‹ Prophylaxie de la syphilisChapitre 31 sur 123 · PEUT-ON DONNER UNE NOURRICE · texte numérisé non relu

PEUT-ON DONNER UNE NOURRICE

3'' El un dernier groupe où, âcientifiquemenl, il nous est impossible de répondre ni par oui ni par non d'une façon absolue. Nous verrons dans un instant quelle conduite nous est imposée dans les cas de cet ordre.

De cela, inainlenani, voici la preuve.

T. Premier ordre de cas^ — G est Tordre de ceux ou tout se présente d*une tûv^on favorable par rapport à renfaot^ par conséquent où les risques héréditaires sont, pour ainsi dire, réduits à néant. Je prends un exemple :

De Texamen de votre client il est ressorli ceci :

(Juc cet homme est sain aclucllement;

Qu'il a eu la syphilis il y a longtemps, fort longtemps» dix ans, je suppose ;

Ouc cette syphilis a toujours été bénigne et s* est réduite à un très petit nombre d^acciilents spécifiques;

Ou*elle est resiée umetle depuis huit ou neuf ans:

tjue cet lionime s est traité, et bien traité, c est -à-dire méthodiquement, longuement, etc..

Bref, dans ce cas, toutes les conditions du programme que je vous ai présenté comme crilérium d'épreuve en pareille matière se trouvent remplies ravorablement.

Donc, d'une façon pour ainsi dire certaine, l'enfant est sauvegardé, H naîtra sain, il ne sera pas dangereux pour sa nourrice-

Donc, quelles raisons auriez- vous pour refuser une nourrice à cet enfant?

Conséquemment, votre rôle sera tout tracé, et vous répondrez au client en question :

<" Oui, monsieur, vous pouvez confier votre enfant à une nourrice. »

Telle est la règle de conduite adoptée par tous nos confrères. Par tous nos confrères, ai-je dit ; je me trompe, mais si peu. C'est qu en eOTet il existe, parmi nos confrères, un certain groupe, un tout petit groupe d'iniransigeanig (laissez-moi etqu*ils me laissent les qualifier ainsi) qui se refusent absolument à confier à une nourrice un eufanl issu de souche syphilitique. Je me souviens, par exemple, d'avoir entendu Tun deux me dire : ^ Sous aucun prétexte, dans aucune condition possible > je ne consentirai à confier à une nourrice Tenfant d'un père ou d'une mère syphilitique. » Tout comme certains médecins, du mi'mo groupe d ailleurs, vont professant que le mariage doit être interdit à tout sujet syphilitique, que lout sujel syphilitique est à jamais déchu du droit de devenir époux et père.

Certes, il est facile el commode de trancher ainsi les questions médicales par de grands principes d'ordre transcendant. Mais ce

A l'enfant b'un père syphilitique? 193

procédé, comme on l'a dit, « Iraache les qucFlions sans les dénouer ». Reste à savoir aussi s'il n est pas plus préjudîeîable qu'utile el si les malades n'auraient pas à se louer «[avantage de î>olulions plus modestes, reposant sur robservattoo et la clinique. Tel est le cas précisément en Tespèee; el, de mérat* que Tobservation a établi qu'un syphilitique a le droit moral de se marier alors qu il a cessé de pouvoir i^tre dangereux pour sa le m me el ses enfants, de même elle a démontré eu ce qui concerne le sujet actuel» et cela non pas par des centaines, mais par des milliers de faits, quVï/ï petil sann danger confier ù une fiourrice Venfanl tViin père .^jiphUitiqite dnni la fii^philis a perdu son pouvoir de iransmissibiliié hérédilaire. La question peut doue être donnée comme résolue.

IL Second ordre de cas. — Celui-ci est constitué par un ensemble de conditions précisément invt>rses de celles que nous venons de rencontrer dans Tordre précédent.

Je suppose que vous soyez consulté — toujours sur le même sujet — par un client syphilitique, et que de Lenquôte ouverte sur lui il résulte ceci :

yue cet homme est syphililique de fraîche date; que sa sypbilis, par exemple, ne remonte guère qu'à un ou deux ans;

Que cette syphilis s'est signalée par de nombreux accidents, d'importance au moins moyenne;

Ou elle s*est accusée derechef peu de temps avant la conception, ou même depuis lors, par telle ou telle manirestatiou;

Qu'elle n'a jamais été traitée que négligemment, incomplètement;— etc.-, **

Eu pareille occurrence, votre conduite est toute tracée. A Thomme qui, en dépit de si pitoyables conditions, vient vous demander s'il peut confier son enfant à une nourrice, vous répondrez par tm non formeL

Kt pourquoi? î^arce qu'en raison de tels anlécédenls palernels l'en fa ut à naTlre court les plus grands risques (s'il naît) pouj" tiériter de la syphilis, que, tout naturellement et presque forcément, il transmettra h sa nourrice.

Donc, interdire ici Tal la item eut par une nourrice n'est pas seulement une indication médicale, cest un devoir professionnel. Le médecin qui man({uerait à ce devoir se rendrait coupable d'une mauvaise action, dont il serait rcsponsalde devant sa conscience et devant les tribunaux. Aucune raison, aucune considération ne saurait lui servir d'exeuse» car il n'est pas de transaction avec le devoir.

