‹ Prophylaxie de la syphilisChapitre 23 sur 123 · CONFLIT ENTRE NOURBICE ET PARENTS DU NOLRRISSON · texte numérisé non relu

CONFLIT ENTRE NOURBICE ET PARENTS DU NOLRRISSON

|ioiirrtoD5 bien aboutir à quelque chose fiui ^rail loin d"étrc* parfaiL i|yi pécherai L contre quelque rormalité du Code inconnue de nous, qui ne serait pas valable en droiL etc. Bref, nous n'avons pas la compétence voulue pour ces sortes de choses,

La seconde raison, c'est (pardonnez-moi d entrer dans ces détails intimes de la pratique i que, pour prix de noire ingérence dans toutes sortes de débals qui ne nous regardent pas, nous n'a von s a récoltxîr d'habitude que l>éaucoup d'ennuis, de désagréments, voire de vexa- *'ons. sans la moindre reconnaissance- Ce sera, par exemple, la famille qui, quoi que nous ayons fait, trouvera toujours que non s avons ^ trop fait », que nous avons été bien larges à ses dépens, u bien généreux », Parfois encore surgissent des récriminations plus aroères, .Fai même entendu — vous aurez peine a le croire ^ une famille émettre en pareille circonstance, contre Tun de nos plus dignes confrères, le soupi^on aussi injuste, aussi immérité que possible, ^' de s'être entendu avec la nourrice pour recevoir une part de l'indemnité î " — Ou bien encore, ce sera la nourrice qui, plus lard, se trouvera trop peu payée, qui vous accus^^ra « d'avoir exercé une pression sur elle, de lui avoir arraché son consentement à vil prix en lui cachant la gravité réelle de son mal, d'avoir été payé pour cela par la famille n, ou qui même vous menacera d'une action judiciaire à ce propos, elc. Tout cela est historique, messieurs, je vous lecertifie- El je pourrais vous citer plus de dix de nos confrères qui, étant intervenus dans ces sortes de transactions par obligeance, par bonté d'à me, ont juré, mais un peu tard, qu'on ne les y prendrait plus. J y ai été pris comme eux ; vous y serez pris comme nous, messieurs, jusqu'à ce que l'expérience ait fait à vos dépens votre éducation en pareille matière.

> Troisième point ; Conserver ta nourri ve.

Voilà ce qu*il y a de plus essentiel en respèce, et voilà précisément la difficulté majeure, Cest à cela que nous tendions par tout ce qui précède. C'est pour atteindre ce but que nous nous sommes eftorcé de faire accepter à notre client les deux premiers points de notre programme.

Là, en eiïet, est le nœud de la situation. Tout va dépendre de ceci : la nourrice continuera-tdle ou non à allaiter Tenfant?

Si elle continue, si elle veut bien nous faire la grùcc de continuer (car nous sommes à sa discrétion acluellcment), tout peut encore 8*arranger au mieux dans les intérêts de tout le monde, ainsi que je Tai établi au début de cet exposé en étudiant la question théoriquement. Car, d'une part, rallaitement deTeufant ne sera pas compromis, el vous savez iju'elle est Timporlance d'une nourrice pour Télevage des enfants syphilitiques: et, d'autre part, cett<^ nourrice, gardant son nourrisson, n'ira pas porter ailleurs la maladie dont elle est afTectée.

126 CONTAMINATIONS DÉniVAXT DE lVlLAITEMENT.

Tandis quc^ si la nourrice quitte lenfanL, Ions les inconvénjenls, disons mieux, tous les dangers précisément opposés aux avantages que je vous signalais à rinslant vont surgir aussitôt. D'abord, que deviendra le nourrisson privé de sa nourrice? Comment raltailcr? Noua voici revenus à la situation critique que je vous ai dépeinte prt^cédemmenl, à la situation d'un enfant qui ne peut plu*? avoir de nourrice ordinaire, qui ne peut être élevé que par des procédés mauvais, tels que le biberon» ou exceptionnels et souvent irréalisables, tels que le recours à la chèvre, le recours à une nourrice syphilitique. — Puis, en second lieu, que deviendra la nourrice ? Ou bien elle retournera dans son village pour y inrecler son mari (ce qui s'est produit dans plusieurs des procès que vous pourrez lirel; ou bien elle ira chercher un autre nourrisson, auquel elle ne manquera guère de transmettre la syphilis /ce dont encore vous trouverez force exemples et ce dont je vous parlerai plus tard en détail).

Donc, à tous égards, de quelque côté que nous prenions la question, il y a intérêt et intérêt plus que majeur à conserver îa nourrice.

Or, qu'arrive-t-il en pratique ?

Est-il habituel que nous conservions la nourrice? Non. C'est le contraire qui se produit le plus communément. Le plus communément, la nourrice infectée abandonne son nourrisson, voilà le fait. Et cela est tout naturel; cela est dans la situalion- Les parents le comprennent si bien qu'un de leurs premiers mots en réponse au programme que vous leur proposez et que nous discutons actuellement est pour vous dire : a Mais y songez- vous, docteur ? Si nous avertissons la nourrice de la maladie de lenfant et de la maladie que Tenfant lui a communiquée^ elle va nous quitter aussitôt, elle ne consentira pas à rester avec nous. »>

La rupture entre parents et nourrice est donc, je vous le répète, un fait usueL un fait préparé par la force des choses*

Et d*ou vient la rupture? Pour la prévenir, il est bon que vous en sachiez les causes habituelles.

Celte rupture vient tantôt du fait des parents, et tantôt du fait de la nourrice,

P Elle provient souvent des parents, alors que, malgré tous vos conseils, tous vos cITorts, ils hésitent, ils tergiversent dans une situation qui ne comporte pas de relards, alors qu'ils reculent devant un sacrifice moral et pécuniaire, qu1ls lésinent sur Tindemnité, qu'ils M veulent attendre >s comme ils le disent (attendre quoi? je vous le demande), en un mot alors qu*ils s'engagent dans la voie du silence et de la dissimula lion, etc. yu'arrive-t-il dans ces conditions? Cest que la nourrice ne larde guère à apprendre d'une autre source la vérité tout entière; et alors, justement indignée, doublement indignée

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