‹ Propagation de l'électricité: histoire et théorieChapitre 9 sur 158 · CHAPITRE II. — DKRUTS DU XK"" SifeCLB. DAVY. IIARLOW. BBGQUBRSL · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — DKRUTS DU XK"" SifeCLB. DAVY. IIARLOW. BBGQUBRSL

FiTinaiit uno batterie i>ar une chaîne de fils de môme iliamMre, il constate <iii*ils s*(^chaiiffeii( d'aiitimt moins (prils sont ]ilns condnrliuirs, dans ronln^ suivant de dérroissiinco : f«T, palladium, platine, ét'iin. zinc, or, plomb, cuivre, argent ; mais ({u'ils attirent néanmoins tous le mr*mo poids de limaille de fer.

H fait même une mesure en plongeant un fil d'arf^enl el un fil de ]i1atine de même diamètre et de même longueur dans des btiins d'huile, (jue le premier échauffe ilc 4* et le seeoml de 22*.

On voil , pjir cette analyse» incomplète, combien vv mémoire est nourrie! inléivssant. K.xtraynns-en pour finir, im argument contre le caioriqu4* : <* Si la chaleur était une substance, on ne sanrait imaginer qif elle soit cbasscH; du platine chauffé i»<'ir le courant électrique), car une quantité de chaleur iiidéfiine peut être engendrée du ni«'*me platine, aussi longtemps que le courant est excité, ou aussi souvent qu'on le renouvelle. »

15. — La même année, \o mémoire de Cumming (') sur les piles thi'rmoélectriques ne contient que qiiel<|ncs indieatirms peu im))ortantes sur la conductibilité.

Oeiix an.s après, le physicien Harlow (-), à (fin ses |MTfeeli(mriements de la l>onsso!i' marine valurent une réeom|>ense nationale, constate (juen enqdoyaiit des fils de cuivre de même longueur, mais fie plus en plus gros, il arrive un moment où une augmentation considéndile du diamètre ne change rien à rint4>nsilé du courant, et qu'il en est de même avec le laiton. Il donne ses résultats corrigés d(>s variations de la [lile. Dans um* série d'expéri«'nces où il n fait varier h longueur d'un même fil de 98 à 8.33 pieds, il rompare les tangentes des déviations anx racines carrées des longueurs. « Les différences nitre l'observation et le calcul sont tro[> grandes, dit-il, — (elles at-

t'j Annals of Pilosophy, iHa3.

f'anthr. Philos, Trans., p. 0!^, iH-ji.

i* On th<* liiWM (»r nlPT.troninKnorH* nclion. ns dopcntUn^ (m thn Irnplb ariH dinjen«<ions of thc cofuInctifiK wire, and on Uni qii(;;<lion, wliofhiT Hecirinil phf'nomena are due lo tho Iransmission of n single on of n romponnd fliiifl.

l'sm Dablow. — Kdin/f. Phil. Joui'n. XII, iHx», p. io.')-ii^|.

PROPAGATION DE L ELBCTRICITB

toignent ^ à > cnlro 3oo et 700 pieds !) — pour pouvoir traiter la loi supposée comme exacte, mais elles sont assez faibles pour que Tapproximation soit aci*eptablc. » C'est seulement sous celle forme modeste que Barlow pi*<^sente celte loi de la racine carrée de la longueur. Mais dans les résumés, on y mettra moins de précautions ; les éditeurs du P/nlosophical Magasine (*), dans une note du numéro de mars 1825, annoncent que d'après Barlow Tintensité diminue très sensiblement comme Tinverse du carré de la distanccy et que par conséquent « l'idée de construire des télégraphes électriques est chimérique ». Cette note de i3 lignes est traduite aussitôt, et commentée par Schweigger (*), h la suite du premier mémoire si imparfait d'Ohm.

16. —La variabiliU'î de la pile rendait les expériences de Davy peu régulières; dans un mémoire lu quelques années plus lard (3i janvier 1825) à l'Académie des Sciences (*), Becquerel, après avoir rappelé et critiqué la méthode de Davy, cherche à se mettre à l'abri des variations de la pile. Pour cela il invente le galvanomètre différentiel, et la méthode de zéro bien connue aujounl'hui, qui permet de constater l'égalité de deux fils intercalés sur les deux circuits du différentiel, comme le rappelle suffisamment la figure, copie exacte de celle du Fig. 1 Mémoire original. Toutes pré-

cautions sont prises pour apprécier exactement le zéro du galvanomètre, pour étabUr de bons contacts, pour maintenir les fils à la même température de la glace fondante.

(*) Philos. Mag. and Journal, by Tilloch and by. Tayi/»r. Lontlon, l. LXV. i8:ir), p. 239.

(-«) Jahrb. der Ch. Phys. Schwbicgir, 1825, t. LXIV, p. 118.

