‹ Prophylaxie de la syphilisChapitre 32 sur 123 · VACCIN ANIMAL. — OBJECTIONS · texte numérisé non relu

VACCIN ANIMAL. — OBJECTIONS

La première, c'est que lodileu révolution »» , si révolution il y a, ©si déjà un fa il partiel] emerit accompli. C'est un fait accompli, par exemple^ en ce qui concerne nos hôpitaux, tous nos hr3pilaux. Vo^yez donc^ pour vous en convaincre, ce qui se passe ici*môme tous les samedis. Tous les samedis 'c'est le jour pour Saint- Louis) on vaccine ou Ton revaccine dans nos salles une foule de nos nialadeSt hommes ou femmes, adultes ou enfants. El avec (juet vaccin? Avec le vaccin d'un** j^énisse qui nous est amenée ici el que bien des fois vous avez pu rencontrer dans les cours ou les préaux de cet hApitah

Eh bien, pourquoi ne pas faire pour nos malades de ville ce qui se fait pour les malades de nos hôpitaux? F^uisque la mesure est bonne pour les uns, j'ima|pne qu'ellf* doit être bonne pour les autres.

El rien de plus simple à mettre en pratique, car nous avons déjà à Paris plusieurs maisons qui entretien tient des ^^énisses vaccinifères, qui livrent aux médecins et à tout le monde du vaccin de génisse pour une faible rétribu lion, qui expédient même de ce vaccia en province, etc.

La province, je Tàvoue, est moins favorisée. Mais pourquoi chaque département n*aurail-il pas son InstHat de vaccin unlnud^ pour dispenser ce vaccin à la population civile et à l'armée? De nombreux établissements de cel ordre se sonl fondés el fonctionnent déjà régulièrement à l'étranger (1)- Reslerons-nous à cet égard en arrière des nations voisines? Somraes-nous donc plus pauvres qu elles, el surtout avons-nous le droit d'être plus économes des deniers publics en ce qui concerne la sanlé publique ?

(It * ... C'est ainsi qtie Ton pourrait ci t«r :

m A Bruxelles, T Institut vaccinal de Belgique* Lpansfo^mé Dfl ùfjfice v^€€itiOgène ctntrMl par Warlomont; r

» A Anvers^ un InsîîUtt vjccmo^éne milii^irt^ ronde sur le rapporl du ntédectn principal ni^niatag ;

n Eo Hollande, \m tnâiitnU \>ttteinù^èri€S 4e la Haye, do Hotterdam, d'Âms^ icrciain ;

-t En AUemagrie, ceujçde Llfrlin, Leipfig, tfamhour^. Weimttr, Dresde, MeU, etc. ;

M En Suisse^ VinHiiutvjicr-.iniii de Lûnc>', près de Gtinève :

m liln Kounianie, celui di.* Bûcha rc^t;

" Ko Angleterre, les InsliluiA vacciitaa^ du IocaI governmtnl Hoard, qu'un bill du Parlé inenl ohli^cc à tcnii' le vaccin animal à ta dinpofiition du public;

« En lia lie» les comités de vitccine unimaie qui se sont mulllpliés dann les principales villes de ce ^ayn (Tunn» Milan^ Gènc^f Rome} depuis la foudalioo du premier Institut vaccinal à Naples ;

M Aux Ktats-Linis, le» Parcs vuccin^iux d^ Now-York* Nooklayn^ Cbambcrsburg, Cbfton, Maryland, Wasliîo^ton, Oielsea, etc. » (Hervieoï^ Happort cité.)

En France, nous ne po»si5dons encore qu'un très petit nombi^ d'etabltsscmenU aeniblableis : A Paris^ celui de M. Cbambon et on autre au \'al-dc-Grâce. créé par riniliative de M. le D'' Perrin; — en province, ceux de Lyon, Montpellier, Bor* deaux. Mais croirail-on que rAcadéoiie de médecine do Parts. rAcadouiie, ce dis^ pcnemîi'e par excellence de la vaccine, ce conservatoire de ta vaccine, qu'un me pa^sû l'expression^ en soit encore aujourd'hui â r^clanier uni! éUbte pour la cultui e du vaccin animal !

SVFHILtS VACCINALE,

Ma seconde réponse sera plus décisive encore, je crois. La voici :

Si Ton veut vulgariser la pratique des vaccinations et des revaccinalions <le fa^on à en finir avec la hideuse variole, il faul avant tout mulliplieroos efforts pour rendre la vaccine exempte de tout datigcr ; il faut, pour reprendre une expression de nos devanciers, la rendre M immaculée, immaculable >u et pouvoir la présenter comme telle au public; il faul ne pas laisser aux mains de ses adversaires cet argument puissant, considérable, et tant exploité par eux, d'après lequel la vaccine serait susceptible de porter en elle le germe de maladies diverses, notamment de la plus redoutée de toutes» de celle qui est un véritable épou vantail pour tout le monde, e'esl-à-dire de la vérole*

Or» relativement à la transmission de la syphilis par le vaccin, la sécurité absolue existe-l-elle avec le vaccin animal? Oui; c'est là un fait acquis, démontré,

Exisle-t-eile avec le vaccin humain? Non, cent fois non. Et c'est là un dernier point qull me reste à établir pour juger catégoriquement la question qui nous occupe.

On a souvent plaidé ce que vous me permettrez d'appeler les circonstances atténuantes en faveur de la vaccine humaine.

Ainsi, Ton a dit ceci tout d*abord ; « Vous parlez des dangers de la syphilis vaccinale. Mais ces dangers sont bien rares, bien exceptionnels. On vaccine tous les enfants, on revaccine quantité d'adultes, et voyez combien peu de sujets ont contracté de ce fait la syphilis jusqu'à ce joun o

Sans doute. Mais enfin, si rare que soit le danger, il existe. Je vous en ai rite nombre d'exemples, qu'on compterait aujourd'hui par centaines. Je n ai plus à vous rappeler ces véritables désastres, semant la syphilis dans tout un village. Pour ma seule part, j ai entendu plus d'une fois, je vous l'assure, les récriminations amères de sujets infectés par la vaccine, accusant la vaccine, acensant leur médecin, etc. J'ai entendu plus d'une fois les regrets attristés de certains de nos confrères auxquels était arrivé le malheur d'inoculer la syphilis à leurs clients sous le couvert de la vaccine. Donc, vous le voyez de reste, la syphilis vaccinale est une éventualité avec laquelle, seraitelle même plus rare encore, il nous faut compter pour notre pratique. Les cas de mort par le chloroforme sont rares, eux aussi, voire tout à fait exceptionnels. Ce qui n'empêche que, si demain on venait à découvrir par bonheur un autre anesthésique qui, ayant les %'edus du chloroforme, n'en comportât pas les dangers, nous n'aurions rien de plus pressé que de délaisser le chloroforme pour cet agent nouveau. Eh bien, tel est précisément le cas ici. Pourquoi donc ne pas faire pour la vaccine ce que nous ferions pour le chloroforme?

