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LA CONSULTATION INDIVIDUELLE

tal, c'est la confeminn publique fie la syphilis^ la confossion coram populo,

La consulLalion de ville, r'est^ ai-je besoin de le dire? le tête-a-tète discret entre client el médecin.

Quel conlrasle 1

Je demande ce qu'il ni'ad viendra il s'il me prenait un beau jour la fanlaiâie de procéder chez moi à ma consultation comme j y procède à rhôpilal. Avec toute raison mes clients jugeraienl que j*ai perdu la h^le, el ce serait un sauve-quî-peul g^méraL Or, ce que mes clients jugeraient insensé et intolérable, ii faut que mes malades d'hôpital l'acceptent comme correct et le tolèrent- Et cela pour la très simple raison que ce sont de pauvres diables qui n*ont pas l*argent nécessaire pour payer une consultation privée 1

Eh bien, sans produire ici un ordre d'arguments à l'usage des tribuns de réunions publiques, je dirai tout simplement que nous ne sommes plus à Tépoque où de pareilles inégalités sociales doivent subsister. 11 faut que cela change ; il le faut, au nom de la raison el de r humanité ; il le faut même au nom de Tinlén^t général, comme je le prouverai dans un instant.

Bref, pour préciser, je voudrais qu'àThôpital les malades fussent introduits un a un dans la salle de consultations, et que là ils fussent interrogés et examinés isolément, à huis clos, exactement comme cela se passe en ville, dans le cabinet de chacun de nous. En un mot, ce que je réclame pour le malade d'hôpital, c*esl la consultation en Uh-û-lêie avec le médecin.

Quoi d'impossible à cela ? quoi d'irréalisable?

Une seule objection m'a été parfois, voire souvent opposée par les nombreuses personnes h qui j ai communiqué ce projet de consultations particulières à rhôpilab n Recevoir les malades un à un, mVt-on dit, substituer au vieux système d'examen des malades par fournées un système d*examen individuel, c'est presque impossible; car cela occasionnerait bien des pertes de temps, cela allongerait considérablement, indéfiniment, la durée de séances déjà bien longues. » — I^as tant que vous le croyeii, répond rai -je ; car raisonnons :

1> abord, ne perdons pas de vue que le nombre des malades, à chaque consultation, sera notablement diminué, puîsqu'en principe le nombre de ces consultations sera notablement augmenté.

En second lieu, le système nouveau n'est en rien fait pour augmenter, ne serait-ce que d'une seconde, ce qui constitue le fond même de la consultation, à savoir rinterrogatoire du malade, rexamcn clinique et la formule du traitement*

La perte de temps ne pourra donc porter (pardon d'entrer dans ces détails techniques, mois ils sont nécessaires en lespèce) que sur

^32 LE DISPEXSAIUE VÉNÉBÉOLOGÎQLE.

Je déshftbitlafie des tnatades et leur rhabiliage, ce qui (nous cm sûvons quelque chose de par ce qui se passe dans nos eabinels] est souvi^nl torl long, alor^ s^urloul qu*on a aiïaîre à di*s femmes Mais» notez (|ue Ton penl ohviei' pouf une bonne raesure à ce très réel înconvt'nienL Chaque malade, sans prendre sur le temps de la' consultation, peut fort bien se deshal>illcr d part^ quand son tour est venu, lonime ensuite se rhabiller rt patL Cela est aîTaire d'aménagement, par annexion à la salle de consul la tiûns d'une série de petites eabines ad hoc.

« Une Si* rie de petites cabines oc/ A or, elira-t-on peut-être» mais voilà encore de la dé|ïense î » Bien minime dépense, répliquerai-jc^ car il ne s'agira que de diviser une chambre en quelques logetles séparées les unes des autres par une cloison de bois ou mémi par un simple rideau.

Installée delà sorte, la consultation individuelle aboutirait, jeu suis certain (el certain par expérience faite à ma policlinique de Saint-Louis), à fonctionner commodément et sans être notablemeni plus longue que dans l^odieux système des consultations par fournées.

D'ailleurs, ajouterai-je, ce dernier inconvénient subsisterail-U encore dans une certaine mesure, qu'il suerait plus que largement comjiensé par les avantages considérables, énormes, de la constilta tion privée, avantages que je ne craindrai pas de rappeler euco une fois ici, en disant :

I" Avantage pour (es mahdrs qui, trouvant à rhâpilal des consultations d ordre commun, au lieu d y trouver des confessionnaux publics pour la syphilis, c'est* à-dire des consultations désobligeantes, répugnantes, révoltantes, odieuses, ne craindraient pas d> venir, non plus que dV revenir, et trouveraient là, somme toute, pour leur plus grand bien, le moyen de guérir de leur syphilis, au lieu * résultat plus que fréquent du système actuel) de rester sous te coup de syphiUs non traitées, plus que menâi;antes pour lavenir.

2* Avantage pnut ia stKiéié^ qui échapperait aux dangers iniilliples de syphilis insuftisamment traitées, dangers de contagion pour tout le monde, dangers pour la femme, les enfants, les nourrices, les familles, etc.

De la sorte, donc, et grâce à cette réforme humanitaire, pourrait se réaliser une part de ce que j'ai appelé la prophylaxie par U Iruiiemeni.

