SYPHILIS DES VERRIERS
produire falalemenl quelque jour par la force môme des choses. Ce n*egl donc pas sans craiiile, nou plus que san» dégoiVl, que je vois à tout inslaut des enfants porter à leur bouche el sur Jeur langue des timbres-poste venant on ne sait d^oii» ayant Iratn^'* dans les collections, el pouvant, devant même pour quelques-uns, retenir des f^ermes de contagions diverses.
IV. — Vient ensuite la catégorie, heureusement plus circonscrite, des contamina lions buccales professionnciles.
Au premier rang, ici, se place la îameu^e isyphilis des verriers.
On avait remarqué de vieille date une fréquence singulière de la syphilis chez les verriers et, plus particulièrement, chez les souffleurs de verre. Vaguement oualtribuoit le fait «* au libertinage », lorsqu en 1858 un médecin éminent, le regretté D*" RoUet {de Lyon), vint enfin donner le mot de Ténigme el dire : « La syphilis des verriers n'est paa ce qu*on pense, t'e nest pas une syphilis dérivant du libertinage, mais bien une ^y \}]ù\is prof essionneUe, une syphilis par contamination de bouche à bouche dans lopéralion du soufflage* »* Et, en eflel, Texpérience a pleinement confirmé l'assertion de Rollet.
Comment donc la contamination syphilitique dérive-t-eUe de rindusti ie de^ verriers? Le voici, très sommairement.
Le sou m âge du verre se fait par escouade de trois ouvriers travaillant en commun. Le premier souffleur, dit en langage technique le gamin, cueille le verre aveu une longue canne et ébauche le soufflage; — le second. Jil /e iframi garçon, reçoit la canne du gamin el souffle la bouteille en ovoïde grossier ; — enfin le troisième, dit t ouvrier^ reçoit la canne du « grand garçon » et modèle, façonne, achève la bouteille, toujours en soufflant. — Puis, alors, ce dernier repasse la canne au gamin, et la série des opérations précédentes recommence dans le môme ordre. — Et ainsi de suite. — Tout cela marche d*une façon contjnucj rapide, précipitée, à ce point qu'une u bonne escouade » arrive à souffler jusqu*à 85 bouteilles à rheure.
Donc, la canne se trouve ainsi pa^^ser de bouche à bouche 255 fois par heure en moyenne. Si bien que tout naturellement (remarquez bien ceci, messieurs) elle ne passe d'une bouche à une autre que toute chaude el humectée par trois salives.
Or, supposez qu'un des trois ouvriers de rescouade vienne à être atteclô de syphilis et présente des plaques tnuqueuses buccales. Que va-t-il se produire, et cela nécessairement, falalemenl ? Cesl que les deux autres ouvriers (sUls ne sont déjà syphilitiques) seront infectés par leur camarade.
Aussi des contagions de cet ordre se sont-elles maintes fois produites dans les verreries, De là cette fréquence autrefois inexpliquée de la syphilis chez les verriers.
Aussi, conséquence de la conséquence, des contagions de cet ordre,