‹ Prophylaxie de la syphilisChapitre 114 sur 123 · HAUX · texte numérisé non relu

HAUX

beaucoup le budj^el de rAssislance, si Ton trouvaU moyen ci Ton peut trouver moyen) de sevrer les m faux [jauvres " dm iLirgesses administratives. — Question à étudier.

IX. -^ J'arrive à la question du personnel médical appelé à desservir le d i spe n sa i re vé n ér éol og ï q u e .

Je ne me le dissimule pas, de toutes les partie!^ de mon programme, celle-ci sera à coup sûr la plus discutée, la plus attaquée. Je m'attends, en ce qui la concerne, à des objections multiples et d ordres divers, j'aborde cependant le sujet avec l'onliance, soutenu par Tespoir que Tulilité pratique des innovations dont je vais parler s'imposera tôt ou larJ.

!. — Comme base de toute Targunientation qui va suivre, je rappeilrrai un point que je crois avoir établi dans ce qui précède, à savoir :

(Jue le Irailemenl de la si/philis (de la sypliiits maladie, et non des accidents sypbiliiiques passagers) ri est pas réalisable par la cuve ir hôpital; — q ait est réalisable uniquement par le stjsième des consultations t*x ternes.

Cela posé comme point de départ, une question se présente aussitôt : A qui seront confiées ces consultations externes des iiôpitaux, destinées au traitement de la syphilis (et, je puis ajouter» des afleclions vénériennes en général)?

Réponse, au nom de ta plus ï^tricte lo|:i:ique : Puisque ces consultations externes sont œtn*re majeure en Tespècet puisqu'elles sont la pierre d'assise de l*édifice, elles ne peuvent être contiées forcément par l'adminisiration de l'Assistance publique qu*à ses /)r<'/7if>/'.«î sujets^ c'est-à-dire aux médecins qu'avec toute raison elle considère comme son corps d'élite, c'est*f\-dire ses médecins titulaires.

Donc, c'est à des médecins tilntuires des hôpiiaux que reviendra lotlice de diriger ces consultations externes, et cela, bien entendu, avec l'assistance d'un service qui, me serablc*t-il» pourrait être composé de la façon suivante : un assistant de consultation, destiné à remplacer te titulaire en cas d'absence; — un chef de clinique ; — un interne; — quelques externes; — un infirmier, une infirmière, etc.

Besoin est ici de préciser un point. — Les médecins à qui seront confiées ces dites consultations seront chargés de ce seul service et non de n'importe quel autre conjointement.

Gela, pour deux raisons :

n abord, parce que le service en question sera bien suffisant pour que les médecins qui en seront chargés, s'ils s'en acquittent en conscience (ce que je ne mets pas en doute un seul instant), y trouvent de quoi défrayer leur activité physique et scientifique, chacune de ces consultations leur imposant, d'une part, une bonne besogne

538 LE DISPENSAIÎIE VÉNÉRÊÛLOGÏQUE.

malérielle à accomplir» et, d'autre part, leur oiTraot d'innombrables sujets tJ'étutles propres à sdiisfaire leur curiosilé de chercheurs et d'amis de la science. Car, soit dit au passnge, que de riches&es, que de trésors scietîtifiquesact'umult'S à nos consultations hospitalières! Ce qui, par parenthèse, fait loujours rétorinement et Tadmiration des médecins étrangers (jiij y assistent en visiteurs. Or, ces Irésor», force est bien d^avoiUT f|ue nous en laissons perdre régulièremenl les trois quarts, si ce n est plus» et cela par impossibilité malérielle de les recueillir. Mais, avec moins d'encombremcnl, on pourrait les recueillir.

Seconde raison: Si les médecins en question étaient chargés d autres services, il pourrait y avoir danger que la consultation fiU subordonnée à ces autres services, voire sacrifiée peut-i'^tret alors qu elle doit étr© en principe et de fait, dans t'organisa lion que je rêve, un office de premier rangr, exclusif de tout autre en ron* séquence.

IL — Je poursuis, — Quels seront les médecins préposés par rAssislance publique aux consultalions hospitalières susdites?

Dans mon programme, ce seraient di^s médecins faisant partie d'un persotîfiet spévtal recruté par eonctiitrs spéciaux ^ et ayant ses homologues, pour le dire par avance, dans le corps des accoucheurs ou des médecins a lien is tes de TAssislance publique*

Ce personnel, auquel incomberait rortîce ihi Iraitemenl des mala- <Jies vénériennes dans les hô[n(aux do Paris, se composerait à trois degrés hiérarchiques :

1" De chefs de clinique;

2* D'assistants de consultation ;

â** De médecins lilulaires.

Les chefs de clinique seraient recrutés par concours spécial* et nommés pour trois ans.

Les assistants de consultation (ce nom désigne suffisamment les fonctions qui leur seraient dévolues) seraient recrutés, toujours par concours spécial, entre les chefs de clinique précités, et nommés pour six ans.