En second Heu, on se réfugie et on se cantonne dans l'argument suivant : " 11 est un moyen de conférer à la vaccine humaine Tinno*

INSÉCURITÉ CONSTANTE AVEC LE VACCÎN HUMAIN

cuite de ta vaccine animale par rapport à la syphilis : c'est de choiâit un vttccinifére qui n'ait pas la syphilis, «

Pariait! r<5potidrai-je. Avec un vacciiiifcn.' exempt de syphilis vouh ne transmettrez pa** la syphilis. Cela est de toute évidence* Mais veuillez observer, avant plus ample discussion, que ce vaccinifèrc immaculé et sûrement immaculé, il vou*^ faudra le trouver non pas une fois, mais lous les hail jours {tous les huit jours, entendez-le bien)^ puisque la vaccine s entretient par génération hebdomadaire^ et il vous faudra le trouver tous les huit jours mcf^^nim^n/; dans réternité des âges.

Or, ce pourra être ià œuvre plus laborieuse el plus difficile à réaliser que vous ne semblez le croire*

Mais enfin passons sur ce point, et venons au fait.

Comment prétendez-vous donc, ilemanderai-je à mes confrères aven une curiosité peut-être quelque peu indiscrele, comment prétcndrzvous donc réaliser ce vaccin immaculé, ce vaccin sûrement et infailliblement exempt de syphilis?

Voici, nous dit-on,

« D'abord, nous n accepterons comme vaccinifères que desi^nfanls %és d'au moins plusieurs mois, âgés d'un an, ijuand nous pourrons en trouver de tels. Kl cela, parce qu'il est démonlré que la syphilis héréditaire fait ses mani Testa lions te plus habituel le ment dans les premières semaines ou les premiers mois. Donc, en choisissani des enfants au-dessus de cet âge, nous n aurons presque plus rien à en redouter (l).

« Secondement, nous n*accepterons comme vaccinifères que iles enfants de santé antérieure bien connue et de sa nié actuelle irréprochable; c'est-à*dire, pour préciser, que nous^survedlerons médicalement depuis leur naissance les enfants destinés à servir de varcinifères, el que, de plus, au moment où ces enfants devront livrer leur vaccin à autrui, nous les examinerons derechef el intégralemenl, quanl à leur peau, quant à leurs muqueuses, quant à leur état vih^ céral, etc., de façon à dépister la sypbiUs sous toutes les forme» qu^elle puisse prendre.

M Troisièmeraenl, enfin, nous n accepterons comme vaecinifèreu

(1) On sail déjà par» ce qui procède ce que tiuI c«tle prélendt^ fannlic,

Lçi cas abondent où rinfeclion rtccino vjrpNHUque a été inntmktn par des enfanta pLits ou moina âgé«. Ciiona lea quelquet iulvipla comme eiemplea,

Dant le caa de M, MiUard, le vaccinifère qui ififecUt ée par ton vaccin « neuf enfanb el pluaîeuri adulte», éimit Ifé d'enTirofi tix mnis.

Dans le rail relaU pur un médefln de Bézierv (V. i^çonf tur U êffi^hilk t^ecinsU^ p. 10^, noU 3), ce fui un enfant kgéàe dix m^iâ ci fort beau d'appar«fict« eitijkureaqui Iransmit tinfection racci ncMty phi IJ tique 4 un aittrr enfant.

A Rivalta, le vaccinifère Chiabrera, qui devint î'orjfine de retlrlerriyilplé^mle de 5yphUi« vaccinale où Ton tve compta paa mioina de 44 «nfanU infRctéa (iatia parler dei personnes adulUs coniamiikéca par rieocliel), éiaii «m «ftfant à§é û'oA$§ ntow. — P.

SYPHILIS VACC1!^^1LE.

que éea enfBEits donl les parenls nous seronl connus eL sur lesquels nous n'aurons pas à suspecter la syphilis. »

Admîralilc programme, répondnii-je encore. Voilà, à coup sûr, trois excellentes mesures de prophylaxie vaccino-syphilitiquo. Je ne puis qu'y applaudir (l). Certes, si on les eût toujours observées» nombre de cas de syphilis vaccinale qui sont enregistrés dans la science ne se fussent pas produits.

Que si, par exemple, on s élail toujours enquis de la santé des parents avant d*accepter leur enfant comme %'accinirère, on etH évité des conlaminations qu*a laissées se produire Tomission de celte garaîilie élémentaire* Puisqu'ou a appris après coup, le malheur fait, que lesdits parenls étaient syphilitiques, il est à croire qu'on eût bien pu l'apprendre auparavant.

Que si, de mérae, on s'était toujours enquis de la santé personnelle des vaecinifcres» on eût évitéencore deseniblables malheurs. Bappe* lez-vousun descasprécités, dans lequel deux soldats furent vaccinés avec le vaccin d'un de leurs camarades. Quand la vérole se fut produite sur eux de par le vaccin, on interrogea le vaccinifère qui, sans se faire prier, raconta q u*i I avait eu un chancre de la verge trois mois auparavant. Si Ton avait firis la simple précaution de Tinterroger au moment de la vaccination, on se serait gardé certes d'avoir recours à ' son vaccin.

Et ainsi de suite.

Nul doute, en conséquence, qu'avec un tel arsenal de précautions

(1) « Je ne puis qu'y applaudir k, nSiorve faite louterois pour le premier arlielitj de ce progf&mmCf celui qui a. trait à l'Age des cnTanU acct^pUs ou rhoisia comnieJ vaccinifère».

