‹ Pronostic et du traitement des brûluresChapitre 9 sur 13 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Pansements antiseptiques.

L'influence de l'air dans le traitement des brûlures a été

de tout temps constatée et nous l’avons vue donner naissance

à une foule de pansements dits protecteurs; mais cette

question n’a vraiment passé du domaine de l’art dans celui

de la science que le jour où M. Pasteur appela l’attention sur le rôle des ferments. L’emploi de l'acide phénique, du coaltar, de l’alcool et des alçoolats découlent des travaux de l'éminent expérimentateur. Cependant, bien avant les dé-

couvertes de Pasteur, des substances antiseptiques étaient

employées sans qu’on se rendit compte de leurs véritables propriétés, c’est ainsi que, vers 1844, Thomas de la Rue préconisait l’emploi de la glycérine dans le traitement des brûlures. En 1859, l’attention était attirée sur le mélange désinfectant de Corne et Demeaux (coaltar et plâtre). Quelques années plus tard, M. Beau, médecin en chef de la Marine, innovait dans son ‘service le pansement à la teinture de coaltar à la saponine; un tel pansement appliqué au traitement des brûlures apportait un soulagement immédiat chez le blessé.

Mais aucun pansement ne peut avoir la prétention d’être utilisable partout et toujours, tel procédé excellent dans un cas peut être détestable dans l’autre, et récinroquement. Aussi, la méthode antiseptique, engendrée par la doctrine septicémique, comprend-elle une infinité de moyens très différents en apparence, mais concourant au même but.

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— 40 — | C'est ainsi qu’en modifiant légèrement le liniment oléocalcaire, en faisant bouillir préalablement l’huile, en y ajoutant quelques grammes d’acide phénique ou borique, on

pourra avoir un topique antiseptique. De même les cata-

plasmes de farines de lin, de fécules pourront être conservés, à la condition que l’eau qui servira à les confectionner ait préalablement bouilli ou ait été additionnée de quelque substance antiseptique.

Cette impossibilité de repousser un pansement et d’en recommander un autre, cette nécessité de faire de l’éclectisme nous amène à passer rapidement en revue les divers topiques antiseptiques au point de vue des avantages et des inconvénients que peut présenter leur application au traitement des brûlures.

Alcool,

Le pansement à l’alcool a été un très grand progrès, mais son règne est fini, dit Verneuil, et on ne peut avoir peur lui que la reconnaissance due à un respectable vieillard. Employé à 90°, il provoque des douleurs excessives; à 45°, les douleurs durent encore une partie de la journée et, si on amoindrit la dose, l’efficacité devient minime ; de plus, l'alcool se volatilise, il perd rapidement ses propriétés antiseptiques. Aucune comparaison ne saurait être établie à cet égard avec l’acide phénique, dont l’action est beaucoup plus durable. Cependant, grâce à sa volatilisation elle-même, on peut l'utiliser, avons-nous vu, comme réfrigérant; en outre, ses propriétés toniques en font un bon topique pour les brèlures de la face.

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Her todofurme. |

à Abphiqné : pour ous nid. #6 aux pansements 5 e Righini (d'Oleggio), en 1853, l’iodoforme fut d’un usage

relativement restreint jusqu ’en 1880, où Mosetig-Moorhof x: = tenditpar ses travaux à placer ce corps au premier rang des

substances antiseptiques. Ce même ‘auteur, quoique le promoteur et le plus ardent défenseur du pansement à l’iodo- forme, a, le premier, insisté sur le danger qui pouvait résulter … de l’emploide doses trop élevées de ce médicament. Toutefois, dans la production de V’intoxication ‘par l’iodoforme, une

grande part paraît revenir au blessé, chez lequel on en fait usage. Il résulte, en effet, des conclusions générales des auteurs que, si l'influence du sexe estnulle, 1 pe en revanche, a une influence très manifeste. FREE :

