‹ Prophylaxie de la syphilisChapitre 108 sur 123 · JI · texte numérisé non relu

JI

DE L ABOLITIONNISME.

fi gu rail pas moins de douze mille sigualures de minislres prolesl et de ministres représentaiiL loules les Eglises réformées Fioyaume-Uni (ministres deTEglise épiscopale, ministres Wesleyeni mélhodisies primiUrs et méUiodisles unis, chrètieiis bibliques, c grégationnaUdles, baptisles, presbytériens, etc.) (l).

Scène non moins suggestive, La veîHe du jour où le vole sur Acts devait avoir lieu à la Chambre des communes fut conaac des prières pubbques; puis, daos un meeting qui eut lieu le soir put contempler, spectacle édifiant, « sur la vaste estrade d'Exelë Hall, ta réunion des plus hauts dignitaires de TEglise anglicane, de méthodistes les plus radicaux, des quakers et des salutistes. A( centre était assise M'"'' J. Butler, entre l'évêque de Bedfort M'" Booth, générale de TÂrmée du Salut, »

Le ciel ne pouvait manquer de se montrer favorable à tant pieuses homélies. Aussi bien Tabrogation des Acts fut-elle votée p le parlement en 1886 pour le Royaume-Lîni et en 1888 pour les cola nies indipnnes. Désormais la prostitution — et la syphilis avec elle avait recouvré toute hberlé dans TEmpire britannique.

C*était là un triomphe, sans nul doute. Aussi bien, justement fîérc la Fédération a-t-elle travaillé depuis lors à recueillir d'au 1res lau riers, C'eét sur le continent qu'elle transporta son champ d'actio principal. Elle obtint là de nouveaux succès, comme aussi essuy quelques revers (ù Genève, par exemple, en 1*^96). Mais n'importe; c sont là des détails. Tandis que ce qui est bien autrement essentiel constater, c'est Tactivité soute nue ^ continue, qu elle n'a cessé d déployer depuis sa fondation, c est Tesprilde suite, de persévéraocc dont elle a fait preuve ^ c^est Tardeur de prosélytisme qui la distingue Positivement, elle est animée de cette foi religieuse qui ne connal pas d*obstacles et qu'on dit capable de soulever les montagnes.

Jusqu'ici, cependant, on ne s*en est guère inquiété. Disons mén que jusqu'ici, parmi nous tout au moinSi on n'a pas pris au sérieu' rabolilionnisme. On s*e.^t borné à le considérer soit comme m un doctrine de sentimentalisme, de féminisme, <lont le bon sens suflirai à faire justice i% soit comme une arme de combat â Tu sage de tribuns de réunions publiques, oh il est toujours de bon ton et su tout de bonne guerre de dire son fait à la police et de *« tomber bureau des mœurs. Plus souvent encore on s'en est amusé, on e ri, en tournant en ridirnle les <* momiers », les quakers, les piéliste et les bonnes dames de Tarmée du SaluL Eh bien, c'est là un toH c'est là une faute. En réalité, rabolitionnisme est un ennemi don^ faut tenir compte ; c^est ra^me dores et déj6, je ne le constate qli| regret^ un ennemi puissant et surtout un ennemi habile dont il con

^i) Voy, Balleiin cûniintnîâl, IBfl^, p. 103,

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vienl de se défier. Voyez ce. qu'il a pu faire chez nos voisins, jusqu'à forcer ta niain au pariemenl pour suspendre les Actsl D autre part, ne perdez pas ceci de vue : rabolilionnisme a bien pour corpsd'armée principal le cléricalisme protestant qui» désintt'ressé des choses temporelles, n*aspire qu*à rappeler en ce monde le règne ** de la pureté^ de la justice et d'une morale unique pour les deux sexes w; mais il ne se compose pas que de cet élément : il a des recrues dans tous les mondes, voire dans le monde dï^s indépendants, des libéraux, des libres penseurs; et, qui plus est, il a un pied dans la politique. Il sert d'enseigne* de drapeau, de réclame k certains partis ; il entre comme élément dans certains programmes politiques, électoraux* Donc, rendant des services à la politique, il est endroit d'en allendrei voire d en exiger en retour. Donc, rien d'impossible à ee que, le jour où ses amis seront au pouvoir, nous ayons dans notre pays le pendant de ce qu'a été le « rappel des Acls n de l'autre côlé de la Manche. Voilà réventualito» voilà le danger.