- Noua h accepterons^ dit-on» cumme vaccintfères que des en fan U Agés de mise mQÎM k un an. m

D 'abords répond roi -je, en trouverei-vous beaucoup, en trouverez- vous suTAsaTOUît-'ul de cet ftRc? Espérons que vous en trouverez, d^ mains en moins, à mesure que letî bicnTaits de la vaccine iront 9q vulgarisant et qu'on aura plus de facilités pour vacciner tous les enfants de bonne heure, c'csUà-dire dès le^ premiers mois.

Eu tende?*- vous, au contraire, ne vaccinera dessein, intentionneilement, un certain nombre d'enfants qu'à rû^jo de sîv mois à un an? NoUt en toute évidence, "car ce serait là une véritable immoràiiié. Qui voudrait se prAter à créer df la sorte deut caU^gories de vacciné^^ l'une, celle dc^ pnvîiégit's^ qui senueut admis /i profiter de bonne heure de la sauvegarde vaccinale, et l'autre^ celle dessarn/îés, quon laisserait exposés pendant 9-\x nioii^ à un an aux dangei*s de la vanole, pour la sécurité du premier p'oupe ? Sans compter que, d*autre part, cette détestable, celle abotiiinuble pratique ne manquerait guère d'être ju^ée et condamnée par les événements.

De sorte qu'en dé Tmilive la propûïiition qui con^iiste à n'utiliser pour la vaccine que des enfants %és de six mois i\ un an aboutitâ ceci, praUquement ; ^i l'on a ta chance de rencontrer des enfants de cet û^e, îes préférer comme vaccinifèrcs à d'autres enfants plus jeunes. VA ces! tout- Mai^, n ion nVst pas servi par cetLfiJ ehancc (qui, espcrons-le. deviendra de plu» en plus rare% ladite garantie prophylactique se réduit alora a néant.

(V\, sur le même point, Raymond Petit, Tr&nsmUsion de la Myphiiis p^r v&ceinMiion ; de$ moyens de T^i?* fer, Thèse de Paria^ inêl, p. 94,)

INSÉCURITÉ CONSTANTE AVEC LE VACCIN HUMAIN-

on ne puisse parvenir à éviter presque sûrêmeni les risqu^g d*uti@ eonlaminaUon vaccino-syphililique.

Voilà ce que dil la théorie, et toul cela esl parfait, est irréfutable en principe.

Maintenant, de la théorie passons à la pratique

. Voire programme, dirai-jeà mes honorés contradicteurs, est admirable théoriquemenl, sur le papier. Mais, au point de vue pratique, je le déclare une uiopie^ et cela pour toute une série de raisons dont voici les principales.

D'abord, cette triple garantie qui compose votre programme, vous pourrez bien, je l'admets, la réaliser un certain nooibre de fois avec toutes les exigences, toutes les sévérités, toutes les minuties dési^ râbles. Mais je nie que vous puissiez la réaliser toujours» c'est-à-dire, pour préciser, que vous puissiez la réaliser tous ies huit Jours ei ù perpé'* iaiiéf Cela est au-dessus des forces huinaines, au-dessus du possible.

En second lieu, est-ce que m^me dans ce programme vous espérer trouver les éléments d'une sécurité absolue? Laissez-là cette illusion, A force de peines, à force de dévouement à la cause vaccinale, vous arriverez, je veux le croire, à réduire les risques de contamina lion, à les réduire dans la mesure du possible, de rtuanainement possible, mais vous n'aboutirez yorna/^ à les réduire à néant. Et voici pourquoi,

C/est que chacune des garanties que vous invoquez et qu'il vous plaît de eonsidérer comme absolues n'est en réalité que relniive et laisse place, passez -moi l'expression , à une fissure, à un risque de contaminution. Voyez pluli*d, à ne prendre que les deux suivantes*

Vous dites ; •" Nous examinerons renfantavec le plus grand soin; nous ne négligerons rien pour nous assurer des moindres détails de sa santé antérieure et de sa santé actuelle, » C'est fort bien. Mais oubbeZ'Vous donc qu'il n'y a pas t{ue les vacciniféres en étal de syphilis active, évidente, qui confèrent la syphilis parleur vacciu? Il suffit que la syphilis soit en puissance ou même en incubalion sur un vaccin ifére pour que son vaccin transmette riofectlon. Ce sont là deuxpointsétablisti),sur lesquels je n'ai plus à revenir Or. comment reconnaîtrez-vous une syphilis en puissance, une syphilis talenie^

. (1) V. Leponf $ur Ia typhilis n^crtrute. De par expéHence, en etfet, il est ëtablï que :

L ^ La ois T a 511 s ATI OW VACCIHQ'STPinUTiQtrB PEUT ÉTWE TAA^rSMISE PAll tlK VAQCIt-

«IT ^.ilB, EN KTAT llB SVPIIIUS LATENTE.

Voici aujourd'hui, Jl^ ^upposË^ un enfanl qui ne: préfteote €7ctérieuF6ment, di sur U peau, ni sur le» muqueu^es^ ni dans les glandes, eic.^ aucun sjmpU^mi; de typhills^ D'autre pari, il semble jouir d'une santt^ moyenne ou même bon oc ; ol reiamen oUcntifdesps viscère», a usai bien que la con si di'^'oticm de sîciu état g^*néral, ne permet en Heu do supposer chez lui l^xisteiiee d iin<.' lésion interne d'ordre s pé ci tique. Eh un rnot^ il paraît ïiain et bien portant.

VA\ bten, je dis que cet enfant, s'il est entaché de syphilÎB (et de syphilis soit

SYPHILIS VACCINALE*

latenle, entendez-vous bien le mol? Poser la queslion en ces termes, c'est la résoudre» o'est-il pas vrai ?

hért'dilaire, soïl ncquiae, n importe)^ peut trâTismetlre la fi^'pyiti par loti vaccin à toute personne saine à qui ce vaccin sera iniiculé aujourd'hui.

Voilà qui e^l bien es^lraordinairc, uUex-vous me dire. Qù tnjuvesE^voue la preuve d'un ici fait ?

I^a preuve de ce fatt, nous Tiivonm dans plusieurs observations de syphilis vaccinale. Exemples :

Dans le ca» précit^^ du vétérinaire B...» renfattt qui Infecta par son vaccin di^icneuf personnes sur vin^çt-quatre avait dtë examiné nu âeÏQ tét« aux pieds et reconnu sain. " De plua^ il était» ajouLc-t-ont <î" parfait état de santés fort •», etc*

Dans l'épidémie do Hivalla, renrant Chiabrera, dont le vaccin infecta irt^n te- huit enfanta sur quarante-six, éiml^ dit-on éfi^alement^ en par-fail^ santé. Il avait onze mois, et il est repriîsenté dans l'observation comme un bel enfant^ » de constiLution robuste ».

