‹ Prophylaxie de la syphilisChapitre 110 sur 123 · TC*OE · texte numérisé non relu

TC*OE

pénible» m^me injurieu^^e, pour ces ileniièies, la déclaralion ou rénonciatioa publiai ue dunt? maladie qu'elles considèrenl comme lionleuse, înfamaDtt; I

J'insisle, et, à l'appui de ce qui précède^ je demande à produire les deux témoignages suivanls.

1. — U est absolument commun ipie des malades, après avoir subi une ou plusieurs fois l'épreuve que je viens de dire, ne revieoncnl plus à nos consuHation^, puis y soient ramenés forcémenl, quelques mois ou quelques années plus lard, par une maniîeslalion nouvelle plus ou moins sérieuse, telle, par exemple, qu'un accident tertiaire. Kt alors, quand nous leur faisons reproche de ne pas êlre revenus à noire li<jpilal, savez-vous ce qu'ils nous répoo* dent? Invariablement ceci : u Oh, docteur, %Taiment c'était trop pénible, Une consutl^ïlion ici, p«rur la maladie que j ai, f/era«Mf*n/ ieî monde, devant lant de rnoodei c'était pour moi une humiliation, un supplice, que je n'ai plus eu le courage de subir, »

IL — Second fait, plus démonstratif encore. Il m arrive bien une ou deux fois par mois, si ce n'est plus, de recevoir dans mon cabinet la visite d'un client (homme ou femme, pour un nombre à peu près égal) qui m^aborde ainsi : « Sans doute, monsieur le docteur, vous ne me reconnaissez pas; mais cest moi (lui suis allé tel jour vous voir h r hôpital pour une mauvaise maladie que j'ai eu le malheur de contracter. Vous m'aviex dit de revenir pour la suite de mon traitement. Mais c'est si alTreux, si pénible, sihumilianl, cette consultation devant tout le monde, que j'ai préféré faire un mcn'/tve et venir vous consulter chez vous, bien que je ne sois guère en mesure de rémunérer vos soins comme je voudrais le faire* ^ï — Cela, je pense, est signiticatif.

Ainsi notons et retenons bien ce fait : Nombre de malades syphilitiques, qui auraient grand besoin de revenir et de revenir maintes fois a nos consultations hospitalières, n^ revivnncnl pns^ cl cela en raison même du caractère puhîie de ces conaulLations.

Conséquence : ces malades ne se traitent pas.

Conséquence de la conséquence : ils conservent une sy[)hilis non guérie avec tous les dangers qu^une syphilis de cet ordre comporte pour eux-mêmes ei pour aulriii. Pour autrui, en raison des rieochets possibles, et même certains, de cette syphilis non traitée sur la famille, les enfants, la société. N'oublions pas ce dernier poinl, au nom de la prophylaxie.

4^ Quatrième grief qui — celui-ci — ne sera apprécié à &a juste valeur que par les gens du métier.

Excellente pour le traitement des accidents stjidtiîiliqaes, nos

CONSUr.TATIONS HOSPITALIKHES ACTL'EIXES. 525

conôullaïions hospîlalières sont en reviinclie mal appro[)ric(?s au LraiLenienl de la st/p/tilis, Kt voici pourquoi.

Reclierclier la svphilis ù propos d*unc lésion flonnt'c. In trouver H prescrire un lr*iiten»ent en conséquence, cela est retifance lie l*arL pour fies gens habitués à ce genre de diagnoslics; cela va vile, réserves fiiites pour (juelques cas obscurs ou difficiles, cela n'exige qu'un temps en harmonie avec les exigences d'une consul ta iion encomlu'ée» où il ïnnï abattre de la besogne et brûler le pavé.

Tandis f[ue c'est une tout antre afTaire s^il s agit crinslituer un irailenient tJe if( s ij phi lin. Soil^ par exemple^ le cas d'un malade qui, alTeclé de syphilis depuis deux ans et n'ayant plus rien de syphilitique actuellement, vient nous demander s'il doit encore se ti'aiter et commenL Impossible de lui repondre sans reconstituer avec lui loitle l'histoire de sa maladie, sans remonter ttans ses antécédents en vue d*élablir, d abord, s'il a eu la syphilis (car nomiire de sujelss'accnsmtindilment de syphilis); puis, s'il la eue, quelle a été celte syphilis, r[uels accidents il en a éprouvés, t[uels Iraitemciils il a subis, combien de temps il s est traité, depuis quand il ne se traite plus, comment il supporte tel ou tel remède, etc. Or, une revue rétrospective de ce genre est toujours {lassez longue haleine, surtout si Ton a afTaire (ce qui est le cas le plus usuel) a un sujet qui ne vous renseigne que d'une façon incertaine, incomplète, inintelligente, fin ne. Elle n'exigera guère (j*en ai fait réprenve, montre en niaitn moins de cinr| ù liiiit ou même peut-être dix minutes, ce qui esl énorme pour tine consultation oh les instants sont comptés* One huit à dix malades de ce genre se présentent dans la même séance, h enx senis ils feront obstruction en nous prenant une heure sur deux a trois qui doivent être répartie entre deux cents consultants.

Aussi bien, ayons la probité de nous le dire h nous-mêmes et t!e le dire publiquement, le traitement de la syphilis n*est-il pas, dans nos consultations d'hôpital, ce qu'il devrait 6tre, n'esl-il pas ce qu'il serait sûrement avec un autre système, notamment avec le système des eonstiitifiions h fîc/tes indwidueths, sur lequel j*ai longuement insisté ailleurs (Ij.

5"* Et de même au point de vue prophylaclique. Est-ce qu'à ce point de vue nos consultations d'hôpital sont ce qu elles devraient être? Je n'hésite pas encore ici a nous accuser nous-mêmes^ nun plus qu'à nous excuser d'ailleurs, el toujours pour les deux mêmes raisons : surcharge de besogne et man(|ue de lemps. (consciencieusement répondons à la qnestion suivante : Oui ou non, prenons toujours soin, à ThùpitaU d'exposer et d'éni»mérer à nos malades tous les dangers possibles de leur état de syphilis par rapporl a autrui ?

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