1!L Troisième ordre decais. — Après ces deux groupes de cas où le qiiid iigemhtm est facilement et farmellement tracé, en voici venir un troisième oit les choses se présentent d*une fa^on bien moins simple.

C*est le groupe des cas que j'appellerai moyens, parce que tout y est moyen, à la fois comme dangers el comme garanties. Exemple :

CONTAMINAtrONS DERIVANT DE L'ALLArTEMENT.

La 8y[>liilis du clîenl on cause date de trois aos, —Cette syphilis, je suppose, ni\ Hé ni légère, ni grave. — Elle a fait ses derniers acci* dents à un terme qui n'est ni voisin, ni éloigné, il y a un an, par exemple. — Le Iraitemcnlâ éié également moyen, c'esl-à-dîre celui de la plupart des gt^n^ du monde qui se traitent bien au début de leur maladie p<*ndan[ quelques mois, parce qu^ils ont peur, puis qui ne se traitent plus quand ils sont rassurés, ou qui ne se traitent que de loin en loin, quand besoin est, quand " ils ont quelque chose w.

Dans ces conditions, quel est Tavenir de renfant qui va naître? Je n*hésile pas à dire que cet avenir resle alisolument incertain. Tout est jMmsiiile, en elTet. Il est possible que renfant vienne à terme et sain; c'est même là, je le concède, la probabilité qui réunit le plus de chances, car ii est absolument commun de voir des pères sypliilitiques qui ont eu des syphilis moyennes et qui n'ont fait qu'un Iraitemeut moyen donner naissance à des enfants non entachés desyphilis> Mais l'inverse e^t également possible, pour une certaine proportion. Somme toute, le bilan pronostique se résume en ceci : lieaucoup de chances pour rimmunité de renfant, et quelques chances eo/t/re.

Dans ces conditions, à quoi se résoudre, toujours relativement â la question qui nous csf posée : Pent-on donner une nourrice à lenfant?

Kh bien, ou je me trompe fort, ou le bon sens et la morale se donnent ici la main pour nous dicter la réponse suivante : Ao/i, ii ne faut pQB confier un tel enfant à une nourrice.

Pounpioi? Parce qu'une nouiriee qu! donnerait le sein ù un tel enfant se trouverait soumise à un certain nombre de risques auxquels il serait immoral de T exposer.

On aura t>eau me dire : Mais cnnu^ vous venez de convenir vousmême que dans un cas moyen, tel que celui que vous supposiez â rinslaui, Ituifanl ne court vraiment que peu de risques. Est-ce qu'en de telles conditions l'intérêt même de Fenfant n'excuse pas que le médecin dirige sa conduite dans le sens de révenlualité la plus prohaUt^ qui est ici celle dun cas faviirable ù rallailement par une nourrice?

Eh bien, non^ répondrai*je encore; non, en dépit des probabilités favorables que nous avons d avoir aiTaîre à un enfant sain. Et cela, parce qu il n'existe, après tonU que des probabilités, parce qu'il me reste un doute, et que je ne me reconnais pas le droit, que je ne reconnais ii personne le droit de faire courir à une femme le risque, si éventuel soit il, d'une contamination de syphilis,

En résumé, ma conclusion formelle est la suivante : Dans tout cas qui laisse prise à la moindre incertitude par rapport a La sécurité de la nourrice, teinte rdiction de Tallaltement par une nourrice est certainement une règle de conduite qui s'impose au médeciii, je dirai même un devoir dont il ne saurait se départir*

SYPIIILIS VACCINALE (»)

On a dit : Toute la prophylaxie de la syphilU vaccinale réside en ceci : Suppre^^sion de la vacciDC humaine^ et remplacement de celleci par la vaccine animale.

Cela est vrai, mais à une exception près loutafois, qu*il importe de coDnaUre et que je signalerai lout d'abord, pour déblayer le terrain et n'avoir plus à y revenir.

L — Même avec la vaccine animale, l'opération de la vaccinaLion peut encore èive une cause de contamination syphilitique, et cela par contamination opératoire.

Comment cela? De la façon la plus simple. Par Tentremise d*un instrument malpropre qui, préalablement souillé de virus syphilitique, est reporté sur un sujet saîn sans avoir été lavé, bien lavé^ puriOé comme il conviendrait qu'il le tCiL

Vous savez, messieurs, que de nombreuses observations de ce qu'on appelle les conlagions instrumentales de la syphilis existent déjà dans la science* Les plus célèbres parmi les contagions de cet ordre sont celles qui ont été transmises par des sondes, dans le cathéiérisme de la trompe d'Eustache, D'autres fois la transmission s'est faite par des spéculums, des serres-fines, des stylets, des lancettes, des scarificateurs» des miroirs laryngoscopiques, etc. Je suspecte le porte-nitrate d'avoir été plusieurs fois rinterraédiaire de contaminations qu'il ma été impossible d'expliquer autrement. Et ce qui m*a toujours étonné, c'est de n'avoir pas encore rencontré dans ma pratique d'exemples bien authentiques de transmissions semblables dues à cette foule d'instruments divers dont se servent les dentistes.

Eh bien, ce que peut faire tout instrument, pourquoi la lancette à vaccin ne le ferait-elle pas?

