‹ Prophylaxie de la syphilisChapitre 105 sur 123 · POUR NOS FILS, QUAND ILS AURONT DIX-HUIT AKS · texte numérisé non relu

POUR NOS FILS, QUAND ILS AURONT DIX-HUIT AKS

malignité sidérante comme dans le cas suivant que je relaler déUK mots. Une beWe jeune 011e se laisse séduire par ud je homme qui a rinfamie de la souiller de syphilis. Elle cactie le fa à sa famille et ne se traite pas ; trois mois plus tard elle est lîttéfl lement criblée de la tête aux pieds d'énormes ulcères^ qui, sansi moindre exagération* dévorent au moins les deux tiers de la peat Elle [raine ainsi misérablement pendant quelques semaines; puii quoi que nous ayons pu faire, elle s'éteint par épuisement cachée tique dans le plus effroyable état, dans un état dont la lèpre ella même n'égale pas Thorreur,

Comme déduction de tout ce qui précède^ il est vraiment tnu d'ajouter qu*une maladie qui comporte tant et de si ^terrible symptômes doit être rangée au nombre des maladies les pli graves, La syphilis, donc, est un véritable fleau pour rhumanilê.

Vous allez me dire : a Mais il y a des remèdes contre la syphîl mais on guérit de la syphilis, n — Oui, certes, répontlrai-je ; saiiî quoi lu syphilis serait sans contradiction possible la plus abominabU de toutes tes maladies. Oui, certes, nous avons deux vé ri tables anfl dotes de la syphilis, le mercure et Tiodure de potassium, remèdes non pas seulement énergiques, mais admirables, incomparables, merveil leux, réalisant Tun et l'autre, et cela d'une façon journalière, d< elTets prodigieux, des *^niérisons inespéra Ijles, parfois même des ^U' ri sons in extremis^ des quasi-résurrections.

Mais, SI merveilleux soient* ils, ces deux remèdes ne sont p^ tout puissants. Comme n'importe quel agent thérapeuliquei ils o leurs défaillances, leurs échecs, leurs cas réfractaires. En un mot, i ne réussissent pas à tout coup et toujours.

Puis, faut-il encore qu'on les mette en œuvre à propos et à temp; et à doses suffisantes, etc.

Puis encore, merveilleux contre la syphilis vrdie, le mercure i Tiodure perdent à peu près complètement toute action sur la terribl séquelle parasifphiUiiqtw dont je vous parlais tout h l'heure*

nie^

Voilà pour les dangers individuels de la syphilis. Venons maint nant aux méfaits qu'elle exerce sur la famille, les enfants et l'espèce

I. — lielativement à la famille, la syphilis constitua un triple dange social r consistant en ceci :

1^ Contamination de la femme dans le ménage (contaminatio

mSTBUCTIDM SUR LÇ péril vénérien. 483

fréquente, car la slaUsUque nous apprend que» sur 100 femmes syphililiques de la clientèle de ville, il en est 19 qui ont ét<^ conja* gnlemenî infectées, c'est-à-dire environ 1 sur 5, proportion stupéfiante et navrante) ;

'2" désunioQ, dissolution du mariage, séparations, divorces^ conséquences bien naturelles de Tinjure ainsi faite à la femme par le mari;

3' ruine maiérielie de la famille par la maladie. Tin capacité ou la mort du mari. Car, en raison de son échéance lardive, la syphilis ne présente souvent sa carte à payer {passez -moi rexpression) qu'à Tépoque oii le jeune homme léger d'autrefois s'est transformé en un mari, en un père de famille. Kn Tespèce^ donc, c'est le plus souvent nn mari qui paie la dette du garçon. Or, en Tespècc encore et par ricochet, c*est la famille qui expie la faute du mari, alors que celui-ci devient infirme, impotent, ou meurt- Car, privée alors de son soutien naturel, elle court risque (et cela n*est que trop fréquent) de tomber dans le dénuement, la détresse, la misère. Que de drames de ce genre n'ai*je pas constatés comme conséquences de la syphilis I Entre mille, je vous citerai le suivant :

Un jeune peinEre, pleia île Lalcat et d'avenir, se mane en dépit d'une syphilis lusuftl^amnienl traitée. Totit marche âu mieux pendant quelques aniiee^. Les tnbleaui se vendent, le petit ménage prospère et a'enncbît d'un enfaut. Puis^ le mari est frappé d'une ophllialinie spécifique dotilde quî aboutit à une cécité complète. — Résultai : famille ruinée, tombant dans une misère noire» et torcée de s^înscrire uu bureau de bienfaisance pour ne pas mourir de faim !

