DANGER DU BAISER EN ETAT DE SYPHÏUS
menl, pénètre jusque dans les profondeurs de la cavilô buccale.
Je préoise. Que des lésions labiales ou linguales Iransraettenl la contagion aux lèvres ou à la langue, c'est loul simple. Mais que des lésions amygdaliennes inoculent les lèvres» ou bien que des lésions labiales itioculent les amygdales, voilà ce qui se conçoit moins, snrlonl» je le répète, pour des gens étrangers à notre art. Et cependant, rien de plus réeL Carlobservation clinique et les confrontations ont nettement étabb, et cela au-dessus de toute contestation possible, Fun et lautre de ces faits, à savoir : f Que des contagion» issues des parties superficielles, voire extérieures, de la bouche peuvent se porter jusque sur les parties profondes de la cavilé buccale; — et "2" que, réciproquement, des contagions issues des parties les plus profondes de la cavité buccale peuvent inoculer les parties super- Gcielles de la bouche.
C'est de la sorte qu'on a vu maintes fois des plaques muqueuses labiales devenir par contagion lorigine de chancres amygdaliens. Et, de même, c*esi de la sorte qu'on a vu des plaques muqueuses amygdaliennes transmettre la contagion aux lèvres ou à la langue.
D'ailleurs, rien d'étonnant à cela. 1/expbration du fait est mÔme des plus simples, car, très vraisemblablement, les choses doivent se passer de la lagon suivante*
Alors que la bout^he est le siège d*un accident contagieux, le coulage est forcément versé dans la salive. Transmis h une bouche saine, là aussi il se niéle à la salive, laquelle lui sert de véhicule pour le transporter ttf/;i/>or/(? oh* De la sorte il segrelTe ici ou là, sans douté au hasard de circonstances toutes locales et purement fortuites; et alors, ou bien il s'arrête sur la partie antérieure de la bouche, DU bien il pénètre plus avant, suivant qu'il trouve en tel ou tel point des conditions propices è sa fixation, à sa germination ou, comme Ton dit actuellement, à sa culture.
Second point, celui-ci à l'adresse non pas des médecins, qui n*en ont que faire, mais de nos clients, d'habitude incrédules ou insoucianls h son égard :
La coniagityn fniL'co4tuccfiie es! suscefilihle de s'exercer par tous les coïiiaeta* nueh quih soienL qui niellent en rapport (n hutwhe fitfec la bouche.
Contrairement à ce dont sont persuadés les gens du monde, la syphilis n'a pas besoin, pour transmettre sun dangereux contage, du baiser passionnel, ardent, prolongé, réciproque, etc. Tout mode de contact labial lui suffit. Aussi bien que du baiser de Famour on a vu la contagion dériver du baiser de I amitié, du baiser simplement afTectueusL, familial, respectueux même, voire du baiser indilTérent, tel que celui que Ton donne au petit enfant inconnu qui vous tend sa tôle blonde.
CONTAMlNATtONS EXTRA-GÊNITALES .
Cest aÎDsi que maintes fois la contagiati a été IransmÎE^e par ua baiser ecliangé entre parents, entre amis, entre mère et fils, entre père et fils, entre Trère et frère, en Ire frère et sœur, etc.
C'est ainsi, de même, qu'elle a résulté, pour une série de faits non moins authentiques, du haiser donné à un enfanl, tout aussi bien que du baiser d'un enfant. Et ainsi de suite.
Au total, doue, quel f[u'ilsoit, si superficiel, si court, si t>anal soitil, le contact buccal peul î^uffire el suffit à la contamination; voilà le fait.
Eh bien, de ce fait découle tout naturellement une no lion élémentaire de prophytaxie, à savoir : qu'un sujet aff^ecté de lésions buccales spécifiques doit s'abstenir absatument du baiser et de tout baiser, quel qull soit.
Or, ce PÉRIL DU BAisEfi EN ÉTAT DE s\PHius, quantité de geos rignorenl, ne s'en rendent pas compte, ou, ce qui revient au même, ne s en préoccupent pas plus que s'ils n'en avaient pas notion. De cela j*ai la preuve presque chaque jour. J^resque chaque jour, en efTet, s engage entre tel ou tel de mes clients et moi le petit colloque suivant , que je vais vous reproduire de mémoire ;
" Surtout, monsieur, soyez prudent! Puisque vous avez aujourd'hui des plaques muqueuses à la bouche et que vous pourrez encore en avoir un jour ou l'autre, n'allez pas risquer de transmettre la contagion par la bouche. ÎS embrassez personne, personne absolument, vous mVulendez bien.
— Soyez tranquille, monsieur le Docteur. Je m'abstiendrai, je vous le promets, d'embrasser ma femme (ou ma ma! tresse, suivant le cas).
— Mais il ne s agit pas seulement de votre femme ou de votre maltresse. Je vous ai dil et je voua repète : N'embrassez personne ! Cela veut dire^ indépendamment de votre femme ou de voire mattresse : N'embrassez ni votre père, ni votre mère, ni votre frère, ni votre sœur, ni parents, ni amis, nienfanls, etc.
— Vous n'y penser pas, monsieur le Docteur. Ne pas embrasser ma mère \ C'est impossible, cela. Ne pas embrasser mes petits neveux, mes petites nièces, les enfants des familles ou je suis ret^u ! Mais tout le monde le remarquerait, tout îe monde dirait : « Ah ! 11 est a donc malade î o Autant publier partout que j'ai la vérole ! »
Et je vous affirme par expérience que besoin est d^insister longuement, avee force explications lecliniques, pour aboutir à persuader de tels malades et obtenir d eux qu'ils ne risquent pas de transmettre la syphilis à leur parenté, à leur entourage, par d'imprudentes embrassades.
Encore en est-il bon nombre qui n'observent qu'A demi la recommandation ou quiscmpresscntdel oublier. Et décela voici la preuve. J'ouvre mes dossiers, et j*y trouve ceci (à propos — notez-le bien —