Le simple bon sens, non moins que l'analogie, spécifie donc d'une façon formelle qu'une conlaminelion syphilitique pourrait résulter,

(1) Je ne dirm ritn ici ni de TiiulhcnticHé dr La syphilis vaccinale { hélas I trop démonlrt't], ni des fameuses el lamenUblei épidémUi de syphilis vaccinale, ni dett formes diverse» qu'est susceptible de revêtir rtnoeuUtion vaccmo-î^yphili tique» m de U patbagénic^ du diai^no&tic, etc. Je renvoie sur tous ces points ù mc6 LtçortM turlm sffphilis vJ^cûin^iç^ publiées par le D" ParUiLier (Paris, Lecrosniei" et Babé, liiEl), n'ayant en vue dans çelirreque le càU pruphyUctique de la question*

SYPHILIS VACCINALE.

dans la vaccina lion, d*tine lancette ou d*unc aiguille malpropre, chargée du contage syphilitique.

De même on a |)arlé de contamination possible << par un vaccin en plaques <pii serait delay^S dans la salive d'un sujet aHectéde sypliilides buccales ». Mais un tel fait esUil de nature, vraiment, à jamais se produire?

En tout cas, ces dangers, comme le précèdent en particulier, sont de l'ordre de ceux (|u'il .-îUffit de signa Irr. Un uu'^decin prudent* ayant le respect de ses clienls et de lui-mt'^nie, n*aura certes jamais à compter avec de telles éventualités.

Mais là ne se borne pas !e rôle d'agent intermédiaire que joue la lancette dans Hnoculalion de la syphilis par la vaccination; car voici ce que Ton peut encore observer*

Dans les vaccinations « par fournées >>, telles qu'elles se pratiquent dans les mairies, les hôpitaux, les régiments, les lycées, etc., la transmission de la syphilis peut se faire trun vacciné à un autre vacciné de la même série par Tinlermédiaire d'une lancette d'ailleurs absolument propre et irréproctiable par elle-même.

Comment cela? Delà faron que voici.

Supposons une série de dix sujets que Ton va successivement vacciner dans la m^me séance, et désignons ces individus, suivant l'ordre dans lequel ils recevront le vaccin^ sous les noms de A, B, C, D, E, F, etc.

Le vaccinifère est parfaitement sain ; mais, par contre, un des sujets à vacciner, soit le sujet (I, est syphilitique (particularité que le vaccinaleur ignore).

On vaccine successivement les sujets A, B, C, et, comme Ton est pressé, comme il faut aller vite, aussitôt après avoir vacciné d^ on porte sur D la lancette ou laiti^uille non essuyée.

Eh bien, je dis que cette lancette, sortant encore humide du bras de C, encore chargée de vaccin cl dlmineurs sous-épidermiques (sérosité, sang), pourra transmettre à D la syphilis dont G est aiïecté.

N*est'ce là qu*une hypothèse, qu'une conception imaginée à plaisir dans les méditations du cabinet? Si vous le pensiez, écoutez ceci pour vous convaincre du contraire.

Voici, d'abord, un premier fait qui a été relaté par un médecin des plus distingués, le D"* R. Taylor (de New* York),

Vingt personnes sont vaccinées dans une môme séance avec du vaccin en tubes. Un enfant de sept mois environ, bien portant, sain et né de parents sainpi, est vacciné le huitième. Immédiatement avant lui, on avait vaeciné une jeune femme, prostituée de profession, qui présentait à ce moment même ; comme on l'apprit plus tard) des accidents de syphilis secondaire (syphilide papuleuse, plaques

CONTAMINATION OPERATOIRE»

muqueuses, etc.)* — De celte femme la laticcUe lïit porlée direclemenl el sans Iransilion sur IVrifaiil, car le vaccinaleur (ainsi que cela esl bien spécifié dans Pobs**rvalioii) pa Bétail à la hâte d*un sujet à un autre, sans m^me prendre soin d^essujer son instrument.

Quarriva-i'il?

Cesl que roafaut reçut de la lancetle ainsi chargée et la vaccine et la syphilis.

Vingt -trois jours après la vaccinstîon, on constatait sur Tun de ses bras, au niveau d'une des piqûres vaccinales, une lésion papuloérosive qui ne tarda pas à devenir uti cliancre syphilitique des plus nels; puis, quarante-six jours après Téclosion de ce chancre, se produisait l'invasion d'accidents constilulionnels (roséole, plaques muqueuses, etc) (l).

Que voulez-vous «le plus probanl ?

De môme» M, le D"^ Ory a relaté Tobservalion d'une inrirmiêre de la (Iharité qui reçut la syphilis d'une vaccination faite (remarquez ceci, messieurs) non pas avec du vaccin humain, mais avec du vaccin de gt^nisse. Ici encore les choses se passèrent comme dans le cas précité. Celle femme fut vaccinée immi'"diatemenl après un enfant qui depuis lors a été reconnu comme syphiliti([ue ; et le vaccinaleur, « étant très pressé «, négligea d'essuyer sa lancelle en la porlanl du bras de Tenfaut sur le bras de ladite infirmière. Survinl sur Tune des piqûres une lésion qui fut diagnostiquée chancre induré par mon vénéré collègue M. Bourdon; puis ce chancre fut suivi, à échéance classique, d'accidents généraux i roséole, céphalée, plaques muqueuses, elc/). (2).