II, — Conséquences hérédilaires, — Si Ton me demandait, à moi vieux praticieu, ce qu il y a de pis, de plus néfaste dans toute la syphilis, je n'aurais pos^ l'ombre d'une hésitation pour répondre ; c'est le groupe des méfaits héréditaires tic la maladie, méfaits hérérlitaires vraiment i» pou vaut a blés et se Iradtiisant par des héca- /ôm^e*jï d'enfants; le mot n'a ri*m d'exagéré*

La syphilis, en effet, est prodigieusement meurtrière pour Tenfant. Elle le lue soit avant sa naissance, soit dans ses premiers jours ou ses premières semaines, soit dans un ù^e plus avancé. Très souvent même elle s'acharne sur cerlaines familles en y produisant à la file toute une série d*avortem en ts ou de décès d^enfanls, cela au nombre de 4, ù, 8, 10, et même au delà (on en a compté jusrju'à 19). Si bien que cette polymortatité Infantile, comme on rappelle, constitue médicalement un signe de premier ordre pour la recherche et le diagnostic de IhérédO'Syphilis. Si bien encore qu en nombre de cas elle aboutit à dépeupler le foyer domestique, à y Taire le vide et le vide iîbxalu.

Exemples :

484 yOVn NOS FILS^ QU.VND ILS AURÔ^iT IHX-HCIT ANS.

Dans une ob^rvalion

— du Df HuLioeLg,..,, ,.,,»*,,. Sur 4 naissance», 4 nio

— du Dr Pinard.. , Sur & — ^ —

— du D"^ Trousseau......,, Sur 6 — 6 —

— qui m'esl personnelle » ♦ Sur 7 — 7 —

— du D'' ChrJslJan. ♦*,..♦. Sur « — 8 —

— du D^ Bar.... . ,, . Sur 10 — 10 —

— du O-^ Porak. ..,..... .. Sur 11 — 11 ^

— Etr., etc., car des cas de ce genre, j*cn tturais, pour ma seule parl^ ée$ centujnes à vous cîler^

ni. — Eofiii, il ressort de recherches récentes que la sypliili? peul constituer, de par ses conséquences héréditaires, une cause d'abâlardissomeiil, de dc^généresceiîce pour Tespèce, et cela en clonnant naissance à des êtres infériorisés, décadents, dystropliiés, déclms. Oui, déchus, li savoir :

Soil déchus pht^siquemenl, c'esi-à-dîre naissant à l'état d^avorloos, pour rester petits, rabougris^ infaDliles, valétudinaires^ elc.» puisj devenir rachitiques, conlrcraits, bossus, etc.; — ou bien encore] naissant avec les dystrophies les plus diverses, qui ne sont que des] conséquences d'un arriH de développement (bec-de-lièvre, pi^ bol, nialformations du crûneou des membres^ surdi-muLiLé, infanlilisme lesticulaire» etc* ;

Soit déchus, psi/4'htfjitement^ et consliluant alors, suivant le degré de leur abaissement intellectuel, des arriérés, des simples, des déséqui* libres, des détraqués, des imbéciles, des idiots.

Il esl même indéniable acluellemenlque T intensité de la décliéance peut s'élever jusqu*à la monslntosiié. Ainsi la syphilis peut faire des monstres, c'est-à-dire aboutir à des maï formations extrêmes, par des arréls complets du développement (1), C est là le comble de la , dégénérescence.

Mais je m^arrêtCi Car, vraiment, je vous en ai assez dit pour quei vous soyez édiliés sur le compte de la syphilis et que %ous la jugiez pour ce qu'elle est, à savoir (je ne crains pas de répéter le moij un , ^éatt pour rhumaniié.