Knfin, les médecins titulaires seraient choisis, toujoui's par voie de concours spécial, enlre les assistants de consullalion ayant accompli leurs six années de fonctions, et nommés à vie jusqu'à l'âge réglementaire de la retraik\

Voilà le programme etloul le programme.

Or, ne voit-on pas immédiatement quel avantage, et quel avantage considérable, ressortirait pour les malades et pour toul le monde de la réalisation dudit programme ?

A savoir: constiiulion d'un corps médical composé, à tous les

VIEUX SYSI

Spécialistes imphovishs.

degrés de Féchelle, par ùvb médecins experts en vén^'réologic, tous compétents, tous gt^na dn mélîer^ i\ savoir': lo chef rJe cliDiqueT déjà initié à son art par la préparation d*un premier concours; — laï^sislauLde consultation, bénéficiant en plus de trois ans de stage datis les tiôpilaux spéciaux; ^ et, enlin, le médecin titulaire devenu déjà un maître en Tespéce par un minimum de neuf è dix années tt'études spéciales et ne prenant pos^iession d'un grand î»ervice de rAssistanee publitjue qu*en pleine maturité d'expérience spéciale*

A tout le moins, avec ce programme on n'aboutirait pas au détestable résultat du système qui nous régit actueïlemenl, résultat qui est (ïioiprfwiser iVnnjOiir h Tautre des syphiligraplie^j «les vénéréologues. des dermatologistes. El, en elïet, avec la réglementation actuelle, comment deviont-on médecin da Midi, de Lou reine, de Saint-Louis? l*ar voie de rottlemenl et par ordre d*anciennoté entre les divers médecins des bOpilanx. De sorte que d'un concours de médecine générale dérive le titularîat dans les hôpitaux spéciaux, el cela sans Iransitioni sans préparation, et cela après un long stage de huit à dix ans (si ce n'est plus parfois] dans les services généraux. De sorte — je précise — que, la veille du jour où Ton arrive au Midi ou à Saint* Louis, je suppose, on peut ne rien connaître à telle ou telle spécialité, tandis que le lendemain on se réveille spécialiste en tel ou tel genre, Vinvestiture fait ioui^ se charge el répond de tout.

De ce que vous étiez un excellent médecin pour le traitement d*une pleurésie ou d'une fièvre typhoïde, l'investiture vous transforme d'un jour à Tautre en un médecin non moins compétent pour traiter des syphilis, des afTections vénériennes, des psoriasis ou des teignes, etc.

Je n*exagére rien, croyez -le, messieurs. Car nombre de mes collègues des hôpitaux spéciaux pourraient vous répéter ici ce qulls m ont dit bien souvent, à sa voir, comme exemple: << Le jour où je suis arrivé au Midi comme chef de service, je ne m'étais jamais occupé de vénéréologie •• ; — ou bien : ** Le jour où j ai pris le service de Saint-Louis, j'étais fort embarrassé, car je ne connaissais rien aux maladies de la peau, et, corame c'était au milieu de Tannée, j'étais parfois fort gêné pour un diagnostic devant mon interne qui en savait plus long que moi en la matière. »

Aussi bien a-t-on observé quelquefois des cas tels que les suivants, qui peuvent être bons h citer et h méditer.

Il y a quelques années^ un jeune et très distingué médecin du Bureau central fut envoyé à Saint-Louis en reniplacement d'un de nos collègues en vacances. Trois jours, il s'essaya consciencieusement à cette besogne toute nouvelle pour lui* I^tats le quatrième, il déposa son tablier, en écrivant à l'Administrai ion une lettre ou il priait qu'on le relevât de fonctions pour lesquelles il ne se recannâiasait aucune compétence.

MO LE lïlSi^KNSAlRE VÈNRRKOLOCilOUK,

Autre hisloire de môrae ordre. — Il v n quelcuies années aimsL la FaeuUé eut Theureuse JnRpiralion datlacher à chacune des chaires de clinique un Bgivge, <'lmr^é d'assisler le professeur dani^ son labeur d'eiiseîgnenieiil et do le suppléer au besoin. Or» il se trouva quel*agrégé qui me fut adressé ne sYlail jamais occupé desmalîtres qui composent mon enseignemeiiL Médecin fies plus inslruits, mnÏB non moins homme de sens, il vint me trouver pour me dire : « Mon cher maître, je ne connais Hen h la sypliiligraphiet non plus qu'à la dermalotogie, et ne puis en conséquence vous Hre d aucun secours. Mes goiMs, d*ail leurs» me porlcnl vers d'autres études. Si vous l'exigez, je vais tout aussitôt travailler avec vous, puisque ccsl mon devoir, et je ferai mes e(Torts pour hftter le momenl, sans doute lointain^ ou je pourrai vous rendre quelques services* Mais, si vouïa ne Texigez pas.,, ti Je m'empressai de Tin 1er rompre pour lui re pondre : *' Mon ami, M ol i è i*e se u L a p rès avoir fa i t un mMm: in m a Ig t r' l u ( , po u r ra î l fa i rt* u n sijp h Uhj rap k e n i tt (tj f 'é lui , Je ne suis pas de laîUeà cette lilciie. Donc, retourne/, iiux travaux qui vous sont cliers; nous essaierons de n'avoir pas besoin de votre concours. »

