle. entraîne lPintoxication, parce qu’elle est continue.

Pour clore cette énumération des nosens protecteurs, nous devons citer l’huile. Ce liquidese tronve à la portée de tout le monde. À bord, dans le cas de grande catastrophe, on peut utiliser l’huile destinée à la machine. Lors de l’explosion du Comte-d’Eu, à laquelle nous avons fait allusion au début de cette étude, le chirurgien-major, le Dr Moras, eut l’idée de réunir tous les draps fins des lits qu'il plongea dans une des caisses d'huile de la machine et procéda à un véritable ensevelissement pour les malheureux qui purent ainsi être transportés jusqu’à l’hospice civildu Havre, où dessoins plus réguliers pouvaient leur être donnés.

e. Les topiques anesthésiques. — Au cours de cette étude, nous avons déjà cité l’eau froide, l’eau alcoolisée, l’éther, tous liquides qui agissent en soustrayant à la partie brûlée un certain nombre de calories pour se réduire en vapeur. Il nous reste à mentionner deux substances qui ont une action élective sur les papilles nerveuses: la cocaïne et le chloral.

Le chlorhydrate de cocaïne, employé depuis quelques années dans le pansement des vésicatoires, était tout naturellement indiqué pour le traitement d’une lésion analogue à la brûlure; aussi, voit-on l’action anesthésiante de cette substance sur la couche muqueuse de Ja peau mise à profit dans üne foule de préparations préconisées ie le pansement des brûlures.

Le chloral, joint à une action antiseptique, manifeste des propriétés anesthésiques dont on peut tirer un utile parti dans le pansement des brûlures. Liebreich regardait l’action anesthésique locale de l’hydrate de chloral eomme nulle ou au moins douteuse. Telle n’est pas l’opinion de la plupart des auteurs qui ont observé à la suite de l'emploi de cette subs-

Fous 32 mr: ; HR

tance, dans le pansement des plaies douloureuses, une diminution de la souffrance locale, sans que la sensibilité générale ait été touchée; il faut donc ue l'effet anesthésique ait lieu au point d'application. |

Ce n’est point ici le lieu de due la question de savoir si, au contact des liquides alcalins des plaies, le chloral peut se transformer en chloroforme et agir sous cette dernière forme, ou bien s’il agit en tant que chloral. Il nous suffira de constater l’action anesthésique locale d’une substance, dont

l’emploi à la surface des plaies est d’une innocuité à peu près

absolue. |

M. Grisolle, médecin de 1° classe de la Marine, à l’obligeance duquel nous devons les deux observations qui suivent, utilise depuis longtemps, dans le pansement des brûlures, les propriétés antiseptiques et anesthésiques de l'hydrate de chloral; dans tous les cas observés, les bons effets de ce topique ont répondu à son attente. M. Grisolle trouve d’une application commode une solution d’hydrate de, choral au ‘/,,,, dont il imbibe de grandes pièces de linge qu’il recouvre ensuite de gutta-percha laminée ou de toile cirée. Le chloral se trouve en quantité suffisante à bord pour qu’on puisse avoir à sa disposition de grandes quantités de liquide chloralé, si on à affaire à des brûlures étendues. On ne renouvelle le pansement que quand l’odeur de la suppu= ration devient désagréable ; dans le cas contraire, on se con tente d’arroser largement avec la solution déjà employée.

Observation I.

Le 13 février 1887, à bord du paquebot affrété Le Comorin, T... Yves, novice, employé aux cuisines, tombe dans une baille d’eau bouillante, prête pour le lavage des assiettes.

je | Oo | : Brûlures étendues du siège, des organes génitaux, des membres inférieurs. Dans quelques plaies des cuisses, la brûlure est au troisième degré; ailleurs, mélange du premier et du deuxième degré. Douleurs très vives, le jeune brûlé joignant ‘à son tempérament nerveux une anémie assez prononcée. Pansement au chloral. A l’intérieur, potion avec 3 grammes de chloral.

Le renouvellement du pansement se fait d’une façon simple. Pas de congestion interne. Suppuration peu abondante qui se tarit au bout de huit à dix jours. La cicatrisation se fait normalement.