Dans l'une de mes observations personnelles je trouve expre^Sfiment noté que le vaccinifère, » qui était un bel en fan t, de bonne apparence », fut examiné «« nu de La tétc aux pieds ■> par l'un de nos bonorubîes confrères^ nn^decln à coup sûr fort instruit et expérimenté, tin outrc^ un examen spécial et prolonj^é porta sur la bouche» la g^orgrc^ les reliions (îé ni taies, Fonui, etc. L enfant fut trouvé absolument sain et accepté comme vaccînifére. EL cependant il était syphilitique. Il rétnit si bien que^ f>ix semaines plus lard^ il pressentait i^ur les fesses et au pourtour de Tanus des ^yphilides aussi mani fers tes que possible, et que, d'autre part, il infecta au moins six perî^unnes par son vacctn^

Et de même encore pour plusieurs autres cas que je pourrais citer.

Donc, messieurs^ il suffit qu*un sypliilitique soit en état de syphilis Utenie^ e*eBi-à*dire de syphilis ne ^'accusant ni par aucun phénomène cxlérieur^ ni par le moindre trouble de santé générale, pour que son vaccin puisse transmettre rinfection* Et voilà précisément ce qui fait le danger en Fcspècc. Le danger ^ c'est VoMpectfro mpe ar du t^«cc^ni/e^e ♦

Vous avex sous les yeux un enfant dont la peau, dont les muqueuses sont »aîncs« dont la santé parait irréprochable, Vous confiant â ces belles et rassurantes apparences, vous pouvez accepter ou même choisir cet enfant comme vaccinifère. Qr^ le malheur veut, ]>: suppose, que cet enfant soit en puissance de syphilis latente. Qu*advient^il'? C'est qu'avec le vaccin de cet enfant vous inoculez ou pouvez inoculer la vérole à un ou plusieurs de vos vaccinés. Quel danger pour la pratique, meisï^urs, et^ en ce qui nous concerne personnellement, nous médecins, quelle responsabilité l Quel avertissement aussi pour nous de ne choisir nos vaccin if ères qu â bon escient et sur d'autres garanties que celtes de simples apparences extérieures 1

Encore n'est-ce pas tout* Car il est un second péril avec lequel il nous faut compter, et celui-ci bien plus insidieux encore que le précédent, bien plus inattendu, comme vous allez en juger.

IL — ÏL SUFFIT A LA CONTAMINATION VACCl^^O-StmiLlI iQtJE QUE LE VACClXIFàRB SûlT til* TNCUBATTOK niS STPHI^ÎS*

Je m'explique par un exemple*

Un enfant sain, Issu de parents saina^ a été vacciné^ je suppose, il y a huit jours, avec du vaccin puisé à une source syphilitique.

Le vaccin s'est développé sur lui aussi normalement que possible; et aujourd'hui, à son tour, cet enfant va servir de vaccinifère.

Eh bien, je dis que son vaccin pourra transmettre la syphilis,

* Impossible, allez- vous me répondre. Quoi I cet enfant sain. Issu de parents sains, vacciné II y a huit jours avec un vaccin impur^ transmettrait aujourd'hui la syphilis avec son vaccin î Impassible; car, à supposer môme qu'il rut conlracté,du fait d'un vaccin impur, la syphilis il y a huit jours, il ne présente rien encore de syphilitique. Son chancre n'est pas né, ni même près de naître, puisqu'en moyenne le chancre vaccinal, comme lo chancre de contagion, ne commence à éelore que trois, quatre, cinq semaines à la s w te de la vaccination. Cet enfant n'a donc rien encore

INSÉCURITÉ CONSTANTE AVEC LE VACCIN HUMAIN

VouB ajoutez, daulre pari, et c'est là votre grand argument; M Nous n'accepterons comme vaccinifères que des enfants dont les parents nous seroni connus. » Vous enLentlez par là sans doute que vous choisirez ces enfants dans des familles que vous traitez depuis longtemps et dont tous les antécédents morljides seront venus, pensezvous, à votre connaissance. Rien de mieux, tliénriquenienl. Mais» en pratique, comment se passeront les choses? De la fa^^on que voici, soyez-en sûrs.

Lorsque vous aurez l'inLenlion de prendre du vaccin sur un nourrisson, dans votre clientèle, esl-ce que vous irez vous livrer à un examen in exienso du père et de la mère, k un examen assez comiilet (vous me comprenez) pour t^lre probant? Prierez-vous, par exemple, le père dudil enfant de se déshabiller, afin d'avoir toute liberté de rechercher sur lui à loisir des signes, des stigmates, des témoignages de syphilis ? Et la mère'? Procéderez -vous de la même fai^on à son égard ? Non, cent fois non, n'est-ce pas? Demander cela, réclamer cela, serait manquer aux plus vulgaires bienséances, sans la moindre chance d'aboulir au résultat désiré. Vous vous satisferez donc de ce que vous aurez vu — ou plutôt de ce que vous n'aurez pas vu — dans vos rapports avec ces clients, et vous vous bornerez à dire h part vous : a Voilà une honnête famille que je connais, que je soigne depuis cinq, dix, douze ans. Jamais il n'a été question de syphilis dans ce ménage* Donc, lenfantde pareilles gens ne saurait avoir la syphilis. '>

Raisonnant de la sorte, vous tomberez juste 9 fois sur 10, 19 fois sur 2t), *2t* fois sur 30, je suppose, voire plus souvent encore, si vous le voulez, car j'entends vous faire la part aussi large que possible. Mais une fois de LenijïS à autre vou>^ tomberez tï faux, el %^ous estimerez comme immac ulé l'enfant d'une famille sy|jhili tique. El cela» parce que la syphilis de celle fa nu lie, ou tout au moins, pour prendre le cas le plus usuel, parce que la syphilis du père, dans cette famille, ne vous aura pas été révélée, parce que bien au contraire elle vous aura été soigneusemenl cachée, dissimulée.