Mais quittons re terrain qui n*est pas le nôtre. Ici, nous n'avons qu'à parler science et hygiène. Eh bien, rentrons dans nos attributions en recherchant ce qui fait le fond du sujet en discussion, à savoir : Quels griefs invoque r abolitionnisme contre ce qu^U appelle avec mépris la réglenaentation ? La réglementation^ c'est pour lui, suivant le mol biblique, l'abomina Lion de la désolation. Il Taccable de reproches, de sarcasmes, d'injures. Soit I Mais que valent de telles accusations? Voyons-Ie,

L — La réglementation, nous dit-on tout d abord, est illégale en ce sens qu'elle ne repose sur aucun texte de loi.

Sur ce premier point je serais bien tenté de donner gain de cause. sans discussion aux aboHtionnisLes. Car, en deux mots, voici Tétat de la question.

Bien positivement il n'existe pas dans nos Codes une loi spéciale déterminant les rapports de Tadministration avec le public des prostituées; il n*est pas de loi qui précise ce en quoi peut consister la répression des actes constitutifs de la prostitution publique, Aubsi bien, dan» un certain camp, ne cesse- t-on de jeter à la t^le de la police des objections, diîs objurgations comme celles-ci : h Alors que vous arrêtez une femme pour ce que vous appelez délit de racolage, alors que vous la soumettez à un examen médical pour constater si elle est saine ou malade (au point de vue vénérien, bien entendu), alors que vous riulernez en cas de maladie, alors que vous la punissez pour in (Va cl ion i\ des règlements qui sont de votre fabrique, vous commettejE autant d*acies atifUraires, autant d*atlenlaLs à la liberté individuelle, etc. »

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Il est bien vrai que rAdministration riposte en invoquant une vieille législalure, comme, par exemple, une ordonnance du lîeule* nant de police Lenoir, remonLanL à 1778, et confirmée «suivant les UQ^, non conOrmée suivant les autres, par un ordre du jour du Conseil des Cinq-Cents, 7 germinal* an V* Mais cela» franc hemenl, est bien vieux, suranné, <* moisi «. Invoquer au x.v siècle des dispositions policières antérieures à la Bévolulion, cesl exposer à la controverse, voire au sourire, ce qui ne devrait jamais risquer d'être mis en t?ause, à sa%'oir la légalité*

Aussi bien, puLlicisLes, médecins, hygiénistes, ete*, ont-ils de vieille date émis 1 opinion que, si la répression de la prosUtulioti est nécessitée par le double intérêt de la sa nié et de ta morale publiques, elle doit tout au moins reposer sur des principes fixes et une base légale, Çesl là, par exemple, ce qu avait nettement spécifié dès 1867 le Congrès médical international de Paris. De même, en 1888, T Académie de médecine, a l'unummiié^ a demandé aux pouvoirs publics « de rendre indiscutables les pouvoirs tant discutés de TAdministration^ >» et cela en les légalisant, c'esi-ù-dire en faisant une /m spéciale à ce propos. Et que dis-je ! Il n est pas jusquà un préfet «le police qui, en 1879, ne soit convenu lui- môme, devant une commission du (-onseil municipal, « qu'il conviendrait, pour mettre son Administration à labri des critiques, de substituer à une législation contestée des textes législatifs incontestables, etc. >* (l).

Donc, tout le monde est d'accord sur ce point. Mais, sur ce point comme sur tant d'autres, le parlement a I ou Jours fait ta sourde oreille. « Laissons cela à la voirie ►>, aurait dit tlambelta, assuret-on. Pourquoi?*.. Nous ne pouvons que déplorer, sans le comprendre, ce silence de nos gouvernants.