Observation IT. :

En juin 1887, à Toulon, après une explosion d'un compteur à gaz, deux garçons de café sont brûlés, par le gaz incandescent, à la face et aux mains. Brûlures du deuxièine et du troisième degré. Pansement au chloral, soulagement immédiat. La guérison se produisit rapidement.

Si les brûlures sont superficielles, calmer la douleur constitue la seule indication, et nous venons de voir par quelle série de moyens on peut la remplir. Si les lésions sont plus profondes, s’il existe des eschares, on devra chercher à atténuer l’inflammation et à favoriser la chute des lambeaux sphacélés Dans ce but, on aura recours aux pansements humides et surtout aux bains tièdes prolongés; les observations IV et VT nous montreront, en effet, avec quelle facilité lesplaies se détergent dans le bain, qui répond, en outre, à l'indication de combattre le refroidissement si fréquent chez les grands brûlés. Mais, dès que le derme est détruit, l’indication qui prime toutes les autres est l’antisepsie; nous verrons dans le chapitre suivant comment on s’est efforcé d'y

— 54 — | one Toutefois, nous dirons auparavant quelques mots de deux indications spéciales aux brûlures d’une certaine profondeur : la surveillance de la cicatrisation et l’ amputation. À

Éviter les cicatrices difformes est souvent une tâche audessus de nos efforts. Pour combattre cette puissance rétractile des tissus nouveaux, on cherchera à empêcher le rapprochement des parties frappées par le calorique. De tout temps, on a employé divers moyens mécaniques, tels que bandages, attelles, emplâtres adhésifs,ete. S'ils’agit des doigts,

on fixe la main sur une palette. échancrée en forme de gant; si la brûlure porte spécialement sur la région des muscles extenseurs, on tient le membre fléchi; dans le cas contraire, on le ramène dans l'extension. Si des ouvertures naturelles, comme la bouche, l'ouverture des paupières, etc., se trouvaient compromises, il faudrait introduire entre leurs bords des tentes de charpie, des sondes, des morceaux d'ivoire ou d'autres cos étrangers qu’on maintiendrait dans cette .position jusqu'à la cicatrisation complète. Malgré les précau- : tions les mieux entendues, il peut.se faire que la réparation devienne impossible, par suite de l’étendue de la plaie, les tissus voisins et sous-jacents étant dans l’impossibilité de faire par eux seuls les frais de la cicatrisation. Abandonner ces plaies au processus naturel de bourgeonnement et d’épidermisation, ce serait s’exposer à voirse produire.des difforanités incurables, avec abolition partielle ou totale des fonctions d’un membre et parfois la perte du membre lui-même. Dans ces cas, on aura recours aux greffes épidermiques ;:on trouvera plus particulièrement de précieuses ressources dans la greffe suivant la méthode italienne,que M. Poncet, de Lyon, appelle greffe cutanée par approche avec pédicule. En citant cette méthode chirurgicale en quelque sorte nouvelle, nous n'avons pu résister au désir de relater l'observation sui-

ee 38 — vante, prise dans le service de M, Fontan, professeur à - l’École de médecine navale de Toulon, Ro. -nous encou-

Re FA rir le e reproche de sortir des Droits de notre sujet.

M... Joseph, 24 ans, soldat infirmier, setrouvait.en colonne sur les frontières de Chine; et, le 5 février 1887, voulant

sauver des fusils restés dans une paillotte incendiée qui - servait d’infirmerie, tomba au milieu des flammes, le toit de la paillotte s'étant effondré sur lui. Ilenest résulté de vastes brûlures aux troisième et quatrième degrés de la face dorsale des deux mains et des avant-bras, ainsi que du cuir chevelu, de la face et du cou. Renvoyé en France, il entre à l'hôpital Saint-Mandrier le 30 avril 1887. On lui pratique, le 10 mai, six FRA épidermiques sur le dos de la main gauche et cinq à la droite.

Le résultat de cet essai ne fut pas très satisfaisant.

Le 31 mai, érysipèle du cuir chevelu ; cette complication - dure jusqu’au 8 juin. C’est à cette époque que M. Fontan le vit pour la première fois. À ce moment, il existe encore des plaies peu considérables au front et sur la région temporale droite. Aux mains, les pertes de substance sont très étendues. Elles occupent la surface dorsale totale des deux mains, depuis la racine des doigts jusqu’au poignet.