^\insi vont les choses, en effet, il faut bien le savoir. Cela, messieurs, vos livres ne vous le disent pas, car ce n est pas là de la pathologie;

qut aU trait à lu «iyphili^^ ; danc il ne fUiurait être dangeroux. Qui ua rien ne donne rien, ^

l*:h bien, ce rai^onncmi^nt, celte iitductiùn théorique, Tobservatlon îuî inOige un d^nienli fnrmel, A preuve tes faUj» suivante :

A Lu para, du vai-'cm en lubc sert â inoculer un g:rand nombre dVnfanIs, dont viti|iÇl-lroJft sont inrectén de syphilis. Un de ces enfants sert à son tour de vaccinirèrc^ huiL Jours plu^ Lard, et, de par son Yaccin^ conimumque la syphilis à Ons& autres enfanU,

De rnéuie, à Itlvalla» un des trcntc-hnitenfanl» infectés fournît son vacein, datant de dix jours, à dix-âcpt enfants. ÏJc ces di^-sept enfants, sept eontraclcnt ainsi la lyphili^ vnecinûle.

l>ono, vuuï le voyeSi Le vaccin d*un sujet en ineuhûiion de syphilis peut transmettre lu syphilis.

SYPHILIS VACCINALE-

mais la pratique se chargera de vous rapprendre. Laisses:- moi donc, pour ceux d'entre vous qui ne sonl pas encore praliciens et (pii n'onl encore étudié les choses de !h médecine que sur les bancs de l'école, lever un coin du voile âur ces petits mystères de la clientèle privée.

Ce qu'apprend rexpérience tout d'abord, en pareille matièrei c'est que quantité de maris ayant contracté Ja syphilis soit avanl^ soit après leur mariage, s'abstiennent soigneusement de faire part de leurs antécédents spéciaux au médecin halnlud de leur famille, c'està-dire au niédefin qui a charge de soigner leur femme et leurs enfants. Ce n'est pas ce médecin-là qu'ils prennent pour contident de leur passé pathologique. Rien loin de là* Us se cachent positivement de lui; au besoin même ils le tromperaient sur ce point. Pourquoi? Pour tontes sortes de mauvaises et sottes raisons : les un^, par défiance véritable ; ils supposent que ce médeciii pourrait les compromettre dans leur ménage par une indiscrétion, soit involontaire, soit malveillante ; — d'autres, parce qu'il leur déplaît d'initier à une vieille histoire de Jeunesse ou» plus encore, à une folie de fraîche date un homme avec lequel ils doivent se rencontrer journellement au foyer de leur fauiille ; — d autres encore pour tout autre motif de raéme ordre et de valeur égale, etc.

Que les choses se passent ainsi à Paris» nul doute à ce sujet, et nous sommes tous, nous praticiens de Paris, édifiés sur ce point en ce qui concerne nos malades habituels. Or, c'est bien pis encore pour la province. Le mari syphilitique île province ne se confesse que bien plus rarement au médecin de sa localité, h son <• médecin de famille •>. 11 est bien autrement défiant, celui-ci, en raison des mesquineries, des habitudes cancanières des petites villes de province où tout se sait, se raconte, se commente, se colporte. Celui-ci, pour peu qu'il ait quekjue aisance, ne se fait pas traiter chez lui. Ou bien il va consulter un médecin d'une grande ville du voisinage, ou bien sous le prétexte d'une affaire quelconque il accourt à Paris,

Que d'exemples du genre n*aurais-je pas à relater! Laissez-mot vous en citer au moins un^ en Ire tant et lant d'autres, pour bien vous convaincre et vous mettre au fait des us et coutumes de cet ordre de clients.

Ces derniers jours, un monsieur de province, marié et père de famille, vient me consulter pour des accidents secondaires de la bouche, suites d'une mésaventure toute récente. Je lui prescris un traitement; Je lui cautérise ses plaques buccales, et j'ajoute : '^ Il faudra dans quelques jours aller trouver votre médecin, pour qu'il examine votre bouche et, au besoin, cautérise h nouveau celles de vos plaques qui pourraient subsister. — Impossible, me répond -il, impossible. Je ne puis consulter pour cela mon médecin habituel ; je ne puis me faire

INSÉCURITÉ CONSTANTE AVEC LE

traiter ahpz moi pour de tels accideuls; je ne voudrais môme pas acheter chez moi les médicaraenU qui me seront Décessaires. — Et pourquoi donc? — Pour toute une série de raisons que voici (et que j'abrégerai) : d*abord, je ne puis faire venir mon médecin chez moi, parce que ma femme me demanderait la raison de ses visites. Je ne puis davantage aller chez lui, parce qu*on me verrait aller chez lui, parce que, dans une petite localité comme la mienne où Ton voit tout, où l'on sait tout, mes visites chez ce médecin seraient interprétées de la façon la plus désobligeante. Quant à mes médicaments, ce sérail bien pis encore* Voyez- vous mes ordonnances traîner dans rofficine du pharmacien où tout le pays va et vient, notamment les jours de marché, les voyez -vous lues et commentées par la femme dudil pharmacien, laquelle relève les factures! Dans les vingt-quatre heures, ma maladie serait connue de tout le pays, etc., etc. n

Pardon de Tanecdote, messieurs Mais Texcuse de cette digression est la morale qu'elle comporte en ce qui concerne notre sujet spécial (l).

De sorte qu*au total, assez souvent h Paris et très hablLuellêraent en province, le nmiectn de famtlie, comme on lappelle, se Imuve être celai qui e^tt h moins tm coarani fie la syphilis de ses vtients kfibiiueis. Voilà le fait, voilà Texacte vérité, photographiée sur nature.

Or, d autre part, je vous prie, quel est donc le médecin qui, dans un ménage de Paris ou de province, est appelé à pratiquer les vaccinations et les revaccina tions? Qui vaccine les enfants, qui revaccine tes adolescents et les adultes ? Qui choisit un vaccin, pour en faire profiter ses clients ? C'est pr<*'cisément le médecin « habituel », le médcvin de famille.