M. — La réglementation^ dît-on en second lieu, est Injuste; oui, injuste, en ce qu'elle traite inégafemenL la femme et l'homme, dans ses mesures de répression. L*homme, on lui passe tout, on lui permet tout, ou lui pardonne tout. Pour lui, liberté, voire licence pleine et entière. La femme, on la surveille, on la malmène, on la tyrannise, on la punit, on Te m prison ne. ^^ Le même fait de prostitution, pour lequel nécessairement il faut être deux, on le tolère pour riiomine, tandis qu'on le condamne pour la femme. îl y a donc alors deu.i; morales, deux morales dîlïérentes, suivant les sexes* *> — « Puis, si une maladie contagieuse intervient, on ne s'occupe que de la femme infectée, sans remontera la source deTinfeclion. La pauvre pécheresse est séquestrée, tandis qu on laisse courir son complice.

(1) Conseil municipal de Parts, sdance du 21 janvier 1879.

iil&ÉÉ

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le vrai coupable. » Que devient ainsi legalUé de l'homme et de la femme devant Dieu» devant la loi morale, devant la justice humaine ?(l).

Cet argument — chose curieuse — est en faveur, car on le trouve, soUB des formes diverses, reproduit à satiété* Et cependant il est absolument vide de sens et sans portée ; il ne signifie littéralement rien ; car il n'aboutit en somme qu'à établir ceci : que la femme est punie quand elle commet un acte public de prostitution, et que rhomme ne Test pas parce qull ne commet pas le môme acte ; je m'explique,

La prostitution, vous le savez^ ne tombe sous te coup de mesures répressives qu'à l'occasion de ses manifestations exiérieiires. Chez elle, entre quatre murs, elle est maîtresse de ses actes, auxquels personne n a rien à voir. Mais, dans la rue, c'est une autre afTaire ; là elle est soumise à l'observance de certaines règles qu'il peut plaire à la collectivité de lui imposer. Or, ces manifestations extérieures de la prostitution consistent presque exclusivement en co qu'on appelle le racoiage, dans ses diverses formes inutiles à décrire ici. Eh bien, qui praticpiele racolage? La femme, exclusivement la femme. Car je ne sache pas qu'il y ait à ce point de vue un pendant à la femme dans notre sexe. Je ne vois pas d'hommes stationnnnt au coin des rues, faisant les cent pas le long d'un trottoir, accostant les femmes qui passent pour leur offrir de i^ monter chez eux n, avec promesse ti d'être l>ien aimables, etc. » U homme public « faisant la relape » et servant de pendant à la OUe puUique est un type qui n'existe pas.

Cela posé, concluez. La loi, qui n'a qu'à s'occuper des manifesta* lions extérieures de la prostitution, punit la femme qui fait le racolage parce qu'elle fait le racolage ; et elle ne punit pas I homme pour le même acte pour la très simple raison qu'il ne commet pas ledit acte. Bien de plus simple et de plus logique, vous le voyez.

r>onc — seconde conclusion — il n'existe pas dans la loi, comme on le dit, « une inégalité, une injusticed*un sexe àl'autrej une partialité en faveur de l'homme au détriment de la femme ^k Et je cherche vainement lace qu'on a appelé la «^ double morale ».

Et môme, si je voulais creuser le sujet, je serais conduit â ajouter : Si, vraiment ! Il existe d'un sexe à l'autre une inégalité, une disparité au point de vue des obligations issues de la prophylaxie publique, inégalité contre laquelle nous sommes bien loin de récriminer, mais qu'il ne sera pas sans intérêt de signaler au passage, puisque l'occasion s'en présente. Et, en effet, à peine Thomme a-l-il revêtu

(1) J. Bullort V Une voi^ d^ns h tiésevl ■», 18T&.

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1 uniforme militaire qu'il est soumis ipso facto à robligalion de subir une visite corporelle, visilo portant surtout sur les orgiines ^i^nitatix, et que vous connaisses lous puisque vous avez Hé soldais, %^sile qui, ces jours derniers encore, vient dVlre à nouveau prescrite et réglementée par un décret du ministre de la guerre. Bien entendu, il en est de intime pour Tarmée de mer. H en est de même aussi pour les ouvriers des ports, etc. V^ous voyez donc que la prophylaxie ne ménage pas, w n\*pargne pas n le sexe masculin quand elle trouve ] occasion de ratlcindre el([u*elle ne le dispense en rien d'obli^atjoDs plus ou moins vexatoires quand elle les croit utiles à rintérôt de tous. Cela soil dit à Tadressc de Técole rénijuisle, que j'aime beaucoup cependant, mais qui vrainienl tend un peu Irop de nos jours a poser constamment la femme en victime du sexe masculin.

