PEUT-ON BONNER UNE NOURRICE
]" 0^'*Ji^ enfant conçu à une époque conlemporaine ou Yoi&ine d'une poussée syphilitique est un enfant gravenaent menacé au point de vue héréditaire.
:2* Tandis qu'un enfant conçu loin de Tépoque oîi la syphilis s'est traduite par sa mani feinta lion dernière a toutes chances pour échapper à r hérédité spécifique.
Donc, si b père est resté indemne d'accidents syphiUtiques depuis longtemps à l'époque où il a engendré, de Ik résulte une garantie sérieuse pour l'en fan l. Et^ plus long se présentera ce stade d Immunité, pi as les chances de Terifant se trouveront accrues* Hien que de très naturel, d'ailleurs, à cela. Ce stade d*immunitéi en efTet, n*est'il pas un témoignage de la non-aclivilé, de la sédation de la diathèse ? 11 constitue donc, relativement pour le moins, un gage de sécurité pour l'enfant.
V, — Enfin, la condition majeure^ décisive en Tespèce, reposera
sur le traita ment auqutiie père a soumis sa syphilis.
Ici encore rexpérience clinique est formelle» absolue. A ce point qu*oQ peut établir en axiome ce tpii suit, à savoir :
Que Tenfanl is^u d'un père syphilitique qui s est longtemps et méihodiquenirnt traité a toutes chances pour ér happer aux risques de rhérédité spécifique; — tandis que Tenfaotné d'un père syphilitique qui ne s'est pas traité ou qni ne s est qu'incom[»lètemenl et insuflisaniment traité, encourt les dangers multiples et divers de rhérédité spécifique*
La démonstration de ce double fait n'est pas A produire ici, car elle exigerait k elle seule plusieurs conférences. Qu'il me suffise de vous dire qu*elle a été pleinement établie de façon à ne plus compter d'opposants*
L'ctTort principal de l'enquête, dans les cas qui nous occupent, portera donc sur les points suivants :
L^c père de Tenfant s'est- il traité ? — Comment s'est-il traité, par quels remèdes et de quelle fac^on? — Combien de temps, notamment, est-il resté soumis à finlluence mercurielle? — Ne pas négliger non plus de s*enquérir s'il s'est trailé peu de temps avant la conceplion ; car Ton sait qu*une influence même provisoire du traitement spccilique snfflt parfois à conjurer provisoirement les effets de l'hérédité infectieuse.
Tels sont lesélémenls qui peuvent servir à la solution du problème que nous avons en vue; donc telles sont les considérations qui nous serviront à déterminer dans un ras donné si, oui ou non, nous sommes médicalement autorisés à confier à une nourrice fenfant issu d'un père syphilitique.
A l'enfant d'cN PÈltE SYPHILITIQUE?
Certes, ainsi que je vous Tai fait remarquer au passage, les cinq coudiléra lions qui précèdenl ne si^nl pas cl Vga le valeur pour motiver noire jugenieuL, A coup sûr certaines pèseront plus que i Tau Ires dans la bataocef telles nolamnienl que relies qui sont déiluiles de Fâge de la maladie et de la qualilé du traitement* Ces deux-là, je no crains pas de vous le répéter» sonl prédominantes; car, ici comme ailleurs, le temps et le traitement se présentent comme les deux grands correctiTs, les deux grands neutratisaleurs de ririfeclion syphililîque. Mais loules, cependant, ont leur signifl cation el doivent entrer en ligne de compte. *
Cela posé en tant que bases cliniques du problème ù résoudre, venons mainlenanl À rappliration.
Vous n avez pas perdu de vue la situation. II s^agit tfun monsieur qui, syphilitique et ayant sa femme enceinte, vient vous demander s'il peut honnêtement et impunément confier son enfant à une nourrice.
C'est par un oui ou par un non qu'il faut lui répondre ; car il n est pasde troisième terme en Tespèce, pas plus qu'il nest d'échappatoire possible à la question qu il nous pose. Qu'allons-nous faire pour lui répondre ?
Ceci : Examiner et interroger à fond cet homme; — dresser son bilan, passez -moi le mot, relalivement à la situation particulière qui est on cause ; — déterminer notamment (c est là le point essentiel) si son état syphilitique comporte encore des dangers héréditaires, et cela en le passant au crible des cinq considérations que je viens de dire; — puis, réunir tous ces résultais de Fenquête, les peser, les méditer, de façon à nous faire, si possible, une convicLion d'après cela; — cl, Imalemeut, formuler une réponse en harmonie avec cette conviction.
Vous dire qu'un pareil jugement sera toujours facile serait mentir h la réalité des choses, comme vous en aurez la preuve dans un instant. Il s agit là, en elTel, d'un problème complexe, h élémenls multiples et surtout à éléments éminemment variables, car chaque cas est un cas particulier, ayant son individualité propre et toujours plus ou moitis diiïérent de celui qui peut s'en rapproclior le plus*
N'exagérons rien, toutefois. Si les diftlcullés sonl réelles, encore sont*elles loin d'être insurmontables. L'expérience apprend, en effet, que, si dissembinbles puissent ôtre les cas de ce genre, ils viennent se ranj^er, somme toute, par la force même des choses, en trois groupes, de la façon suivante :
l" Un groupe de cas où nous sommes autorisés à répondre à la question qui nous est posée par un oui formel;
2** Un groupa de cas où nous avons le devoir de répondre à cette même question par un non tout aussi formel;