(1) J'insiste poyr affirmer à nouvc^au que les cas de cet ordre s^ont absolument COtnmuu» el d observa Lion courante dauH In clieiilèie dé viMe, J'enâiimis à cliev par eentuines. Uuel que fois mêrne ils dépassent comme d^-Ilance vU-A-vis du médecin et, disofiK le motf cartime imbêciUtê, toul ce qu'oit pourrait croire, tout ce que pourrait invanlcr une imagination fi^cande. K temple :

Un jiî'rave notaire de province, ma rie. contracta la syphilis dans une escapade amoureuse. Il vint sVn faîris Iraiter h UaHs!, p«r moi, pendant f]ui?tqucs moiis ; puis je ne le revis plus. — Quelques anni^eft plus* lard, il fut pris d*une ti*.^mîplégie» que lui-m^mc ^ ^oupçonua bien d être une cons'i^quençe de ^a syphilis *'^ Le médecin de «a locattLê, son médecin hnhiiuêt^ l'interrof^ea alorïi sur s^es nnli^eedent^. Vexamina au point de vue d'une syphïîïs ant^^rieure^ revint ni^me â plusieurs reprises 9uree point dVtiûtogie. Vainîs efTorl». Le malade nia. s'enlèLa à nier la syphilis, et ceta, comme il me le disait plus tard, i^ parce fïu'il n'avait pas envie que son médecin nUAL raconter 5« maladie à sa femme et à tout le monde (!], parce qu il craignait qu'une ordonnance de mercure ou d'iodure ne révélât la nature de son mal à son pharmacien, lequel aurait pu ébmiUr ta chote^ etc. »> — U paya 5a bêtise d'une Inllrmité persistante* Car, lorsqu'il put venir à Paris me consulter* quelques mois plus tard, je jugeai que î>ion licmipléf^ic^ bien que dorij^inc spf^cifiquc, était déjA incurable, et l'évL^nemcnt n*a fait que confirmer ce facile pronostic,

El de m6me pour tant et tant d'autres cas de même ordre, où le médecin fmhiiu€t^ le médecin de famille, est prcsijue toujours laissé à dêi$tin dans une complète ignorance de tout ce qui a trait à La syphilis.

214 ^^^r gYPHILlS VACCINALE,

Si bien {notez ceci) que le médecin qui aurait le plus intériM h coDiieitre les qualitési d'un vaccin peut être et est souvent celui qui les connaît le moinj^ !

Si bien que» naturellement et j'orcement, Téventu alité suivante ne pourra manquer de se produire un jour ou Tau Ire:

iJans rignorance où il sera de la syphilis de tel ou tel de ses clients dont W croit avoir la confiance ei loute la confiance, ledit mcdecin choisira comme vaccinifère Tenfant dudit client, c'esl*à-dire un enfant hérédo-stfphiliiiffae^ dont le vaccin pourra contenir le coniage syphi- Ijtiqua et contaminer autrui.

Celte conséquence est forcée, fatale, inéluctable. Elle pourra bien, par suite de circonstances multiple** et diverses, ne pas se produire un certain nombre de fois; mais il arrivera nécessairement un jour DÛ elle se produira. 11 est impossible qu'elle ne se produise pas.

Donc, je le répète encore et ne saurais trop le répéter au nom de Texpérience, au nom des enseignements de la pratique, la sécariié absoiue n'exish ffns^ ne saurnit exister avec le vareîn humain.

Toujours, quoi qu'on fasse, la vaccination de bras à bras ou avec le vaccin humain conservé comportera un risque, un danger.

Or, je vous le demande, messieurs, et ce sera là ma conclusion

terminale, alors que le vaccin est un bienfait immense dont tout le monde doit <^tre appelé à profiter; — alors que la pratique de la revaccination tend beureuseraent à se généraliser et est devenue même obligatoire dans certains milieux (armée, marine, administrations publiques ou particulières, etc.) ; — alors, enfin, qu'on nourrit le projet (puisqu'une loi tendant à ce résulai est en instauce devant le Parlement) de rendre la vaccine obligatoire pour tous; — dans ces conditions, dis-je» convient-il qu'un danger, un risque quelconque plane sur les conséquences possibles d'une telle opération; convient-il qu'on vienne s oil'rir i^i la lancette du vaccinateur avec une arrière- pensée, une crainte, une appréhension quelconque, et surtout avec la perspective de recevoir la vérole au lieu de la vaccine ou avec la vaccine?

Inutile, je crois, de répondre à une telle question. Donc, il faut, il faut de toute nécessité que la vaccine soit exonérée de touî soupçon. 11 faut qu'elle ne puisse transmettre rien autre que la préservation spéciale qu'on lui demande; il faut qu'elle oITre au futur vacciné une skcubitjI: absolue.

Or, encore une fois, cette sécurité absolue n'existe qu'avec le vaccin animal.

Conséquemment, n'hésitons pas. Pas de tergiversations, pas d'iudécisions, pas d'atermoiements ou de demi-mesures en pareille situation

INSÉCUrilTÉ CONSTANTE AVEC LE VACCIN HUMAIN.

Un parti radical est de rigueur, et, puisque ta vaccine auimale olTrc les nu>mes garanties de préservation contre la variole que le vaccin humain (lequel d'ailleurê, n en est qu'un dérivé), snlfsHlucr le vaccin animal au vaccin humcin me paraît une nécessité qui slnipose,

San*^ doute, ee sera là, non pas une « révolution ".comme on Ta dit, mais une modification dans nos habitudes, une réforme dans les iradiiions acceptées. Eh bien, qu'importe? Le progrès n'est-il pas cela, de l'essence même des choses?

D'ailleurs, je vous Tai dit, cette réforme est déjà partiellement réalisée. PuisquVïle est acceptée pour nos malades d'hôpital, pourquoi ne pas la généraliser ? Puisque nous avons eu des raisons et des raisons que nous estimons bonnes pour vacciner nos malades d'hôpital au vaccin de génisse, quels motifs contraires pourrionsnous invoquer pour ne pas faire en ville, dans nos clientèles privées, ce que nous faisons ici ?

Enfin, la réforme dont je parle ressort si simplement, si logiquement, des considérations diverses que je viens de développer devant vous, messieurs» qu'elle s impose vériLablemcnl, je le répète» Si elle est di Itérée, ajournée aujourd'hui, soyez sûrs qu'elle s'accomplira dans l'avenir, alors que le renoncement â une pratique routinière et dangereuse ressortira comme une nécessité urgente d'un sinistre analogue à celui qui s est produit à TAcadémie ces dernières années. Tout le monde alors délaissera le vaccin humain pour le vaccin animal, mais il sera bien temps ! Et ropinion publique aura droit de nous reprocher un alermoiement non motivé. Pourquoi donc attendre? Pourquoi ne pas aller au-devant de nouveaux malheurs par une réforme immédiate ?

CONTAMINATION EXTRA GKNITALE.