Uï. — « La réglementation t poursuivent encore les abolîtlonnîstes, est Impudique, obscène, cynique- Oui, cynique» et cela de par la visite corporelle qu'elle impose à la femme en vue de savoir si elle est ou non affectée d^une maladie Yénérienne contagieuse, n

Ah 1 la visite corporelle, ce qu'abréviativemenl on appelle la visile, voilà ce qui heurte, olVçnse, offusque le plus vivement les membres de la fédération aboli lionnis te, notamment les dames anglaises. Cela les suffoque littéralement, et vous ne sauriez vons imaginer tout ce qui a été dit et écrit à ce sujet» qui nous touche si peu, nous autres mécréants. Au surplus, il sera bon de citer ici les textes. Ecoutez donc ceci :

« La visite médicale est attentatoire à la dignité de la femnie.*, (Test, en m^me temps qu'un acte de tyrannie, un outrage, une dé gradationn, une infamie, un sacrilège, un crime, etc.. C'est un acte abominable, horrible, exécrable, qui achève la dégradation delà femme.,. Cette visite, c'est la plus haute expression, le comble de rasservissement de la femme ; elle marque rintention de réduire la femme en esclavage, de faire d elle une chose et non une personne, la chose de radmîtiis^ l ration, un vase, un instrument, une esclave, tout sauf une femme.,. C'est môme une insulte à toutes les femmes dans la personne de nos sœurs, w

Kl ailleurs : *> ..Jtien ne peut do i mer le droit d*out rager ces femmes, de violer leur pauvre corps; rien ne peut donner le droit de les forcer à dévoiler leur nature plïysique la plus intime*,. Cette visite est le renouvellement de la torture,*. Examiner une femme, c'est souiller le ùerctau de thumanilé par une pratique profanatrice i»^ etc , etc.,, (J, Butler).

La colère des aboli tionnistes déborde même jusque sur les médecins M impudents et grossiers >« qui outragent ainsi les femmes en

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las visitant ; « en les violanL, ils violent en elles leur propre mère ^>. M» Yves Guyotles Irailedt* « douaniers de la syphiHs ». EnLerraea non moins obligeants, le trésorier de la même Société les qualifie de « canailles scientifiques *\ etc. Et môme, bien qu*innocents encore de telles iniquités, les étudiants en médecine ne trouvent pas grâce devant les aboïitionni^àtes. m Ou sait ce que valent en général les éladiants en médecine c/e Paris w, s'écrie M"" J. Butïer (1),

En ce qui nous concerne, nous médecins, nous n'avons qu*à sourire de telles choses et d autres aménités du même ordre k notre adresse, dont vous trouverez une riche collection dans certaines publications abolitionnistes, notamment dans un livre de M- Yves Guyot sur la prostitution. Mais, pour ce qui concerne les filles, vrai* menton leur procurerait un profond étounement, non moins qu'un instant de folle gaïté, en leur apprenant qu'elles sont « outragées, violées ï> par te spéculum, alors qu'elles passent leurs journées et leurs nuits à provoquer des outrfiges bien autrement graves pour a le berceau de rhumanilé ».

Cependant, empressons-nous de rassurer les bonnes dames d'Albion sur le sort de celles qu elles appellent si charitablement <* leurs sœurs » et de calmer leurs bien illégitimes appréhensions {lour ces « brebis perdues du Christ ^k Cette fameuse visite médicale ai redoutable n a rien, quoi qu'on en ait dit, qui rappelle les scènes de torture, ni les questions ordinaires ou extraordinaires de llnquisition. ni les bûchers de Calvin. Tout s'y passe sans violence, simplement^ correctement; et même — le croira-t-on? — les médecins qui y président, en exerçant là m le sacerdoce du spéculum «, n'y pratiquent que le sacerdoce des convenances et de la dignité proiessionnelte.

IV. — En quatrième lieu, « la réglementation est corruplriee », — Corruplrice'? — Oui, et cela parce qu'elle rend plus fréquents les actes de débauche en raison de la sécurifé qu'elle promet. Elle devient de la sorte « une provocation au vice ♦, une « in vile au consommateur •>.