Car, en respècr je ne cesserai de répéter et de ressasser cette vérité dont on ne tieni pas assez compte , fintcréi tjénénd t^( inêépa-rtikie lie finlét^t iiHÎwiduei. L intérêt général est que 1 individu se

INSTHUCnON SUR LA SYPHrUS.

irai le et se Irai le à fond. Or, commeiiL faire pour que l'individu, ruuilé morbide, se traite de la sorte, si ce ivesL lui olTrir, lui faciliter tous les moyens d*abôutir à ce résultai? Stériliser la syplulis d'un malade, c'est servir au mieux, bien qu'îiidireclemeul, rintérét

général. En fait de coola^on sypldlilique et de propîïylaxie antisyphilitique, la solidarilé est générale.

Un dernier point demande explicalion.

On m *a dit : « Est-ce que, dans voire projet de consultations privées h Ttiôpital, vous comptez exdure le public médical autre que celui rlu service*?

Non, très certainement non, répondrai-je. El non pour deux raisons que voici :

P Cesl, d*abord, que Téducalion médicale des élèves est une cause sacrée, une cause, elle aussi, d*intér5l général. Restreindre les centres où le publie médical peut venir apprendre des maladies aussi communes et aussi imporlanles que les maladies vénériennes sérail, à tous égards, une pure ineptie.

:2^ (Test, en second lieu, que nos consultants ne sont en rieo choqués, ofîusqués parla présence d'un public métiicalh nos consultalions, ('elaje Taflirme par une longue expérience des cliniques de ce genre el pour en avoir bien souvent causé avec mes malades. Que de fois n'ai-je pas entendu ces malades (hommes ou femmes) me dire : (f Des médecins, ohî cela m'est bien égal ; ils ne me connaissent pas. et je ne les connais pas. (le n'esl pas moi, d'ailleurs, qu'ils regardent, c*est ma maladie. Et puis, eux, ils ne diront rienl w Ce qui leur déplaîl, au contraire, ce qui leur est pénible, intolérable^ c est le public des consnltanls, c'est la foule, la grande foule, où peuvent se trouver des personnes de connaissance qui sauront leur maladie, qui en bavarderont, qui la divulgueront; c'est jusqu'à la curiosité malsaiïie qu*ils voient ou qu'ils croient voir sur le visage d' i neo n n us, d 'i n d i iTéren t s.

Aussi bien la présence du public médical est-elle absolument compatible avec les consultations d*ordre privé que je réclame pour nos malades.

11 va sans dire, enfin, (|ue si, par exception rare, quelque malade (homme ou femme) réclamait un examen absolument privé, rigoureusement secret, il ne s'adresserait pas en vain à la bienveillance du médecin pour obtenir cette faveur.

VF. — Autre point. Alors que les consul talions ne seront plus surctiargées comme elles le sont actuellement, le médecin aura tout loisir pour s'entretenir avec ses malades dliôpital comme il le fait avec ses clients de ville, el il en profitera pour donner à ceux-là les salutaires conseils qu'il donne à ceux-ci relalivemenl aux dangers

534 LE DISPENSAIBE VÉNÉBÉOLOGIQUE.

individuels de la syphilis el^ non moins spécialement, h ses dangers d'irrad talion sur auirai. Il servira donc de la sorte très utilement les int^rï?ts de la prophylaxie. Ce sera là, pour Ini, un devoir professionnel; et ce devoir, qui lui e^t imposé par sa conscience non moins qne par sa situation, sans aucun doute il ne manquera pas d'y satisfaire.

Ce n*esl pas tout. Je voudrais, en ou Ire (comme cela se fait déjà dans quelques services) qu'un complément fût adjoint aux avis oraux du médecin, et cela sons forme d*une Instruciion que te malade emporterait avec lui. Celte instruction, qui ne serait que la reproduction des paroles du médecin, devrait, à mon sens, dire imprimée au verso de toute ordonnance délivrée à un malade syphîlilique. Elle serait libellée, bien entendu» de ta fat; on la plus simple» et sous une forme accessible à tous. Par exemple, elle pourrait ôtre courue dans les termes suivants :

I. — La syphilis esl une maladie qui guérii^ mais qui ne guérît qu*au prix d'un lonr^ traifemeni, lequel doit éire conlinué plusieurs années, alors même que la maladie ne se traduit (dus par aucun signe extérieur,

u. — Elle est extrêmement confagieuse^ notamment par les érosions ou plaies, si minimes soient-elles, qui se produisenl soit sur les organes génitaux, soit h la bouche.

Le malade syphilitique a donc le devoir rigoureux de s'ahslenir de toui rapprochemeni sexuel alors qu'il porte la moindre lésion aux organes frénitaux.

Il a de même le devoir, alors qu'il présente quelque érosion aux lèvres, à la langue ou à la gorge, de s'abstenir d*embrasser qui que ce soit, tout baiser, même sur la peau saine, pouvant être conlagieux.

La conlagion peut encore se Iransmellre par rinlcrmédiaire de tout oltjd ayant été eu contact avec les sécrétions morbides du malade (verre, cuiller, fourchetle, pipe, cigare, cigarelle, linges^ draps, vôtcroenis, etc.).

m. " La syphilis se transmet héréditairement aux enfants (qui, le plus souvent, en meurent), alors qu'elle n'a pas été suffisamment traitée. Un sujet syphilitique ne peut donc se marier au plus lot qu'après trois à quatre ans consacrés à un traîlemenl méthodique, et que sur autorisation d'un médecin.

IV, — Un enfant né d'un père ou d*une mère syphilitique ne doit jamais être confié à une nourrice , parce qull pourrait transmettre la syphilis à cette nourrice.

V. — Alors qu'un sujet syphilitique vient à être affecté d'une maladie tpteîronqne, il doit toujours déclarer son état de syphilis à son médecin, cette déclaration pouvant être d'utilité majeure pour la direction du traitement et la guérison de la maladie.

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