DÉBUTS DU XTX*^ SIECLE DAVY. — BARLOW. ^ BECQUEREL
11. — A peino (lErstcdl avait-il découvert l'action du courant sur Taiguillc aimantée, et Ampère les lois qui régissent cette action, que tous les physiciens se mettaient à IVpuvre. Parmi eux, un des plus féconds et îles plus i)énélranls, sir llumpliry Davy faisait connaître imr une lettre au D' Wollaston ('), Tattraction des courants sur la limaille de fer. Taimantation de Tacier par les courants d'une pile intense et par les déchar^îes des bouteilles de Leyde. et tout im c<;>rtége de faits curieux ; il avait essayé Faction de l'aimant sur l'arc électrique ; mais il ne réussit Texpérience que quelques mois plus tant, en employant la grande batterie de Tlnstitution Royale de Londres, formée de 2 luu) cou[)les. Dans le mémoire (=*) qui nous intéresse directement, Davy observe réchauffement d'un même fil immergé dans différents milieux, son attracti<m sur la limaille de fer ; puis, il se demande « si une courte longueur d'un fil fin, jiréservé de la fusion par le refroidissement, transmet toute réledricité de batteries voltaïques puissantes ; >> il fait un second <*ircuit indépendant, au moyen de deux fils d'argent parhmt <les bornes de la batterie et plongeanl dans Teau, « de façon que la déccmqjosition
(>) On thc magnclic phonomcna produccd by Eleclricily. — P/i. Tr. for ilie year iH-Ji. Part, I, p. 7 — mj — Read. Nov. i^». iHuo.
('-^ Fariher researches ou Ihe magnetic phcnomona prodiicod by eleclricity ; with somo new experimenis on tbc projwriies of electrifitMl bodies in thoir relations to conducting powers and température.
(5 JuUlet 1811'. - Ph. Tr. i8ii. Part. II, p. 425-4^9.
CHAFITRB II. — DÉBUTS DU XIX* SIKCLE. DAVY. HARLOW. OBCQUERRL 13
chimique de l'eau indique un rési<iu d'«'»leclncité dans la balleri<» ». De cette façon, il trouve qu'un certain fil de platine refroidi laiss(^ un grand résidu d'clectricitr dans douze des batteries employées, mais est capable <ren décharger exactement six.
« Ayant ainsi reconnu Inexistence <rune limite à la quantité d'électricité que les fils sont capables de Iransinettre, il devint facile d'instituer des expériences sur les pouvoirs conducteurs liifférents des différents métaux, et sur les r<>lations dt» ce pouvoir avec la température, la masse, la surface ou la longueur du cori)S condu<'teur, et les conditions de l'action électromagnétique. »
Davy fixe sa techniijue minutieusement; en particulier, il employé la même solution d'acide et d'eau pour toutes «rs batteries, ce cfui semble indiquer qu'il Iravaillait toujours avec la pile neuve,
12. — Interrompant l'analyse du mémoire, fixons la théorie de la méthode.
Lorsfju 'aucune bulle gazeuse m\ se dégage sur h» fil d'argent négatif, le débit ù travers le voltamètre esl devenu nul, et la différence tie potentiel aux bornes a une valeur déterminée E^. D'autre part, la technique adopté(î fixe la force électromolrice E de la batterie et sa n5sistance R, y compris les fils de jonction. On a donc, en appelant r la résistance du fil conducteur étudie :
13. — Davy observe d'abord que le pouvoir conducteur des métaux varie en sens inverse de leur température, quel que soit le procédé de chauffage employé. Un fil de platine étant chauffé au rouge i)arle courant, si on en chauffe une partie au blanc au moyen d'une lampe, Ir reste devient sombre.
Dès b)rs il a soin de maintenir les conducteurs dans l'eau froide ; néanmoins la régularité n'est pas parfaite ; « avec la batterie récenu
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ment cliargre, les différone«»s cniro los condudours sont moins accusées qu'avei' une batterie usée (*) ».
Quoi qu'il en soit, en employant des batteries en nombre varié, Davy reconnaît (jue la conductibilité d'un fil est en raison inverse de sa longueur ; désonnais, au lieu de cbanger le nombre de batteries, il en ccmsorvT un nombre fixe, et change la longueur des fils à comparer, ce fiui permet d'opérer plus rapidement.
Il trouve « que le pouvoir conducteur d'un fil pour réleclricit*'* est [i peu près proportionnel à sa niasse ; ainsi un fil de platine i)esant 1,1 3 grain par pird el un autre pesant 6.7 grains, employés sous la môme longueur, déchargent l'un une batterie, l'autre six ». On pouvait d'ailleurs remplacer le gros fil par six fils fins ccMe à côte. « Ce résultat suffit h prouver que la surface n'a pas île relati<m avec le pouvoir conducteur, ce ([ue prouv(^ mieux encore une expérienci^ directe : des longueurs égales de fil de ])latine l'un rond, Tautre passé au laminoir de façon à sextupler sa surfac'e, furent comparées ; le fil aplati conduisait mieux dans l'air, parce qu'il s'y refroidissait mieux ; mais dans l'eau aucune différence» ne put être perçue ».
Voilji l'expérience fondamentale de Davy sur ce sujel ; on voit que le rAle de la section comparé à celui dr la suiface en ressort nettement ; mais en faisant intervenir la niasse dans son énoncé, Davy laissait encore pœsque tout à faire, et (^e n'est pas sans raison que nous verrons Ohm combattn* cet énoncé quelques années plus tard et revendiquer pour lui-ménie la loi do la section.
14. — Le mémoire de Davy se termine par <leux exi)ériences intéressantes.
(1) Même si Tabsonco de bulle n'indique pas un couranl nul au voltAmMre, mais un courant minimum Iq ; il semble que la Bubsliiution d*un fil à un autre devrait exiger l'égalité de résistance; cat soil Ho la résistance du voltamètre, les équations
E - UI = E„ + Uolo = r(l - i„) donnent
Eo + Rolo «