‹ Prophylaxie de la syphilisChapitre 34 sur 123 · CHANCRES BUCCAUX., — CONTAGIONS MEDIATES · texte numérisé non relu

CHANCRES BUCCAUX., — CONTAGIONS MEDIATES

de malades ainsi et dûmenl prévenus par moi^ comme je ne manque jamais de le faire, du danger en quesUon) :

3 cas où de^ malades anl aiii»i transmisi par 1c bajsci' de fâmiltc^ la syphilis à.

leur frère ; 1 eau où tin inalAde a infacLé sa st^ur (Lûi^'our^ cIl' \n iudma façon, je ne le répé-

ierai pluï*) ;

1 cas où un malade a infecté son père î

2 ca$ où des malades uni infecté de jeunes eiïfnntt dans leur famille (n^vcu et

nièce) :

3 cas oà de* malade* (cWt navratît â dire) onl infecté leur mère !

Total : neuf cas de syphilis transmise par le baiser familial « le baîser atTeclueux, respectueux î

C est donc, pour le médecin qui traite un syphilllique, un véritable devoir professionnel que de sViTorcer d'aller au-devant de si lamentables éventualilés. Ne croyons pas avoir Tait tout ce que nous avons à faire alors que, consultés par un client en état de syphilis secondaire, nous lui avons prescrit un Iraîtcment et une hygiène qui le concernent, lui personnellement. Songeons aussi aux dangers de contagion que ce malade porte avec lui et qui peuvent irradier sur les siens, sur son entourage, sur tout le monde. Ces dangers, lia bien le droit, étranger qu'il est aux choses de la médecine, ou bien de les ignorer absolument, ou bien de ne s'en méfier que d*une façon insu ffisan te. C'est donc à nous que revient la charge de Ten provenir, de les lui signaler expressément» et de lui dénoncer entre tous celui que peut-être il suspecterait le moins, à savoir le baiser, le baiser sous toutes ses formes, voire celles qu'il pourrait Juger le plus inoFfensives. Il y a là pour nous, je ne crains pas de le répéter encore, une obligation professionnelle à ne pas oublier.

HL — En troisième lieu, les elianeres buccaux dérivent pour un certain nombre de cas (nombre asseît considérable et certainement bien supérieur à ce qu*on le suppose en général) de coiitag:iotis médiates.

Telle serait môme, s'il fallait en croire les malades, lorigine usuelle de ces chancres, et de beaucoup la plus usuelle. Ainsi la contagion parle fameux « verre maljiropre h où Ton a bu par aventure ne manque guère d'être invoquée en pareille occurrence* La vérité vraie, c'esl que nombre de gens s*e(Torcenl de donner le change au médecin, ou même se donnent le change à eux- mômes sur la provenance et le mode de leur contamination. Vn exemple, entre tant d'aulres, à ce propos.

Un de mes clients, alTecté d'un chancre labial, rapportait Torigine desà maladie à ce qu'il avait bu plusieurs fois, pendant qu'il faisait ses vingt-huit jours de service militaire, au bidon commun de la chambrée. Mais le hasard m'avait édilié à Tavance sur la source

CONTAMINATIONS EXTRA -GÉNITALES,

réelle à laquelle il avait pubé b contagion; car déjà depuis quelques semaines je t rai lais sa maîtresse pour des accidents de syphilis se* conduire, notamment des plaques muqueuses labiales et amygdaliennes.

Toutefois, cela dit et cette défiance posée en principe, force est de reconnaître que les contagions niédiates prennent une large part dans Téliologie des chancres buccaux. Nulle comparaison à établir entre le rôle qu'elles jouent ici et celui qui leur revient à propos des chancres génitaux. Elles ne figurent dans Téliologie de ces derniers que pour une proporliou numérique vraiment peu importante, presque négligeable, tandis qu'elles servent d'origine aux chancres buccaux avec un réel et indéniable degré de fréquence, comme vous allez le voir par ee qui va suivre.

Quels intermédiaires penneitenl à ces contagions médiates de se porter à la bouche?

A vrai dire, tout leur est bon. Tout objet, quel qu*il soit, qui^ chargé du coulage syphilitique, se trouve mis en relation avec la bouche, est susceptible de contaminer la bouche.

Naturellement, les objets qui sont d'usage le plus commun se trouvent être ceux d'oii dérive le plus grand nombre des contagions de cet ordre.

L — A ce titre ligurent ici en première ligne les ustensiles d'a- HmentatioQ, a savoir: cuillers, verres à boire, tasses, bouteilles; moins souvent fourchettes et couteaux; — biberon; — gobelets des iontaines Wallace, etc*

Les cas relatifs à ce genre de contagion pullulent dans la science. Au hîiî^ard j'en citerai quelques-uns.

Bollet a relaté Thistoire d'une jeune femme « de moralité irréprochable lï qui contracla un chancre syphilitique de la lèvre inférieure dans les condilions suivantes. Tro(i bonne ménagère, elle avait rhabitude de goiHer tous les mets que lui préparait sa cuisinière, immédiatement aprè^ celle-ci et avec la même cuiller* Or, ladite cuisinière, à Tépoque où elle infetta sa matlresse, sa trouvait en pleine période secondaire et présentait notamiDent à ristlime du goaier un© éruption confîuente de plaques muqueuses, t< la plus confluenle que j'aie jamais vue », dit HoUet,

De mû me, dans une observation de Lee, une jeune femme contracta un chancre de la langue pour avoir fait usage d'une cuiller dont se servait une domestique, alors afleclée de lésions syphilitiques de la bouche.

Roussel mentionne le cas d'un enfant qui, pour s être servi de la même cuiller que sa mère à une époque où celle-ci portait à la gorge des plaques ulcérées, contracta de la sorte un chancre amygdalien.

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