Les conlaminations syphilîtiqijeiï exlra-géniLales, c*est'à*dire résul- Uat de contagions qui sa sont portées ailleurs que sur les organ<?s génitaux, comportent au point de vue prophylactique un intérêt coDsidérable.

D abord I elles constituent par excellence la réfutation de ce vieil et tenace préjugé fortement accrédité près des gens du monde» préjugé d'après lequel la syphilis « ne sérail qu'une maladie de provenance exclusivement vénérienne »>; d'où il suit que» pour s*en pï-éserver à coup sûr, il suffirait «de ne pas s y exposer », Or, autant par leur fréquence que par leur mège, les chancres extra-génilanx protestent contre celte sotte et dangereuse, très dangereuse erreur.

En second lieu, ces contaminations exlra-génitales sont loin d'être des exceptions, des « raretés m, des « curiosités *>, comme on le croyait autrefois. Les statistiques démontrent hrutalement que sur 100 chancres il en est de 6 à 7 qui alTectent une localisation extra-génitale. Et cette proportion n'est nécessairement, forcément, qu'un mtnt'muntj etun minimum très inférieure la réalité des choses. Très sûrement, elle doit être majorée, majorée de la quotité non déterminable des chancres exLra-génilaux qui restent ignorés, méconnus, dissimulés, ete. Elle s est accrue d'ailleurs très notablement au fur et à mesure que la science s'est faite, s'est complétée, et que certains chancres (comme le chancre amygdalien, par exemple), qu'on n osait pas diagnostiquer autrefois, ont été reconnus pour lels, c'est-à-dire pour des lésions primitives. En sorte qu*il n'y aurait pas exagération, je crois, à Télé ver à 9 ou 10 p. 100, degré de fréquence qui est loin, à coup sûr, d'être négligeable,

Où se localisent les contaminations d^ordre extra-génital? On a dit, avec hyperhole, « qu'il n'y a peut-être pas un centimètre carré de la peau humaine où Ton n'ait pas observé le chancre syphi-

LOCALISATIONS. — FREQUENCE RELATIVE.

li tique ». Et c'est vrai* Oui, le chancre syphilitique a été lencoutré sur toutes les régions du corps, de la iéïe aux piedw (de la tête aux pieds, liUéraleuïpnt, car on a vu des chancres du cuir chevelu et des chancres du pied). Certes ^ oui, il est des régions dont pas un millimètre carre n'a échappé aux al teintes de la contagion (les lèvres de la bouche, par exemple).

Mais il en est d'autres — et beaucoup d'autres — où le cliancre n'a jamais été rencontré qu'à Tétai d^exception, voire d'exception rare ; il en est beaucoup d'autres qui resteraient encore largement indemnes alors qu'on y accolerait bout à bout les quelques chancres qu'on y a observés.

Laissons d'ailleurs parler la statistique. Voici ce qu'elle nous apprend sur la fréquence relalive de diverses localisations extragénitales des chancres.

Dans une statistique qui m'est personnelle (statistique de ville), je trouve *>42 chancres extra -génitaux répartis (le ia fai^on suivante quant à leur siège :

Oiancrea de la rëinon céphaLïque . . . * , ^. ,**,,.*, ,. 18 i cas.

— de Ift région cervicale. .,*,.,. . ,...*., ,., A —

^ du tron^ U^oreXf abdomen, lesse**) , 2t *-

— duscitt,..., ,.-,.,,.,.,........,... 19 —

— du jiiciiibre supérieur. ,.,.*..,.....,.,,..,. .<. 56 —

— du membre inférieur. ........,* ....,,. 4 —

— de Ta nus et de la région pérJ-anale. •,♦...... ■ . 51 —

ToUÎ ,,..,...... , . . . 642 eas.

A ne placer ici qu'une remarque sur cette statistique» impossible de ne pas être ïVappé des prodigieux excès de Iréqucnce des chancres céphallques par rapport à tous les autres chancres entragénitaux.

A leur tour, ces chancres céphaliques sont très inégalement distribués sur les diverses régions de la tête- Ainsi, les 484 cas précités se réparti ssaient ainsi comme localisation :

I, UouciiK. ........ 435 ca», ainsij rt^parUâ :

IL Fagb. ..,..>*.. 47 caa, ain»t repartis :

ni. CutR casvBLD 3 cas.

Lèvfca.. ..... .... 32»

Lon^^ue ........... 5^

Amytîdatp. 40

Gencives ....,.,,.,. 0

Ftildis^voilef pilier».. A

Muqueuse des joues 1

Menton ............ 24

ifiucs .............. î>

GKiî... 7

NeK, ..,...,.♦..**. &

Front t

Tout. ....... 4%i eas.

Total.

Mais je passe sur ces détails qui excède raieut notre sujet actuelf et je reviens à la question de prophylaxie.

CONTAMINATIONS EXTRA-GÉNITALES.

Eïi Tespèce, éliologie el prophylaxie se confondent, diraUje. Car la noiion des causes qui portent la contagion sur tel ou tel déparletnenl exlra-génital cod lient par elle-iii^me rindicalion prophylacticpie correspondanlc. Voyons donc ce que nous savons, comme étiolo|(ie, sur chacun des groupes des chancres extra-génitaux.

L CuANciŒs liLJCCAiîx. — Il çst ptcsquc inutile de répéler à propos des chancres lîuccaux ce qui Hgure d^une façon banale au chapitre t^liologique de presque lous les chancres, à savoir :

Qu'ils sont heaucoup plus communs chez l'homme que chez la femme (ici, dans la proportion de 353 contre 82) ;

Qu'ils sont plus communs dans la jeunesse qu'à tout autre âge de' la vie;

Mais que, néanmoins, on les a observés à tout âge, voire aux étapes extrêmes de rexislenrè. On les a renconlrés» en effet, soit chez le vieillard, soit chez lenlaiit, voire cliez le tout jeune enfant, chez le nourrisson.

Tout cela nesl que de Tétiologie banale. Mais ce qui est autrement curieux et inLéressânl à tous égards, c'esl de rechercher ce que ces chancres de localisation spéciale présentent de spécial comme origine, comme modalité de contamination. Féconde en enseignements de tout genre cl notamment en déductions prophylactiques, celle étude mérite de nous arrêter longuement.