Écoutez, par exemple, M. de Pressensé proclamant que <« partout où il existe un système de lois sanitaires concernant la prostitution, comme en France, c*est TËtat qui favorise ce commeree d'iimes et de corps, qui le gara util et le patente, qui facilite le premier pas au vice, qui augmente le vice dans une proportion considérable, etc,,,. Cette prophylaxie contribue k la corruption du jeune homme et le renvoie flétri au foyer conjugal (2), »

(1) Grande ci'oii^ade, p, 130*

(3) Batieitn coniincnUi, W6^ p, 6à*eh

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De même pour M* Slansfeld, « la réglemenlation accroît, chez les hommes, le vice sexuel... Elle consliLue une incita Lion, une provocalioD à la débauche... C'est TÉlat lui-même qui organise la provocation, en ofTrant par le système de la visite un approvisionneineDl de femmes qu'il présente sur riiorriljlé marché comme unemarchandiac garantie en disant — quoique sa promesse soit aussi fausse que Tenfer — : Venez, péchez librement et sans crainte ; nous vous garantissons contre les conséquences physiques du vice.,, L'État se fail ainsi littéralement entremetteur et proxénète^ en donnant les pensionnaires des établissements qu1l protège comme garanties par des docteurs à sa solde, etc, etc. (1)* »

Besoin est-il de répondre à de telles accusations ? Vraiment TÉlat a bon dos en la circonstancei et devient le bouc émissaire de tous les péchés d^lsraël. Mais, en réalité, a-l-il donc jamais tenté de corrompre le moindre de ses sujets? A-t-il jamais recommandé d'une façon ou d'une autre les femmes auxquelles il impose la visite? A-t-il jamais conné quelqu'un à la débauche en sollicilant ses préférences pour lesdites femmes, et en lui promettant avec elles une garantie que n'offrent pas les autres? Ce sont là tous arguments dignes d'orateurs de clubs ou de réunions publiques. De toute évidence riilal n*a jamais corrompu qui que ce soit, et, d*autre part, s'il plaît à un benêt quelconque d'accorder toute confiance aux femmes en question, ledit benêt n*a qu'6 s'en prendre à lui-même, en cas de malheur, de sa naïveté-

Voici, d'ailleurs, un fait, non assez remarqué, qui démontre bien que la réglementation n'exerce pas l'intluence corruptrice dont on l'a incriminée et que la visite médicale, en dépit des garanties qu*eUe semble offrir, n'a pas t* lattirance *», la faculté d'attraction qu'on lui suppose. Ce fait, c'est la décroissance progressive et conlinue des maiso n s p it h liq ues.

Certes^ de l'aven général, c*est dans les maisons publiques que la surveillance administrative s'exerce à la fois le phis facilement, le plus fréquemment et le plus complètement, de fac^on A offrir au public des garanties de sécurité bien autres que n'en présentent les ûOes inscrites, mais libres, qui se dérobent aisément aux visites, et surtout les clandestines qui échappent à loute surveillance. Donc, logiquemenl, c'est dans les maisons publiques que lattrait d'une sécurité au moins relative devrait diriger le plus de clients ; ces maisons ^ qui promettent l'impunité » devraient par cela même faire fortune, prospérer, s'accroître tle nombre. Eh bien, pas du tout 1 Tout au contraire, elles sont en pleine déconfiture. Leur achalandage diminue, et leur nombre n'a cessé de décroître depuis soixante ans.

(1) Bit lie lin continental ^ Congrès de Genè%'e 1H77, p. 6"

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à Paris, en province el à l'étranger. Le fait esL curieux et exige ses preuves. Les voici pour Paris* On comptai l à Paris :

335 maisons publiques en 1S41

lS6t IHTI iHHt t»91

Et voici qu'on n'en compte plus que :

48 enIdOL

Et cela alors que, dans le même leraps, la population a triplé (de

L 194.0011, h 3v51>9JXK)).

C*est-à-dire qu'en soixante ans les maisons publiques sont devenues cinq fois moins nombreuses, alors quHnrersemeut la population a triplé. Aile/, donc, après cela, soutenir que la réglemenlalion soit corruptrice de par iasécuriié qu'elle promeL

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