Troisième exemple, celui-ci emj>runté à la pratique de mon collègue et ami le professeur Lorain :

Plusieurs malades (femmes) furent vaccinées dans une même

(1) A case în wich syphilittc contagion wa« conveyedin Ihc opéra Imn of vûccinàltorir wHh rcninrk^ upon the mcans of prcventîon, by D"" Tnylor, de New-York {Archiver Qfdermatoiotjy, Avril 1H76, p, 203 A 210).

Lo9i circunslanciSB du lait ortL éld tiolées ici de la fav'on In plu^expHcite ; n „, Le vaecinateur, aprè» nvoir oju^re dur un Rujet, passait de suite au suivant. On sut cl'uite façon pétcmpinire qu'il ne iieLtoyail pas son instrument A chaque individu, mais qu^il rappliquait ra^^iclcincnt et sans interruption ^ar le braflde chacun,.^ La mère de reniant et lu survtnïîantcont loulcs tteust fait In remarque que rinsLrurncnl avait passé directement du bras de la jeune femme sur celui de IVnfant. - -^ P.

lî) Voici le rt^sunié de cette observation :

*• Marie Pich.., eînquBnle-Lrois ans, inPirniièrQ depuis Acijse &n^ à ThApital de la GiaHti^, avait éié vaccinée avec succès â l'ikjç<; de treize ans, — En 1869, alors quVm vaecinait dan» les hôpitaux avec le vaccin pris «ur une i^t^nisse, elle fu'. revaceinée après un enfant ma lini;rei cachectique, reconnu depuis ctimme syphilitique* Le vuecinateur iië^liKeft, dit In malade, dY^ssuyer sa lancette, étant iKis pressé* iVu de Jours après, eUe avait d'abcird une fau<^fïe vaccine ; puis, F un des buutcins, celui de la première piqùic du bras, devint dur et persistant, M. BuuiTJon diagnostiqua un ehancj'C indurt^ et ce diagnostic fut confirmé non seulement par d'autresi médecinsj mai» par l apparition » vers le troisième mois de raccident^ de plaques mu* queuï^es de la gor^e, d'une ct^phatul^c intense et d*une roiic^o'e,

HechereheJ ciinit(aêx titr l'étiolotfi^ des sjfphUiàcs mêtiffnti prétocett par le î)"- Euiftne Ory, Thèj»e9 de Paris, inn, p, îft et 37*

SYPHILIS VACCINALE*

f^éance avec du vaccin de génhse. Ce vaccin avait éUi recueilli en abondance sur le plal d'une lancellc ou ropcraleiir venait le puiser avec une aiguille pour chaque inocula lion. San^ doule^ *f comme il fallait aller vile i>, Taiguille ne fut pas suffiBammenL essuyée, ôiï passant d^une malade à une autre^ Toujours est-il que la dernière malade inocuh^e fut infectée au bras. Sur Tune des piqûres vaccinales» il reproduisit, à échéance normale, un chancre aussi typique que possible» chancre que j'ai vu (parce que M. Lorain me Gt rhonneur de me mander en consultation pour avoir mon avis sur ce cas curieux)» et qui fut suivi d'ailleurs en temps voulu d'accidents constitutionnels.

Or, enquête faite, it fut démontre que plusieurs des femmes vaccinées avant cette malade éfaient en puissance de syphiUs secondaire. Donc, très certainonienl, la contagion syphilitique avait passé d'un sujet à un autre d'une façon médiate, à savoir par Tintermédiaire de l'aiguille à vaccin.

Ainsi, voilà un fait bien établi et n'ayant plus besoin d'autres preuves. 11 est certain^ incontestable, que, dans une vaccination oti le vaceinifére esl sain et la lancette irréprortitdde, ta stjptulis peut être transmise d'un mifet mtcciné à un autre Bujet t^acciné, et cela par Tintermédiaire des éléments organiques (je ne veux pas ou plutôt je ne puis pas préciser davantage) que transporte la lancette d'un sujet syphilitique à un sujet sain.

Incidemment, messieurs, n'oublions pas de relever, à propos de ces faits non moins étranges que malheureux» la possibilité d'un autre danger qui mérite également toute notre attention.

Ce danger concerne le oaccinifère^

Et, en efîct, dans les contaminations de cet ordre, transmises par la lancette ou Taiguille vaccina le ^ le péiil n'existe pas seulement pour les sujets vaccinés ; il existe aussi pour le vaceinifére.

Voyez le cas de Lorain, par exemple. Si, au lieu de reporter Taiguille sur la lancette, on Tei'it reportée sur le bras d*un enfant vaceinifére, est-ce qu1l eût été impossible que cette aiguille transmit rinfaction à cet enfant, tout comme elle Ta transmise à la dernière malade dont il vient d'être question ? Chargée du contage syphilitique» elle eût pu tout aussi bien le déposer sur la plaie vaccinale de cet enfant que rinsérer sous Tépiderrae de cette femme. Cela n'est que trop évident.

