CONFLIT ENTRE NOURBICF. ET PARENTS DU NOURRISSON
juridiques» je puis vous affirmer qull n*eî^L rien déplus pénible, *le plus lamentable, de plus atroce, que la situalion d'un père de famille soutenant contre une nourrice un proeôsdc ce genre, que la situation d'un pîvre de famille assiégé de lettres comminatoires, d assignalions, d'exploils, inf?ullé h Tandienee^ abreuvé de ve^rationset d*humilîalîons publiques. Au surplus, permeUez-moi de vous citer un exemple pour mieux vous mettre au fait de telles misères, qu'il est utile de connaître à fond pour la pratique. Ceci llxera vos convictions*
Un de mes clients qui avait contracté la syphilis commeL Timprudence de se marier avant d^avoir subi un traitement suffisant* Quelques mois plus tard il devient père d'un enfant, lequel, six semaines après sa naissance, commence à ^tre atVecté d'accidents plus que suspeels. Je suis mandé alors» avec un de mes collègues, pour examiner cet enfant, ainsi que la nourrice qui lui donne le sein. Pendant que nous procédons à cet examen, et a va ut mi*^me que le mot de syphilis ait été prononcé, ladite nourrice, devinant ou croyant deviner ce dont il s'agît, éclate en récriminations violentes, fait une scène, et, dans Tespace d'un quart d'iieure, quitte la maison. — Deux heures après se présente chez notre client un monsieur qui, se disant homme d atîaires, exhiba une procuration de la nourrice, et réclame au nom de cet le femme une indemnité de vingi miHe fratics. fiésislanee bien naturelle de la part du père et refus d'obtempérer a de telles prétentions. — Puis, le môme soir, arrivée d'une assignation en forme, par ministère d'huissier, assignation dont j'ai détaché, pour votre édification, les quelques instructifs passages que voici :
u Lan IS7., le 15 juillet, à la requête de la femme N..-, pour laquelle domicile est élu en l'étude de M^ C**.» avoué près le tribunal civil de la Seine^ etc..,;
« J al, A, B.**, huissier, donné assignation au sieur X,,., en son domicile et parlant à une personne à son service ainsi dénommée, à comparaître à huitaine franclie, délai de la loi, ù l'audience et par devant messieurs le président et juges composant la premièrechambre du tribunal civil de la Seine, pour :
^* Attendu...., Attendu,*,*, (il yen a deux pages dont je vous fais grâce);
a Par ces motifs, s'entendre condamner à payer ÎOO^X) francs de dommages-intérêts, pour cause de préjudice causé A la femme N..,, qui se trouve al teinte <fune maladie vénérienne^ diie sf/phitis, après avoir ftlJaité fenfanl tin sieur A'. ..^ dont te sang éiail vicié par hulih maladie, ainsi quit en nera jaslifié à rauflienee, etc., etc. y>
Et comment cet aimable factum arriva-t-il au sieur X.,,? Discrètement, sauR doute, et sous le voile d'un pli cacheté? Pas le moins
CONTAMINATIONS DERIVANT DE L ALLAITEMENT*
du monde. Il lui arriva, b il vous plaïl, toal ouvert, sans enveloppe, à la fat^on des papiers timbrés. Il fut déposi?^ le soir, dans la loge du concierge, on nalurellemenl il trouva force lecteurs, — comme cela fui établi plus lard, — où môme il fit la joie des domestiques de la maison et des commères du quartier \
Je vous parlais à Tinstant de vexations, d'Iiumiliations publiques. Que pensez-vous de celle-ci comme exemple» messieurs? Ai-je forcé la note?
Et ne me demandez pas mainleaanl (car je serais incompétent pour vous répondre) si messieurs les huissiers ont ainsi le droil û' affirmer la vérote sur papier lîmhrêei de la rendre publique, alors que nous, médecins, nous serions justement et sévèrement condamnés par les tribunaux pour une indiscrétion cent fois moins grave. Slls n'ont pas ce droit, toujours esl*il qu'ils le prennent, comme vous venez de le voir ; et j'imagine aussi qu'ils ne le prennent qu'à bon escient. Le fait est curieux à signaler en tout cas, pour protester contre un tel abus et appeler sur ce point une réforme législative, que vous et moi sans doute attendrons t>ien longtemps.
Mais laissons cela, et revenons à notre sujet dont cette digression nous a écartés.
Je vous disais : On vous demande un conseil pour une questiofi pécuniaire. Donnez le conseil, et donnez-le tel que la situation Texige, J'ajouterai maintenant : le conseil donné, n allez pas plus loin. Car vous n'avez pas qualité poiir aller plus loin, et vous risqueriez de compromcUrc inutilement votre caractère dans des débats d'un ordre étranger A votre profession*
Je m'explique, et un conseil de pratique peut n*être pas inutile ici, surtout à l'adresse des jeunes médecins.
Alors que vous serez invité par une famille à vous faire 1 intermédiaire de la transaction à intervenir entre elle et la nourrice, récuse::-ofms. Souvent, très souvenL, les parents du nourrisson chercheront à vous donner ce rôle : m t^ber docteur, vous diront-ils, aidez-nous jusqu'au bout- Nous ne demandons pas mieux que d'indemniser cette nourrice, mais nous ne voudrions pas discuter la chose nous-môracs. D'ailleurst vous serez plus ù Taise, vous, pour prendre nos intérêts et résister aux exigences de cette femme. Tâchez de la rendre raisonnatile ; nous nous confions à vous. »
Un tel rôle n est pas le nôtre, à nous médecins, messieurs, N'intervenons pas dans ces arrangements pécuniaires. Ne nous en mêlons pas ; c est le mieux que nous puissions faire, et cela pour les deux raisons que voici :
La première, c*est que nous sommes gens d étude et non pas hommes d'affaires. Avec la meilleure intention d'arranger les choses au mieux et pour la plus grande satisfaction des deux parties, nous