Voilà, messieurs, pris sur le fait et jugé par deux médecins érainents le système des compétences encyclopédiques. C*est« en ettet, qu'au nom du bon sens comme de rexpérience, l'encyclopédisme n'est plus possible de nos jours, et que toute science spéciale a besoin iVun a p]>ren tissage spécial. Je me souviens d'avoir entendu dire un jour à mou si regretté collègue et ami le P' Tarnier: ti 11 faut bien di?[ ans pour faire d'un bon médecin un bon accoucheur, n Que n'ai-je laulorité de rilluslre maître pour édîfiei* à mon lour cette vérité parralléle» à savoir qu1l faut bien à peu près le môme temps pour faire d'un médecin un vénéréologue compétent!

Oh ! je vois maintenant poindre Torage et gronder Tobjection. On va me dire ; « V^ous demandez des concours spéciaux; vous parlez d'organi*^er un corps spécial de vénéréologues ; vous allez donc introduire parmi nous des i^péciaiisles'^ »

Oui, ré pondra i-je; mais, rassurei-vous, des spécialistes au bon

sens du mot, des spécialistes (pour prendre une comparaison) qui

soient, par rapport aux aiïections vénériennes, ce que sont nos

accoucheurs actuels des hôpitaux par rapport àlobslétrique, c'est-à-

' dire de bons médecins doublés d'uue bonne éducation spéciale.

Et la preuve, cest que, dans le programme de ces concours spéL-iaux, je ferais une large part préalable aux épreuves de médecine générale*

Mais* cela posé en principe Je me refuse à accepter pour le groupe des vénéréologues (laissez- moi les appeler ainsi désormais) un mode de recrutement qui ne leur soit pas spécial, et cela pour des raisons identiques è celles qui ont séparé le concours des accoucheurs de

PEnsONNEI, MEDU:AL; — COKCOUas SPECtAUX* o4\

celui des chirurgiens. Au nom de la logique, il ne faut pas que ce mode de recrulenieiil leur soit connu un avec les modociuj^ de nos hôpilaiix qui se destinent h eeUe autre spi^cialité qu'on appelle la nu-decine générale; il faut qu'illeiir boïI propre^el cela encore pour deux motifs de bon sens (jue voici :

C'esl, tf abord, que ces uiédecin«i, s*ils onl besoin comme basii* d'une bonne éducation médicale^ n ont que faire d'une éducation médicale ausîsi étendue, aussi complète, aussi parfaite que celle qui est exigible de médecins ne devant jamais faire que de la médecine dite générale.

C'est, ensuite, qu'ils onl besoin de saroir atdre chose qiie ce qttl consithie le proijramme li^uet fies concours du Bureau central. Ils ont besoin, par exemple, de savoir explorer un fond de Tœil (où se réfugie si souvent la syphilis, soit acquise, soit héréditaire), de savoir explorer un larynx, une cavité nasale, uneoreille^ un urt*llire, etc; =ils ont besoin de connaissances gynécologiques leur permettant de suivre la blennorrhagie dans ses envahissements sur Tu ter us et ses annexes; — ils ont besoin de connaissances histologiques et, plus encore, microbiologiques, pour I étmle des parasites et la recherche de Unsaisisf^able agent pathogène de la syphilis; — et ainsi de suite, car je ue saurais tout rlire* l^ref, on a le droit d'exiger d'eux tout uti Ifiujdt/e SLi'eniîfîtpfe spécial et tout à l'ait étranger aux épreuves des concours de médecine usuelle. Sur ce dernier point, d'ailleurs, j'en appelle au lémoignago de tous. Demandez, comme je l'ai (ail, aux concurrents actuels du lîureau central, nos futurs collègues, s*îls prennent jamais souci, dans la préparation de leurs é[ preuves, des diverses matières que je viens de citer ] ils vous répondront tous, comme à moi, que « cela ne les regarde pas n, qu'il n'est jamais question de «< pareilles choses » dans ledit concours^ et qu*jls ont, t* iï s en tenir à la seule médecine générale, un programme déjà bien trop vaste pour Télargir encore par d'inutiles incursions dans le domaine des spécialités ».

Au total et pour conclure» voici ce qui me parait dans la logique et la nécessité des clioses, et ce que je réclame comme innovation :

Recrutement, par voie de concours spéciaux, des médecîâs auxquels seront confiés les dispensaires de Yénéréolo^îe,

Finalement» — pourquoi ne Tavoeerais-je pas? — je suis hanté, obsédé en resfvéce, par une comparaison qui se présente sans cesse

à mon esprit et que je me décide à produire.

« Vous souvient-il, disais-je a mes collègues de T Académie en plaidant déjiV cette cause devant eux en IHVI9, vous souvient*il de ce qu était le service des accouchemenls dans nos hôpitaux il y a une vingtaine d années? I*ersonne de nous n'était accoucheut, mais

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