Il n est pas à ma connaissance qu'une contamination de ce genre se soit jamais produite, c'est-à-dire je n'ai pas on main un seul fait clinique relatif à une contaminaiion de vareinifère par vacciné, Je ne voudrais pas non plus être prophète de malheur en présageant un tel accident, et je n'en parle que pour le conjurer. Mais cet accident est, di rai~je. dans ressence des choses» et je crains bien que les prévi-

VACCIN HUMJim; — VACCÎS ANIMAL.

sions de la Ihéorie ne deviennenl réalilé un jour ou l'autre, si Ton n'enlourc! pas la pratique de la vaccina lion de plus de garunlies qu'on ne l'a fait jusqu'à présenL. Car, ainî^i que Ta dit un homme d'esprili les histoires les plus vraies ne sont pas celles qui sonL arrivées, mais bien celles que la logique des choses destine forcément à se produire tôt ou lard.

En tout cas, ne quiilons pas ce sujet sans en tirer les enseignements

qui en dérivenl, et disons ceci :

L — {l est indispensfthit qit^nn vaccinoltur ne fasse usage ^ pour inoculer le vaccin ^ que tl'insirnmenis ahsoiumenï irréprorhahles, eî, sinon ffinsimmenls neufs, iout au moins tt instruments soigneusèment essugés^ lavés ^ pur i /tés ^ flamtiéSt etc,

II, — Dans les uaccina lions mulliples, nolammenl dans les tmccinaiions « par fournées ^y, la lancette ou f aiguille ne doit Jamais être reportée d*un sujel sur un autre sans avoir été minutieusement lavée à l'alcool ou â t acide phéniqne^ essugée, flamttée^ etc.

IIL — i)<f même (et c est là une précaution élémentaire bien souvent omise néanmoins^, la lancelle ou V aiguille ne dnit jamais élre

reporlée du vacciné sur le vaecinifère sans avoir été soumise aux mêmes soinst aux mêmes manœuvres délersives et anliseplifpies.

IL — Cela dit, revenons à notre sujet principal, c'est^-dire à la contamination par un vaccin entaché de syphilis.

Je le répète, nous avons une sauvegarde conlre les dangers de la syphilis vaccinale, et nous n'en avons qu'une seule qui soit absolument certaine, qui nous otTre toutes garanties de sécurité.

Cette sauvegarde, depuis longtemps signalée et réclamée, cest Fusage du vaccin animal, c'est la substitution du vaccin de génisse au vaccin humain.

Le sauveur de T homme, ici, c'est 1 anima L c*est la brute. Et comment cela ? Pour cette très simple mai» e:ccellente raison que ta génisse n'est pas, comme T homme, susceptible de la vérole, qu elle résiste à la vérole alors même qu'on s'efforce empiriquement de l'en doter. Incapable de la recevoir» elle est conséquemment incapable de la transmettre-

De là, tout naturellement, cette déduction pour la pratique * I\e plus vacciner qu^avec le virus de la génisse. De la sorte notfs n'aurons plus à compter avec les dangers de la syphilis vaccinale,

l^t, en ejîet, reprenez et analysez, messieurs, tous les cas de syphilis vaccinale qui sont déjà inscrits par centaines dans les

200 SYPHILIS VACCINALE.

annales de la science, pour rechercher de quel vaccin a dérivé Tin-

feclion, Dans Uuis, sans exceplion, linreclion a procédé du vaccin linmain. Pas un, pas un seul, n'est issu du vaccin animal (1).

Donc, le retour an vaccin animal reatiî^e, au point de vue spécial qui nous occupe, une sécurité indéniable. Toule^t là, soye^-en sûrs, pour la proph}l;ixie de la syphilis vaccinale. Aussi bien esl-ce pour nous un véritable devoir professionnel et social que de mulliplier nos efîarls pour accentuer de plus en plus la tendanee acluelle qui a pour objectif la subsliliilion du vaccin animal au vaccin humain.

Ici pourrait prendre place un long débat, relativemenl aux a van* lages et aux inconvénients respeclifs de la vaccine animale et de la vaccine humaine. C'est là, vous le savez, messieurs» un procès qui s'instruiL ou, disons mieux, qui se prépare en ce moment, car nous sommes loin encore de Tépoque où une longue ex[>énence comparative de ces deux vaccines pourra nous permettre de juger la question en pleine connaissance de cause* lleureunement pour moi il ne rentre pas dans mon sujet d'envi^^^nger sous loules ses faces ce difficile el complexe problème. Mais je nV.u saurais éluder deuxpoirïls, qui servent d'objections le plus habituellement opposées â la mesure prophylactique radicale dont je parlais à T instant, mesure consistant en la substitution de la vaccine animale à la vaccine humaine.

Ces deux points sont les suivants :

I" Est-il vrai que le vaccin animal compte plus d'échecs que le vaccin humain pour conférer la vaccine aux sujets inoculés? * "2" Est-il vrai qu'il contère moins sûrement que le vaccin humain rimmunité contre la variole?

Que penser, en ce qui nous concerne, de la valeur de ces deux objections?