A gauche, la surface bourgeonnante est haute de 11 centimètres, intéressant la partie inférieure de l’avant-bras. De plus, elle s’étend sur la face dorsale et externe du pouce. Cette surface est saillante, bourgeonnante, d’assez bon aspect, mais encadrée d’une cicatrice ligneuse, blanche, plate et lisse qui recouvre une large zone de l’avant-bras et de la face dorsale des doigts. Ceux-ci, tant à droite qu’à

Observation IL. Fa

Ron | gauche, sont maintenus en état d'extension permanente par des brides cicatricielles dorsales. L'aspect actuel n’a pas varié depuis plusieurs semaines.

Le 30 juin, M. Fontan pratique l’autoplastie de la face dorsale dela main gauche, au moyen d’un lambeau pédiculé pris à la région thoracique droite. Le malade est chloroformisé. 0e

1 temps: Avivement de la surface à autoplastier par excision des bourgeons charnus avec les ciseaux et par grattage avec la curette de Volkmann. On excise aussi le rebord de la cicatrice sur une largeur de quelques millimètres. Le.

. lambeau destiné à être greffé est pris sur la région thoracique latérale droite, au-dessous du mamelon, de façon que le coude gauche, une fois ramené contrele corps et l’avantbras, maintenu dans la flexion, ce lambeau détaché par la partie inférieure vienne s'appliquer exactement sur la main. . Le lambeau mesure une longueur de 10 centim., une largeur de 7 centim. La peau et la couche graissense sousjacente sont séparées par dissection de l’aponévrose et des muscles. Le

Cette dissection est opérée de bas en haut, de façon à avoir un pédicule supérieur. ‘

2e temps : Le lambeau est relevé en haut et couvert d’un coton antiseptique. On pratique quatre incisions horizontales et parallèles d’environ 4 centim. aux quatre coins de la plaie, afin d’avoir des lambeaux à tiroir. Les lambeaux sont disséqués, rapprochés sans difficulté et maintenus en contact par plusieurs points de suture au fil de soie. La lèvre supérieure seule’ n'est point suturée à cause du pédicule de la greffe. Un pansement antiseptique est immédiatement placé sur la plaie thoracique et iaintenu par un bandage de corps ouaté et couvert de gutta-percha.

3° temps: Le bras et la main sont alors mis dans la po-

ME ven

sition convenable et le lambeau vient s'appliquer sur la plaie

un panicule graisseux un peu épais; six à huit points de suture avec des fils de soie antiseptique maintiennent les deux surfaces dans une coaptation parfaite. Pansement antiseptique au bichlorure. Pour maintenir le bras dans une immobilité absolue, on applique un bandage contenant à la fois le thorax et l’avant-bras.

Pas de fièvre, Après les souffrances du premier jour, suite de l’opération, le malade n’a plus éprouvé d’autre gêne que celle que provoquait le pansement et la position des parties.

Le huitième jour après l’opération, on sectionnait le pédicule; le 25 juillet, il n’existe plus qu’une petite plaie en regard du petit doigt; le 15 août, la plaie du thorax est complètement cicatrisée. Celle de la main opérée l’est aussi ; le malade est enchanté du résultat qui a permis la guérison et rendu la mobilité aux doigts. La flexion des doigts est encore limitée, mais les mouvements d’opposition du pouce peuvent s'effectuer.

A la main droite, non opérée, la guérison marche assez bien, moins rapidement; l'extension exagérée des doigts de cette main s’accentue de jour en jour. En somme, la comparaison des deux maïins,tant au point de vue de la rapidité de la guérison que du résultat fonctionnel, est tout à fait en faveur de l’opération autoplastique.

Dans le traitement des brûlures des cinquième et sixième degrés, la question d’amputation se pose très souvent. Il n’est nullement nécessaire de se hâter ; il fant, comme on dit, laisser à la nature le soin de faire la part du feu.

«M. À. Desprès (chirurgie journalière des hôpitaux) ne

croit pas devoir recourir à une opération anticipée, comme le font encore aujourd’hui un grand nombre de praticiens.

avivée de la main.Cetteapplication est assez exacte, malgré.

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