{^) Du Pouvoir conducteur de réleclricilé dans les métaux, et de l'intensité do la forc« électrodynamique en un point quelconciue d'un fil métallique ([ui joint les deux extrémités d'une pile. — Ann, Ch. Phys. t. XXXIl, i82(>, p. 420-430.

CHAPiniB II. — DÉBUTS DU XIX* BlkCLM. DÀVY. BÀRLOW. DBCQUSRBL 17

tt Poar obtenir la même conductibililo dans deux lils do lut^iiic métal, il faut que leurs poids soient proportionnels aux cnrrôs de leurs longueurs (*), ou bien que les longueurs soient dans le rapport des sections des fils. Cette loi qui parait rigoureuse pour toutes les longueurs et grosseurs de fil, rentre dans celle qui a été observée par M. Davy... »

« I^'i conductibilité électrique croît donc avec les niasses, et non avec les surfaces ; i^ar conséquent le fluide électrique en mouvement ne se porte i>as à la surface des corps conducteurs, comme lorsqu'il est en équilibre; il pénètre dans leur intérieur. »

Becquerel définit ensuite les pouvoirs conducteurs relatifs des métaux comme proportionnels aux longueurs qui sous le même di.iinètre donnent la même conductibilité — il en fait Tapplicatioii aux métaux tenaces en les étirant à la filière, et aux méUiux mous en les fondant dans des tubes d(» verre calibrés.

Désormais nous sommes en présence d'une méthode de mesure correcte et de définitions précises.

17. — Dès la fin de cette même année, ce mémoire, paru au Bulletin deFérussac en mai, est analysé en détail, ainsi (jue celui de Barlow, et commenté ])ar Schweigger dans son Journal (-) ; ces commentaires eux-mêmes furent immédiatement suivis d'une lettre (lObin, qui juge tout à fait insuffisante l'explication du désaccord entre Barlow et Becquerel au sujet de la loi de la longueur. Au sujet des expériences de Btvquerel, Ohm, — qui n'a encore trouvé que sa loi logarithmique — insiste sur ce (jue les fils rom])arés par Becquerel n'ajoutaient que quelques d«'»cimètres à la longueur du eireuit, supéri(Mire h ao mètres : l'effet de ce petit accroissement est nécessairement proportionnel à sa longueur, quelle que soit la loi véritable i)our le circuit total. « La loi de Barlow est donc, dit Ohm, bien plus exacte

(0 Exemple :

j,, = 10,67; [xj = 10. 1'^-

(2) Jahrà. d. Ch. Phys. t. XLIV, p. 3rM,-370, iSa'). Lettre d'OHB. p. 370-373.

iS PROPAGATION Dl L'éLEGTRlGlTli

qiio celle de Hccquorcl » cl concorda seDsiblcment av(»c quelquesunes dt» ses propres cxiMh'iences.

18. — A la fin de rannr»c 1826, un physicien à qui l'on doit de nombreuses recherclies d'électrostaru|ue, mais assez peu judicieuses le l)lus souvent, W. Siiow Harris, publiait (*) lui aussi des recherclies entreprises au moyen d'un Ihennomètre à air fniversé par le fil métallique. Notant qu'on a depuis longtemps remarqué la relation inverse entre r<''chauffenient et la eonductibilitr' (M. Ghildren, par exemple, avei' une large batterie galvanique), il compare les quantités de chaleur dégagées dans des fils divers de même longueur et de même diamètre, par la décharge (Tune hatlerie de jarres se déchargeant tt travers une distance explosive toujours la même ! (4omuic les fils n'étaient ni très longs, ni très fins, (o^^.SS ou o"",7 de diamèlnî), l'énergie de la décharge se partageait inégalement entre rélincelle et le fil, suivant sa nature, au point de donner 6 avec l'argent <ît le cuivre, et 7a avec le plomb.

On s'étonne de trouver, i)endant longtemps, ses nombres cités dans plusieurs Traités sérieux, à coté de ceux obtenus par des observateurs cornîcts. Mais, bien (|ue ces nombres ne mesurent im^ la couductibdité, leur comparaison a pourtant conduit Fauteur & quelques remarques intéressantes sur l'absence d'influence de la forme cylindrique, ou rubanée, ou divisée en plusieurs fils, pour la même masse de métal sous la même longueur ; Ihirris parait avoir reconnu le premier Tinfluenee considérable d'une i)etiti^ quantité d'un métal dans un alliage (-), en particulier ce fait cpie la conductibilité de l'aUiage est souvent moindre cpie celle des deux composants, et non pas intermédiaire ( ') ; on sait de quelle importance pratique ont été ces remarques en électro-technique.

(') On thc reliilivo powors of various mctallic subsliinces us conductors of oleclricily. — Ph, Traus, 1827, 1, (ib-'t}).

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