1. — La première nous touche médiocrement» ou plutôt ne noua atteint pas. Est-il bien démontré, d'abord, que les inoculations failes avec le vacciu de génisse restent plus souvent stériles que les inoculations de vaccin humain ? Cela paraît au moins contestable, sinon absolument erroné, à en juger ^raprès ce ri ai nés statistiques que J'aurai bientôt à produire. Mais ne discutons pas sur ce point tout d'abord. Acceptons-le même provisoirement comme authentique, et admettons que nous devions nous attendre à plus d'insuccès vaccinaux avec le vaccin de génisse qu*avec le vacciu humain. Eh bien, il ny aurait pas grand mal à cela, me semble4-il, et je ne verrais pas là une contre-indication majeure à l'emploi du vaccin animal-

^1) Il n>at question ici, bien entendu, que des contagion» ]f«u«s dJreciement du

vaccin et non de celles qui peuvent dériver de Topt-riition même de la vaccination, comme dans le paragraphe précédenL — Kn auUvs larmes, le seul vaccinifère capable de transmettre la syphilis par &qu vaccin, c'csl l'hoinime. 11 t\*eiil pas de syphilis vaccinale dérivant d'un vaccin animal.

VACCIN humain; — VACCIN ANIMAL.

L'échec dece vaccin, en elTet, ne comporte d'autre conséquence que la nécessité de renouveler Vinoculation. Aura-t-on échon^l^s je suppose, on en sera cjuiUe pour reconiuiencor* et voilà loul. Mieux vaul en toute évidence n^pèter rinoculation vaccinale une ou plusieurs fois qu'exposer un enfant ou un adulte aux risques d'une maladie telle que la syphilis.

Certes je ne méconnais en aucune façon les inconvénients, voire les dangers d*uue hioculation vaccinale restée ftlérile, laquelle risque de n'être pas renouvelée ou bien de conférer une sécurité qui n'a pas raison d'être. Mais ces inconvénients et ces dangers ne pourraient- ils pas être conjurés dans une large mesure, si le vaccinaleur prenait soin de surveiller ses opérés, de constater les résultats obtenus, d'avertir ses clients et de Tin succès possible d'une première vaccination et de la nécessité, en ce cas» d^uue vaccination itérative?

Au surplus, il ne semble guère que nous ayons à prendre souci d'éventualités de ce genre. Car, si la vaccination animale, lors de ses^débuts, a compté de nombreux insuccès (1), les choses se sont depuis lors absolument modifiées avec les progrès iju'ont réalisés une élude plus approfondie de la méthode et divers perfectionnements apportés soit dans la récolte du vaccin, soit dans la technique opéraloîre(2). Aujourd'hui le vaccin animal paraît valoir le vaccin humain quant à la proportion des inoculations positives qu'il fournil. Que dîs-jeî 11 vaudrait même mieux^ à ce point de vue, d'après un certain nombre de statistiques récentes. Pour plusieurs observateurs, en elTett la moyenne des succès serait plus élevée pour les vaccinations pratiquées avec le vaccin animal que pour les vaccinations faites avec le vaccin jeunérien, et cela an point d'osciller entre 97 et 99 p. 100 (3)- Et même il y a plus. C'est qu'entre des mains parti-

(1) On 8«it (|u*à «es débuU la vaccinaLîon nniinafe €ui Ui: nombreux tnsuccèâ, qui déecm rainèrent nombre de niédecin!», m Elle çn cul njèitie LeIlenH-nt qu'elle fut rejetëe A Paris d'un commun accord par la majoHli' du corp» iTiL-tlical au moment de répidcmiL' de 1870-71, DcpuÎ9 lors la question a chanjfé de face et le nombre deif sucvè^ égale presque aujourd'hui ceux de la vaccinaLiou jennérieune. Ainsi^ en Ilollandei où le vaccin animal est â peu près le seul en usu^e, les inf^uceéa clc vaccinaLion, qui ^Yievaienl en 1.8GH à 21îi p. \MÙ, et en \h9û encore à 1K5 p. t.*ma, ont élé.de 1873 à 1879, en moyenne de 10 p. 1,000, et en 18H0 seulement de 3 p. 1.000, d'après Caraten* •» (A d*hZ»ipioe, article Vacoimb» Nouvcau Diclionn. de méd. et de chtr. pratiques, t. XXXVIII, H*85.)

i%] V. A, dlvspinc, oi-ljelc précité, p. S7*

(â) n ,.. Si Ton consulte les écrit» de Welminckx, BurgiiTraevei, WarU^mont^ Danel, Caraten, Manayra, Steinbeenner, Lanoil, etc., on peut ^'assurer que la moyenne des »uceè« pour la vaccination pratiquée avee le vaccin animal aerittl pitts éievéê qut? pour les inoculations efTectut^e» ai*ce le viiccm humain. Cette moyenne peut atteindre c?l m^mc dépasser 91 p. 100 (Ciaudn. Warloniont, A* Plutiiciui, etc.). Car»ten, avec le vaccin animal, a pu, en 1SH0, obtenir pour tO«:A06 vaccinaLions la pmportion conïidc^rabte de 10. 27 à succë» contre 31 insuccèa ; et Warlomonl n^eul pa9 un aeu] échec sur 2*tàG enfanté soumis à une première inoculation,

n Pour le» revacciimlion», la moyenne des succès est notablement plus élevée

SrPIirLlS VACCINALB,

culièrement habiles et paHlcuIièremenl dévouées k \a cause vaccîoale, celle moyenne a pu s'élever h vent pour ceni ! N entendions-nous pas ces derniers jours mon éminent collègue M. Hervieux, le directeur actuel du service de vaccine, racontera TAcadénije que, sur 362 vaccinations praiiquées avec du vaccin de génisse, il avait obtenu 362 succès, et que^ de plus, chacune de ses vaccinations avait réalisé un nombre de boutons vaccinaux précisément égal au nombre des piqûres (1)? Ainsi, autant de vaccinations, autant de succès; autant de piqûres, autant de pustules vaccinales; c*est la pertection môme.