La syphilis peut élre portée sur la bouche et contaminer la bouche de cent façons dilTérenles,

Et rependant, si multiples que soient ces procédés de eonlamination buccale, il n'est pas impossible (cl il est commode pour un exposé didactique) de les distribuer tout naturel lemenl en Irois grands groupes, réserves faites pour certains modes plus rares de contagion dont je parlerai en dernier lieu.

Ces trois modes principaux de contamination buccale peuvent ôtra dénommes de la fa<;on suivante, quant au Ininstl du conlage, si je puis ainsi parler :

Contagion génito-bnecala ;

Contagion buceo-lsuccale;

Contagion médiate.

Les deux premiers modes dérivent d'un rapport direct entre le sujet' contaminant et le sujet contaminé. Le troisième, au contraire, n'est que le résultat d'une contagion » morte », comme on disait autrefois. d*une contagion média le, comme on dit aujourd'hui, et consiste dans une infection transmise an sujet contaminé par un intermédiaire inanimé quelconque, chargé du contage spécifique.

CHANCRES BL'CCALIX.

La fréquetice relative de ces Irois modes de coiUaminaLion est bieïi loin d'être égale, comme nous allons le voir

1. — La contamination génlto -buccale (dénomination qui tout au moins aura l'avantage de me dispenser d*explications plus que scabreuses) est celle qui part des organes génitaux pour aboulir î\ la bouche. Elle nesl que trop réelle et rorniellemenl démontrée par un grand nombre d observations où les aveux ont été enregistrés.

Mais quelle en est la fréquence relative? ImpOBsible de le savoir. M'est avis cependant que ce mode de contagion est moins commun qu'on ne le suppose général eraenL Généralement on considère tout chancre buccal comme un témoignage irrécusable de contamination fféniio-bticcate^ et cela même sans interrogatoire, sans enquête, sans confrontation. Or, si peu que l*on procède d'une façon moins légt're et moins sommaire, on acquiert la conviction qu'un grand nombre fïe chancres buccaux dérivent en réalité d'une tout autre origine* par exemple de Fun ou de l'autre des deux modes de contamination qui vont bientôt nous occuper* Mais, au surplus, une question de cet ordre est mieux faite pour intéresser le moraliste que le médecin. Inutile donc d'insister davantage.

En tout cas et cela mérite à peine d'être dit, ce mode de contamination est incompaTablement plus commun chez rhomme que chez la ferame^ et pour cause,

IL — Infiniment plus fréquente, au moins d'après moi, serait la contamination bucco-buccale, c'est-à-dire celle qui part de la bouche pour aboutir à la bouche.

Quoi d'étonnant, en eiïet, à ce que la bouche soit pour la bouche une source ultra-l*éronde de contagions syphilitiques? Deux raisons concourent à témoigner de la fréquence nécessaire, fatale, de ce mode de contagion.

D'une part, la bouche n est -cl h' pas par excellence, comme on Ta dit, un i< foyer de vérole •», un « laboratoire de vérole »>, un véritable « nid de germes contagieux »*, en raison de l'énorme, de la prodigieuse fréquence des lésions contagieuses qui s*y produisent» s'y reproduisent et y pullulent à satiété?

Et» d'autre pjirl, la bouche n'a-t-elle pas, pour transmettre la contagion, un mode de contact essentiellement habituel, usuel, cominiui sous toutes ses formes, à savoir l€ Laiser, et le baiser de tout ordre?

Aussi bien, pour ces deux raisons, est-ce par centaines (j'aurais mieux fait de dire par milliers) que les observations de syphilis transmise de bouche a bouche se compteraient dans la science. Des observations de cet ordre se rencontrent à tout moment et sous diverses formes dans la praticpie courante, souvent même en des conditions

CONTAMINATIONS EXTRA-GKNITALES.

telles (alors qu'on prend la peine de les rechercher et de les noter) que le rapport entre raccideiil Iransmetietir et raccidenl transmis ne saurai! rester un instant douteux.

C est ainsi, à ne citer qu*un seul ordre de cas^ que maintes fois j'ai vu ce que tout médecin a vn comme moi, à savoir : de toutes jeunes femmes être conLagionnées A la bouche» dès les premières i&emaines de leur mariage, par des maris peu scrupuleux, s riant mariés prématurément, alors qu*jls étaient alTectés ou en péril d*étre atrecLés un jour on lautre de plaques muqueuses buccales. Deux exemples à ce propos, entre Lanl et tant d'autres que j'aurais à produire.

Un de mes jeunes clients, sypliililique depuis six mois, grand fumeur de cigarettes et, à ce titre, presque constamment afTectL^ do plaques muqueuses buccales, contracte mariage bien malgré moi et en dépit de toutes mes remontranres. Quinze jours après, il revient me trouver» et cela toujours k propos de plaques muqueuses labiales et linguales. Quatre semaines plus tard, je reçois derechef sa visite, mais cette fois il est accompagné de sa femme, sur laquelle je constate un i-hiinrre Inhtnl naissant^ chancre qui a été suivi d'une longue série d'accidents constitutionnels.

De même, mon é minent collègue et ami le D^ Duncân Bulkley a relaté Iliistoire plus curieuse d*un de ses clients qui, de par des plaques muqueuses qu'il portait h la bouche, contagîonna deux femmes à peu près dans le même temps. A la première, qui était alors sa (lancée, il communiqua un chancre syphilitique de la lèvre inférieure, chancre qui fut Torigine d*un esclandre et d'une rupture, A la seconde, qui devint sa femme, il transmit un chancre syphilitique de l'amygdale.

Nul doute, en consé(|uence, ni surrauthenticité, ni sur la fréquence de ce mode de contagion pnr It huiner.

A ce propos, même, deux points se présentent ù noter au passage, et j'y insisterai avec d'autant plus de soin qu'ils comportent un intérêt prophylactique des plus sérieux, que vous allez comprendre dans un instant.

Le premier consiste en ceci : Issue tVun potnl quelconque de la l touche, la ronlagion peut se Irtinsmetlre à an potnl quelconque de la hùuvke.

Il va de soi que la contagion bucco-buccale se produise entre organes susceptibles d*enlrer en contact réciproque, tels que les lèvres qui peuvent toucher les lèvres, la langue qui peut toucher les lèvres ou la langue. Mais ce dont on se rend moins facilement compte, ce dont les gens du monde en particulier n'imaginent pas la possibilité, c'est que la contagion buccale dérive d'organes profonde ment situés dansla bouche (comme les amygdales, par exemple), ou bien, inverse-

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