Mes amis, tout le monde ne vous parlera pas comme je viens de le faire, et même ce que je crains le plus pour vous au point de vue qui nous occupe actuellement, c*est tout un groupe de préjugés que vont sema ni sur leur chemin des ignorants, des écervelés et des sots.

Ainsi, vous entendrez dire et bien souvent : « Les faiseurs de

(1*; Exemple i ta syphilis peul faire des naint. Ainsi le célèbre Béhë, nain du roi de Pologne Slaiibla5,n*éLail bien cerlaincmcnt(dc parités lésions constatées sur <4t>n crftnc) qu'un hérédo-syphiiitiqae dystropbkS â croissance enraydc par une Uie hér«^ditait'e.

INSTRUCTION* SUH LE PERIL VEXÉRtEK .

morale, les papas tretnbleurs et les médecins sont de vrais empêcheurs de danser en rond avec leurépouvanlail cl© la syphilis et des affections vénériennes, S*il fallait ne plus monter h cheval parce qu'on peut tomberde cheval, ne plus chasser parce qu*on peut recevoir ûh coup de fusil à la chasse, et renoncer aux femmes parce qu'il peut vous arriver des mésaventures de femmes, autant vaudrait s'enfermer dans un cloître. On n'a qu'un bon temps ici-bas, la jeunesse ; eh bien ! il faut que jeunesse se passe et s*amuse. Après tout, on n'en meurt pas de la syphilis; un peu de mercure, et c'est fini. Tenez, je connais messieurs A, BT C qui Tont eue, la syphilis; or ils ne s'en portent pas plus mal, elc. >'^

Iléponse, au nom du bon sens el de la vérité scientifique : ti Pour que jeunesse se passe, il nest pas nécessaire de fier connaissance avec la syphilis et de la braver iiu prudemment» — La syphilis n'est pas une " mésaventure », mais bien un gros malheur. — On ne la guérit pas avec « un peu de mercure », et même on est trop heureux de la rendre simplement silencieuse avec 1 beaucoup de mercure, — Enfin, si MM. A» B, G l*ont eue et « ne s'en trouvent pas plus mal »', c'est qu ils Tout convenablement et longuement traitée; ou sinon, gare à eux pour l'avenir I n

Un autre préjugé consiste à considérer les grands accidents de la syphilis comme un résultat non pas d*une seule infection, mais d'infeciions et de débauches acntmuiées. Ainsi, lorsqu'un malheureux syphilitique pris par le cerveau aboutit à la paralysie générale, au ramollissement^ au gâtisme, on ne manque guère d'entendre dire : w Faut-il, pour en être arrivé là, qu*il en ait fait une nocel Paut-il qu'il ait corn mi s d'excès et qu'il ait eu de malechances amoureuses 1 Car de telles choses, bien certainement, n'incombent quaux routiers de l'amour el aux vétérans de la débauche. « Propos iml>éciles. Car, sachez bien ceci ; La syphilis, arec ioutes ses vonséqu^^nces, avec ses conséquences les plus graves, dérive non pas de contagions répétées, réitéri^es, accumulées, mais &un€ ronktginn imiqae, d'une seule. Klle ne se double pas, ne se triple pas. Elle n'admet pas le cumul ; elle l'admet même si peu qu'elle se constitue une immunité à ellemême. Si bien qu'un malade comme celui dont il vient d'être question, descendu au dernier échelon de la déchéance cérébrale, expie peut-être de la sorte (cl jusiju'à l'expier de sa vie) un seul ëvnri^ un seul moment d oubli* A preuve 1© cas suivant, que je vous donne comme certain. Ta y an t observé de mes yeux. Un jeune collégien, le jour même de sa réception au baccalauréat, va fêter sa victoire dans une de ces brasseries à inviteuses qui infestent le quartier Latin. 11 contracte là, d'une de ces inviteuses, la blennorrhagie et la syphilis h la fois. Suivant l'usage, il ne dit rien de cela a sa famille et se fait traiter en cachette par un de ses amis, simple étudiant en médecine ;

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