Après de tels témoig^nages, la cause, peut-on dire, est entendue.

Donc, la première des deux objections usuellement opposées à la vaccination animale doit être considérée comme non avenue* — Voyons la seconde.

en se aervanldu vaccin animal qti'(Mi emplo^yatiL Le vaccin humain, » (Ërnest LcngéL, articîe Vaccin, Biciionn. ëncyclopèâiqtie dtt tciencns mêdtc&let,)

De m^me^ oou^ Uaons ceci dam le Lrèa remarquable rapport que M. Hervteux a consacré à cette quesUon :

" *.. Si nous consuJlons ïes réiuïtal» obtenus par U-s difTi^renlis vaccînttteups A Taîd* du vaccin de çéniîiae, oous voyons que le chifTre des succès remporte généralement sur celui que donne le vaccin humain, tl oscille d'ordinaire entre S7 ei 09 p^ 100 chez Ica sujets non vaccinés.

* Quant auï revaccinés^ ce chilTre a varie de ^0 à 70 p« 100. [1 résulte d'un relevé de S. 500 re vaccinations faites sous la direction de notre émiiient collègue M. Valliitt dans son corps d'armée^ que la proportion des succès a êiê de 69,2^ p. 100 chez le» recrues, de 58 p. 100 chez ïea réservistes et de ^5 p* 100 chez les anciens soldats réfractaires à des revaccina tions fmtérieures. Toupies rapports de médeciui militaires que nou^ avons reclus et dépouillés cett^e année renferment des évalua lions conformes et quelquefois même supérieures à ccUes que je viens de mentionner. Tels sont les chiffres des D**" IliveL et Strœbel, médecins majors au 137" d'infanterie, qui ont obtenu ai p. 100 dans leurs re vaccination s à Taidc du vaccin de (fénisse^ tondis que Tannée précédente ils n'avaient eu que ^H p* 100 avec le vaccin d'enfant Tels sont eneore les chiJTies des D^* André et Félix qui^ dans leurs revaccinations^ont eu 9T p» 100 de j^uccès. Il est vrai qu^ils revaccinaient les réfractaircs jusqu'à ce qu'ils eussent obtenu un résultat. Etc., etc, . *«. — {Happort êttr le9 viecinaliotïs prâtiquèts en France et damt les possesMwns frànçsUes de 48S7 à tSSS. Académie de médecine, séance du 23 octobre IBSS.)

(1) «r *.. Depuis que TAcadémie consacre une séance par semaine A la vaccination animale, j'ai pratiqué 1*917 inoculations favec le vaccin animar,^ dont 362 sur des snjets non vaccinés^ Or, en ce qui concerne ces derniers, il y a eu aufafti de mccéi qiSê d'inùtalAiionÉ, La vaccination de bras â bras aurait pu, il est vrat, nous donner le même résultat; mais nous n'aurions pas obtenu avec elle autant de boutons que de piqûres, et c'est ce qui a eu lieu constamment avec la vaccination animale.

« Or, je ferai remarquer que Je n'aî pas eu reenurt à quelques» unes des précaulions considérées par certains auteurs comme indispensables au succès de l'opération. Ainsi je n'ai pas procédé par aeariftcation, comme cela est çénéralemenl conseillé, mais par simple piqûre. Ma lancette n*était pas chargée pour chaque piqûre, ainsi que le veulent un certain nombre d'opérateurs. Elle me servait, une fois chargée, pour tes si^ piqûres classiques, trois sur chaque bras. Kt celte simplillcation de la technique opératoire, qui me permettait de vacciner une centaine de sujets en une heure, n*a nuUenient nui au résultat des opérations.

n Je ne connais pas le résnltat de mes revaccinations, les revaccinés n'ayant pas l'habitude de ae présenter à nous de nouveau pour obtenir un certificat. Mais, si j'en juge par le petit nombre de ceui que j'ai revus, il serait relativement aussi satisfaisant que celui des vaccinations proprement dites. ** (lier vieux, rapport précité.^

VACCIN humain; — VACCTN ANIMAL. 203

H. — La seconde serait majeure, capitale « si elle repoMÎt sur une démonsiralioQ clinique bien éLablîc.

SU était aequLs que le vaccin animal conférât contre la variole une immunité non t^uivalente soit comme sûreté, soit comme durée, à celle i[\n dérive du vaccin humain, noire parti serait aussi tiU pris» et nous n* hésiterions pas à proscrire le vaccin animal. Mieux vaut encore, dirions-nous, laisser Thumanlté exposée aux dangers (d'ailleurs si rares, relativement) de la syphilis vaccinale que de perdre une part, si minime fût-elle, des garanties que la vaccine nous offre contre la variole. Car, à tout prendre, la syphilis, si grave qu'elle puisse ^Ire, est moins grave encore et surtout bien plus rarement grave que la variole. Et, en définit ive, si la nécessité nous réduit à faire un choix entre les deux fléaux, préservons-nous de la variole avant tout, dussions-nous rester découverts vis-à-vis de la syphilis.