Les enfants sont rarement atteints par dos tone chez les vieillards, au contraire, les accidents sont fréquents etsont dus très probablement à l'irritation que -produit le médicament en s’éliminant sur des reins dont le fonctionnement est déjà plus ou moins troublé. |

Nous avons pu constater les bons effets de l’iodoforme employé au pansement de nombreuses brûlures, dans les hôpitaux de la Marine, sous forme de pulvérisations sur les plaies ou de tarlatane iodoformée. Toutefois, en cet état, l’iodoforme est irritant; aussi, préfèrerions-nous. le voir incorporé à la vaseline ; c’est sous cette forme de pommade que nous l’avons vu appliqué au pansement des brûlures à à la Lens chirurgicale de Montpellier.

Solutions mercurielles.

Grâce aux travaux de Petit, aux recherches de Davaine,

de Chauveau et de Koch sur la stérilisation des ferments et des virus, le sublimé a été introduit récemment dans le pansement des plaies. Employé tout d’abord dans la pratique

obstétricale par Tarnier, il fut bientôt appliqué au pansement

des plaies en général et un grand nombre d’auteurs le regardèrent comme l’antiseptique par excellence, à cause de ses propriétés efficaces, la modicité pe. prix des solutions et absence complète d’odeur.

Mais on ne tarda pas à citer des cas asseznombreux, suivis même quelquefois d’une terminaison mortelle, que l’on mit sur le compte du sublimé. Dans ces cas, on trouva le plus souvent, à l’autopsie, des lésions rénales qui paraissent être une des eonditions nécessaires à l’intoxication (1).

L’âge ne paraît avoir aucune influence, non plus que le sexe, sur le développement des accidents. Une des circonstances les plus adjuvantes serait, d’après la plupart des observateurs, l'état de débilité du blessé, la cachexie, la misère physiologique en un mot. Peu importe, d’ailleurs, l’étendue.

de l'application du topique, pourvu que ce ne soit pas une

plaie cavitaire, anfractueuse, où les solutions mercurielles seraient retenues.

On peut substituer au sublimé un antiseptique plus puissant encore, agissant à des doses plus faibles : le biiodure de mercure quenous avons vu employer, d’une manière pratique et suivie à l'hôpital maritime de Toulon, par M. Bérenger- Féraud, directeur du service de santé. Dans les divers cas

(1) «Les maladies des reins, a dit Bouchard, rendent toxiques les médicaments actifs administrés mème à faible dose.»

| dé brûlure que-nous avons vus ainsi panser avec des com-

presses fines trempées dans une solution soit à 1 p. 1000 de sublimé, soit 0,50 p. 1000 de biïodure de mercure, nous

n'avons jamais observé le moindre symptôme de l’intoxication mercurielle, ce danger qui à fait reculer pendant de

longues années des chirurgiens renommés devant l’application des mercuriaux. Nous citerons ici une observation de brûlure traitée concurremment par les bains prolongés et l'application de solutions de biiodure de mercure, observation prise dans le service de M. Bérenger-Féraud.

Observation IV.

M... Eugène, 22 ans, artificier de la marine, était occupé, le 27 avril 1888, à travailler dans l’arsenal de pyrotechnie, lorsqu'un tube à mélinite fit explosion. Il en résulta de graves brûlures siégeant aux deux membres supérieurs et à la partie supérieure du thorax. Les lésions sont par endroits au troisième degré, ailleurs déuxième degré; les régions cervicales latérales et nne partie de la face sont en outre le siège d’un érythème assez marqué.

À l’arrivée du blessé à l’hôpital, on prescrit un bain tiède d’une demi-heure, puis on applique sur la face et le cou un pansement alcoolisé. Le thorax et les membres supérieurs sont enveloppés de compresses imbibées de solutions de biiodure de mercure, gutta-percha et ouate.

28 avril : |

Nuit mauvaise, douleurs intenses au niveau des bras. Pas de fièvre. |

Nouveau bain, on applique le même pansement:

30 avril :

Le malade, qui présentait de l’agitation pendant ces der-

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