Mais il s*en faut que cette terrible alternative nous soit imposée- La vaccine animale préserve- t-elle moins sûremenl et moins îongiemps que la vaccine humaine contre la variole? En vérité, nous n'en savons rien encore, et toute opinion sur l'un et Tautre de ces deux points^ sur le second notamment, aurait le tort d'être prématurée. Car cette question est de celles qui ne pourront être jugées en dernier ressort que par nos successeurs, par nos fils, par nos petils-fils, c'est-à-dire au prix d'innombrables observations et d'une longue» très longue expérience qui nous fait défaut aujourd'hui,

Touterois, dès aujourd'hui, il y aurait vraiment injustice à méconnaître les heureuses espérances qu'on peut concevoir sur les résultats de la vaccination animale d'après quelques épreuves quelle a déjà subies. Ainsi, dit Warlomont, « sur plus de 10.000 enfants vaccinés à Bruxelles de 1865 à 1870 avec le vaccin de génisse et ayant essuyé la terrible épidémie qui» en 1870 et 1871, a effrayé le monde » il n en a pas été signalé an seul k ma connaissance comme ayant été atteint par le fléau. La même immunité a été le partage de mes revaccinés, bien autrement nombreux, qui, dans le même temps, se sont trouvés dans le foyer épidémique. Le même effet préservateur a été observé pour les habitante de 1*24 communes du duché de Limbourg hollandais, où la vaccination se pratique avec le vaccin animal, lors d'une épidémie qui, en 1H80 et 188Î, fit des ravages dans les communes limitrophes de Belgique et d'Allemagne (t). ^i

De mèmCi d*après les statistiques italiennes, ce serait à Naples et dans les villes où la vaccination animale est en honneur qu'il se produit lo moins de cas de variole et le moins de décès par variole.

Autre témoignage déposant dans le même sens.

Le D^ LiébûuU, depuis IB65, et M. Delthil fils, depuis 1869, ont

(l) E. Lonpet, ifUcl© VAcnmis (toc, ei'f.)*

204 SYPHILIS VACCIXALE»

fait d'yoe façon ri^gulière, h Nogenl-sur-Marne, toutes les vaccinations de la locâliti^" à l'aide du vâccin de gt^nisse, foorni par M, Chambon; et, dans cet intervalle» rV^Z-^i-d/rt' depuis seize anst malgn* les épidémies de variole cjui ontsévi h plusieurs reprises dans ce pays, aucun (lesenfani& vaccinés par ce$ praticiens n'a été aiieinf par le fléau (1),

De même, encore, il résulte des derniers documents orOciels transmis à rArademie par M. le D** llorvieiix que les cfiiffres de morlaïîlé variolique tendent à se réduire de plus eu plus dans noire armée^ depuis que la vaccination animale y a été substituée à la méthode ancienne (2).

Ce sont là, à coup sùr^ d'heureux présages. On ne peut en dire rien de plus quant à présent, je vous Taccorde; mais on ne peut en dire rien de moins, vous en conviendrez avec moi.

Si bien, en fin de compte, que la seconde objection dont je viens de vous parler ne constitue pas plus que la précédente une contreindication sérieuse et réelle à la mesure prophylactique qui peut seule nous sauvegarder de la syphilis vaccinale, à savoir : la substitution du vaccin animal au vaccin humain dans la pratique des vacci^ nations et d*.'s revaccinations.

Au total, donc, ces deux objections restent sans valeur, et nous n'avons pas à en tenir compte*

Mais nou? sommes bien loin encore, messieurs, d*en avoir fini avec le chapitre des olijections qu*on a opposées à la mesure prophylactique en question. Car, après celles qui précédent, on en a invoqué bien d autres* tirées surtout des difficullH pralifpies de ce mode nouveau de vaccination. Celles-ci doivent nous occupera leur tour, et j'entends y répondre sans en oublier aucune, étant donné Tintérét social qui se rattache à cette importante question.

On a dit : cr Vous proposez de substituer d'une façon générale la vaccine animale à la vaccine humaine. Mais c'est une révolution que vous allez introduire là dans les habitudes, dans les traditions, dans les aménagements administratifs, dans les rouages de ce grand système vaccinal qu ont si laborieusement édifié nos pères depuis près d*un siècle* Il faudra donc avoir partout et incessamment des génisses à vaccin, et cultiver le vaccin de génisse comme on cultive le vaccin humain. Quels embarras, quelles difficultés 1 Que de frais nouveaux, que de dépenses à jet continu î Etc*, etc, ^*

\ cela, messieurs. J'opposerai deux réponses, péremptoires, à mon sens*

(1^ Académie dé m<^dc<?îne, séance du 9aoA| ISSÎ. — Discours de M. leDr llcrviÊUît lurla vaccine animale BtîUetin de l'Académie de médecine, IH^I, 2*' furie, L X, p. IMA à l.03£î).

[tj Rapport académique précité, 1888,

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